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Traité Pesachim

17b

Étude de Pesachim 17b

Étude de la Guémara 17b

Guémara
Rabban Chimon dit : si les liquides [au sujet desquels il y a un doute quant à leur impureté] se trouvaient dans des récipients, ils sont rituellement impurs ; mais s'ils se trouvaient à même le sol, ils sont rituellement purs, comme cela sera expliqué plus loin.
(רַבָּן) שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: בְּכֵלִים טְמֵאִין, בְּקַרְקַע טְהוֹרִין.
Rav Papa dit : même selon celui qui soutient que, de façon générale, l'impureté des liquides est de rang toranique [de la Torah], la pureté des liquides de l'abattoir (beit hamitbé'haïa) du Temple relève d'une halakha transmise à Moïse au Sinaï, que les Sages ont reçue par tradition. Rav Houna, fils de Rav Natan, dit à Rav Papa : mais qu'en est-il de ce qu'a dit Rabbi Eliézer, à savoir qu'il n'y a, de rang toranique, aucune impureté pour les liquides — sache qu'il en est ainsi, car Yossef ben Yoézer, l'homme de Tseréda, a témoigné au sujet des liquides de l'abattoir du Temple qu'ils étaient rituellement purs. Cette déclaration indique que les liquides ne deviennent impurs qu'en vertu d'un décret rabbinique, décret qui n'est pas en vigueur dans le Temple.
אָמַר רַב פָּפָּא: אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר טוּמְאַת מַשְׁקִין דְּאוֹרָיְיתָא — מַשְׁקֵי בֵּית מַטְבְּחַיָּא הִלְכְתָא גְּמִירִי לַהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן לְרַב פָּפָּא: וְאֶלָּא הָא דְּאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אֵין טוּמְאָה לְמַשְׁקִין כׇּל עִיקָּר, תֵּדַע, שֶׁהֲרֵי הֵעִיד (יוֹסֵף) בֶּן יוֹעֶזֶר אִישׁ צְרֵידָה עַל מַשְׁקֵי בֵּית מַטְבְּחַיָּא דְּכַן.
Rav Houna, fils de Rav Natan, poursuivit : et si l'on a appris la pureté rituelle des liquides de l'abattoir comme une halakha transmise à Moïse au Sinaï par tradition, en tire-t-on d'autres halakhot ? Il existe un principe selon lequel on ne déduit pas de principes halakhiques à partir des halakhot transmises à Moïse au Sinaï. Comment, dès lors, Rabbi Eliézer a-t-il pu invoquer cette halakha comme preuve de son opinion ?
וְאִי הִלְכְתָא גְּמִירִי לַהּ — מִי גָּמְרִינַן מִינַּהּ?
De plus, Ravina dit à Rav Achi, lui aussi pour réfuter la déclaration de Rav Papa : n'est-ce pas Rabbi Chimon qui a dit que, de façon générale, l'impureté des liquides est de rang toranique ? Comme cela a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yossi et Rabbi Chimon disent : au sujet de récipients entrés en contact avec un liquide impur, les récipients sont purs, car selon la Torah les liquides ne transmettent pas l'impureté aux récipients ; mais au sujet d'aliments entrés en contact avec un liquide impur, les aliments sont impurs, car selon la Torah les liquides transmettent l'impureté aux aliments.
אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וְהָא רַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר טוּמְאַת מַשְׁקִין דְּאוֹרָיְיתָא, דְּתַנְיָא: רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: לְכֵלִים טְהוֹרִין, לָאוֹכָלִין טְמֵאִין.
Ravina poursuit : et pourtant ici, au sujet des liquides dans le Temple, Rabban Chimon a dit : les liquides dans des récipients sont rituellement impurs, et les liquides à même le sol sont purs. Or si tu dis que la pureté des liquides de l'abattoir du Temple relève d'une halakha transmise à Moïse au Sinaï, quelle différence y a-t-il pour moi que les liquides soient dans des récipients et quelle différence y a-t-il pour moi qu'ils soient à même le sol ? S'il existe une tradition halakhique reçue selon laquelle l'impureté rituelle ne s'applique pas à ces liquides, il ne devrait y avoir aucune différence selon que le liquide est dans des récipients ou à même le sol. La Guemara conclut : en effet, cela fait difficulté selon l'opinion de Rav Papa.
וְהָכָא קָאָמַר (רַבָּן) שִׁמְעוֹן: בְּכֵלִים טְמֵאִין, בְּקַרְקַע טְהוֹרִין. וְאִי הִלְכְתָא הִיא, מָה לִי בְּכֵלִים מָה לִי בְּקַרְקַע? קַשְׁיָא.
Rav Papa dit : ce que tu as dit, à savoir que les liquides dans le Temple sont rituellement purs lorsqu'ils sont à même le sol, les Sages ne l'ont enseigné qu'au sujet de l'eau ; mais au sujet du sang, non, cela ne s'applique pas. Selon Rabbi Chimon, le sang peut devenir impur même à même le sol.
אָמַר רַב פָּפָּא: הָא דְּאָמְרַתְּ בְּקַרְקַע טְהוֹרִין — לֹא שָׁנוּ אֶלָּא מַיִם, אֲבָל דָּם — לֹא.
Et même au sujet de l'eau, nous n'avons dit [qu'elle est pure] que lorsqu'il y en a un revii't [un quart de log], mesure qui convient pour y immerger des aiguilles et des crochets. Selon la Torah, un revii't d'eau rassemblé en un même endroit peut servir de bain rituel (mikvé) dans lequel on peut immerger des objets pouvant être entièrement immergés dans cette quantité d'eau. Parce qu'elle a le statut de bain rituel, cette eau non plus ne devient pas rituellement impure. Bien que les Sages aient décrété qu'on ne doit pas immerger de récipients dans un revii't d'eau, l'eau est pure selon la Torah. C'est pourquoi les Sages n'ont pas étendu leur décret à cette mesure d'eau à l'intérieur du Temple. En revanche, si l'eau est de moins d'un revii't, elle est rituellement impure même à même le sol, car cette eau ne peut servir de bain rituel.
וּמַיִם נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּהָוֵי רְבִיעִית, דְּחָזֵי לְהַטְבִּיל בֵּיהּ מְחָטִין וְצִינּוֹרוֹת. אֲבָל לָא הָוֵי רְבִיעִית — טְמֵאִין.
Le Maître a dit dans la baraïta citée plus haut, au sujet du doute concernant le contact avec des liquides impurs, que Rabbi Yehouda dit : ils sont impurs dans tous les cas. La Guemara demande : cela revient-il à dire que Rabbi Yehouda soutient que l'impureté des liquides, quant à leur capacité à transmettre l'impureté aux récipients, est de rang toranique ?
אָמַר מָר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לַכֹּל טָמֵא. לְמֵימְרָא דְּסָבַר רַבִּי יְהוּדָה טוּמְאַת מַשְׁקִין לְטַמֵּא טוּמְאַת כֵּלִים דְּאוֹרָיְיתָא?
Mais n'avons-nous pas appris dans une michna : au sujet de tous les récipients qui ont un extérieur utilisable et un intérieur servant de réceptacle, comme les coussins (karim), les traversins (kesatot), les sacs (sakim) et les grands sacs de cuir (martsoufim), si l'intérieur de l'un de ces récipients est devenu rituellement impur, son extérieur est impur lui aussi ; mais si son extérieur est devenu impur, son intérieur n'est pas impur, car l'usage principal de ces récipients est de servir de réceptacle.
וְהָתְנַן: כׇּל הַכֵּלִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶן אֲחוֹרַיִם וָתוֹךְ, כְּגוֹן הַכָּרִים וְהַכְּסָתוֹת וְהַשַּׂקִּין וְהַמַּרְצוּפִין, נִטְמָא תּוֹכוֹ — נִטְמָא גַּבּוֹ, נִטְמָא גַּבּוֹ — לֹא נִטְמָא תּוֹכוֹ.
Rabbi Yehouda dit : dans quel cas cela est-il dit ? C'est dans un cas où les récipients sont devenus impurs par contact avec des liquides impurs ; mais s'ils sont devenus impurs par contact avec un cheretz [animal rampant], alors si l'intérieur est devenu impur, l'extérieur est impur, et de même, si l'extérieur est devenu impur, l'intérieur est lui aussi impur.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — שֶׁנִּטְמְאוּ מֵחֲמַת מַשְׁקִין, אֲבָל נִטְמְאוּ מֵחֲמַת שֶׁרֶץ, נִטְמָא תּוֹכוֹ — נִטְמָא גַּבּוֹ, נִטְמָא גַּבּוֹ — נִטְמָא תּוֹכוֹ.
La Guemara explique la difficulté soulevée par la déclaration de Rabbi Yehouda dans cette michna : or s'il te venait à l'esprit que l'impureté des liquides, quant à leur capacité à transmettre l'impureté aux récipients, est de rang toranique, quelle différence y a-t-il pour moi que le récipient soit rendu impur par des liquides, et quelle différence y a-t-il pour moi qu'il soit rendu impur par un cheretz ? Il faut donc dire que Rabbi Yehouda soutient que l'impureté des liquides est de rang rabbinique, et que les Sages ont distingué entre l'impureté de l'extérieur et celle de l'intérieur d'un récipient afin de différencier l'impureté toranique de l'impureté rabbinique et d'empêcher que l'on brûle de la térouma rendue impure par une impureté de rang rabbinique. Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : Rabbi Yehouda s'est rétracté de sa déclaration précédente dans la baraïta et a accepté la décision selon laquelle l'impureté des liquides n'est que de rang rabbinique.
וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ טוּמְאַת מַשְׁקִין לְטַמֵּא כֵּלִים דְּאוֹרָיְיתָא, מָה לִי נִטְמָא מֵחֲמַת מַשְׁקִין, מָה לִי נִטְמָא מֵחֲמַת שֶׁרֶץ? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: חָזַר בּוֹ רַבִּי יְהוּדָה.
Ravina dit : en réalité, il est possible que Rabbi Yehouda ne se soit pas rétracté de sa déclaration précédente, car ce cas-ci, où il distingue entre l'impureté de l'intérieur et celle de l'extérieur des récipients, a été énoncé au sujet de liquides qui parviennent à un état d'impureté par contact avec des mains impures n'ayant pas subi l'ablution rituelle. Des mains non lavées sont impures en vertu d'un décret rabbinique, et l'impureté d'un tel liquide est donc elle aussi de rang rabbinique. En revanche, ce cas-là, où l'impureté des liquides est de rang toranique, a été énoncé au sujet de liquides qui parviennent à un état d'impureté par contact avec un cheretz. Cette impureté étant de rang toranique, on ne fait aucune distinction entre l'intérieur et l'extérieur des récipients.
רָבִינָא אָמַר: לְעוֹלָם לָא הָדַר, הָא — בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת יָדַיִם. הָא — בְּמַשְׁקִין הַבָּאִין מֵחֲמַת שֶׁרֶץ.
Pesachim 17b
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