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Traité Pesachim

117b

Étude de Pesachim 117b

Étude de la Mishna & Guémara 117b

N'est-ce pas là le point de divergence [entre la michna et la baraïta précédente] : selon celui qui dit qu'on récite jusqu'à « la mère des enfants se réjouit » [fin du psaume 113], il considère que le 'Hallelouya' [qui suit ce verset] est le début d'un [nouveau] chapitre [et donc que le lecteur s'arrête avant ce 'Hallelouya', qui appartient au psaume suivant]. Et selon celui qui dit qu'on récite jusqu'à « lors de la sortie d'Israël [d'Égypte] » [début du psaume 114], il considère que le 'Hallelouya' est la fin du chapitre précédent [et donc qu'il a récité ce 'Hallelouya' pour clore le psaume 113]. La michna et la baraïta ne divergent donc que sur le moment où ce 'Hallelouya' doit être récité.
מַאי לָאו, בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: לְמַאן דְּאָמַר עַד ״אֵם הַבָּנִים שְׂמֵחָה״, סָבַר ״הַלְלוּיָהּ״ — רֵישׁ פִּירְקָא, וּמַאן דְּאָמַר עַד ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל״, סָבַר ״הַלְלוּיָהּ״ — סוֹף פִּירְקָא.
La Guemara rejette cette thèse : Ce n'est pas une preuve [que la michna et la baraïta divergent sur la position du 'Hallelouya']. En effet, Rav Hisda explique la différence entre la michna et la baraïta en accord avec son propre raisonnement [selon lequel 'Hallelouya' marque la fin d'un chapitre] : tout le monde s'accorde [selon lui] à dire que 'Hallelouya' est la fin d'un chapitre. Celui qui dit qu'on récite jusqu'à « lors de la sortie d'Israël d'Égypte » a bien parlé, car il cite le début du verset suivant [pour indiquer que l'on s'arrête juste avant]. Et celui qui dit qu'on récite jusqu'à « la mère des enfants se réjouit » entend le mot 'ad' [jusqu'à] dans le sens de 'jusqu'à et y compris', c'est-à-dire qu'on achève le verset entier en incluant le mot 'Hallelouya' qui le conclut.
רַב חִסְדָּא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, דְּכוּלֵּי עָלְמָא סָבְרִי: ״הַלְלוּיָהּ״ — סוֹף פִּירְקָא. מַאן דְּאָמַר עַד ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל״ שַׁפִּיר, וּמַאן דְּאָמַר עַד ״אֵם הַבָּנִים שְׂמֵחָה״, עַד — וְעַד בַּכְּלָל.
[La Guemara soulève une difficulté :] Mais alors, que le tanna dise simplement : jusqu'à 'Hallelouya' ! Et si tu dis qu'on ne saurait pas de quel 'Hallelouya' il parle — qu'il dise alors : le 'Hallelouya' de « la mère des enfants se réjouit ». La Guemara constate : Cela constitue effectivement une difficulté pour l'opinion de Rav Hisda.
וְנֵימָא עַד ״הַלְלוּיָהּ״! וְכִי תֵּימָא דְּלָא יָדְעִינַן הֵי ״הַלְלוּיָהּ״ — וְנֵימָא ״הַלְלוּיָהּ״ שֶׁל ״אֵם הַבָּנִים שְׂמֵחָה״? קַשְׁיָא.
De même, Rabba bar Rav Houna explique la différence entre la michna et la baraïta en accord avec son propre raisonnement [selon lequel 'Hallelouya' marque le début d'un chapitre] : tout le monde s'accorde à dire que 'Hallelouya' est le début d'un [nouveau] chapitre. Celui qui dit qu'on récite jusqu'à « la mère des enfants se réjouit » a bien parlé [car ce verset conclut le psaume 113, avant le 'Hallelouya' qui ouvre le psaume suivant]. Et celui qui dit qu'on récite jusqu'à « lors de la sortie d'Israël d'Égypte » considère que le mot 'ad' [jusqu'à] signifie 'jusqu'à mais non inclus' [c'est-à-dire qu'on ne conclut pas avec le mot 'Hallelouya' qui suit la fin du psaume 113].
רַבָּה בַּר רַב הוּנָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: דְּכוּלֵּי עָלְמָא ״הַלְלוּיָהּ״ — רֵישׁ פִּירְקָא, מַאן דְּאָמַר עַד ״אֵם הַבָּנִים שְׂמֵחָה״ — שַׁפִּיר, וּמַאן דְּאָמַר עַד ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל״, סָבַר: עַד — וְלֹא עַד בַּכְּלָל.
La Guemara soulève une difficulté similaire [concernant Rabba bar Rav Houna] : Mais alors, que le tanna dise simplement : jusqu'à 'Hallelouya' ! Et si tu dis qu'on ne saurait pas de quel 'Hallelouya' il parle — qu'il dise alors : le 'Hallelouya' de « lors de la sortie d'Israël d'Égypte ». La Guemara constate : Cela constitue effectivement une difficulté pour l'opinion de Rabba bar Rav Houna.
וְנֵימָא: עַד ״הַלְלוּיָהּ״, וְכִי תֵּימָא דְּלָא יָדְעִינַן הֵי ״הַלְלוּיָהּ״ — וְנֵימָא עַד ״הַלְלוּיָהּ״ שֶׁ״בְּצֵאת יִשְׂרָאֵל״? קַשְׁיָא.
La michna a déclaré que l'on conclut cette section du Hallel par une bénédiction qui évoque la délivrance [guéoula]. À ce propos, Rava a dit : Pour la récitation du Chema et pour le Hallel de Pessah, la formulation de la bénédiction finale est : « Qui a racheté Israël [gaal Israël] » au passé, alors que la septième bénédiction de la Amida quotidienne se conclut par : « Qui rachète Israël [goël Israël] » au présent. Quelle est la raison de cette différence ? [Dans la Amida,] la prière est une supplication pour la miséricorde, et l'on y mentionne et implore la délivrance attendue à venir.
וְחוֹתֵם בִּגְאוּלָּה. אָמַר רָבָא: קְרִיאַת שְׁמַע וְהַלֵּל — ״גָּאַל יִשְׂרָאֵל״. דִּצְלוֹתָא — ״גּוֹאֵל יִשְׂרָאֵל״. מַאי טַעְמָא — דְּרַחֲמֵי נִינְהוּ.
De même, Rabbi Zeïra a dit : La formule du kiddouch est : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné » — au passé. En revanche, la formule dans la Amida est : « Sanctifie-nous par Tes commandements » — au futur [exprimant une demande]. Quelle est la raison de cette différence ? La prière est une supplication pour la miséricorde, et l'on y formule une demande pour l'avenir.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: דְּקִידּוּשָׁא — ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ״. דִּצְלוֹתָא — ״קַדְּשֵׁנוּ בְּמִצְוֹתֶיךָ״. מַאי טַעְמָא — דְּרַחֲמֵי נִינְהוּ.
Rav Aha bar Yaakov a dit : On doit également mentionner la sortie d'Égypte dans le kiddouch du jour de Chabbat [c'est-à-dire le kiddouch de la matinée du Chabbat], même si le Chabbat n'est pas directement lié à l'Exode. La preuve est qu'il est écrit ici, à propos de Pessah : « Afin que tu te souviennes du jour où tu sortis du pays d'Égypte tous les jours de ta vie » (Devarim 16, 3) — et il est écrit là, à propos du Chabbat : « Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier » (Chemot 20, 8). Par une analogie verbale [guezera chava] sur le mot 'jour' [yom], ces versets enseignent que l'on doit également évoquer l'Exode lors du Chabbat.
אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: וְצָרִיךְ שֶׁיַּזְכִּיר יְצִיאַת מִצְרַיִם בְּקִידּוּשׁ הַיּוֹם. כְּתִיב הָכָא: ״לְמַעַן תִּזְכּוֹר אֶת יוֹם״. וּכְתִיב הָתָם: ״זָכוֹר אֶת יוֹם הַשַּׁבָּת לְקַדְּשׁוֹ״.
Rabba bar Cheïla a dit : [Concernant les formules de conclusion de certaines bénédictions :] la prière [Amida] qui décrit le rétablissement futur de la royauté d'Israël se conclut par : « Celui qui fait germer la corne [le symbole] du salut [matsmiah kèren yéchoua] », tandis que la bénédiction récitée après la haftara [la portion des Prophètes lue à la synagogue] se conclut par : « Bouclier de David ».
אָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא: דִּצְלוֹתָא — ״מַצְמִיחַ קֶרֶן יְשׁוּעָה״, דְּאַפְטָרְתָּא — ״מָגֵן דָּוִד״.
A ce propos, la Guemara cite la promesse que Dieu fit à David par l'intermédiaire du prophète Nathan : « Je te ferai un grand nom, semblable au nom des grands de la terre » (II Chemouel 7, 9). Rav Yossef enseigne : Voici le sens de l'expression 'semblable au nom des grands' : que les Juifs diront « Bouclier de David » [à la fin d'une bénédiction], tout comme ils disent « Bouclier d'Avraham ».
״וְעָשִׂיתִי לְךָ שֵׁם גָּדוֹל כְּשֵׁם הַגְּדוֹלִים״, תָּנֵי רַב יוֹסֵף: זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים ״מָגֵן דָּוִד״.
Rabbi Chimon ben Lakish a dit, à propos de la bénédiction que Dieu accorda à Avraham : « Je ferai de toi une grande nation, et Je te bénirai, et Je rendrai ton nom grand, et tu seras une bénédiction » (Berechit 12, 2). « Je ferai de toi une grande nation » : cela se réalise dans l'ouverture de la première bénédiction de la Amida, lorsque les Juifs disent : « Dieu d'Avraham. » « Et Je te bénirai » : cela se réalise lorsqu'ils disent : « Dieu d'Yits'hak » — car c'est une bénédiction pour un père que le nom de son fils soit éternalisé [en étant associé au Nom de Dieu]. « Et Je rendrai ton nom grand » : cela se réalise lorsqu'ils disent : « Dieu de Yaakov ».
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: ״וְאֶעֶשְׂךָ לְגוֹי גָּדוֹל״, זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים ״אֱלֹהֵי אַבְרָהָם״. ״וַאֲבָרֶכְךָ״, זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים ״אֱלֹהֵי יִצְחָק״. ״וַאֲגַדְּלָה שְׁמֶךָ״, זֶהוּ שֶׁאוֹמְרִים ״אֱלֹהֵי יַעֲקֹב״.
On pourrait avoir pensé que les Juifs devraient conclure la première bénédiction de la Amida en mentionnant le nom de chacun des patriarches [Avraham, Yits'hak et Yaakov]. C'est pourquoi le verset dit : « Et tu seras une bénédiction [vehyé berakha] » — c'est-à-dire avec toi, Avraham, on conclut la bénédiction, et on ne conclut pas [par le nom de] tous les patriarches. C'est pourquoi la première bénédiction de la Amida se termine par : « Bouclier d'Avraham ».
יָכוֹל יְהוּ חוֹתְמִין בְּכוּלָּן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וֶהְיֵה בְּרָכָה״. בְּךָ חוֹתְמִין, וְאֵין חוֹתְמִין בְּכוּלָּן.
Pesachim 117b
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