AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Pesachim

15b

Étude de Pesachim 15b

Étude de la Guémara 15b

Guémara
La Tossefta poursuit : le pigoul est une offrande disqualifiée par une intention impropre formulée durant l'accomplissement des quatre rites sacrificiels — l'intention de la sacrifier ou de la consommer au-delà de son temps imparti ; et le notar est la chair d'un sacrifice restée au-delà du délai qui lui est alloué. Les Sages ont décrété l'impureté rituelle sur l'un et l'autre, et tous deux, de même que la chair sacrificielle rendue impure rituellement selon la loi de la Torah, ne peuvent être consommés et doivent être brûlés. Beit Chammaï disent : on ne les brûle pas ensemble, car, ce faisant, le pigoul et le notar — impurs selon la loi rabbinique — entreraient en contact avec une chair impure selon la loi de la Torah, ajoutant ainsi de l'impureté à leur impureté. Et Beit Hillel disent : on peut les brûler ensemble.
הַפִּיגּוּל וְהַנּוֹתָר וְהַטָּמֵא — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין נִשְׂרָפִין כְּאַחַת. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: נִשְׂרָפִין כְּאַחַת.
La Guemara revient à la question débattue : et s'il te venait à l'esprit que Rabbi Méir tire son opinion de la déclaration de Rabbi Yehochoua, pourquoi donc Rabbi Yossi lui répond-il à partir de la déclaration de Rabbi 'Hanina, le préfet [adjoint] des Kohanim ? Rav Na'hman lui dit : Rabbi Yossi n'avait pas le raisonnement de Rabbi Méir à l'esprit, car il n'avait pas saisi le raisonnement de Rabbi Méir. En effet, Rabbi Yossi soutient que Rabbi Méir lui apporte sa preuve à partir de la déclaration de Rabbi 'Hanina, le préfet des Kohanim ; or Rabbi Méir lui [avait] dit : c'est de la déclaration de Rabbi Yehochoua que je tire ma preuve.
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ רַבִּי מֵאִיר מִדִּבְרֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ קָאָמַר, אַמַּאי מַהְדַּר לֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי מִדְּרַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים? אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: רַבִּי יוֹסֵי לָאו אַדַּעְתֵּיהּ, דְּהוּא סָבַר רַבִּי מֵאִיר מִדְּרַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים קָאָמַר לֵיהּ, וַאֲמַר לֵיהּ: אֲנָא מִדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ קָאָמֵינָא,
Et Rabbi Yossi lui dit en réponse : même selon Rabbi Yehochoua, ce n'est pas là le raisonnement [la déduction] dont on pourrait apprendre la halakha de brûler ensemble de la térouma fermentée pure et impure, car Rabbi Eliézer et Rabbi Yehochoua concèdent que l'on doit brûler cette chair-ci à part et cette chair-là à part, comme cela est énoncé dans la Michna. À partir de l'analyse de la Michna et de la Tossefta, il est possible de reconstituer le débat initial.
וַאֲמַר לֵיהּ: וַאֲפִילּוּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ נָמֵי אֵינָהּ הִיא הַמִּדָּה, דְּהָא מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁשּׂוֹרֵף זוֹ בִּפְנֵי עַצְמָהּ וְזוֹ בִּפְנֵי עַצְמָהּ.
La Guemara soulève une difficulté à l'égard de la déclaration ci-dessus : mais pourquoi Rabbi Yossi dit-il : ce n'est pas là le raisonnement dont on peut l'apprendre ? Au contraire, c'est une déduction parfaitement légitime ! Car, dans les deux cas, le débat est identique : a-t-on le droit de rendre activement un objet impur de manière préventive, dès lors qu'il sera de toute façon détruit au bout du compte ?
וְאַמַּאי אֵינָהּ הִיא הַמִּדָּה? מִדָּה וּמִדָּה הִיא!
La Guemara repousse cette objection : le cas là-bas, celui du tonneau brisé dans le pressoir supérieur — où, selon Rabbi Yehochoua, il est permis de rendre activement la térouma impure — est différent, car dans ce cas il y a une perte potentielle de produits non consacrés ('houlin). Si l'on ne rend pas impure la térouma du pressoir supérieur en la recueillant dans des récipients impurs, elle s'écoulera vers le bas et rendra le vin impur et non consacré du pressoir inférieur impur comme de la térouma. En revanche, dans le cas du 'hamets, aucune perte ne sera encourue. Pourquoi, dès lors, ne brûlerait-on pas chaque térouma séparément ?
שָׁאנֵי הָתָם, דְּאִיכָּא הֶפְסֵד חוּלִּין.
Rav Yirmeya objecte vigoureusement à cette affirmation : dans la Michna aussi, il y a une perte — celle du bois, car il faut du bois supplémentaire pour allumer un second feu et brûler à part la térouma impure ! Un certain Ancien lui dit : à l'égard de cette question et de questions semblables, les Sages se sont souciés d'une perte importante ; mais ils ne se sont pas souciés de la perte minime de quelques morceaux de bois.
מַתְקֵיף לַהּ רַב יִרְמְיָה: מַתְנִיתִין נָמֵי אִיכָּא הֶפְסֵד דְּעֵצִים! אֲמַר לֵיהּ הָהוּא סָבָא: לְהֶפְסֵד מְרוּבֶּה — חָשְׁשׁוּ, לְהֶפְסֵד מוּעָט — לֹא חָשְׁשׁוּ.
Rabbi Assi dit au nom de Rabbi Yo'hanan : ce débat entre Rabbi Méir et Rabbi Yossi porte sur la sixième heure, lorsque le 'hamets est interdit par décret rabbinique. En revanche, à la septième heure, lorsque le 'hamets est interdit par la loi de la Torah, tous s'accordent à dire que l'on peut brûler ensemble de la térouma fermentée rituellement pure et de la térouma fermentée impure.
אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַחֲלוֹקֶת בְּשֵׁשׁ, אֲבָל בְּשֶׁבַע — דִּבְרֵי הַכֹּל שׂוֹרְפִין.
Rabbi Zéira dit à Rabbi Assi : disons donc que Rabbi Yo'hanan soutient que la Michna traite d'un objet qui est source première d'impureté (av ha-touma) selon la loi de la Torah et d'un objet qui est source dérivée d'impureté (vélad ha-touma) selon la loi rabbinique. Et quel est le sens de la déclaration de Rabbi Méir « à partir de leurs paroles » ? Il entendait : à partir de la déclaration de Rabbi 'Hanina, le préfet des Kohanim, comme expliqué plus haut. Le débat porte sur une interdiction rabbinique — par exemple une source dérivée d'impureté, ou l'obligation de brûler le 'hamets durant la sixième heure. Dans un cas où le 'hamets n'est pas encore interdit par la loi rabbinique — par exemple à la quatrième ou à la cinquième heure — Rabbi Méir lui-même concède que l'on ne peut brûler ensemble térouma pure et térouma impure.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא לְרַבִּי אַסִּי: נֵימָא קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן מַתְנִיתִין בְּאַב הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא וְולַד הַטּוּמְאָה דְּרַבָּנַן, וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״ — מִדִּבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים.
Rabbi Assi lui dit : oui — Rabbi Yo'hanan interprète bien la Michna de cette manière. Et il fut aussi énoncé explicitement qu'il en est ainsi, car Rabbi Yo'hanan a dit : la Michna traite d'un objet qui est source première d'impureté selon la loi de la Torah et d'un objet qui est source dérivée d'impureté selon la loi rabbinique. Et quel est le sens de « à partir de leurs paroles » ? Cela signifie : à partir de la déclaration de Rabbi 'Hanina, le préfet des Kohanim. Et le débat entre Rabbi Méir et Rabbi Yossi porte sur la sixième heure, lorsque le 'hamets est interdit par la loi rabbinique. En revanche, tous s'accordent à dire qu'à la septième heure on peut les brûler ensemble, car les deux morceaux de térouma fermentée sont alors interdits par la loi de la Torah.
אֲמַר לֵיהּ: אִין. אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַתְנִיתִין בְּאַב הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא וְולַד הַטּוּמְאָה דְּרַבָּנַן, וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״ — מִדִּבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים. וּמַחְלוֹקֶת בְּשֵׁשׁ, אֲבָל בְּשֶׁבַע — דִּבְרֵי הַכֹּל שׂוֹרְפִין.
La Guemara propose : disons que la fin de la baraïta vient à l'appui de l'affirmation de Rabbi Yo'hanan, selon laquelle même Rabbi Yossi concède qu'il est permis de brûler ensemble deux objets interdits par la loi de la Torah. Car la baraïta énonce, à propos du pigoul, du notar et de la chair sacrificielle rituellement impure, que Beit Chammaï disent : on ne les brûle pas ensemble, et Beit Hillel disent : on peut les brûler ensemble. Or tous ces éléments sont interdits par la loi de la Torah, et Rabbi Yossi conviendrait que la halakha suit l'opinion de Beit Hillel.
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: הַפִּיגּוּל וְהַנּוֹתָר וְהַטָּמֵא, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין נִשְׂרָפִין כְּאַחַת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: נִשְׂרָפִין כְּאַחַת.
La Guemara repousse cette objection : c'est différent là-bas, car le pigoul et le notar sont rituellement impurs selon la loi rabbinique ; aussi Rabbi Yossi conviendrait-il qu'on puisse les brûler ensemble dans ce cas. Il n'en va pas de même pour le 'hamets à la septième heure, qui n'est impur même pas selon la loi rabbinique, bien qu'il soit interdit par la loi de la Torah. Comme nous l'avons appris dans une MISHNA : le pigoul et le notar, chair sacrificielle restée au-delà de son délai, rendent les mains impures par décret rabbinique.
שָׁאנֵי הָתָם: דְּאִית לְהוּ טוּמְאָה מִדְּרַבָּנַן. דִּתְנַן: הַפִּיגּוּל וְהַנּוֹתָר מְטַמְּאִין אֶת הַיָּדַיִם.
La Guemara propose : disons que la baraïta suivante vient à l'appui de l'opinion de Rabbi Yo'hanan : à propos du pain qui a moisi et n'est plus propre à la consommation d'un être humain, mais qu'un chien peut encore manger — ce pain peut contracter l'impureté rituelle des aliments (touma'at okhline) s'il a le volume d'un œuf (kabéitsa), car il est encore classé comme aliment. S'il s'agit de térouma fermentée pure, on le brûle avec de la térouma impure la veille de Pessa'h. Puisque ce pain moisi n'est plus comestible, il n'est pas nécessaire de s'abstenir de le brûler avec des objets impurs. Apparemment, c'est là l'opinion de Rabbi Yossi, car Rabbi Méir soutient que térouma pure et térouma impure se brûlent ensemble même si ni l'une ni l'autre n'a moisi. Puisque Rabbi Yossi concède dans le cas du pain moisi, il devrait en aller de même pour la térouma fermentée après la septième heure, qui est interdite par la loi de la Torah.
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: הַפַּת שֶׁעִיפְּשָׁה וְנִפְסְלָה מִלֶּאֱכוֹל לְאָדָם, וְהַכֶּלֶב יָכוֹל לְאׇכְלָהּ — מְטַמְּאָה טוּמְאַת אוֹכָלִין בִּכְבֵיצָה, וְנִשְׂרֶפֶת עִם הַטְּמֵאָה בַּפֶּסַח.
Pesachim 15b
100%
פסחים ט״ו במַסֶּכֶת פְּסָחִים