AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Pesachim

113a

Étude de Pesachim 113a

Étude de la Guémara 113a

Guémara
[Suite de la fin de l'amud précédent, au sujet des démons qui semblent encore traverser les lieux habités :] Ce sont [les démons qui se trouvent sur] les chemins des abords [gazyata] de la ville, là où les chevaux des démons se dérobent et s'enfuient, et [les démons] viennent les y reprendre. En règle générale, cependant, les démons n'entrent pas dans les lieux habités.
גָּזְיָיתָא נִינְהוּ, דְּשָׁמְטִי סוּסַיָּא וְאָתוּ דָּבְרִי לְהוּ.
Et Rav dit à Rav Assi : Ne demeure pas dans une ville où les chevaux n'y hennissent pas et où les chiens n'y aboient pas, car ces animaux assurent sécurité et protection. Et ne demeure pas dans une ville dont le chef municipal [reish mata] est un médecin [assia], car il sera trop occupé par son métier pour gouverner correctement. Et n'épouse pas deux femmes, car elles uniront probablement leurs forces contre toi. Et si tu épouses quand même deux femmes, épouses-en une troisième également : si deux de tes femmes conspirent contre toi, la troisième t'en informera.
(וַאֲמַר לֵיהּ) רַב לְרַב אַסִּי: לָא תְּדוּר בְּמָתָא דְּלָא צָנֵיף בַּהּ סוּסְיָא וְלָא נָבַח בַּהּ כַּלְבָּא. וְאַל תָּדוּר בְּעִיר דְּרֵישׁ מָתָא אָסְיָא, וְלָא תִּנְסֵיב תַּרְתֵּי. אִי נָסְבַתְּ תַּרְתֵּי — נְסֵיב תְּלָת.
Rav dit à Rav Kahana : Il vaut mieux retourner une carcasse [d'animal] que de retourner [= trahir] sa parole [c'est-à-dire rompre une promesse]. Rav dit encore : Dépeça une carcasse au marché et prends-en le salaire, mais ne dis pas : « Je suis Cohen [prêtre] » ou « je suis un grand homme, et cette besogne me répugne. » Il vaut mieux travailler, même à une tâche humble, que de dépendre des autres. Rav conseilla aussi à Rav Kahana : Quand tu montes sur un toit, emporte ta nourriture avec toi [ne pars jamais sans provisions, même pour un court déplacement]. Si cent courges [kakulei] se vendent un zuz dans la ville, place-les précautionneusement sous les pans de tes habits [traite la nourriture avec respect, même si elle ne coûte presque rien].
אֲמַר לֵיהּ רַב לְרַב כָּהֲנָא: הֲפוֹךְ בִּנְבֵילְתָּא וְלָא תֵּיפוֹךְ בְּמִילֵּי. פְּשׁוֹט נְבֵילְתָּא בְּשׁוּקָא וּשְׁקֵיל אַגְרָא, וְלָא תֵּימָא ״כָּהֲנָא אֲנָא, וְגַבְרָא רַבָּא אֲנָא, וְסַנְיָא בִּי מִלְּתָא״. סָלְקַתְּ לְאִיגָּרָא — שֵׁירוּתָךְ בַּהֲדָךְ. מְאָה קָרֵי בְּמָתָא בְּזוּזָא — תּוּתֵי כַּנְפָיךְ נִיהְווֹ.
Rav dit à Hiyya, son fils : Ne prends pas l'habitude de boire des médicaments [samma], de peur de développer une dépendance [et de gaspiller ainsi ton argent]. Et ne saute pas par-dessus un fossé [nigra], car tu risques de te blesser. Et n'arrache pas une dent, mais essaie plutôt de la soigner si possible. Et ne provoque pas le serpent [qui se trouve] dans ta maison en tentant de le tuer ou de le chasser. Et ne provoque pas non plus un non-Juif [aramayen], car c'est tout aussi dangereux.
אֲמַר לֵיהּ רַב לְחִיָּיא בְּרֵיהּ: לָא תִּשְׁתֵּי סַמָּא, וְלָא תְּשַׁוַּור נִיגְרָא, וְלָא תִּעְקַר כַּכָּא, וְלָא תְּקַנֵּא בְּחִיוְיָא, וְלָא תְּקַנֵּא בְּאַרְמָאָה.
Les Sages enseignèrent de même : Il y a trois êtres qu'il ne faut pas provoquer [haranguer], et les voici : un petit non-Juif, un petit serpent, et un petit disciple des Sages [talmid katan]. Quelle en est la raison ? Car leur autorité [malkhoutaïhou] se trouve encore « derrière leurs oreilles » [c'est-à-dire qu'ils grandiront, prendront du pouvoir — chacun à sa manière — et se vengeront de ceux qui les ont brimés].
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה אֵין מִתְקַנְּאִין בָּהֶן, וְאֵלּוּ הֵן: גּוֹי קָטָן, וְנָחָשׁ קָטָן, וְתַלְמִיד קָטָן. מַאי טַעְמָא — דְּמַלְכוּתַיְיהוּ אֲחוֹרֵי אוּדְנַיְיהוּ קָאֵי.
Rav dit à Ayvu, son fils : J'ai eu bien du mal à t'enseigner la halakha [loi], mais mes efforts n'ont pas abouti [tu n'es pas devenu un grand érudit]. Viens, je vais donc t'enseigner les choses de ce monde [affaires pratiques] : Vends ta marchandise pendant que la poussière du chemin est encore sur tes pieds [dès ton retour de voyage, vends tes biens avant que les prix ne baissent]. De plus, tout ce que tu vends peut te faire regretter la vente par la suite, sauf le vin : le vin, tu peux le vendre sans regret [car le vin risque de tourner et d'être entièrement perdu, sa vente est donc toujours judicieuse].
אֲמַר לֵיהּ רַב לְאַיְבוּ בְּרֵיהּ: טְרַחִי בָּךְ בִּשְׁמַעְתָּא וְלָא מִסְתַּיַּיע מִילְּתָא. תָּא אַגְמְרָךְ מִילֵּי דְעָלְמָא. אַדְּחָלָא אַכַּרְעָיךָ — זְבִינָךְ זַבֵּין. כֹּל מִילֵּי זַבֵּין וְתִחָרַט — בַּר מֵחַמְרָא, דְּזַבֵּין וְלָא תִּחָרַט.
Rav conseilla encore à son fils : Ouvre d'abord ta bourse pour recevoir le paiement, et n'ouvre ensuite ton sac pour livrer la marchandise qu'après avoir encaissé [afin d'être sûr d'être payé]. Il vaut mieux gagner un kav [petite mesure] par une transaction locale et sûre, que de chercher à gagner un kor [cent quatre-vingts fois plus grand] par une aventure lointaine et risquée.
שְׁרֵי כִּיסָיךְ, פְּתַח שַׂקָּיךָ. קַבָּא מֵאַרְעָא, וְלָא כּוֹרָא מֵאִיגָּרָא.
Rav poursuivit : Si tu as des dattes dans ton entrepôt, cours les vendre à la brasserie [beit sudana]. Si tu attends, il y a de fortes chances qu'elles pourrissent. La Guemara demande : et combien de dattes faut-il garder pour soi ? Rava répondit : jusqu'à trois séa. Rav Papa dit : Si je n'avais pas brassé de bière, je ne me serais pas enrichi. Certains rapportent que c'est Rav Hisda qui dit : Si je n'avais pas brassé de bière, je ne me serais pas enrichi. La Guemara demande : que signifie le mot « sudana » [le terme araméen pour brasseur] ? Rav Hisda répondit : un secret agréable [sod naé] et des actes de bonté [guemilout hasadim], car la brasserie est une bonne façon de gagner de l'argent tout en permettant d'accomplir des bienfaits.
תַּמְרֵי בַּחֲלוּזָךְ — לְבֵית סוּדָנָא רְהוֹט. וְעַד כַּמָּה? אָמַר רָבָא: עַד תְּלָת סְאָה. אָמַר רַב פָּפָּא: אִי לָא דִּרְמַאי שִׁכְרָא לָא אִיעַתַּרִי. אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב חִסְדָּא: אִי לָא דִּרְמַאי שִׁכְרָא לָא אִיעַתַּרִי: מַאי ״סוּדָנָא״? אָמַר רַב חִסְדָּא: סוֹד נָאֶה, וּגְמִילוּת חֲסָדִים.
La Guemara continue à prodiguer des conseils pratiques. Rav Papa dit : Tout ce que tu acquiers au moyen d'un acte de transfert [document juridique] nécessite encore d'être effectivement recouvré [bien que tu en sois légalement propriétaire]. Toute vente à crédit [achraï] est incertaine : peut-être se concrétisera-t-elle, peut-être pas. Et même si elle se concrétise, l'argent en est mauvais [difficile à recouvrer et rarement payé à temps].
אָמַר רַב פָּפָּא: כׇּל אַגַּב — גְּבִיָּא בָּעֵי. כֹּל אַשְׁרַאי — סָפֵק אָתֵי סָפֵק לָא אָתֵי. וּדְאָתֵי — מָעוֹת רָעוֹת נִינְהוּ.
Rabbi Yohanan dit trois choses au nom des gens de Jérusalem : Lorsque tu pars à la guerre, ne pars pas en premier, mais pars en dernier — afin que si ton camp est défait et que tu dois fuir pour sauver ta vie, tu entres le premier dans le refuge de la ville. Et il vaut mieux rendre ton chabbat [fête] aussi ordinaire qu'un jour de semaine [en faisant quelques travaux si nécessaire] plutôt que de dépendre d'autrui [pour subvenir à tes besoins]. Et efforce-toi de t'associer avec celui que l'heure favorise [celui que la chance accompagne].
שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם אַנְשֵׁי יְרוּשָׁלַיִם: כְּשֶׁאַתָּה יוֹצֵא לַמִּלְחָמָה — אַל תֵּצֵא בָּרִאשׁוֹנָה, אֶלָּא תֵּצֵא בָּאַחֲרוֹנָה, כְּדֵי שֶׁתִּכָּנֵס בָּרִאשׁוֹנָה. וַעֲשֵׂה שַׁבַּתְּךָ חוֹל, וְאַל תִּצְטָרֵךְ לַבְּרִיּוֹת. וֶהֱוֵי מִשְׁתַּדֵּל עִם מִי שֶׁהַשָּׁעָה מְשַׂחֶקֶת לוֹ.
Rabbi Yehochoua ben Lévi dit trois choses au nom des gens de Jérusalem : Ne multiplie pas les actes honteux en public, en raison de l'incident [avec David et Bat-Chéva] qui arriva [voir Chemouel II 11–12]. Si ta fille a grandi [est pubère, il vaut mieux] affranchir ton esclave cananéen et le lui donner [en mariage] plutôt que de la laisser chercher un mari par ses propres moyens. Et sois prudent avec ta femme à l'égard de son premier gendre, car elle lui est particulièrement attachée. Quelle en est la raison ? Rav Hisda dit : en raison du risque de conduite licencieuse. Rav Kahana dit : en raison de l'argent, car elle risque de lui dilapider ta fortune et de te laisser dans la misère. La Guemara conclut : puisque les deux risques sont réels, mieux vaut être prudent.
שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מִשּׁוּם אַנְשֵׁי יְרוּשָׁלַיִם: אַל תַּרְבֶּה בִּגְנוּת, מִשּׁוּם מַעֲשֶׂה שֶׁהָיָה. בִּתְּךָ בָּגְרָה — שַׁחְרֵר עַבְדְּךָ וְתֵן לָהּ. וֶהֱוֵי זָהִיר בְּאִשְׁתְּךָ מֵחֲתָנָהּ הָרִאשׁוֹן. מַאי טַעְמָא? רַב חִסְדָּא אָמַר: מִשּׁוּם עֶרְוָה, רַב כָּהֲנָא אָמַר: מִשּׁוּם מָמוֹן. הָא וְהָא אִיתַנְהוּ.
Rabbi Yohanan dit : Trois personnes font partie de ceux qui héritent du Monde-à-Venir [olam haba] : celui qui réside en Erets Israël ; celui qui élève ses enfants à l'étude de la Torah ; et celui qui prononce la havdala [prière de séparation à la fin du chabbat] sur le vin lors des fins de chabbat. La Guemara demande : quelle est l'importance particulière de cette mitsva, au point de mériter le Monde-à-Venir ? La Guemara répond : il s'agit d'un individu qui n'a qu'une petite quantité de vin et qui réserve néanmoins une partie de son vin du kiddouch pour la havdala [démontrant ainsi une dévotion particulière envers la mitsva].
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁלֹשָׁה מִנּוֹחֲלֵי הָעוֹלָם הַבָּא. אֵלּוּ הֵן: הַדָּר בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, וְהַמְגַדֵּל בָּנָיו לְתַלְמוּד תּוֹרָה, וְהַמַּבְדִּיל עַל הַיַּיִן בְּמוֹצָאֵי שַׁבָּתוֹת. מַאי הִיא? דִּמְשַׁיַּיר מִקִּידּוּשָׁא לְאַבְדָּלְתָּא.
Pesachim 113a
100%
פסחים קי״ג אמַסֶּכֶת פְּסָחִים