Cela enseigne que « tu te feras des franges » (Devarim 22, 12) — [les franges de laine et de lin] peuvent provenir d'eux. En juxtaposant la mitsva des franges rituelles à l'interdit des mélanges de tissus, la Torah enseigne que la mitsva positive des franges rituelles, qui comprend la laine teinte en bleu, l'emporte sur l'interdit des mélanges de tissus, c'est-à-dire qu'on peut attacher des franges de laine à un vêtement de lin. De là on déduit le principe général selon lequel une mitsva positive l'emporte sur un interdit.
הָא ״גְּדִילִים תַּעֲשֶׂה לָּךְ״ מֵהֶם.
Le Maître a dit: Et pour tous ceux-là, s'ils ont rasé sans rasoir, ou s'ils ont laissé deux cheveux, ils n'ont rien fait. Rav A'ha, fils de Rav Ika, a dit: Cela signifie que [le principe] « la majorité est comme la totalité » s'applique de la Torah même.
אָמַר מָר: וְכוּלָּם שֶׁגִּילְּחוּ שֶׁלֹּא בְּתַעַר, אוֹ שֶׁשִּׁיְּירוּ שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת — לֹא עָשׂוּ וְלֹא כְלוּם. אָמַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא: זֹאת אוֹמֶרֶת, רוּבּוֹ כְּכוּלּוֹ מִדְּאוֹרָיְיתָא.
D'où le sait-on? Du fait que le Miséricordieux a révélé, à propos du nazir, « le septième jour il le rasera » (Bamidbar 6, 9) — alors que ce même verset avait déjà dit qu'il rasera sa tête le jour de sa purification. Cela enseigne que c'est seulement ici qu'il ne s'acquitte de la mitsva du rasage que lorsqu'il y a la totalité [des cheveux rasés]; mais en général, la majorité est comme la totalité.
מִמַּאי — מִדְּגַלִּי רַחֲמָנָא גַּבֵּי נָזִיר ״בְּיוֹם הַשְּׁבִיעִי יְגַלְּחֶנּוּ״ — הָכָא הוּא דְּעַד דְּאִיכָּא כּוּלּוֹ. הָא בְּעָלְמָא: רוּבּוֹ כְּכוּלּוֹ.
Rabbi Yossei fils de Rabbi 'Hanina objecte: Ce verset est écrit à propos du nazir impur! On s'en est moqué en Terre d'Israël: Après tout, d'où tirons-nous que le nazir impur rase avec un rasoir? On le tire du nazir pur. Que le nazir pur vienne donc et en tire [la halakha suivante] du nazir impur: de même que pour le nazir impur, s'il laisse deux cheveux, il n'a rien fait, ici aussi, s'il laisse deux cheveux, il n'a rien fait.
מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: הַאי בְּנָזִיר טָמֵא כְּתִיב! מַחֲכוּ עֲלַהּ בְּמַעְרְבָא: מִכְּדֵי נָזִיר טָמֵא דִּבְתַעַר מְנָלַן — מִנָּזִיר טָהוֹר יָלֵיף, לַיְתֵי נָזִיר טָהוֹר וְלֵילַף מִנָּזִיר טָמֵא: מָה טָמֵא כִּי שַׁיַּיר שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת — וְלָא כְּלוּם עֲבַד, הָכָא נָמֵי, כִּי שַׁיַּיר שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת — וְלָא כְּלוּם עֲבַד.
Abaye a soulevé une question: Un nazir qui a rasé et laissé deux cheveux, si sa tête a repoussé et qu'il les a rasés à nouveau, quel est le cas? Ces [deux cheveux] font-ils obstacle [à l'accomplissement de son rasage initial] ou non?
בָּעֵי אַבָּיֵי: נָזִיר שֶׁגִּילַּח וְשִׁיֵּיר שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת, צָמַח רֹאשׁוֹ וְחָזַר וְגִילְּחָן, מַהוּ? מִי מְעַכְּבִי אוֹ לָא?
Rava a soulevé une question: Un nazir qui a rasé et laissé deux cheveux, puis en a rasé un et l'autre est tombé de lui-même, quel est le cas? Rav A'ha de Difti a dit à Ravina: Rava se demande-t-il s'il est possible de raser cheveu par cheveu? [En quoi cela diffère-t-il de celui qui rase toute sa tête cheveu par cheveu, ce qui accomplit son obligation?]
בָּעֵי רָבָא: נָזִיר שֶׁגִּילַּח וְהִנִּיחַ שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת, וְגִילַּח אַחַת וְנָשְׁרָה אַחַת, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא מִדִּיפְתִּי לְרָבִינָא: גִּילַּח שַׂעֲרָה שַׂעֲרָה קָא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְרָבָא?
Mais dis plutôt: si un [cheveu] est tombé et qu'il en a rasé un [autre], quel est le cas? Il lui répondit: Il n'y a pas de rasage ici, il n'y a pas de cheveu ici. [La Guemara s'étonne:] S'il n'y a pas de cheveu ici, alors il y a bien rasage ici! Voici ce qu'il voulait dire: bien qu'il n'y ait pas de cheveu ici, il n'y a pas [accomplissement de] la mitsva du rasage ici.
אֶלָּא אֵימָא: נָשְׁרָה אַחַת וְגִילַּח אַחַת, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: גִּילּוּחַ אֵין כָּאן, שֵׂעָר אֵין כָּאן. אִי שֵׂעָר אֵין כָּאן — גִּילּוּחַ יֵשׁ כָּאן! הָכִי קָאָמַר: אַף עַל פִּי שֶׁשֵּׂעָר אֵין כָּאן, מִצְוַת גִּילּוּחַ אֵין כָּאן.
Mishna 1
MICHNA: Le nazir peut se laver la tête [en frottant] et démêler [ses cheveux avec les doigts], mais il ne peut pas les peigner.
מַתְנִי׳ נָזִיר חוֹפֵף וּמְפַסְפֵּס, אֲבָל לֹא סוֹרֵק.(משנה)
Guémara
GUEMARA: Qui est [l'auteur de l'enseignement selon lequel le nazir] peut se laver la tête et démêler [ses cheveux]? C'est Rabbi Chimon, qui dit: un acte non intentionnel est permis. Mais [la fin de la Michna qui dit] « il ne peut pas les peigner » — nous en arrivons [à l'opinion] des Sages.
גְּמָ׳ חוֹפֵף וּמְפַסְפֵּס, מַנִּי? רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר: דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין — מוּתָּר. אֲבָל לֹא סוֹרֵק — אֲתָאן לְרַבָּנַן.
[Se peut-il que] la première partie soit selon Rabbi Chimon et la fin selon les Sages? Raba a dit: Toute la Michna est selon Rabbi Chimon, car celui qui peigne a toujours l'intention d'enlever les cheveux qui pendent [détachés].
רֵישָׁא רַבִּי שִׁמְעוֹן וְסֵיפָא רַבָּנַן? אָמַר רַבָּה: כּוּלָּהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, כׇּל הַסּוֹרֵק — לְהָסִיר נִימִין מְדוּלְדָּלוֹת מִתְכַּוֵּין.
Mishna 2
MICHNA: Rabbi Yichmaël dit: Il ne doit pas se laver la tête avec de la terre, car cela fait tomber les cheveux.
מַתְנִי׳ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: לֹא יָחוֹף בַּאֲדָמָה, מִפְּנֵי שֶׁמַּשֶּׁרֶת אֶת הַשֵּׂעָר.
Guémara 2
GUEMARA: On a posé une question devant les Sages: Avons-nous appris « car elle fait tomber les cheveux » [c'est-à-dire la terre en général], ou peut-être avons-nous appris « à cause de ce qui fait tomber [les cheveux] »? Quelle différence cela fait-il?
גְּמָ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״מִפְּנֵי שֶׁהִיא מַשֶּׁרֶת אֶת הַשֵּׂעָר״ תְּנַן, אוֹ דִּלְמָא: ״מִפְּנֵי הַמַּשֶּׁרֶת״ תְּנַן? לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ?