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Traité Pesachim

13b

Étude de Pesachim 13b

Étude de la Guémara 13b

Guémara
leur dépréciation se fait au taux habituel des denrées entreposées, du fait de la pourriture et des rongeurs. Mais si leur dépréciation dépasse ce taux habituel, tous s'accordent à dire qu'on les vend par l'entremise du tribunal (beit din) ; et a fortiori ici, dans le cas du pain levain ('hamets), car le pain sera entièrement perdu. En effet, une fois que le levain devient interdit, il le demeure même après Pessa'h. Par conséquent, tous s'accordent à dire qu'on est tenu de vendre le levain.
בִּכְדֵי חֶסְרוֹנָן, אֲבָל יוֹתֵר מִכְּדֵי חֶסְרוֹנָן — מוֹכְרָן בְּבֵית דִּין. וְכׇל שֶׁכֵּן הָכָא, דְּהָא פְּסִידִי לִגְמָרֵי.
Nous avons appris dans la MISHNA : « Et de plus, Rabbi Yehouda a dit : deux pains [de remerciement (toda) devenus] invalides sont déposés [sur le toit du portique] » comme repère [signalant aux gens jusqu'à quand il est permis de manger du 'hamets]. Le tanna qui récitait les michnayot dans la maison d'étude enseigna une baraïta devant Rav Yehouda : les pains étaient déposés « sur [al gav] le banc (itstéba) ». Rav Yehouda lui dit : a-t-il donc besoin de les dissimuler ?! [Personne ne les verrait s'ils étaient placés là.] Enseigne plutôt : « sur le toit [al gag] du portique (itstéba) », où tout le monde pouvait les voir.
וְעוֹד אָמַר רַבִּי יְהוּדָה שְׁתֵּי חַלּוֹת כּוּ׳. תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה ״עַל גַּב הָאִיצְטְבָא״. אֲמַר לֵיהּ: וְכִי לְהַצְנִיעָן הוּא צָרִיךְ?! תְּנִי ״עַל גַּג הָאִיצְטְבָא״.
Ra'hava a dit au nom de Rabbi Yehouda : le mont du Temple (Har haBayit) était un portique double (stio kafoul), c'est-à-dire entouré de deux rangées de colonnes. Cela a aussi été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yehouda dit qu'on l'appelait istévanit, et c'était un portique à l'intérieur d'un portique.
אָמַר רַחֲבָא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: הַר הַבַּיִת סְטָיו כָּפוּל הָיָה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַר הַבַּיִת סְטָיו כָּפוּל הָיָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִיסְטְווֹנִית הָיְתָה נִקְרֵאת — סְטָיו לְפָנִים מִסְּטָיו.
Nous avons appris dans la Michna que [ces deux pains déposés à l'extérieur] étaient « invalides » (pessoulot). La Guemara demande : pourquoi étaient-ils invalides ? Qu'est-ce qui causait leur invalidation ? Rabbi 'Hanina a dit : puisque les sacrifices de remerciement (toda) apportés ce jour-là étaient nombreux, [et que les cohanim étaient incapables de consommer leurs portions des pains de toutes les offrandes,] les pains restants étaient invalidés du fait d'avoir passé la nuit (lina). La Guemara explique qu'on apportait ce jour-là un si grand nombre de pains, comme il a été enseigné dans une baraïta : on n'apporte pas de sacrifice de remerciement pendant la fête des Matsot (Pessa'h), à cause du pain levain ('hamets) qui en fait partie — car dix des quarante pains apportés avec une toda sont des pains levain.
פְּסוּלוֹת וְכוּ׳. אַמַּאי פְּסוּלוֹת? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מִתּוֹךְ שֶׁהָיוּ מְרוּבּוֹת — נִפְסָלוֹת בְּלִינָה. דְּתַנְיָא: אֵין מְבִיאִין תּוֹדָה בְּחַג הַמַּצּוֹת, מִפְּנֵי חָמֵץ שֶׁבָּהּ.
La Guemara soulève une difficulté : c'est évident qu'on ne peut apporter cette offrande à Pessa'h, puisqu'elle contient du levain ! Rav Adda bar Ahava a dit : ici, cette baraïta ne traite pas de l'interdiction d'apporter l'offrande pendant Pessa'h même. Nous traitons plutôt du cas où l'on apporterait une toda le quatorze de Nissan [veille de Pessa'h], et ce tanna soutient : on n'apporte pas d'offrandes consacrées (kodachim) dans une situation où le temps durant lequel elles peuvent être consommées est restreint, ce qui augmenterait le risque d'invalidation. Bien qu'il soit permis de manger du pain levain jusqu'à la sixième heure du quatorze de Nissan, on n'apporte pas de toda la veille de Pessa'h. La raison en est qu'une toda peut être consommée durant un jour entier et la nuit qui suit ; or, si on l'apporte la veille de Pessa'h, le temps disponible avant l'invalidation [du 'hamets] est réduit.
פְּשִׁיטָא? אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: הָכָא בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר עָסְקִינַן, וְקָסָבַר: אֵין מְבִיאִין קָדָשִׁים לְבֵית הַפְּסוּל.
Et c'est pourquoi tous ceux qui montaient en pèlerinage à Jérusalem et étaient tenus d'apporter des sacrifices de remerciement les apportaient le treize de Nissan. Et puisque ces sacrifices de remerciement étaient nombreux, ils étaient invalidés du fait d'avoir passé la nuit (lina), car les cohanim étaient incapables de consommer leurs portions des pains de toutes les offrandes apportées ce jour-là.
וְכוּלֵּי עָלְמָא בִּשְׁלֹשָׁה עָשָׂר מַיְיתֵי לְהוּ, וּמִתּוֹךְ שֶׁהֵן מְרוּבּוֹת — נִפְסָלוֹת בְּלִינָה.
On a dit au nom de Rabbi Yannaï : les pains déposés comme repère n'étaient pas invalidés par le fait d'avoir passé la nuit. Pourquoi alors le tanna les a-t-il appelés invalides ? C'était du fait qu'aucune offrande animale (zéva'h) n'avait été abattue avec eux pour les consacrer ; ils avaient été consacrés indépendamment, comme pains de toda. Ils ne pouvaient être consommés tant que l'offrande avec laquelle ils étaient apportés n'avait pas été abattue. La Guemara demande : abattons donc le sacrifice de remerciement pour rendre les pains permis ! La Guemara répond : la Michna traite d'un cas où l'animal de l'offrande a été perdu.
מִשּׁוּם רַבִּי יַנַּאי אָמְרוּ: כְּשֵׁירוֹת הָיוּ, וְאֶלָּא אַמַּאי קָרֵי לְהוּ פְּסוּלוֹת — שֶׁלֹּא נִשְׁחַט עֲלֵיהֶן הַזֶּבַח. וְנִשְׁחוֹט! שֶׁאָבַד הַזֶּבַח.
La Guemara soulève une difficulté supplémentaire : apportons donc un autre animal pour remplacer le premier et abattons-le ! La Guemara répond : il s'agit d'un cas où celui qui a consacré le sacrifice de remerciement a dit « ceci est une toda et ceux-ci sont ses pains » [il a consacré l'animal et les pains ensemble], et cela est conforme à l'avis de Rabba. Car Rabba a dit : si le pain d'une toda est perdu, son propriétaire apporte un autre pain pour compléter l'offrande ; mais si la toda [l'animal] est perdue [et que les pains demeurent], on n'apporte pas une autre toda. Quelle en est la raison ? Les pains sont apportés en raison de la toda (lé'hem gelal toda), mais la toda n'est pas apportée à cause des pains. [L'animal sacrifié est l'élément principal de l'offrande, tandis que les pains lui sont subordonnés.]
וְנַיְיתֵי זֶבַח אַחֵר וְנִשְׁחוֹט! דְּאָמַר: ״זוֹ תּוֹדָה וְזוֹ לַחְמָהּ״, וְכִדְרַבָּה. דְּאָמַר רַבָּה: אָבַד הַלֶּחֶם — מֵבִיא לֶחֶם אַחֵר, אָבְדָה תּוֹדָה — אֵין מֵבִיא תּוֹדָה אַחֶרֶת. מַאי טַעְמָא — לֶחֶם גְּלַל תּוֹדָה, וְאֵין תּוֹדָה גְּלַל לֶחֶם.
La Guemara demande : rachetons donc les pains de leur statut consacré et rendons-les profanes ('houlin) [il n'y aurait alors nul besoin de les brûler] ! La Guemara explique plutôt : en réalité, il s'agit d'un cas où l'offrande animale a bien été abattue sur les pains pour les permettre, mais où le sang de l'animal s'est répandu avant de pouvoir être aspergé sur l'autel. [Une fois l'animal abattu, les pains sont pleinement consacrés et ne peuvent plus être rachetés ; mais dans ce cas, ils ne peuvent pas non plus être consommés, puisque le sang n'a pas été aspergé sur l'autel.]
וְנִיפְרְקִינְהוּ וְנַפְּקִינְהוּ לְחוּלִּין! אֶלָּא: לְעוֹלָם שֶׁנִּשְׁחַט עֲלֵיהֶן הַזֶּבַח וְנִשְׁפַּךְ הַדָּם.
Et selon quel avis [cette affirmation, à savoir que l'abattage de l'animal consacre les pains qui dès lors ne peuvent plus être rachetés] ? Selon l'avis de Rabbi [Yehouda haNassi]. Car Rabbi a dit : chacun des deux facteurs indispensables pour permettre [la consommation] d'une offrande élève [au statut consacré] les composants subordonnés de l'offrande, l'un sans l'autre. [En l'occurrence, les pains sont consacrés lorsque l'animal à sacrifier est abattu, même si le sang n'a pas été aspergé,] comme il a été enseigné dans une baraïta : les agneaux sacrifiés à la fête de l'Assemblée (Atséret), c'est-à-dire Chavouot, ne consacrent les deux pains qui les accompagnent que par leur abattage (ché'hita). Comment cela ? Si on les a abattus pour leur propre intention (lichman) [en tant qu'agneaux de Chavouot, comme il se doit] et que le cohen a aspergé leur sang pour leur propre intention, les pains sont consacrés.
וּכְמַאן — כְּרַבִּי. דְּאָמַר רַבִּי: שְׁנֵי דְבָרִים הַמַּתִּירִין — מַעֲלִין זֶה בְּלֹא זֶה. דְּתַנְיָא: כִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת אֵין מְקַדְּשִׁין אֶת הַלֶּחֶם אֶלָּא בִּשְׁחִיטָה. כֵּיצַד? שְׁחָטָן לִשְׁמָן וְזָרַק דָּמָן לִשְׁמָן — קִידֵּשׁ הַלֶּחֶם.
Mais si on les a abattus sans leur propre intention (chelo lichman) et que le cohen a aspergé leur sang sans leur propre intention, les pains ne sont pas consacrés [car les facteurs indispensables pour rendre l'offrande permise n'ont pas été correctement accomplis]. Si on les a abattus pour leur propre intention (lichman) et qu'on a aspergé leur sang sans leur propre intention (chelo lichman), [le fait que les agneaux aient été correctement abattus rend les pains partiellement consacrés. Ainsi,] le pain est consacré [au point de ne plus pouvoir être racheté] mais n'est pas consacré [au point de pouvoir être consommé]. Telle est la parole de Rabbi [Yehouda haNassi].
שְׁחָטָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן וְזָרַק דָּמָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן — לֹא קִידֵּשׁ הַלֶּחֶם. שְׁחָטָן לִשְׁמָן וְזָרַק דָּמָן שֶׁלֹּא לִשְׁמָן — לֶחֶם קָדוֹשׁ וְאֵינוֹ קָדוֹשׁ, דִּבְרֵי רַבִּי.
Rabbi Elazar, fils de Rabbi Chimon, dit : en réalité, le pain n'est jamais consacré tant qu'on n'a pas abattu [les offrandes] pour leur propre intention (lichman) et aspergé leur sang pour leur propre intention (lichman) — c'est-à-dire seulement si les deux facteurs indispensables pour rendre l'offrande permise ont été correctement accomplis. [La réponse précédente de la Guemara était donc conforme à l'avis de Rabbi Yehouda haNassi.]
רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לְעוֹלָם אֵינוֹ קָדוֹשׁ הַלֶּחֶם, עַד שֶׁיִּשְׁחוֹט לִשְׁמָן וְיִזְרוֹק דָּמָן לִשְׁמָן.
Pesachim 13b
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