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Traité Nedarim

20a

Étude de Nedarim 20a

Étude de la Mishna & Guémara 20a

Mishna 1
MICHNA: Celui qui a fait un vœu en liant [un objet à] un « ḥerem » [voué], et qui a dit: « Je n'ai fait mon vœu qu'en pensant au filet de mer [ḥermo chel yam] », [celui] utilisé pour pêcher les poissons; ou celui qui a fait un vœu en liant [un objet] à un korban, et qui a dit: « Je n'ai fait mon vœu qu'en pensant aux offrandes des rois », c'est-à-dire un présent pour un roi, et non une offrande à D.ieu.
מַתְנִי׳ נָדַר בְּחֵרֶם, וְאָמַר: לֹא נָדַרְתִּי אֶלָּא בְּחֶרְמוֹ שֶׁל יָם. בְּקׇרְבָּן, וְאָמַר: לֹא נָדַרְתִּי אֶלָּא בְּקׇרְבָּנוֹת שֶׁל מְלָכִים.(משנה)
« Me voici moi-même korban », et qui a dit: « Je n'ai fait mon vœu qu'à propos d'un os [etsem] que j'avais mis de côté pour jurer par lui », — [le mot] « atsmi » signifiant à la fois « moi-même » et « mon os », c'est-à-dire qu'il avait mis de côté un os afin de faire semblant de se vouer lui-même. Ou celui qui a dit: « Que ma femme n'ait aucun profit de moi, konam », et qui a dit: « Je n'ai fait mon vœu qu'à propos de ma première femme, que j'ai répudiée », et non à propos de sa femme actuelle.
״הֲרֵי עַצְמִי קׇרְבָּן״, וְאָמַר: לֹא נָדַרְתִּי אֶלָּא בְּעֶצֶם שֶׁהִנַּחְתִּי לִי לִהְיוֹת נוֹדֵר בּוֹ, ״קֻוֽנָּם אִשְׁתִּי נֶהֱנֵית לִי״, וְאָמַר: לֹא נָדַרְתִּי אֶלָּא בְּאִשְׁתִּי הָרִאשׁוֹנָה שֶׁגֵּירַשְׁתִּי —
Pour tous ces cas, on n'a pas besoin de demander à une autorité halakhique de dissoudre [ces vœux, car celui qui les a prononcés les a interprétés de manière à ce qu'ils ne prennent pas effet du tout]. Mais s'ils ont demandé [la dissolution][alors même que leur intention initiale n'est pas prouvée] — on les punit et on est sévère avec eux [et le vœu n'est pas dissous]. Ce sont les paroles de Rabbi Meïr.
עַל כּוּלָּן אֵין נִשְׁאָלִין לָהֶם. וְאִם נִשְׁאֲלוּ — עוֹנְשִׁין אוֹתָן וּמַחְמִירִין עֲלֵיהֶן. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Mais les Sages disent: on leur ouvre une porte [de dissolution] à partir d'un autre motif, et on leur enseigne [à ne pas agir ainsi], afin qu'ils ne prennent pas l'habitude de traiter les vœux avec légèreté.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: פּוֹתְחִין לָהֶן פֶּתַח מִמָּקוֹם אַחֵר, וּמְלַמְּדִין אוֹתָן — כְּדֵי שֶׁלֹּא יִנְהֲגוּ קַלּוּת רֹאשׁ בִּנְדָרִים.
Guémara
GUEMARA: Ceci même est difficile. Tu as dit qu'on n'a pas besoin de leur demander [une dissolution], et ensuite on enseigne que s'ils ont demandé, on les punit et on est sévère avec eux — [ce qui implique que le vœu a pris effet et n'est pas dissous]!
גְּמָ׳ הָא גּוּפָא קַשְׁיָא, אָמְרַתְּ: אֵין נִשְׁאָלִין לָהֶן, וַהֲדַר תָּנֵי: אִם נִשְׁאֲלוּ עוֹנְשִׁין אוֹתָן וּמַחְמִירִין עֲלֵיהֶן?
Rav Yehouda dit: voici ce qu'enseigne [la Michna]: Tous ces [vœux] n'ont pas besoin de demande. Mais dans quel cas cela s'applique-t-il? Dans le cas d'un érudit de la Torah, qui sait que ces vœux ne prennent pas effet, et qui, de toute évidence, n'avait pas l'intention qu'ils prennent effet dès le départ. Mais dans le cas d'un homme du peuple [am haaretz] qui vient demander une dissolution, on le punit et on est sévère avec lui.
אָמַר רַב יְהוּדָה, הָכִי קָתָנֵי: וְכוּלָּן אֵין צְרִיכִין שְׁאֵלָה, בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּתַלְמִיד חָכָם, אֲבָל בְּעַם הָאָרֶץ שֶׁבָּא לִישָּׁאֵל — עוֹנְשִׁין אוֹתוֹ וּמַחְמִירִין עָלָיו.
La Guemara demande: Certes, [on comprend] qu'on soit sévère avec lui, en ce sens qu'on ne lui ouvre pas de porte [de dissolution] par le simple regret; mais [il faut] plutôt [trouver] des circonstances atténuantes. Cependant, en quoi consiste-t-on le fait qu'on le punisse?
בִּשְׁלָמָא מַחְמִירִין — דְּלָא פָּתְחִינַן לֵיהּ בַּחֲרָטָה, אֶלָּא עוֹנְשִׁין הֵיכִי דָּמֵי?
[La réponse est] comme il est enseigné dans une baraïta: Celui qui a fait un vœu de nazirat et a transgressé son nazirat — on ne s'occupe pas de lui [pour dissoudre son vœu] jusqu'à ce qu'il observe l'interdit pendant autant de jours qu'il s'est comporté avec permissivité. Ce sont les paroles de Rabbi Yehouda. Rabbi Yossei dit: Dans quel cas cela s'applique-t-il? Dans le cas d'un nazirat de courte durée [c'est-à-dire pas plus que le minimum de trente jours]. Mais dans le cas d'un nazirat de longue durée, il lui suffit de l'observer pendant trente jours [même s'il l'a transgressé pendant une plus longue période]. Ceci explique la punition mentionnée dans la MICHNA : l'homme du peuple qui demande la dissolution de son vœu doit d'abord l'observer pendant une certaine période.
כִּדְתַנְיָא: מִי שֶׁנָּזַר וְעָבַר עַל נְזִירוּתוֹ — אֵין נִזְקָקִין לוֹ עַד שֶׁיִּנְהוֹג בּוֹ אִיסּוּר כַּיָּמִים שֶׁנָּהַג בָּהֶן הֶיתֵּר. דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בִּנְזִירוּת מוּעֶטֶת. אֲבָל בִּנְזִירוּת מְרוּבָּה — דַּיּוֹ שְׁלֹשִׁים יוֹם.
Rav Yossef dit: Puisque les Sages disent qu'on ne s'occupe pas de lui, un tribunal qui s'en occupe [et dissout son vœu immédiatement] n'agit pas correctement. Rav A'ha bar Yaakov dit: on l'excommunie [l'autorité halakhique qui dissout le vœu prématurément].
אָמַר רַב יוֹסֵף: הוֹאִיל וְאָמְרִי רַבָּנַן אֵין נִזְקָקִים לוֹ, בֵּי דִינָא דְּמִזְדַּקְקִי לָא עָבֵיד שַׁפִּיר. רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אוֹמֵר: מְשַׁמְּתִינַן לֵיהּ.
« Et les Sages disent: on lui ouvre une porte... » Il est enseigné: Ne prends jamais l'habitude de faire des vœux, car tu finiras par les transgresser, [et même] par abuser des serments, [qui sont plus graves]. Et ne fréquente pas assidûment un homme du peuple [am haaretz], car il finira par te faire manger des produits non dîmés. Ne fréquente pas assidûment un cohen ignorant, car il finira par te faire manger de la teroumah [qui est interdite à un non-cohen]. Et ne multiplie pas les conversations avec une femme, car tu finiras par en venir à l'adultère.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים פּוֹתְחִין לוֹ פֶּתַח כּוּ׳. תָּנָא: לְעוֹלָם אַל תְּהִי רָגִיל בַּנְּדָרִים, שֶׁסּוֹפְךָ לִמְעוֹל בִּשְׁבוּעוֹת. וְאַל תְּהִי רָגִיל אֵצֶל עַם הָאָרֶץ, שֶׁסּוֹפְךָ לְהַאֲכִילְךָ טְבָלִים. אַל תְּהִי רָגִיל אֵצֶל כֹּהֵן עַם הָאָרֶץ, שֶׁסּוֹפְךָ לְהַאֲכִילְךָ תְּרוּמָה. וְאַל תַּרְבֶּה שִׂיחָה עִם הָאִשָּׁה, שֶׁסּוֹפְךָ לָבוֹא לִידֵי נִיאוּף.
Rabbi A'ha, fils de Rabbi Yoshiya, dit: Quiconque observe [avec insistance] les femmes finira par en venir à la faute. Et quiconque regarde le talon d'une femme aura des enfants indignes. Rav Yossef dit: Et cela vaut même pour sa propre femme quand elle a le statut de nidda. Rabbi Chimon ben Lakich dit: le « talon » dont il est question n'est pas le talon du pied, mais l'endroit de la souillure, c'est-à-dire les parties génitales, appelé ainsi par euphémisme, car il se trouve juste en face du talon.
רַבִּי אַחָא בְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה אוֹמֵר: כׇּל הַצּוֹפֶה בְּנָשִׁים, סוֹפוֹ בָּא לִידֵי עֲבֵירָה. וְכׇל הַמִּסְתַּכֵּל בַּעֲקֵבָהּ שֶׁל אִשָּׁה, הָוְיִין לוֹ בָּנִים שֶׁאֵינָן מְהוּגָּנִין. אָמַר רַב יוֹסֵף: וּבְאִשְׁתּוֹ נִדָּה. אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: עֲקֵבָהּ דְּקָתָנֵי, בִּמְקוֹם הַטִּנּוֹפֶת, שֶׁהוּא מְכֻוּוֹן כְּנֶגֶד הֶעָקֵב.
Il est enseigné: « Afin que Sa crainte soit sur vos visages » (Chemot 20, 17) — cela désigne la honte [qui fait rougir]. « Afin que vous ne péchiez point » (Chemot 20, 17) enseigne que la honte mène à la crainte du péché. De là, les Sages ont dit: c'est un bon signe chez un homme qu'il soit pudique. D'autres disent: tout homme qui éprouve de la honte ne pèche pas facilement; et celui qui n'a pas de pudeur, il est certain que ses ancêtres n'ont pas assisté [au don de la Torah] au mont Sinaï.
תַּנְיָא: ״בַּעֲבוּר תִּהְיֶה יִרְאָתוֹ עַל פְּנֵיכֶם״ — זוֹ בּוּשָׁה. ״לְבִלְתִּי תֶחֱטָאוּ״ — מְלַמֵּד שֶׁהַבּוּשָׁה מְבִיאָה לִידֵי יִרְאַת חֵטְא. מִיכָּן אָמְרוּ: סִימָן יָפֶה בְּאָדָם שֶׁהוּא בַּיְישָׁן. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: כׇּל אָדָם הַמִּתְבַּיֵּישׁ, לֹא בִּמְהֵרָה הוּא חוֹטֵא. וּמִי שֶׁאֵין לוֹ בּוֹשֶׁת פָּנִים — בְּיָדוּעַ שֶׁלֹּא עָמְדוּ אֲבוֹתָיו עַל הַר סִינַי.
Nedarim 20a
100%
נדרים כ׳ אמַסֶּכֶת נְדָרִים