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Traité Pesachim

14a

Étude de Pesachim 14a

Étude de la Mishna & Guémara 14a

Deux vaches labouraient sur le mont des Oliviers (Har haMich'ha) la veille de Pessa'h. Tant que les deux labouraient, le peuple tout entier continuait de manger du 'hamets (pain levé). Lorsque l'une des deux vaches était retirée, les gens savaient que le moment était venu de mettre leur 'hamets en suspens (toline), c'est-à-dire qu'ils ne le mangeaient plus mais ne le brûlaient pas encore. Lorsque les deux étaient retirées, le peuple tout entier commençait à brûler son 'hamets.
שְׁתֵּי פָרוֹת הָיוּ חוֹרְשׁוֹת בְּהַר הַמִּשְׁחָה. כׇּל זְמַן שֶׁשְּׁתֵּיהֶן חוֹרְשׁוֹת — כׇּל הָעָם אוֹכְלִין. נִיטֶּלֶת אַחַת מֵהֶן — תּוֹלִין; לֹא אוֹכְלִין וְלֹא שׂוֹרְפִין. נִיטְּלוּ שְׁתֵּיהֶן — הִתְחִילוּ כׇּל הָעָם שׂוֹרְפִין.
Mishna 1
MICHNA : À propos du retrait du 'hamets la veille de Pessa'h — qui inclut les pains consacrés des offrandes de remerciement (toda) et la terouma — la michna rapporte une halakha connexe. Rabbi 'Hanina, l'adjoint des Cohanim (segan haKohanim), dit : Jamais, de tous leurs jours, les Cohanim ne se sont abstenus de brûler la viande [consacrée] devenue impure par contact avec un dérivé de l'impureté (vélad hatoum'a), c'est-à-dire un objet ayant été en contact avec une source primaire d'impureté, ensemble avec la viande devenue impure par contact avec une source primaire d'impureté (av hatoum'a) — et cela bien qu'ils ajoutaient ainsi un degré d'impureté à l'impureté de la première viande, qui jusque-là était impure à un degré moindre.
מַתְנִי׳ רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים אוֹמֵר: מִימֵיהֶם שֶׁל כֹּהֲנִים לֹא נִמְנְעוּ מִלִּשְׂרוֹף אֶת הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בִּוְולַד הַטּוּמְאָה עִם הַבָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בְּאַב הַטּוּמְאָה, אַף עַל פִּי שֶׁמּוֹסִיפִין טוּמְאָה עַל טוּמְאָתוֹ.(משנה)
Rabbi Akiva ajouta à la déclaration de Rabbi 'Hanina, l'adjoint des Cohanim, et dit : Jamais, de tous leurs jours, les Cohanim ne se sont abstenus d'allumer l'huile de terouma rendue impropre (nifsal) par contact avec un tevoul yom — celui qui s'est immergé dans la journée et qui ne devient pleinement pur qu'à la tombée de la nuit — dans une lampe (ner) devenue impure d'une impureté de premier degré (richone) par contact avec une personne impure du fait d'un mort (téméi met). Ils faisaient cela bien qu'ils ajoutaient ainsi de l'impureté à l'impureté de l'huile.
הוֹסִיף רַבִּי עֲקִיבָא וְאָמַר: מִימֵיהֶם שֶׁל כֹּהֲנִים לֹא נִמְנְעוּ מִלְּהַדְלִיק אֶת הַשֶּׁמֶן שֶׁנִּפְסַל בִּטְבוּל יוֹם בְּנֵר שֶׁנִּטְמָא בִּטְמֵא מֵת, אַף עַל פִּי שֶׁמּוֹסִיפִין טוּמְאָה עַל טוּמְאָתוֹ.
Rabbi Méir dit : De leurs paroles nous avons appris que l'on peut brûler la terouma pure (tehora) avec la terouma impure (teméa) lors du retrait du 'hamets la veille de Pessa'h. Le raisonnement qui s'applique aux deux cas précédents s'applique ici aussi : puisque les deux éléments sont de toute façon destinés à être brûlés, on peut ne pas tenir compte du fait que l'un d'eux acquerra un degré d'impureté supérieur dans le processus. Rabbi Yossi dit : Ce n'est pas là la déduction (eina hi hamida) par laquelle on peut apprendre la halakha du cas de la terouma pure et de la terouma impure. Car dans les deux premiers cas, les deux éléments sont tous deux impurs, fût-ce à des degrés différents ; tandis que Rabbi Méir parle de l'association de terouma impure avec de la terouma pure, ce qui reviendrait à rendre impure une terouma pure.
אָמַר רַבִּי מֵאִיר: מִדִּבְרֵיהֶם לָמַדְנוּ שֶׁשּׂוֹרְפִין תְּרוּמָה טְהוֹרָה עִם הַטְּמֵאָה בַּפֶּסַח. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אֵינָהּ הִיא הַמִּדָּה.
Et de fait, Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua, qui sont en désaccord au sujet du brûlage de la terouma levée, conviennent néanmoins que l'on brûle cette terouma pure (tehora) à part et cette terouma impure (teméa) à part. Sur quoi sont-ils en désaccord ? Ils sont en désaccord sur le point de savoir si l'on peut brûler ensemble la terouma en suspens (teluya) — c'est-à-dire la terouma dont la pureté est incertaine — et la terouma franchement impure (teméa). Car Rabbi Eliezer dit : Cette terouma en suspens doit être brûlée à part et cette terouma impure à part ; et Rabbi Yehochoua dit : Dans ce cas, les deux peuvent être brûlées ensemble (ke-a'hat).
וּמוֹדִים רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שֶׁשּׂוֹרְפִין זוֹ לְעַצְמָהּ וְזוֹ לְעַצְמָהּ. עַל מָה נֶחְלְקוּ — עַל הַתְּלוּיָה וְעַל הַטְּמֵאָה. שֶׁרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: תִּשָּׂרֵף זוֹ לְעַצְמָהּ וְזוֹ לְעַצְמָהּ, וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: שְׁתֵּיהֶן כְּאַחַת.
Guémara
GUEMARA : La Guemara analyse la première déclaration de la michna. Considère donc : quel est le statut de la viande devenue impure par contact avec un dérivé de l'impureté (vélad hatoum'a) ? Elle prend le statut d'impureté de deuxième degré (cheni). Lorsqu'on brûle cette viande avec la viande devenue impure par contact avec une source primaire d'impureté (av hatoum'a), quel est le statut de cette première viande ? Elle prend le statut d'impureté de deuxième degré (cheni). En effet, la viande qui touche une source primaire d'impureté prend le statut d'impureté de premier degré (richone), lequel transmet une impureté de deuxième degré (cheni) à la viande qu'elle touche.
גְּמָ׳ מִכְּדֵי בָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בִּוְולַד הַטּוּמְאָה מַאי הָוֵי — שֵׁנִי, כִּי שָׂרֵיף לֵיהּ בַּהֲדֵי בָּשָׂר שֶׁנִּטְמָא בְּאַב הַטּוּמְאָה מַאי הָוֵי — שֵׁנִי,
La Guemara poursuit : Puisque, lorsque la première viande est placée auprès de la viande ayant touché une source primaire, elle prend une impureté de deuxième degré — voici un cas où la viande est de statut deuxième degré (cheni), et où par contact avec la source primaire elle prendrait également le statut de deuxième degré (cheni). En quel sens y aurait-il ici un cas d'ajout d'impureté à son impureté ? Il n'y a aucun changement dans le statut de la première viande !
שֵׁנִי וְשֵׁנִי הוּא. מַאי מוֹסִיף לוֹ טוּמְאָה עַל טוּמְאָתוֹ אִיכָּא?
Rav Yehouda dit : L'interprétation ci-dessus est incorrecte, car ici nous traitons du dérivé d'un dérivé de l'impureté (vélad vélad), c'est-à-dire d'une viande ayant été en contact avec une impureté de deuxième degré. L'expression de la michna « devenue impure par contact avec un dérivé de l'impureté » ne doit pas être comprise comme signifiant qu'elle a touché de la viande de statut premier degré (richone) ; car dans ce cas, la viande a touché de la viande de statut deuxième degré (cheni) et elle est donc impure d'une impureté de troisième degré (chelichi). Et Rabbi 'Hanina, l'adjoint des Cohanim, soutient qu'il est permis de rendre impur au deuxième degré (cheni) un objet de statut troisième degré (chelichi), en le brûlant avec de la viande ayant touché une source primaire d'impureté.
אָמַר רַב יְהוּדָה: הָכָא בִּוְולַד וְולַד עָסְקִינַן, דְּהָוֵי לֵיהּ שְׁלִישִׁי, וְקָסָבַר שְׁלִישִׁי מוּתָּר לַעֲשׂוֹתוֹ שֵׁנִי.
La Guemara soulève une difficulté : Mais un aliment ne rend pas un aliment impur (ein o'hel metamé o'hel) ! Car il a été enseigné dans une baraita : J'aurais pu penser qu'un aliment transmet l'impureté à un autre aliment ; c'est pourquoi le verset dit : « Et si de l'eau est mise sur une semence et qu'il tombe de leur charogne dessus, elle est impure » (Vayikra 11, 38). Les Sages en ont déduit : « elle » — l'aliment exposé à la source d'impureté — est impure, mais elle ne rend pas impurs des aliments semblables. Il apparaît donc qu'un aliment ne transmet pas l'impureté à un autre aliment.
וְהָא אֵין אוֹכֶל מְטַמֵּא אוֹכֶל! דְּתַנְיָא: יָכוֹל יְהֵא אוֹכֶל מְטַמֵּא אוֹכֶל, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְכִי יֻתַּן מַיִם עַל זֶרַע וְנָפַל מִנִּבְלָתָם עָלָיו טָמֵא הוּא״ — הוּא טָמֵא, וְאֵין עוֹשֶׂה כַּיּוֹצֵא בּוֹ טָמֵא.
Cela se comprend bien selon l'opinion d'Abayé, qui a dit : On n'a enseigné ce principe — qu'un aliment ne transmet pas l'impureté à un autre aliment — qu'à propos des aliments non consacrés (houline) ; mais s'agissant de la terouma et des aliments consacrés (kodachim), un aliment transmet bien l'impureté aux aliments qu'il touche, et il rend la terouma ou l'aliment consacré semblable à lui quant à l'impureté.
הָנִיחָא לְאַבָּיֵי דְּאָמַר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּחוּלִּין, אֲבָל בִּתְרוּמָה וְקׇדָשִׁים — עוֹשֶׂה כַּיּוֹצֵא בּוֹ.
Et c'est également le cas selon l'opinion énoncée par Rav Adda bar Ahava au nom de Rava, qui a dit : On n'a enseigné ce principe — qu'un aliment ne transmet pas l'impureté à un autre aliment — qu'à propos des aliments non consacrés (houline) et de la terouma ; mais s'agissant des aliments consacrés (kodachim), un aliment transmet bien l'impureté aux aliments qu'il touche, et il rend l'aliment consacré semblable à lui quant à l'impureté. Selon cette opinion, cela se comprend bien, puisque la michna traite d'un cas de viande consacrée : l'impureté peut donc se transmettre d'un aliment à un autre.
וּלְרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא נָמֵי דְּאָמַר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא חוּלִּין וּתְרוּמָה, אֲבָל בְּקָדָשִׁים — עוֹשֶׂה כַּיּוֹצֵא בָּהֶן, שַׁפִּיר.
En revanche, cela ne se comprend pas selon l'opinion énoncée par Ravina au nom de Rava, qui a dit : L'Écriture a énoncé ce principe dans un verset catégorique (mikra malé), sans aucune exception — ce qui signifie qu'il n'y a aucune différence entre les aliments non consacrés (houline), la terouma et les aliments consacrés (kodachim) : dans tous ces cas, un type d'aliment ne rend pas un autre aliment semblable à lui quant à l'impureté. Selon cette opinion, que peut-on dire pour comprendre la déclaration de la michna : « bien qu'ils ajoutent ainsi de l'impureté à son impureté » ?
אֶלָּא לְרָבִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא דְּאָמַר: מִקְרָא מָלֵא דִּיבֵּר הַכָּתוּב, לָא שְׁנָא חוּלִּין, לָא שְׁנָא תְּרוּמָה, לָא שְׁנָא קָדָשִׁים — אֵינוֹ עוֹשֶׂה כַּיּוֹצֵא בּוֹ. מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
Pesachim 14a
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