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Traité Pesachim

15a

Étude de Pesachim 15a

Étude de la Guémara 15a

Guémara
Et que voulait dire Rabbi Meïr lorsqu'il a déclaré : « de leurs propos » ? Il voulait dire : du propos de Rabbi 'Hanina, l'adjoint des Cohanim [le segan ha-cohanim].
וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״ — מִדִּבְרֵי רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים.
Rich Lakich a dit, au nom de Bar Kappara, une autre explication de la MISHNA : le cas de la Michna est celui où il y a une source première d'impureté [av ha-toumea] de par la Torah et une source dérivée d'impureté [vlad ha-toumea] de par la Torah. Et que voulait dire Rabbi Meïr par l'expression « de leurs propos » ? Il ne se référait pas aux Tannaïm de cette Michna-ci, mais plutôt : des propos de Rabbi Eliézer et de Rabbi Yehochoua cités ailleurs.
אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא: מַתְנִיתִין בְּאַב הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא וְולַד הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא, וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״, מִדִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.
La Guemara demande : à quel propos de Rabbi Yehochoua Rabbi Meïr se réfère-t-il ? Si tu dis qu'il se réfère à ce propos-ci de Rabbi Yehochoua — comme nous l'avons appris dans une MISHNA : dans le cas d'un tonneau de produit de térouma au sujet duquel s'est élevé un doute quant à son impureté, et qui ne peut donc plus être consommé, Rabbi Eliézer dit que l'on doit néanmoins préserver la térouma de l'impureté rituelle. Aussi soutient-il : si le tonneau reposait dans un lieu exposé [maqom ha-tourpa], où il pourrait entrer en contact avec l'impureté, on devrait le placer dans un lieu protégé [maqom ha-moutsna] ; et s'il était découvert, on devrait le couvrir.
הֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ? אִילֵּימָא הָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ דִּתְנַן: חָבִית שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנּוֹלַד לָהּ סְפֵק טוּמְאָה, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אִם הָיְתָה מוּנַּחַת בִּמְקוֹם הַתּוּרְפָּה, יַנִּיחֶנָּה בְּמָקוֹם הַמּוּצְנָע, וְאִם הָיְתָה מְגוּלָּה — יְכַסֶּנָּה.
Rabbi Yehochoua dit : cela n'est pas nécessaire. Au contraire, même s'il était placé dans un lieu protégé, on peut le placer dans un lieu exposé si on le souhaite ; et s'il était couvert, on peut le découvrir, car on n'a plus à préserver cette térouma de l'impureté. Selon Rabbi Yehochoua, étant donné qu'une térouma dont le statut d'impureté est douteux ne peut servir qu'à allumer un feu, il n'y a aucune obligation d'empêcher son contact avec l'impureté rituelle. Le même raisonnement s'applique au 'hamets pur [le levain pur] : on n'est pas tenu de le préserver de l'impureté au cours du processus de son élimination.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אִם הָיְתָה מוּנַּחַת בְּמָקוֹם הַמּוּצְנָע — יַנִּיחֶנָּה בִּמְקוֹם הַתּוּרְפָּה, וְאִם הָיְתָה מְכוּסָּה — יְגַלֶּנָּה.
La Guemara rejette le rapprochement : cette controverse au sujet de l'emplacement d'une térouma douteusement impure est-elle comparable au cas où l'on brûle ensemble des aliments rituellement purs et impurs ? Là, Rabbi Yehochoua permet une simple causation passive de l'impureté [guerama be-alma] ; cependant, il ne permet pas de rendre activement impure une térouma dont le statut d'impureté est douteux. Ici, en revanche, dans le propos de Rabbi Meïr, on rend activement impure, de ses propres mains [be-yadayim], une térouma levée.
מִי דָּמֵי? הָתָם — גְּרָמָא בְּעָלְמָא. הָכָא — בְּיָדַיִם!
Au contraire, Rabbi Meïr n'a pas déduit son opinion de ce propos-là ; il l'a plutôt déduite de cet autre propos de Rabbi Yehochoua. Comme nous l'avons appris dans une MISHNA : au sujet d'un tonneau de vin de térouma qui s'est brisé dans la partie supérieure d'un pressoir [gat], là où l'on foule les raisins, et où il y a, dans la partie inférieure du pressoir [là où le vin s'écoule depuis la partie supérieure], du vin non consacré [houlin] impur — le dilemme suivant se présente : si le vin de térouma s'écoule dans le vin non consacré, la térouma sera rendue rituellement impure. Il en résultera une perte financière considérable, car tout le vin du pressoir inférieur aura le statut de térouma impure, qu'il est interdit même aux Cohanim de boire.
אֶלָּא הָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דִּתְנַן: חָבִית שֶׁל תְּרוּמָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בַּגַּת הָעֶלְיוֹנָה, וְתַחְתּוֹנָה חוּלִּין טְמֵאִין,
Dans ce cas, Rabbi Eliézer et Rabbi Yehochoua concèdent que si l'on est en mesure de sauver ne serait-ce qu'un quart de log [reviit] du tonneau qui s'est brisé, en recueillant le vin de térouma dans un récipient avant qu'il ne devienne impur, et de garder ainsi le vin dans un état de pureté rituelle, on devrait le sauver. Et si l'on ne peut recueillir le vin dans un récipient pur — parce que seuls des récipients impurs sont disponibles, de sorte que si on les utilise pour recueillir le vin il rendra la térouma impure — Rabbi Eliézer dit : le vin de térouma devrait être laissé descendre et devenir impur de lui-même, mais on ne devrait pas le rendre activement impur de sa main. Rabbi Yehochoua dit : on peut même le rendre impur de sa main. Puisqu'il deviendra impur de lui-même quoi qu'on fasse, il n'y a aucune objection à rendre la térouma impure par anticipation afin de prévenir une plus grande perte financière. Il apparaît donc que, selon Rabbi Yehochoua, il est permis de rendre un objet impur s'il sera de toute façon perdu.
מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁאִם יָכוֹל לְהַצִּיל מִמֶּנָּה רְבִיעִית בְּטׇהֳרָה — יַצִּיל. וְאִם לָאו, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: תֵּרֵד וְתִטָּמֵא, וְאַל יְטַמְּאֶנָּה בַּיָּד. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אַף יְטַמְּאֶנָּה בַּיָּד.
La Guemara soulève une difficulté : s'il en est ainsi — que Rabbi Meïr se réfère à la controverse ci-dessus — cette expression « de leurs propos » est imprécise, car sa décision ne se fonde nullement sur l'opinion de Rabbi Eliézer. Rabbi Meïr aurait plutôt dû dire : « de son propos », puisqu'il tire sa décision uniquement de l'opinion de Rabbi Yehochoua.
אִי הָכִי, הַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״, ״מִדְּבָרָיו״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!
La Guemara répond : voici ce que Rabbi Meïr veut dire : « De la controverse [mi-ma'hloqtan] entre Rabbi Eliézer et Rabbi Yehochoua nous avons appris [cette règle]. » Puisque la halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yehochoua, c'est là une source substantielle. La Guemara fait remarquer : la formulation de la Michna est elle aussi précise, car la suite de la Michna enseigne : « Rabbi Eliézer et Rabbi Yehochoua concèdent. » Cela indique que Rabbi Meïr se réfère à leurs opinions [à tous deux]. La Guemara conclut : en effet, apprends-en que telle est l'interprétation correcte du propos de Rabbi Meïr.
הָכִי קָאָמַר: מִמַּחְלוֹקְתָּן שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ לָמַדְנוּ. דַּיְקָא נָמֵי: דְּקָתָנֵי ״מוֹדֶה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ״. שְׁמַע מִינַּהּ.
Et de même, Rav Na'hman a dit que Rabba bar Avouh a dit : le cas de la Michna est celui où il y a une source première d'impureté [av ha-toumea] de par la Torah et une source dérivée d'impureté [vlad ha-toumea] de par la Torah. Et quel est le sens de l'expression « de leurs propos » ? Elle signifie : des propos de Rabbi Eliézer et de Rabbi Yehochoua dans la controverse citée ci-dessus.
וְכֵן אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ, מַתְנִיתִין בְּאַב הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא וְולַד הַטּוּמְאָה דְּאוֹרָיְיתָא. וּמַאי ״מִדִּבְרֵיהֶם״ — מִדִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ.
Rava souleva une objection contre l'opinion de Rav Na'hman, à partir de la Tossefta qui développe la Michna. Rabbi Yossé dit à Rabbi Meïr : la conclusion que tu déduis — brûler ensemble du levain pur et impur — n'est pas semblable au cas dont tu as tiré ta preuve. Lorsque nos maîtres ont témoigné, à propos de quoi ont-ils témoigné ? Si ta source est le témoignage de Rabbi 'Hanina, l'adjoint des Cohanim, il a témoigné au sujet de la viande devenue rituellement impure par contact avec une source dérivée d'impureté [vlad ha-toumea], disant qu'on peut la brûler avec la viande devenue impure par contact avec une source première d'impureté [av ha-toumea]. Dans ce cas, cette viande-ci est impure et cette viande-là est pareillement impure.
אֵיתִיבֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אֵין הַנָּדוֹן דּוֹמֶה לִרְאָיָה, שֶׁכְּשֶׁהֵעִידוּ רַבּוֹתֵינוּ, עַל מָה הֵעִידוּ — אִם עַל הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בִּוְולַד הַטּוּמְאָה שֶׁשּׂוֹרְפִין אוֹתוֹ עִם הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בְּאַב הַטּוּמְאָה, זֶה טָמֵא וְזֶה טָמֵא.
Si ta source est le témoignage de Rabbi Akiva, il a témoigné au sujet de l'huile de térouma devenue rituellement disqualifiée par contact avec celui qui s'est immergé durant ce jour-là [tevoul yom], disant qu'on peut l'allumer dans une lampe devenue rituellement impure d'une impureté de premier degré par contact avec celui qui est devenu impur de l'impureté transmise par un cadavre. C'est là un cas où cette huile-ci est disqualifiée [passoul] et cette lampe-là est impure [tamé]. Nous aussi, nous concédons, au sujet d'une térouma devenue impure par contact avec une source dérivée d'impureté, qu'on peut la brûler avec une térouma devenue impure par contact avec une source première d'impureté.
אִם עַל הַשֶּׁמֶן שֶׁנִּפְסַל בִּטְבוּל יוֹם שֶׁמַּדְלִיקִין אוֹתוֹ בְּנֵר שֶׁנִּטְמָא בִּטְמֵא מֵת, זֶה פָּסוּל וְזֶה טָמֵא. אַף אָנוּ מוֹדִים בִּתְרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת בִּוְולַד הַטּוּמְאָה, שֶׁשּׂוֹרְפִין אוֹתָהּ עִם הַתְּרוּמָה שֶׁנִּטְמֵאת בְּאַב הַטּוּמְאָה.
Pesachim 15a
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