AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Pesachim

116a

Étude de Pesachim 116a

Étude de la Mishna & Guémara 116a

[Suite de l'interprétation du « pain du pauvre » commencée en 115b :] de même, ici [à Pessah], on doit utiliser un morceau [de matsah] [et non une matsah entière pour la bénédiction principale]. Autre interprétation : de même que la coutume d'un pauvre est que c'est lui qui chauffe le four et sa femme qui cuit rapidement [avant que le peu de bois dont ils disposent ne soit consumé], de même ici [lorsqu'on prépare la matsah] : c'est lui qui chauffe le four et sa femme qui cuit rapidement afin que la pâte ne fermente pas. C'est pourquoi on appelle la matsah « pain du pauvre ».
אַף כָּאן בִּפְרוּסָה. דָּבָר אַחֵר: מָה דַּרְכּוֹ שֶׁל עָנִי הוּא מַסִּיק וְאִשְׁתּוֹ אוֹפָה, אַף כָּאן נָמֵי — הוּא מַסִּיק וְאִשְׁתּוֹ אוֹפָה.
[La mishna a déclaré :] « bien que la harosset ne soit pas une mitsva ». Et si ce n'est pas une mitsva, pour quelle raison la sert-on [au séder] ? Rabbi Ami dit : On la sert en raison du poison [qafa] contenu dans les herbes amères, que la harosset neutralise. Rav Asi ajouta : Le remède pour celui qui a ingéré le poison [de la laitue] est de manger un radis [chama]. Le remède pour le poison d'un radis est des poireaux [karatei]. Le remède pour le poison des poireaux est de l'eau chaude [hamaméi]. Et le remède pour le poison de tous les légumes est de l'eau chaude. La Guemara commente : En attendant [pendant qu'on cherche le remède], qu'il prononce cette formule [d'incantation] : « Poison, poison, je me souviens de toi et de tes sept filles et de tes huit belles-filles. »
אַף עַל פִּי שֶׁאֵין חֲרוֹסֶת מִצְוָה. וְאִי לָא מִצְוָה, מִשּׁוּם מַאי מַיְיתֵי לַהּ? אָמַר רַבִּי אַמֵּי: מִשּׁוּם קָפָא. אָמַר רַב אַסִּי: קָפָא דְחַסָּא — חָמָא. קָפָא דְּחָמָא — כַּרָּתֵי. [קָפָא דְכַרָּתֵי — חַמִּימֵי.] קָפָא דְּכוּלְּהוּ — חַמִּימֵי. אַדְּהָכִי וְהָכִי, נֵימָא הָכִי: ״קָפָא קָפָא, דְּכִירְנָא לָךְ וּלְשַׁב בְּנָתָיךְ וּלְתַמְנֵי כַּלָּתָךְ״.
[La mishna a mentionné :] Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tsadok, dit [que manger de la harosset] est une mitsva. La Guemara demande : Quelle est la nature de cette mitsva ? La Guemara répond : Rabbi Lévi dit : C'est en souvenir de la pomme [tapouah] [mentionnée dans le verset : « Sous le pommier je t'ai réveillé » (Chir haChirim 8, 5), allusion au peuple juif qui enfantait en Égypte sous les pommiers pour échapper aux décrets de Pharaon]. Et Rabbi Yohanane dit : La harosset est en souvenir du mortier [tit] utilisé par les Juifs dans leur travail forcé en Égypte. Abayé dit : C'est pourquoi, pour satisfaire les deux opinions, il faut la préparer acide [qahouya — en souvenir de la pomme] et épaisse [samikha — en souvenir du mortier].
רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי צָדוֹק אוֹמֵר מִצְוָה וְכוּ׳. מַאי מִצְוָה? רַבִּי לֵוִי אוֹמֵר: זֵכֶר לַתַּפּוּחַ. וְרַבִּי יוֹחָנָן אוֹמֵר: זֵכֶר לַטִּיט. אָמַר אַבָּיֵי: הִלְכָּךְ צְרִיךְ לְקַהוֹיֵיהּ וּצְרִיךְ לְסַמּוֹכֵיהּ. לְקַהוֹיֵיהּ — זֵכֶר לַתַּפּוּחַ, וּצְרִיךְ לְסַמּוֹכֵיהּ — זֵכֶר לַטִּיט.
Il a été enseigné dans une baraïta conformément à l'opinion de Rabbi Yohanane : Les épices [tavalim] utilisées dans la harosset sont en souvenir de la paille [teven — que nos ancêtres utilisaient pour confectionner les briques en Égypte], et la harosset elle-même est en souvenir du mortier [tit]. Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tsadok, dit : Lorsqu'ils vendaient [des ingrédients pour] la harosset, les petits commerçants [de bazar — tagaré harak] de Jérusalem disaient ainsi : « Venez et prenez des épices pour vous, pour la mitsva. »
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: תַּבְלִין זֵכֶר לַתֶּבֶן, חֲרוֹסֶת זֵכֶר לַטִּיט. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי צָדוֹק, כָּךְ הָיוּ אוֹמְרִים תַּגָּרֵי חָרָךְ שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם: בּוֹאוּ וּטְלוּ לָכֶם תַּבְלִין לְמִצְוָה.
Mishna 1
MISHNA : Les serviteurs versèrent [aux convives] la deuxième coupe [kouss chéni], et c'est ici que le fils pose à son père les questions sur les différences entre la nuit de Pessah et une nuit ordinaire. Et si le fils n'a pas l'intelligence suffisante pour poser des questions par lui-même, son père lui enseigne les questions.
מַתְנִי׳ מָזְגוּ לוֹ כּוֹס שֵׁנִי וְכָאן הַבֵּן שׁוֹאֵל אָבִיו. וְאִם אֵין דַּעַת בַּבֵּן אָבִיו מְלַמְּדוֹ.(משנה)
La mishna énumère les questions : « En quoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits [Ma nichtan'ha halaïla hazé mikol halaïlot] ? » Car toutes les autres nuits nous mangeons du pain levé [hamets] et de la matsah selon notre convenance ; cette nuit-ci, tout notre pain est de la matsah. Car toutes les autres nuits nous mangeons d'autres légumes ; cette nuit-ci nous mangeons des herbes amères [maror]. [La mishna continue la liste des questions :] du temps où le Temple était debout, on demandait : Car toutes les autres nuits nous mangeons de la viande rôtie, mijotée ou cuite, mais cette nuit-ci toute la viande est celle de l'agneau pascal rôti. La dernière question était posée même après la destruction du Temple : Car toutes les autres nuits nous ne trempons les légumes dans un liquide qu'une seule fois pendant le repas ; cette nuit-ci nous trempons deux fois.
מָה נִשְׁתַּנָּה הַלַּיְלָה הַזֶּה מִכׇּל הַלֵּילוֹת. שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אָנוּ אוֹכְלִין חָמֵץ וּמַצָּה, הַלַּיְלָה הַזֶּה — כּוּלּוֹ מַצָּה. שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אָנוּ אוֹכְלִין שְׁאָר יְרָקוֹת, הַלַּיְלָה הַזֶּה — מָרוֹר. שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אָנוּ אוֹכְלִין בָּשָׂר צָלִי שָׁלוּק וּמְבוּשָּׁל, הַלַּיְלָה הַזֶּה — כּוּלּוֹ צָלִי. שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אָנוּ מַטְבִּילִין פַּעַם אֶחָת, הַלַּיְלָה הַזֶּה — שְׁתֵּי פְעָמִים.
[La mishna enseigne :] et selon les capacités intellectuelles du fils, son père lui enseigne [le récit de la sortie d'Égypte]. Il commence par la honte [guénoute] et conclut par la gloire [chévah]. Et il développe [le récit] à partir du passage : « Un Araméen cherchait à perdre mon père » [Araméen ovéd avi — Devarim 26, 5], la déclaration que l'on prononce lorsqu'on apporte ses prémices au Temple, jusqu'à ce qu'il ait expliqué l'intégralité de ce passage.
וּלְפִי דַּעְתּוֹ שֶׁל בֵּן אָבִיו מְלַמְּדוֹ. מַתְחִיל בִּגְנוּת וּמְסַיֵּים בְּשֶׁבַח. וְדוֹרֵשׁ מֵ״אֲרַמִּי אוֹבֵד אָבִי״, עַד שֶׁיִּגְמוֹר כׇּל הַפָּרָשָׁה כּוּלָּהּ.
Guémara
GUEMARA : Les Sages ont enseigné : Si son fils est sage et sait interroger, c'est son fils qui lui pose les questions. Et s'il n'est pas sage [ou assez grand pour le faire], c'est sa femme qui lui pose les questions. Et si même sa femme n'est pas en mesure de poser les questions, ou s'il n'a pas de femme, il se pose les questions à lui-même. Et même si deux érudits de la Torah qui connaissent les lois de Pessah sont assis ensemble et qu'il n'y a personne d'autre pour poser les questions, ils se les posent l'un à l'autre.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: חָכָם בְּנוֹ — שׁוֹאֲלוֹ. וְאִם אֵינוֹ חָכָם — אִשְׁתּוֹ שׁוֹאַלְתּוֹ, וְאִם לָאו — הוּא שׁוֹאֵל לְעַצְמוֹ, וַאֲפִילּוּ שְׁנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁיּוֹדְעִין בְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח — שׁוֹאֲלִין זֶה לָזֶה.
[La mishna a énoncé la quatrième question :] « Car toutes les autres nuits nous trempons [les légumes] une seule fois ; cette nuit-ci nous trempons deux fois. » Rava objecte fortement à cet énoncé de la mishna : Est-ce à dire que chaque autre jour il n'est pas possible de ne pas tremper au moins une fois ? Y a-t-il une obligation de tremper lors des autres jours, comme le laisse entendre la formulation de la mishna ? Rava dit plutôt que voici ce qu'enseigne la mishna : Car toutes les autres nuits nous ne sommes pas obligés de tremper même une seule fois ; cette nuit-ci nous sommes obligés de tremper deux fois.
מָה נִשְׁתַּנָּה הַלַּיְלָה הַזֶּה מִכׇּל הַלֵּילוֹת, שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אָנוּ מַטְבִּילִין פַּעַם אֶחָת, הַלַּיְלָה הַזֶּה — שְׁתֵּי פְעָמִים. מַתְקֵיף לַהּ רָבָא: אַטּוּ כׇּל יוֹמָא לָא סַגִּיא דְּלָא מְטַבְּלָא חֲדָא זִימְנָא? אֶלָּא אָמַר רָבָא, הָכִי קָתָנֵי: שֶׁבְּכָל הַלֵּילוֹת אֵין אָנוּ חַיָּיבִין לְטַבֵּל אֲפִילּוּ פַּעַם אֶחָת, הַלַּיְלָה הַזֶּה — שְׁתֵּי פְעָמִים.
Rav Safra objecte fortement à cette explication [de Rava] : Une obligation [hibouva] pour des enfants [dardékéi] ?! [Il serait étrange de qualifier de « obligation » ce qui n'est fait que pour susciter la curiosité des enfants.] Rav Safra dit plutôt que voici ce qu'enseigne la mishna : Nous ne trempons normalement pas même une seule fois ; cette nuit-ci nous trempons deux fois. [Cette formulation — décrivant le double trempage comme un acte inhabituel plutôt que comme une obligation — est préférable.]
מַתְקֵיף לַהּ רַב סָפְרָא: חִיּוּבָא לְדַרְדְּקֵי?! אֶלָּא אָמַר רַב סָפְרָא, הָכִי קָתָנֵי: אֵין אָנוּ מַטְבִּילִין אֲפִילּוּ פַּעַם אֶחָת, הַלַּיְלָה הַזֶּה — שְׁתֵּי פְעָמִים.
[La mishna a enseigné :] « il commence par la honte et conclut par la gloire ». La Guemara demande : Que signifie [concrètement] la honte [guénoute] ? Rav dit qu'on commence en disant : « Au commencement, nos pères étaient adorateurs d'idoles » [à l'époque de Térakh, père d'Abraham, au-delà du fleuve Euphrate], avant de conclure par des paroles de gloire. Et Chmouel dit : La honte par laquelle on doit commencer sa réponse est : « Nous étions esclaves » [avadim haïnou].
מַתְחִיל בִּגְנוּת וּמְסַיֵּים בְּשֶׁבַח. מַאי בִּגְנוּת? רַב אָמַר: ״מִתְּחִלָּה עוֹבְדֵי עֲבוֹדָה זָרָה הָיוּ אֲבוֹתֵינוּ״. [וּשְׁמוּאֵל] אָמַר: ״עֲבָדִים הָיִינוּ״.
Rav Nahman dit à son esclave Darou : Concernant un esclave que son maître libère, et qui lui donne de l'or et de l'argent [en cadeau de liberté] — que doit dire l'esclave à son maître ? Darou lui dit : Il doit le remercier et le louer. Rav Nahman lui dit : Tu nous as dispensés de réciter les questions du « Ma nichtan'ha », car tu as exposé l'essence de la soirée du séder. Rav Nahman commença alors à réciter : « Nous étions esclaves [avadim haïnou]. »
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן לְדָרוּ עַבְדֵּיהּ: עַבְדָּא דְּמַפֵּיק לֵיהּ מָרֵיהּ לְחֵירוּת, וְיָהֵיב לֵיהּ כַּסְפָּא וְדַהֲבָא, מַאי בָּעֵי לְמֵימַר לֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: בָּעֵי לְאוֹדוֹיֵי וּלְשַׁבּוֹחֵי, אֲמַר לֵיהּ: פְּטַרְתַּן מִלּוֹמַר ״מָה נִשְׁתַּנָּה״. פָּתַח וְאָמַר ״עֲבָדִים הָיִינוּ״.
Pesachim 116a
100%
פסחים קט״ז אמַסֶּכֶת פְּסָחִים