AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Pesachim

113b

Étude de Pesachim 113b

Étude de la Guémara 113b

Guémara
Quand le tannaïte [récitant de baraïtot] enseigna cette baraïta devant Rava et Rav Safra, le visage de Rav Safra s'illumina de joie [car il se rangea parmi les personnes louées par D.ieu]. Rava lui dit : Ce [mérite] ne s'applique pas à quelqu'un comme le Maître. Il s'applique plutôt à des personnes comme Rav Hanina et Rav Oshaya, qui étaient cordonniers en Erets Israël, et qui s'asseyaient sur la place du marché des prostituées et fabriquaient des chaussures pour des prostituées. Et les prostituées entraient dans leur boutique et les regardaient. Cependant, en raison de leur piété, ces Sages ne levaient pas les yeux pour regarder les femmes. Et ces prostituées étaient tellement impressionnées par ce comportement que lorsqu'elles prêtaient serment, elles disaient : Par la vie des saints Sages d'Erets Israël ! C'est ce type de célibataire qui est loué par le Ciel.
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרָבָא וְרַב סָפְרָא, צָהֲבוּ פָּנָיו דְּרַב סָפְרָא. אָמַר לוֹ רָבָא: לָאו כְּגוֹן מָר, אֶלָּא כְּגוֹן רַב חֲנִינָא וְרַב אוֹשַׁעְיָא דַּהֲווֹ אוּשְׁכָּפֵי בְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל, וַהֲווֹ יָתְבִי בְּשׁוּקָא דְזוֹנוֹת, וְעָבְדִי לְהוּ מְסָאנֵי לְזוֹנוֹת, וְעָיְילִי לְהוּ. אִינְהוּ מִסְתַּכְּלִי בְּהוּ, וְאִינְהוּ לָא מַדְלָן עֵינַיְיהוּ לְאִיסְתַּכּוֹלֵי בְּהוּ. וּמוֹמָתַיְיהוּ הָכִי: בְּחַיֵּיהֶן רַבָּנַן קַדִּישֵׁי דִּבְאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל.
La Guemara cite un enseignement similaire. Le Saint Béni soit-Il aime trois personnes : celui qui ne se met pas en colère ; celui qui ne s'enivre pas ; et celui qui est indulgent [qui n'insiste pas sur ses exigences]. Le Saint Béni soit-Il hait trois personnes : celui qui dit une chose de la bouche et en pense une autre dans le cœur [l'hypocrite] ; celui qui connaît un témoignage en faveur d'autrui et ne témoigne pas en sa faveur ; et celui qui observe un acte licencieux commis par autrui et témoigne seul contre lui [son témoignage est sans effet juridique car il est seul — il ne fait que ternir la réputation de la personne].
שְׁלֹשָׁה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אוֹהֲבָן: מִי שֶׁאֵינוֹ כּוֹעֵס, וּמִי שֶׁאֵינוֹ מִשְׁתַּכֵּר, וּמִי שֶׁאֵינוֹ מַעֲמִיד עַל מִדּוֹתָיו. שְׁלֹשָׁה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שׂוֹנְאָן: הַמְדַבֵּר אֶחָד בַּפֶּה וְאֶחָד בַּלֵּב, וְהַיּוֹדֵעַ עֵדוּת בַּחֲבֵירוֹ וְאֵינוֹ מֵעִיד לוֹ, וְהָרוֹאֶה דְּבַר עֶרְוָה בַּחֲבֵירוֹ וּמֵעִיד בּוֹ יְחִידִי.
La Guemara illustre [le cas de celui qui témoigne seul] : C'est comme l'incident où Touveya commit une faute [de débauche], et Zigoud vint seul témoigner contre lui devant Rav Papa. Rav Papa ordonna de flageller Zigoud. Zigoud lui dit : Touveya a péché et c'est Zigoud qui est flagellé ?! [Cette exclamation devint un proverbe populaire.] Rav Papa lui répondit : Oui, car il est écrit « Un seul témoin ne se lèvera pas contre un homme » (Devarim 19, 15), et tu as témoigné seul contre lui. Tu n'as fait que lui infliger une mauvaise réputation.
כִּי הָא דְּטוֹבִיָּה חָטָא, וַאֲתָא זִיגּוּד לְחוּדֵיהּ וְאַסְהֵיד בֵּיהּ קַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא. נַגְּדֵיהּ לְזִיגּוּד. אֲמַר לֵיהּ: טוֹבִיָּה חֲטָא וְזִיגּוּד מִינַּגַּד?! אֲמַר לֵיהּ: אִין, דִּכְתִיב: ״לֹא יָקוּם עֵד אֶחָד בְּאִישׁ״, וְאַתְּ לְחוֹדָךְ אַסְהֵדְתְּ בֵּיהּ, שֵׁם רַע בְּעָלְמָא קָא מַפְּקַתְּ בֵּיהּ.
Rabbi Chmouel bar Rav Yitshak dit au nom de Rav : [Bien que l'on ne puisse témoigner seul,] il est néanmoins permis de haïr [la personne dont on a été seul témoin d'un acte impur], car il est dit : « Si tu vois l'âne de celui qui te hait gisant sous sa charge » (Chemot 23, 5). La Guemara précise : que signifie « celui qui te hait » dans ce verset ? Si tu dis qu'il s'agit d'un non-Juif qui te hait — or il est enseigné dans une baraïta que « celui qui hait » dont parle la Torah désigne un Juif qui te hait, et non un non-Juif qui te hait.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק אָמַר רַב: מוּתָּר לִשְׂנֹאתוֹ. שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי תִרְאֶה חֲמוֹר שֹׂנַאֲךָ רוֹבֵץ תַּחַת מַשָּׂאוֹ״. מַאי ״שׂוֹנֵא״? אִילֵּימָא שׂוֹנֵא גּוֹי, וְהָא תַּנְיָא: שׂוֹנֵא שֶׁאָמְרוּ — שׂוֹנֵא יִשְׂרָאֵל וְלֹא שׂוֹנֵא גּוֹי.
Il est donc évident que le verset parle d'un Juif qui te hait. Mais est-il permis de haïr un frère juif ? Il est pourtant écrit : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur » (Vayikra 19, 17), ce qui interdit clairement la haine envers un autre Juif ! Peut-être dira-t-on que le verset vise une situation où il y a des témoins [confirmant] qu'il a commis un péché. Mais dans ce cas, tout le monde devrait le haïr — qu'est-ce qui distingue cette personne particulière qui le hait ? Il s'agit donc forcément d'un cas comme celui-ci : lorsqu'[une personne seule] l'a vu commettre un acte licencieux. Elle est alors autorisée à le haïr pour sa conduite répréhensible, tandis que les autres, qui ignorent ses actes, ne sauraient le haïr.
אֶלָּא פְּשִׁיטָא, שׂוֹנֵא יִשְׂרָאֵל. וּמִי שְׁרֵיא לְמִסְנְיֵהּ? וְהָכְתִיב: ״לֹא תִשְׂנָא אֶת אָחִיךָ בִּלְבָבֶךָ״. אֶלָּא דְּאִיכָּא סָהֲדִי דְּעָבֵיד אִיסּוּרָא — כּוּלֵּי עָלְמָא נָמֵי מִיסְנֵי סָנֵי לֵיהּ, מַאי שְׁנָא הַאי? אֶלָּא לָאו כִּי הַאי גַוְונָא, דַּחֲזָיא בֵּיהּ אִיהוּ דְּבַר עֶרְוָה.
Rav Nahman bar Yitshak dit : Non seulement c'est permis, mais c'est même une mitsva [obligation] de le haïr, car il est dit : « La crainte de D.ieu, c'est haïr le mal » (Michlei 8, 13). Rav Aha, fils de Rava, dit à Rav Achi : Quelle est la loi concernant quelqu'un qui a vu autrui pécher — peut-il en informer son maître [rabbi] afin que celui-ci le haïsse également ? Rav Achi lui répondit : Si l'élève sait que son maître lui fait confiance comme à deux témoins [c'est-à-dire que sa parole est tenue pour certaine], il peut lui en parler ; sinon, il ne doit pas lui en parler.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: מִצְוָה לִשְׂנֹאתוֹ. שֶׁנֶּאֱמַר: ״יִרְאַת ה׳ (שׂוֹנְאֵי) רָע״. אָמַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: מַהוּ לְמֵימְרָא לֵיהּ לְרַבֵּיהּ לְמִשְׂנְיֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: אִי יָדַע דִּמְהֵימַן לְרַבֵּיהּ כְּבֵי תְרֵי — לֵימָא לֵיהּ, וְאִי לָא — לָא לֵימָא לֵיהּ.
Les Sages enseignèrent : Il y a trois types de personnes dont la vie n'est pas [vraiment] une vie, en raison de leurs souffrances constantes : les trop miséricordieux [dont le cœur souffre de la douleur d'autrui], les colériques, et les hypersensibles [aninei hadaat, ceux qui prennent tout à cœur]. Rav Yossef dit : Ces trois traits sont tous présents en moi.
תָּנוּ רַבָּנַן, שְׁלֹשָׁה חַיֵּיהֶן אֵינָם חַיִּים: הָרַחְמָנִין, וְהָרַתְחָנִין, וַאֲנִינֵי הַדַּעַת. וְאָמַר רַב יוֹסֵף: כּוּלְּהוּ אִיתַנְהוּ בִּי.
Les Sages enseignèrent encore : Il y a trois groupes dont les membres se haïssent mutuellement : les chiens, les coqs, et les prêtres perses [habarim]. Et certains disent : également les prostituées. Et certains disent : également les disciples des Sages de Babylonie.
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה שׂוֹנְאִין זֶה אֶת זֶה, אֵלּוּ הֵן: הַכְּלָבִים, וְהַתַּרְנְגוֹלִין, וְהַחַבָּרִין. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף הַזּוֹנוֹת. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁבְּבָבֶל.
Les Sages enseignèrent de même : Il y a trois groupes dont les membres s'aiment mutuellement : les convertis [guérim], les esclaves, et les corbeaux.
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה אוֹהֲבִין זֶה אֶת זֶה, אֵלּוּ הֵן: הַגֵּרִים, וַעֲבָדִים, וְעוֹרְבִין.
Quatre types de personnes sont insupportables à tous : un pauvre orgueilleux ; un riche qui nie ses dettes [lorsque l'on réclame ce qui lui appartient] ; un vieillard lubrique ; et un dirigeant [parnas] qui domine sa communauté sans raison valable. Et certains disent : également celui qui divorce de sa femme une première et une deuxième fois, puis la reprend [une troisième fois — il devrait trancher définitivement s'il veut ou non la garder].
אַרְבָּעָה אֵין הַדַּעַת סוֹבַלְתָּן, אֵלּוּ הֵן: דַּל גֵּאֶה, וְעָשִׁיר מְכַחֵשׁ, וְזָקֵן מְנָאֵף, וּפַרְנָס מִתְגָּאֶה עַל הַצִּיבּוּר בְּחִנָּם. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף הַמְגָרֵשׁ אֶת אִשְׁתּוֹ פַּעַם רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וּמַחְזִירָהּ.
La Guemara demande : Et le premier tannaïte — pourquoi n'a-t-il pas mentionné ce cas de l'homme qui reprend sa femme après deux divorces ? La Guemara répond : Parfois le paiement dû en cas de divorce, tel que stipulé dans sa ketouba [contrat de mariage], est considérable, et comme il n'a pas les moyens de le verser, il est contraint de la reprendre. Ou encore : il a des enfants avec elle et ne peut pas la quitter, car il a besoin de quelqu'un pour les élever.
וְתַנָּא קַמָּא? זִימְנָא דִּכְתוּבָּתָהּ מְרוּבָּה. אִי נָמֵי: יֵשׁ לוֹ בָּנִים הֵימֶנָּה וְלָא מָצֵי מְגָרֵשׁ לַהּ.
La Guemara continue : Canaan [fils de Noa'] enjoignit à ses fils cinq choses, qui semblent être le mode de vie habituel des esclaves : Aimez-vous les uns les autres ; aimez le vol ; aimez la débauche ; haïssez vos maîtres ; et ne dites pas la vérité.
חֲמִשָּׁה דְּבָרִים צִוָּה כְּנַעַן אֶת בָּנָיו: אֶהֱבוּ זֶה אֶת זֶה, וְאֶהֱבוּ אֶת הַגָּזֵל, וְאֶהֱבוּ אֶת הַזִּמָּה, וְשִׂנְאוּ אֶת אֲדוֹנֵיכֶם, וְאַל תְּדַבְּרוּ אֱמֶת.
Pesachim 113b
100%
פסחים קי״ג במַסֶּכֶת פְּסָחִים