Que l'on pose la viande d'un premier-né à un endroit, et qu'on pose une autre viande à côté, et qu'on dise: « Celle-ci est comme celle-là », et que ce soit là un désaccord entre tannaïm quant à savoir s'il fait référence au statut interdit initial de l'animal premier-né ou à son statut permis actuel?
דְּמַחֵית בְּשַׂר בְּכוֹר וּמַחֵית בָּשָׂר דְּהַאיְךְ גַּבֵּיהּ, וְאָמַר ״זֶה כָּזֶה״. וְתַנָּאֵי הִיא.
Non, tout le monde s'accorde qu'il fait référence au statut de l'animal avant l'aspersion des sangs, et quelle est la raison de celui qui le permet? Le verset dit: « Quand un homme fera un vœu » (Bamidbar 30, 3), ce qui indique qu'il ne l'a pas fait tant qu'il ne fait pas un vœu avec une chose rendue interdite par un vœu, c'est-à-dire en étendant le statut d'un objet lui-même interdit par le biais d'un vœu — ceci pour exclure le premier-né, qui est une chose interdite par la Torah et non par un vœu; un animal premier-né est saint simplement du fait qu'il est né en premier.
לָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא לִפְנֵי זְרִיקַת דָּמִים, וּמַאי טַעְמָא דְמַאן דְּשָׁרֵי — אָמַר קְרָא: ״כִּי יִדֹּר״, עַד שֶׁיִּדּוֹר בְּדָבָר הַנָּדוּר, לְאַפּוֹקֵי בְּכוֹר, דְּדָבָר הָאָסוּר הוּא.
Et celui qui l'interdit dit que le verset énonce: « pour D.ieu » (Bamidbar 30, 3), ce qui vient inclure celui qui fait un vœu en associant un objet à une chose interdite par la Torah.
וּמַאן דְּאָסַר, אָמַר קְרָא: ״לַה׳״, לְרַבּוֹת דָּבָר הָאָסוּר.
Et celui qui le permet, que fait-il de « pour D.ieu »? Il en a besoin pour inclure le cas de celui qui associe [son vœu] à un korban 'hatat et à un korban acham.
וּמַאן דְּשָׁרֵי, ״לַה׳״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמַתְפִּיס בְּחַטָּאת וְאָשָׁם.
Et qu'as-tu vu qui t'a conduit à inclure le 'hatat et le acham, et à exclure le premier-né? J'inclus le 'hatat et le acham parce qu'il s'agit de quelqu'un qui associe [son vœu] à un animal rendu interdit par un vœu, puisque c'est l'individu lui-même qui désigne un animal particulier pour l'une de ces offrandes; et j'exclus le premier-né, parce qu'il est saint depuis le ventre de sa mère.
וּמָה רָאִיתָ לְרַבּוֹת חַטָּאת וְאָשָׁם וּלְהוֹצִיא אֶת הַבְּכוֹר? מְרַבֶּה אֲנִי חַטָּאת וְאָשָׁם שֶׁהוּא מַתְפִּיס בְּנֶדֶר, וּמוֹצִיא אֲנִי אֶת הַבְּכוֹר שֶׁהוּא קָדוֹשׁ מִמְּעֵי אִמּוֹ.
Et celui qui l'interdit estime que celui qui dit qu'une viande sera pour lui comme la viande d'un premier-né associe également [son vœu] à une chose interdite par un vœu, comme il est enseigné dans une baraïta: on a dit au nom de Rabbi [Yehouda HaNassi]: d'où sait-on que si un premier-né naît dans la maison de quelqu'un, c'est tout de même une mitsva de le consacrer? Comme il est dit: « Tu consacreras le mâle » (Devarim 15, 19). Bien qu'un animal premier-né soit considéré comme consacré dès sa naissance, son propriétaire est néanmoins commandé de le déclarer consacré, et il est donc considéré comme une chose interdite par le biais d'un vœu.
וּמַאן דְּאָסַר, בְּכוֹר נָמֵי מַתְפִּיסוֹ בְּנֶדֶר הוּא. דְּתַנְיָא, מִשּׁוּם רַבִּי אָמְרוּ: מִנַּיִן לְנוֹלַד בְּכוֹר בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, שֶׁמִּצְוָה לְהַקְדִּישׁוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַזָּכָר תַּקְדִּישׁ״.
Et celui qui le permet argumente: même s'il est tenu de le consacrer, s'il ne le consacre pas, n'est-il pas quand même consacré? Puisqu'il est de toute façon consacré, il est considéré comme rendu interdit par la Torah et non par un vœu.
וּמַאן דְּשָׁרֵי, כִּי לָא מַקְדֵּישׁ לֵיהּ מִי לָא מִיקַּדֵּישׁ?
« Comme l'agneau », « comme les enclos ». Il est enseigné dans la michna que si l'on dit qu'une nourriture sera considérée comme l'agneau [imra] de l'offrande quotidienne, ou comme les animaux désignés pour des offrandes et gardés dans des enclos spéciaux, le vœu prend effet.
״כְּאִימְּרָא״, ״כַּדִּירִים״.
On a enseigné: « agneau », « pour un agneau », « comme un agneau »; « enclos », « pour des enclos », « comme des enclos »; « bois », « pour du bois », « comme du bois »; « feux », « pour des feux », « comme des feux »; « autel », « pour l'autel », « comme l'autel »; « Sanctuaire », « pour le Sanctuaire », « comme le Sanctuaire »; « Jérusalem », « pour Jérusalem », « comme Jérusalem » — dans tous ces cas, [s'il ajoute]: « que je mangerai de toi » — c'est interdit. [S'il ajoute]: « je ne mangerai pas de toi » — c'est permis.
תָּנָא: ״אִימְּרָא״, ״לְאִימְּרָא״, ״כְּאִימְּרָא״, ״דִּירִים״, ״לַדִּירִים״ ״כַּדִּירִים״, ״עֵצִים״, ״לָעֵצִים״, ״כָּעֵצִים״, ״אִישִּׁים״, ״לָאִישִּׁים״, ״כָּאִישִּׁים״, ״מִזְבֵּחַ״, ״לַמִּזְבֵּחַ״, ״כַּמִּזְבֵּחַ״, ״הֵיכָל״, ״לַהֵיכָל״, ״כַּהֵיכָל״, ״יְרוּשָׁלַיִם״, ״לִירוּשָׁלַיִם״, ״כִּירוּשָׁלַיִם״, כּוּלָּן: ״שֶׁאוֹכַל לָךְ״ — אָסוּר. ״לֹא אוֹכַל לָךְ״ — מוּתָּר.
Qui est le Sage dont nous avons entendu qu'il ne fait pas de différence entre « agneau », « pour un agneau » et « comme un agneau »? C'est Rabbi Méir. [À l'inverse, Rabbi Yehouda estime que le vœu ne prend effet que s'il dit: « comme un agneau ».]
מַאן שָׁמְעִינַן לֵיהּ דְּלָא שָׁנֵי לֵיהּ ״אִימְּרָא״ ״לְאִימְּרָא״ ״כְּאִימְּרָא״ — רַבִּי מֵאִיר הִיא.
Dis la dernière clause: et dans tous ces cas, [s'il dit]: « je ne mangerai pas de toi » — c'est permis. Mais n'avons-nous pas appris [dans la michna suivante]: « pour l'offrande, je ne mangerai pas de toi » — Rabbi Méir l'interdit, et Rabbi Abba a dit que c'est comme s'il avait dit: « que ce soit pour une offrande, c'est pourquoi je ne mangerai pas de toi »?
אֵימָא סֵיפָא: וְכוּלָּן ״לֹא אוֹכַל לָךְ״ — מוּתָּר. וְהָתְנַן: ״לַקָּרְבָּן לֹא אוֹכַל לָךְ״ — רַבִּי מֵאִיר אוֹסֵר, וְאָמַר רַבִּי אַבָּא: נַעֲשָׂה כְּאוֹמֵר ״לְקָרְבָּן יְהֵא, לְפִיכָךְ לֹא אוֹכַל לָךְ״.
Ce n'est pas difficile: cette baraïta traite du cas où l'on a dit: « ce que je ne mange pas de toi ne sera pas [la] pour un agneau [le'imra] » — bien que cette formulation implique que ce qu'il mange sera considéré comme l'agneau de l'offrande quotidienne, Rabbi Méir estime qu'on ne peut pas déduire une affirmation positive d'une négation. Tandis que cette michna-là traite du cas où il a dit: « pour un agneau [le'imra] » — dans ce cas, sa déclaration est interprétée comme s'il avait dit: que ce soit considéré comme l'agneau de l'offrande quotidienne, et c'est pourquoi je ne le mangerai pas.
לָא קַשְׁיָא: הָא דְּאָמַר ״לָא לְאִימְּרָא״, הָא דְּאָמַר ״לְאִימְּרָא״.