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Traité Pesachim

111b

Étude de Pesachim 111b

Étude de la Guémara 111b

Guémara
La Guemara continue de traiter des esprits maléfiques. Celui qui se soulage sur le tronçon d'un palmier [abattu] sera saisi par un esprit de maladie [rouahh palga, une forme de paralysie]. Et celui qui pose sa tête sur le tronçon d'un palmier sera saisi par un esprit de migraine [rouahh tsarada, douleur à la moitié du crâne]. Celui qui enjambe un palmier [abattu] — si l'arbre est coupé, lui aussi sera tué ; si cet arbre est déraciné, lui aussi sera déraciné et mourra. La Guemara précise : Cela n'est valable que s'il ne pose pas les pieds dessus [c'est-à-dire s'il évite de l'appuyer de tout son poids en marchant] ; mais s'il pose les pieds dessus [en marchant dessus de façon délibérée], il n'y a pas lieu de s'inquiéter.
הַאי מַאן דְּמִפְּנֵי אַגִּירְדָּא דְּדִיקְלָא — אָחֲדָא לֵיהּ לְדִידֵיהּ רוּחַ פַּלְגָא. וְהַאי מַאן דְּמַצְלֵי רֵישֵׁיהּ אַגִּירְדָּא דְּדִיקְלָא — אָחֲדָא לֵיהּ רוּחַ צְרָדָא. הַאי מַאן דְּפָסְעִי אַדִּיקְלָא, אִי מִיקְּטַל — קְטִיל, אִי אִיעֲקַר — מִיעֲקַר וּמָיֵית. הָנֵי מִילֵּי דְּלָא מַנַּח כַּרְעֵיהּ עִילָּוֵיהּ, אֲבָל מַנַּח כַּרְעֵיהּ — עִילָּוֵיהּ לֵית לַן בַּהּ.
La Guemara cite un autre enseignement concernant les ombres. Il y a cinq types d'ombres dangereuses : l'ombre d'un palmier solitaire, l'ombre d'un arbuste appelé kanda, l'ombre d'un câprier [pirha], et l'ombre du sorbier [zardeta]. Certains disent : Aussi l'ombre d'un bateau, et l'ombre d'un saule. La règle générale est : Tout arbre dont les branches sont nombreuses [et denses], son ombre est dangereuse.
חֲמִשָּׁה טוּלֵּי הָוֵי: טוּלָּא דְּדִיקְלָא יְחִידָא, טוּלָּא דְכִנָּדָא, טוּלָּא דְפִרְחָא, טוּלָּא דְזַרְדְּתָא. אִיכָּא דְּאָמְרִי: אַף טוּלָּא דְאַרְבָּא, וְטוּלָּא דַעֲרַבְתָּא. כְּלָלָא דְּמִילְּתָא: כֹּל דִּנְפִישׁ עַנְפֵיהּ — קְשֵׁי טוּלֵּיהּ,
Et tout arbre dont le bois est dur, son ombre est dangereuse, à l'exception de l'arbre appelé kero masa : bien que son bois soit dur, son ombre n'est pas dangereuse. En effet, une démone dit à son fils : « Fuis loin du kero masa, car c'est lui qui a tué ton père » — et cet arbre tua ensuite le fils lui aussi. [Le kero masa est donc néfaste pour les démons.] Rav Achi dit : J'ai vu que Rav Kahana évitait toutes sortes d'ombres [dangereuses].
וְכֹל דִּקְשֵׁי סִילְוֵיהּ — קְשֵׁי טוּלֵּיהּ, לְבַר מִכְּרוּ מְשָׁא, אַף עַל גַּב דִּקְשֵׁי סִילְוֵיהּ — לָא קְשֵׁי טוּלֵּיהּ, דַּאֲמַרָה לֵהּ שֵׁידָא לִבְרַהּ: פִּירְחִי נַפְשָׁיךְ מִכְּרוּ מְשָׁא, דְּאִיהוּ הוּא דְּקָטֵיל לַאֲבוּךְ, וְקָטֵיל לְדִידֵיהּ. אָמַר רַב אָשֵׁי: חֲזֵינָא לְרַב כָּהֲנָא דְּפָרֵישׁ מִכּוּלְּהוּ טוּלֵּי.
La Guemara précise les noms des démons associés à certains lieux : Les démons qui se trouvent près du câprier [pirha] sont appelés rouhhei [esprits]. Le démon que l'on trouve près des sorbiers [zardeta] est appelé cheida [démon]. Les démons que l'on trouve sur les toits sont appelés richpei. La Guemara demande : Quelle est la différence pratique [nefka mina] de ces définitions ? Ces distinctions importent pour la rédaction d'une amulette [kemiya] au bénéfice de quelqu'un qui a été blessé — il est nécessaire de connaître le nom du démon qui a causé le dommage.
בֵּי פִרְחֵי — רוּחֵי. דְּבֵי זַרְדְּתָא — שֵׁידָא. דְּבֵי אִיגָּרֵי — רִישְׁפֵּי. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לִקְמִיעָא.
La Guemara note en outre : Le démon qui se trouve près du câprier est une créature qui n'a pas d'yeux. Quelle est la différence pratique de cette observation ? Elle est pertinente pour ce qui est de s'en échapper [c'est-à-dire qu'il est possible de lui échapper par la fuite, car il ne peut pas voir]. La Guemara relate : Une fois, un jeune érudit [tsourba merabanan] alla se soulager près d'un câprier. Il entendit le démon s'approcher et lui et prit la fuite. Lorsque cet esprit maléfique [inutilement] poursuivit, il s'accrocha à un palmier et y resta coincé. Le palmier se dessécha et le démon éclata.
דְּבֵי פִרְחֵי — בְּרִיָּה שֶׁאֵין לָהּ עֵינַיִם. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ — לְגַזּוֹזֵי לַהּ. זִימְנָא חֲדָא הֲוָה אָזֵיל צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן לְאִפְּנוֹיֵי לְבֵי פִרְחֵי, שְׁמַע דְּקָא אָתָא עִילָּוֵיהּ, וְגַזִּי לַהּ. כִּי אָזְלָא, חַבְּקַיהּ לְדִיקְלָא — צְוַוח דִּיקְלָא וּפְקַעָה הִיא.
Il a été dit plus haut que les démons qui se trouvent près du sorbier sont appelés cheidei. La Guemara précise : Ce sorbier qui est proche de la ville compte au moins soixante démons. La Guemara demande : Quelle est la différence pratique de cet enseignement ? La Guemara répond : Cette information est pertinente pour la rédaction d'une amulette correspondant à ce nombre [de démons, afin qu'elle soit efficace contre chacun d'eux].
פִּרְחָא דְּבֵי זַרְדְּתָא — שֵׁידֵי. הָא זַרְדְּתָא דִּסְמִיכָה לְמָתָא — לָא פָּחֲתָא מִשִּׁיתִּין שֵׁידֵי. לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִיכְתַּב לַהּ קְמִיעָא.
La Guemara relate : Un certain garde-ville alla se poster près d'un sorbier qui était proche de la ville. Soixante démons cheidei s'emparèrent de lui et il fut en danger. L'un des Sages, qui ne savait pas que c'était un sorbier à soixante démons, vint lui écrire une amulette [contre] un seul démon cheida. [Le garde] entendit alors qu'il y avait une fête à l'intérieur de l'arbre, et que les démons chantaient : « Le foulard du Maître ressemble à celui d'un érudit de la Torah [tsourba merabanan], mais nous avons examiné le Maître et il ne sait pas dire barukh » [la bénédiction lorsque l'on revêt le foulard — ils se moquaient de lui en disant qu'il n'était pas assez savant pour écrire l'amulette correctement]. Un autre Sage, qui savait que ce sorbier comptait soixante démons, vint et écrivit une amulette contre soixante démons. [Le garde] entendit alors [les démons] dire : « Emportez vos affaires d'ici. »
הָהוּא בַּר קַשָּׁא דְּמָתָא דְּאָזֵיל וְקָאֵי גַּבֵּי זַרְדְּתָא, דַּהֲוָה סְמִיךְ לְמָתָא, עַלּוּ בֵּיהּ שִׁיתִּין שֵׁידֵי וְאִיסְתַּכַּן. אֲתָא לְהָהוּא מֵרַבָּנַן דְּלָא יְדַע דְּזַרְדְּתָא דְּשִׁיתִּין שֵׁידֵי הִיא, כְּתַב לַהּ קְמִיעַ לַחֲדָא שֵׁידָא. שְׁמַע דְּתָלוּ חִינְגָּא בְּגַוֵּויהּ, וְקָא מְשָׁרוּ הָכִי: סוּדָרֵיהּ דְּמָר כִּי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן, בָּדֵיקְנָא בֵּיהּ בְּמָר דְּלָא יָדַע ״בָּרוּךְ״. אֲתָא הָהוּא מֵרַבָּנַן דִּידַע דְּזַרְדְּתָא שִׁיתִּין שֵׁידֵי הֲוָה, כְּתַב לַהּ קְמִיעָא דְּשִׁיתִּין שֵׁידֵי, שְׁמַע דְּקָא אָמְרוּ: פַּנּוּ מָנַיְיכוּ מֵהָכָא.
La Guemara traite du démon ketev meriri [mentionné dans la Torah, Devarim 32, 24]. Il y a deux types de démons ketev : l'un qui vient avant midi [dans la matinée] et l'autre qui vient dans l'après-midi. Celui qui vient avant midi s'appelle ketev meriri et il apparaît dans un pot de koutahh [un condiment babylonien] et tourne sans cesse à l'intérieur. Le ketev de l'après-midi s'appelle « ketev yachoud tsaharayim » — « la destruction qui frappe à midi » (Tehilim 91, 6) — et il apparaît à l'intérieur d'une corne de chèvre et tourne à l'intérieur comme un tamis.
קֶטֶב מְרִירִי — תְּרֵי קִטְבֵי הָווּ. חַד מִקַּמֵּי טִיהֲרָא, וְחַד מִבָּתַר טִיהֲרָא. דְּמִקַּמֵּי טִיהֲרָא — ״קֶטֶב מְרִירִי״ שְׁמוֹ, וּמִיחֲזֵי בֵּי כַדָּא דְּכַמְכָּא וְהָדַר בֵּיהּ בַּחְשָׁא. דְּבָתַר טִיהֲרָא — ״קֶטֶב יָשׁוּד צׇהֳרָיִם״ שְׁמוֹ, וּמִיחֲזֵי בֵּי קַרְנָא דְּעִיזָּא, וְהָדַר בֵּיהּ כְּנָפְיָא.
La Guemara relate : Abayé cheminait dans la rue, et Rav Papa marchait à sa droite tandis que Rav Houna fils de Rav Yehohoua marchait à sa gauche. [Abayé] vit un certain ketev meriri s'approcher du côté de sa gauche, et il plaça Rav Papa à sa gauche et Rav Houna fils de Rav Yehohoua à sa droite [pour écarter le danger du côté gauche]. Rav Papa lui dit : Et moi, qu'est-ce qui me différencie, que tu ne sois pas préoccupé d'un éventuel tort que je subirais [en me plaçant du côté dangereux] ? Abayé lui répondit : L'heure t'est favorable [tu es fortuné et heureux, et je pense donc que tu ne seras probablement pas blessé par le démon].
אַבָּיֵי הֲוָה שָׁקֵיל וְאָזֵיל, וְאָזֵיל רַב פָּפָּא מִיַּמִּינֵיהּ וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ מִשְּׂמָאלֵיהּ. חַזְיֵיהּ לְהָהוּא קֶטֶב מְרִירִי דְּקָא אָתֵי לְאַפֵּיהּ דִּשְׂמָאלֵיהּ. אַהְדְּרֵא לְרַב פָּפָּא לִשְׂמָאלֵיהּ, וּלְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ לְיַמִּינֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא: אֲנָא מַאי שְׁנָא דְּלָא חָשֵׁשׁ לִי? אֲמַר לֵיהּ: אַתְּ שַׁעְתָּא קָיְימָא לָךְ.
La Guemara précise [quand les démons ketev sont actifs] : Du premier Tammouz jusqu'au seizième de ce mois, on les trouve assurément. À partir de là, il est incertain qu'on les trouve ou non. On les trouve dans l'ombre d'une squille de mer [plante] qui n'a pas encore poussé d'une coudée, et dans l'ombre des objets le matin et le soir lorsque leur ombre mesure moins d'une coudée. Et ils se trouvent principalement dans l'ombre des toilettes.
מֵחַד בְּתַמּוּז עַד שִׁיתְּסַר בֵּיהּ — וַדַּאי שְׁכִיחִי. מִכָּאן וְאֵילָךְ — סָפֵק שְׁכִיחִי, סָפֵק לָא שְׁכִיחִי. וּמִשְׁתַּכְחִי בְּטוּלֵּי דְּחַצְבָּא דְּלָא חֲצַב גַּרְמִידָא, וּבְטוּלֵּי דְּצַפְרָא וּפַנְיָא דְּלָא הָוֵי גַּרְמִידָא, וְעִיקָּר בְּטוּלֵּי דְּבֵית הַכִּסֵּא.
Rav Yossef dit : Ces trois choses constituent un versement d'arrhes [arevona, ici au sens de : un gage sûr] pour la perte de la vue [nit-hourba] : Celui qui se peigne les cheveux alors qu'ils sont secs, celui qui boit du vin qui s'égoutte du tonneau [goutte à goutte], et celui qui met ses chaussures alors que ses pieds sont encore humides [après le lavage].
אָמַר רַב יוֹסֵף: הָנֵי תְּלָת מִילֵּי יָהֵיב אַרְבּוֹנָא לִנְהוֹרָא: מַן דְּסָרֵיק רֵישֵׁיהּ יַבִּשׁ, וּמַן דְּשָׁתֵי טִיף טִיף, וּמַן דְּסָיֵים מְסָנֵי אַדְּמִייתִנְיָה כַּרְעָא.
Suspendre [de la nourriture] dans une maison nuit [en ce qu'elle conduit] à la pauvreté. C'est ce que disent les gens dans un proverbe populaire : « Celui qui suspend son panier suspend sa subsistance » [c'est-à-dire la perd]. Et nous n'avons dit cela que pour le pain ; mais pour la viande et le poisson, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, car il est d'usage courant de les suspendre [pour les faire sécher]. Du son [parei] dans la maison conduit à la pauvreté. Des miettes de pain [nichevora] dans la maison conduisent à la pauvreté. Si ces miettes sont répandues dans toute la maison les nuits de Chabbat [c'est-à-dire les nuits de vendredi] ou les nuits du mardi [quatrième jour de la semaine], quand les esprits maléfiques sont présents, des démons [mazzikin] se posent dessus. L'ange administrant [sar] préposé à la subsistance [mezounot] s'appelle Nakid [le « Propre »]. L'ange administrant préposé à la pauvreté s'appelle Naval [le « Vil »]. Une assiette posée sur l'ouverture d'un pot [jarre] conduit à la pauvreté. Celui qui boit de l'eau dans une assiette [et non dans un récipient approprié] sera sujet à des douleurs aux yeux [beroukhti]. Celui qui mange du cresson sans se laver les mains sera sous l'emprise de la peur pendant trente jours.
תְּלַאי בְּבֵיתָא קְשֵׁי לְעַנְיוּתָא. כִּדְאָמְרִי אִינָשֵׁי: תְּלָא סִילְתָּא — תְּלָא מְזוֹנֵיהּ. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא רִיפְתָּא, אֲבָל בִּישְׂרָא וְכַוְורֵי — לֵית לַן בַּהּ, אוֹרְחֵיהּ הִיא. פָּארֵי בְּבֵיתָא — קְשֵׁי לְעַנְיוּתָא. נִשְׁוָרָא בְּבֵיתָא — קְשֵׁי לְעַנְיוּתָא. בְּלֵילֵי שַׁבָּתוֹת וּבְלֵילֵי רְבִיעִית — שָׁרוּ מַזִּיקִין עִילָּוֵיהּ.
Pesachim 111b
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