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Traité Pesachim

118a

Étude de Pesachim 118a

Étude de la Guémara 118a

Guémara
La Guemara demande : Qu'est-ce que la « bénédiction du cantique » [birkat haChir] mentionnée dans la michna [récitée à la fin du Hallel, lors du quatrième verre] ? Rav Yehouda a dit : C'est la bénédiction qui commence par « Ils Te loueront, Éternel notre Dieu [Yehallélou'kha Hachem Eloheïnou] ». Et Rabbi Yohanan a dit qu'on récite également [après cette bénédiction] : « L'âme de tout vivant [Nichmat kol haï] » — une prière qui fait suite aux versets de louange [psoukei dezimra]. Les Sages ont enseigné dans une baraïta : Pour le quatrième verre, on complète le Hallel dessus et on récite le grand Hallel [Hallel haGadol, le psaume 136] — c'est la déclaration de Rabbi Tarfon. Et d'autres disent : on récite [en outre] : « L'Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien » (Psaumes 23, 1), en reconnaissance de la nourriture consommée lors du repas.
מַאי ״בִּרְכַּת הַשִּׁיר״? רַב יְהוּדָה אָמַר: ״יְהַלְלוּךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״נִשְׁמַת כָּל חַי״. תָּנוּ רַבָּנַן: רְבִיעִי גּוֹמֵר עָלָיו אֶת הַהַלֵּל, וְאוֹמֵר הַלֵּל הַגָּדוֹל, דִּבְרֵי רַבִּי טַרְפוֹן. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: ״ה׳ רוֹעִי לֹא אֶחְסָר״.
[La Guemara demande :] À partir d'où commence le grand Hallel [Hallel haGadol] et où se termine-t-il ? Rabbi Yehouda dit : depuis « Rendez grâces [Hodou] » (Psaumes 136, 1) jusqu'à « Les fleuves de Babylone » (Psaumes 137, 1). Et Rabbi Yohanan dit : depuis « Cantique des degrés [Chir HaMaalot] » (Psaumes 134, 1) jusqu'à « Les fleuves de Babylone ». Rav Aha bar Yaakov a dit : depuis « Car l'Éternel a choisi Jacob pour Lui [ki Yaakov bahar lo Yah] » (Psaumes 135, 4) jusqu'à « Les fleuves de Babylone ».
מֵהֵיכָן הַלֵּל הַגָּדוֹל? רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מֵ״הוֹדוּ״ עַד ״נַהֲרוֹת בָּבֶל״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר: מִ״שִּׁיר הַמַּעֲלוֹת״ עַד ״נַהֲרוֹת בָּבֶל״. רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: מִ״כִּי יַעֲקֹב בָּחַר לוֹ יָהּ״ עַד ״נַהֲרוֹת בָּבֶל״.
La Guemara demande : Et pourquoi cette section est-elle appelée le « grand Hallel » ? Rabbi Yohanan a dit : Parce que ce passage proclame que le Saint Béni soit-Il est assis dans les hauteurs de l'univers et distribue la nourriture à chaque créature [comme il est écrit : « Il donne sa nourriture à toute chair, car Sa bonté est éternelle » (Psaumes 136, 25)]. C'est une forme suprême de louange de Dieu pour Sa bonté.
וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ הַלֵּל הַגָּדוֹל? אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא יוֹשֵׁב בְּרוּמוֹ שֶׁל עוֹלָם וּמְחַלֵּק מְזוֹנוֹת לְכׇל בְּרִיָּה.
Rabbi Yéhochoua ben Lévi a dit : Ces vingt-six [répétitions du mot] « Hodou » [rendez grâces] dans le psaume 136 — à quoi correspondent-elles ? Elles correspondent aux vingt-six générations que le Saint Béni soit-Il a créées dans Son monde et auxquelles Il n'a pas [encore] donné la Torah [de la Création jusqu'au don de la Torah au Sinaï : dix générations d'Adam à Noé, dix de Noé à Avraham, et six d'Avraham à Moïse], et qu'Il a néanmoins nourries grâce à Sa bonté [même si elles ne méritaient pas cela, n'ayant ni Torah ni mitsvot pour en être récompensées].
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הָנֵי עֶשְׂרִים וְשִׁשָּׁה ״הוֹדוּ״, כְּנֶגֶד מִי — כְּנֶגֶד עֶשְׂרִים וְשִׁשָּׁה דּוֹרוֹת שֶׁבָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּעוֹלָמוֹ וְלֹא נָתַן לָהֶם תּוֹרָה, וְזָן אוֹתָם בְּחַסְדּוֹ.
Rav Hisda a dit : Que signifie ce qui est écrit : « Rendez grâces à l'Éternel, car Il est bon » (Psaumes 136, 1) ? Cela veut dire : Rendez grâces à l'Éternel qui exige de l'homme la dette [la punition de ses péchés] en accord avec la bonté propre à chacun [c'est-à-dire en proportion de ses moyens]. Il punit le riche par son bœuf [en lui faisant perdre un animal de grande valeur], le pauvre par son mouton [un animal de moindre valeur], l'orphelin par son œuf, et la veuve par sa poule. Dieu punit chaque personne en fonction de ce qu'elle peut endurer comme privation, sans jamais lui infliger plus qu'elle ne peut supporter.
אָמַר רַב חִסְדָּא: מַאי דִּכְתִיב ״הוֹדוּ לַה׳ כִּי טוֹב״? הוֹדוּ לַה׳ שֶׁגּוֹבֶה חוֹבָתוֹ שֶׁל אָדָם בְּטוֹבָתוֹ: עָשִׁיר בְּשׁוֹרוֹ, וְאֶת עָנִי בְּשֵׂיוֹ, יָתוֹם בְּבֵיצָתוֹ, אַלְמָנָה בְּתַרְנְגוֹלְתָּהּ.
Rabbi Yohanan a dit : La tâche de pourvoir à la subsistance d'une personne [mezzonot] est deux fois plus difficile que les souffrances d'une femme en travail. Car à propos d'une femme en travail, il est écrit : « Dans la douleur [beétsev] tu enfanteras des fils » (Berechit 3, 16), tandis qu'à propos de la subsistance, il est écrit : « Dans la peine [beïtsavon] tu en mangeras tous les jours de ta vie » (Berechit 3, 17). Le mot 'ïtsavon' est une forme superlative de 'étsev', indiquant que se sustenter est encore plus difficile qu'accoucher.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קָשִׁין מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם כִּפְלַיִים כַּיּוֹלֵדָה, דְּאִילּוּ בְּיוֹלֵדָה כְּתִיב: ״בְּעֶצֶב״, וּבִמְזוֹנוֹת כְּתִיב ״בְּעִצָּבוֹן״.
Et Rabbi Yohanan a dit également : La tâche de pourvoir à la subsistance d'une personne est plus difficile que la rédemption [gueoula]. Car à propos de la rédemption, il est écrit : « L'ange qui m'a racheté de tout mal » (Berechit 48, 16) — indiquant qu'un simple ange suffit pour protéger une personne de tout mal ; tandis qu'à propos de la subsistance, il est écrit : « Le Dieu [haElokim] qui est mon berger depuis que j'existe jusqu'à ce jour » (Berechit 48, 15). Ce verset implique que seul Dieu Lui-même peut venir en aide à celui qui peine à gagner sa vie.
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קָשִׁין מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם יוֹתֵר מִן הַגְּאוּלָּה, דְּאִילּוּ בִּגְאוּלָּה כְּתִיב: ״הַמַּלְאָךְ הַגּוֹאֵל אוֹתִי מִכׇּל רָע״, מַלְאָךְ בְּעָלְמָא, וְאִילּוּ בִּמְזוֹנוֹת כְּתִיב: ״הָאֱלֹהִים הָרוֹעֶה אֹתִי״.
La Guemara cite un enseignement analogue. Rabbi Yéhochoua ben Lévi a dit : Lorsque le Saint Béni soit-Il dit à Adam : « Et des épines et des ronces elle te produira [la terre] » (Berechit 3, 18), ses yeux ruisselèrent de larmes [pleurant à l'idée de manger des mauvaises herbes comme les animaux]. Adam dit devant Lui : Maître de l'univers, vais-je manger, moi et mon âne, à la même mangeoire ?! Mais lorsque Dieu lui dit : « À la sueur de ton front tu mangeras du pain » (Berechit 3, 19), son esprit fut apaisé [car il comprit que s'il travaille il pourra manger du pain, différent de la nourriture de l'âne].
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: בְּשָׁעָה שֶׁאָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לָאָדָם ״וְקוֹץ וְדַרְדַּר תַּצְמִיחַ לָךְ״ זָלְגוּ עֵינָיו דְּמָעוֹת, אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, אֲנִי וַחֲמוֹרִי נֹאכַל בְּאֵבוּס אֶחָד? כֵּיוָן שֶׁאָמַר לוֹ: ״בְּזֵעַת אַפֶּךָ תֹּאכַל לֶחֶם״, נִתְקָרְרָה דַּעְתּוֹ.
Rabbi Chimon ben Lakish a dit : Nous aurions eu de la chance si nous étions demeurés sous le premier décret [les épines et les ronces] et que nous pouvions encore manger les herbes des champs. Et nous n'avons pas encore entièrement échappé à ce décret, car nous mangeons parfois les plantes des champs [sous la forme de légumes et de feuilles].
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: אַשְׁרֵינוּ אִם עָמַדְנוּ בָּרִאשׁוֹנָה, וַעֲדַיִין לָא פָּלְטִינַן מִינַּהּ, דְּקָא אָכְלִינַן עִיסְבֵי דְּדַבְרָא.
Rav Cheïzvi a dit au nom de Rabbi Elazar ben Azarya : La tâche de pourvoir à la subsistance d'une personne est aussi difficile que l'ouverture de la mer Rouge [kériat yam souf], comme il est écrit : « Il donne sa nourriture à toute chair, car Sa bonté est éternelle » (Psaumes 136, 25), et juxtaposé à ce verset [dans le même psaume] : « À Celui qui a fendu la mer Rouge en deux parties, car Sa bonté est éternelle » (Psaumes 136, 13). La répétition du refrain final [ki leolam hasdô] indique que les deux louanges sont dans une certaine mesure équivalentes [dans leur grandeur].
אָמַר רַב שֵׁיזְבִי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: קָשִׁין מְזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם כִּקְרִיעַת יַם סוּף, דִּכְתִיב: ״נוֹתֵן לֶחֶם לְכׇל בָּשָׂר״, וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״לְגוֹזֵר יַם סוּף לִגְזָרִים״.
De même, Rabbi Elazar ben Azarya a dit : Les orifices [nékavim] d'une personne [lorsqu'elle ne peut correctement se soulager], cela lui est aussi difficile que le jour de la mort et que l'ouverture de la mer Rouge, comme il est dit : « Celui qui est courbé sera bientôt délivré ; il ne descendra pas dans la fosse pour mourir et son pain ne manquera pas » (Yechayahou 51, 14). L'expression « descendre dans la fosse pour mourir » indique que l'ouverture des orifices ressemble à une délivrance de la mort. Et ensuite il est écrit : « Qui agite la mer et fait mugir ses flots » (Yechayahou 51, 15), comparant la situation précédente à la fente de la mer.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: קָשִׁין נְקָבָיו שֶׁל אָדָם כְּיוֹם הַמִּיתָה וְכִקְרִיעַת יַם סוּף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִהַר צוֹעֶה לְהִפָּתֵחַ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״רוֹגַע הַיָּם וַיֶּהֱמוּ גַּלָּיו״.
Et Rav Chéchet a dit au nom de Rabbi Elazar ben Azarya : Quiconque rabaisse les fêtes [moadot], c'est comme s'il adorait les idoles [avoda zara]. C'est déduit de la juxtaposition de versets : il est dit « Tu ne te feras pas de dieux fondus » (Chemot 34, 17), et ensuite il est écrit : « La fête des matsot [hag hamatsot], tu l'observeras » (Chemot 34, 18) — de cette juxtaposition on déduit que quiconque n'observe pas correctement les fêtes est assimilé à quelqu'un qui fabrique des idoles.
וְאָמַר רַב שֵׁשֶׁת מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: כׇּל הַמְבַזֶּה אֶת הַמּוֹעֲדוֹת כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהֵי מַסֵּכָה לֹא תַעֲשֶׂה לָּךְ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״אֶת חַג הַמַּצּוֹת תִּשְׁמוֹר״.
Pesachim 118a
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