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Traité Nedarim

49b

Étude de Nedarim 49b

Étude de la Guémara 49b

Guémara
Selon qui prions-nous chaque jour pour les malades et pour les souffrants? Selon qui? Selon l'opinion de Rabbi Yossi, qui soutient que l'on est jugé chaque jour, et non seulement à Roch Hachana, et qu'il convient donc de prier pour les gens chaque jour. Du fait qu'il a dit: les malades et les souffrants, on peut déduire de sa formulation que le terme « malades » désigne des malades véritables, tandis que le terme « souffrants » désigne les Sages, qui sont généralement de constitution fragile.
כְּמַאן מְצַלִּינַן עַל קְצִירֵי וְעַל מְרִיעֵי [כְּמַאן — כְּרַבִּי יוֹסֵי]. מִדְּאָמַר קְצִירֵי וּמְרִיעֵי, שְׁמַע מִינַּהּ: קְצִירֵי — קְצִירֵי מַמָּשׁ, מְרִיעֵי — רַבָּנַן.
§ Il est enseigné dans la Michna que celui qui a fait le vœu que les plats cuisinés lui soient interdits est autorisé à goûter un plat cuisiné épais. La Guemara remarque: la Michna n'est pas conforme à la coutume des Babyloniens, comme l'a dit Rabbi Zeira: les Babyloniens sont sots, car ils mangent du pain avec du pain. Ils mangent une bouillie épaisse avec leur pain, ce qui revient essentiellement à manger un type de pain avec un autre. Selon leur coutume, celui qui fait le vœu que les plats cuisinés lui soient interdits ne peut manger même un plat cuisiné épais.
וּמוּתָּר בְּעָבָה. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּבַבְלָאֵי, דְּאָמַר רַבִּי זֵירָא: בַּבְלָאֵי טַפְשָׁאֵי, דְּאָכְלִי לַחְמָא בְּלַחְמָא.
Rav 'Hisda a dit: on a demandé à ces gens méticuleux de Houtsal, en Babylonie: comment est-il préférable de manger cette bouillie? La bouillie de blé doit-elle être mangée avec du pain de blé et la bouillie d'orge avec du pain d'orge, ou peut-être la bouillie de blé doit-elle être mangée avec du pain d'orge et la bouillie d'orge avec du pain de blé?
אָמַר רַב חִסְדָּא: דִּמְשַׁאֵיל לְהוֹן לְהָלֵין נַקְדָּנֵי דְּהוּצַל: הָדֵין דַּיְיסָא, הֵיכֵין מְעַלֵּי לְמֵיכְלַהּ? דְּחִיטֵּי — בְּלַחְמָא דְחִיטֵּי, וְדִשְׂעָרֵי — בְּלַחְמָא דִשְׂעָרֵי, אוֹ דִּלְמָא: דְּחִיטֵּי — בְּדִשְׂעָרֵי, וְדִשְׂעָרֵי — בִּדְחִיטֵּי?
La Guemara relate: Rava mangeait son pain avec de la 'hassissei, une bouillie faite de grains d'orge grillés. Rabba bar Rav Houna trouva Rav Houna en train de manger de la bouillie avec ses doigts. Il lui dit: pourquoi le Maître mange-t-il avec sa main? Il lui répondit: voici ce qu'a dit Rav: la bouillie mangée avec un doigt est savoureuse, et a fortiori avec deux doigts, et a fortiori avec trois. Il est plus agréable de manger la bouillie avec les mains.
רָבָא אַכְלֵיהּ בַּחֲסִיסֵי. רַבָּה בַּר רַב הוּנָא אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַב הוּנָא דְּקָאָכֵיל דַּיְיסָא בְּאֶצְבְּעָתֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי קָאָכֵיל מָר בִּידֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַב: דַּיְיסָא בְּאֶצְבְּעָתָא בְּסִים, וְכֹל דְּכֵן בְּתַרְתֵּין, וְכֹל דְּכֵן בִּתְלָת.
Rav dit à son fils 'Hiya, et de même Rav Houna dit à son fils Rabba: si l'on t'invite à manger de la bouillie, pour un tel repas tu dois te déplacer jusqu'à une distance d'un parassa. Si l'on t'invite à manger de la viande de bœuf, tu dois te déplacer jusqu'à trois parassa. Rav dit à son fils 'Hiya, et de même Rav Houna dit à son fils Rabba: ne recrache rien devant ton maître, car cela est irrespectueux, sauf la courge et la bouillie, car elles sont comme une mèche de plomb en fusion dans les intestins lorsqu'elles ne peuvent être digérées, et donc recrache-les même devant le roi Chapour, en raison du danger encouru.
אֲמַר לֵיהּ רַב לְחִיָּיא בְּרֵיהּ, וְכֵן אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא לְרַבָּה בְּרֵיהּ: מְזַמְּנִים לָךְ לְמֵיכַל דַּיְיסָא עַד פַּרְסָה. לְמֵיכַל בִּישְׂרָא דְתוֹרָא עַד תְּלָתָא פַּרְסִין. אֲמַר לֵיהּ רַב לְחִיָּיא בְּרֵיהּ, וְכֵן אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא לְרַבָּה בְּרֵיהּ: כֹּל מִידַּעַם לָא תִּפְלוֹט קַמֵּיהּ רַבָּךְ, לְבַר מִן קַרָא וְדַיְיסָא, שֶׁהֵן דּוֹמִין לִפְתִילְתָּא שֶׁל אֲבָר, וַאֲפִילּוּ קַמֵּי שַׁבּוּר מַלְכָּא פְּלוֹט.
La Guemara relate d'autres incidents: Rabbi Yossi et Rabbi Yehouda dînaient ensemble. L'un mangeait la bouillie avec ses doigts et l'autre mangeait avec une fourchette [houtsa]. Celui qui mangeait avec une fourchette dit à celui qui mangeait avec ses doigts: jusqu'à quand me feras-tu manger ta saleté? Dois-je continuer à manger sur tes ongles sales? Celui qui mangeait avec ses doigts dit à celui qui mangeait avec une fourchette: jusqu'à quand me feras-tu manger ta salive, puisque tu manges avec une fourchette que tu remets ensuite dans le plat commun?
רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי יְהוּדָה, חַד אָכֵיל דַּיְיסָא בְּאֶצְבְּעָתֵיהּ וְחַד אָכֵיל בְּהוּצָא. אֲמַר לֵיהּ דְּאָכֵיל בְּהוּצָא לִדְאָכֵיל בְּאֶצְבְּעָתֵיהּ: עַד מָתַי אַתָּה מַאֲכִילֵנִי צוֹאָתְךָ! אֲמַר לֵיהּ דְּאָכֵיל בְּאֶצְבְּעָתֵיהּ לִדְאָכֵיל בְּהוּצָא: עַד מָתַי אַתָּה מַאֲכִילֵנִי רוּקְּךָ!
On apporta devant Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon des belospayin, une sorte de figues. Rabbi Yehouda en mangea, Rabbi Chimon n'en mangea pas. Rabbi Yehouda lui dit: pour quelle raison le Maître n'en mange-t-il pas? Rabbi Chimon lui répondit: celles-ci ne sortent pas des intestins du tout. Elles restent non digérées. Rabbi Yehouda lui dit: si c'est le cas, on peut d'autant plus compter sur elles pour se sentir rassasié demain.
רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אַיְיתוֹ לְקַמַּיְיהוּ בְּלוּסְפִיין. רַבִּי יְהוּדָה אֲכַל, רַבִּי שִׁמְעוֹן לָא אֲכַל. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה: מַאי טַעְמָא לָא אָכֵיל מָר? אֲמַר לֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן: אֵלּוּ אֵין יוֹצְאִין מִבְּנֵי מֵעַיִם כׇּל עִיקָּר. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוּדָה: כׇּל שֶׁכֵּן שֶׁנִּסְמוֹךְ עֲלֵיהֶן לְמָחָר.
Rabbi Yehouda était assis devant Rabbi Tarfon. Rabbi Tarfon lui dit: aujourd'hui ton visage est rougeoyant, c'est-à-dire d'une couleur rose et saine. Rabbi Yehouda lui répondit: hier soir tes serviteurs, c'est-à-dire nous, tes élèves, sommes sortis au champ, et l'on nous a apporté des blettes, et nous les avons mangées sans sel. Voilà la raison de notre teint sain. Et si nous les avions mangées avec du sel, à plus forte raison nos visages auraient été rougeoyants.
רַבִּי יְהוּדָה הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַבִּי טַרְפוֹן. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי טַרְפוֹן: הַיּוֹם פָּנֶיךָ צְהוּבִּין. אֲמַר לֵיהּ: אֶמֶשׁ יָצְאוּ עֲבָדֶיךָ לַשָּׂדֶה, וְהֵבִיאוּ לָנוּ תְּרָדִין, וַאֲכַלְנוּם בְּלֹא מֶלַח. וְאִם אֲכַלְנוּם בְּמֶלַח — כׇּל שֶׁכֵּן שֶׁהָיוּ פָּנֵינוּ צְהוּבִּין.
La Guemara rapporte des incidents similaires: une certaine dame non-juive [matronita] dit à Rabbi Yehouda, dont le visage était rougeoyant: comment peut-on enseigner aux Juifs et être ivrogne en même temps? Il lui répondit: je place ma parole entre les mains de cette femme, et que l'on ne me croie plus jamais si je goûte jamais à du vin, si ce n'est celui du kidouch, de la havdala et des quatre coupes de Pessa'h; et après avoir bu ces quatre coupes, je me bande les tempes depuis Pessa'h jusqu'à Chavouot, car le vin me donne des maux de tête. C'est plutôt le verset qui explique mon teint: « La sagesse de l'homme fait rayonner son visage » (Kohélet 8, 1).
אֲמַרָה הָהִיא מַטְרוֹנִיתָא לְרַבִּי יְהוּדָה: מוֹרֶה וְרָוֵי? אֲמַר לַהּ: הֵימָנוּתָא בִּידָא דְּהָהִיא אִיתְּתָא, אִי טָעֵימְנָא אֶלָּא קִידּוּשָׁא וְאַבְדָּלְתָּא וְאַרְבְּעָה כָּסֵי דְפִסְחָא, וְחוֹגְרַנִי צִידְעַי מִן הַפֶּסַח עַד הָעֲצֶרֶת, אֶלָּא: ״חׇכְמַת אָדָם תָּאִיר פָּנָיו״.
Un certain hérétique dit à Rabbi Yehouda: ton visage ressemble soit à celui des usuriers, soit à celui des éleveurs de porcs. Ces gens gagnaient bien leur vie sans grand effort, ce qui leur donnait un teint plein et sain. Rabbi Yehouda lui répondit: ces deux occupations sont interdites aux Juifs. C'est plutôt que j'ai vingt-quatre toilettes sur le chemin entre ma maison et la maison d'étude, et à chaque heure j'entre dans chacune d'elles. Il ne souffrait pas de constipation, ce qui avait un effet bénéfique sur son teint.
אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא לְרַבִּי יְהוּדָה: פָּנֶיךָ דּוֹמִין אִי כְּמַלְוֵי רִבִּית אִי כִּמְגַדְּלֵי חֲזִירִין. אֲמַר לֵיהּ: בִּיהוּדָאֵי תַּרְוַיְיהוּ אֲסִירָן. אֶלָּא — עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה בֵּית הַכִּסֵּא אִית לִי מִן בֵּיתָא עַד בֵּי מִדְרְשָׁא, וְכׇל שָׁעָה וְשָׁעָה אֲנִי נִכְנָס לְכׇל אֶחָד וְאֶחָד.
§ La Guemara relate: lorsque Rabbi Yehouda se rendait à la maison d'étude, il portait une cruche [goulfa] sur l'épaule pour s'asseoir dessus, en disant: grand est le travail, car il honore celui qui l'accomplit. Cela lui apportait de l'honneur en lui évitant de s'asseoir par terre dans la maison d'étude. De même, Rabbi Chimon portait un panier sur l'épaule, en disant: grand est le travail, car il honore celui qui l'accomplit.
רַבִּי יְהוּדָה כַּד אָזֵיל לְבֵי מִדְרְשָׁא שָׁקֵיל גּוּלְפָּא עַל כַּתְפֵּיהּ, אָמַר: גְּדוֹלָה מְלָאכָה שֶׁמְּכַבֶּדֶת אֶת בְּעָלֶיהָ. רַבִּי שִׁמְעוֹן שָׁקֵיל צַנָּא עַל כַּתְפֵּיהּ, אָמַר: גְּדוֹלָה מְלָאכָה שֶׁמְּכַבֶּדֶת אֶת בְּעָלֶיהָ.
La Guemara relate encore: l'épouse de Rabbi Yehouda sortit, ramassa de la laine, et confectionna un manteau épais [houtevei]. Lorsqu'elle sortait au marché, elle s'en couvrait, et lorsque Rabbi Yehouda sortait pour prier, il se couvrait de ce manteau et priait. Et lorsqu'il s'en couvrait, il récitait la bénédiction: « Béni soit Celui qui m'a revêtu d'un manteau », tant il y prenait plaisir.
דְּבֵיתְהוּ דְּרַבִּי יְהוּדָה נְפַקַת, נְקַטַת עַמְרָא, עֲבַדָה גְּלִימָא דְּהוּטְבֵי. כַּד נְפַקַת לְשׁוּקָא מִיכַּסְּיָא בֵּיהּ, וְכַד נָפֵיק רַבִּי יְהוּדָה לְצַלּוֹיֵי הֲוָה מִכַּסֵּי וּמְצַלֵּי. וְכַד מִיכַּסֵּי בֵּיהּ הֲוָה מְבָרַךְ ״בָּרוּךְ שֶׁעָטַנִי מְעִיל״.
Nedarim 49b
100%
נדרים מ״ט במַסֶּכֶת נְדָרִים