AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Moed Katan

9b

Étude de Moed Katan 9b

Étude de la Guémara 9b

Guémara
[La Guemara achève de résoudre la contradiction entre les deux versets sur la primauté de l'étude de la Torah ou de l'accomplissement d'une mitsva.] Là-bas, dans l'autre verset [qui enseigne de ne pas « peser » une mitsva mais de l'accomplir aussitôt], il s'agit d'une mitsva qui ne peut être accomplie par d'autres : c'est pourquoi on ne doit pas en évaluer l'importance relative [par rapport à l'étude], mais l'accomplir immédiatement.
כָּאן בְּמִצְוָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ עַל יְדֵי אֲחֵרִים.
[Une autre fois,] les deux érudits, Rabbi Yonatan ben Asmaï et Rabbi Yehouda fils de convertis, se rassirent et soulevèrent la difficulté suivante : en un endroit, il est écrit à la louange de la Torah : « Elle est plus précieuse que les perles, et tous tes désirs ne l'égalent pas » (Michlé 3, 15). On peut en déduire que tous les désirs de l'homme ne sauraient se comparer à la Torah, mais que les désirs du Ciel — c'est-à-dire les mitsvot — peuvent, eux, lui être comparés. Et ailleurs il est écrit : « Car la sagesse vaut mieux que les perles, et toutes les choses désirables ne l'égalent pas » (Michlé 8, 11) — ce qui indique que même les mitsvot ne sauraient se comparer à la Torah !
הֲדַר יָתְבִי וְקָא מִבְּעֵי לְהוּ, כְּתִיב: ״יְקָרָה הִיא מִפְּנִינִים וְכׇל חֲפָצֶיךָ לֹא יִשְׁווּ בָהּ״ — הָא חֶפְצֵי שָׁמַיִם יִשְׁווּ בָהּ, וּכְתִיב: ״כׇּל חֲפָצִים לֹא יִשְׁווּ בָהּ״ — דַּאֲפִילּוּ חֶפְצֵי שָׁמַיִם לֹא יִשְׁווּ בָהּ!
Ils résolurent cette contradiction en disant qu'ici, dans le second verset, il s'agit d'une mitsva qui peut être accomplie par d'autres : en ce cas, même les mitsvot ne se comparent pas à la Torah, et celui qui est plongé dans l'étude de la Torah ne doit pas l'interrompre pour accomplir une autre mitsva. Là-bas, en revanche, dans le premier verset, il s'agit d'une mitsva qui ne peut être accomplie par d'autres : en ce cas, l'étude de la Torah ne l'emporte pas sur la mitsva, et l'on doit interrompre son étude afin de l'accomplir.
כָּאן בְּמִצְוָה שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ עַל יְדֵי אֲחֵרִים, כָּאן בְּמִצְוָה שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ עַל יְדֵי אֲחֵרִים.
[La Guemara revient à l'épisode des deux érudits.] Lorsque Rabbi Yonatan ben Asmaï et Rabbi Yehouda fils de convertis aperçurent le fils de Rabbi Chimon bar Yo'haï, ils lui dirent : que veux-tu ici ? Il leur répondit : mon père m'a dit d'aller vers vous afin que vous me bénissiez. Ils lui dirent alors ceci : qu'il soit la volonté [de D.ieu] que tu sèmes et que tu ne moissonnes pas ; que tu fasses entrer et que tu ne fasses pas sortir ; que tu fasses sortir et que tu ne fasses pas entrer ; que ta maison soit détruite et que ton lieu de séjour soit habité ; que ta table soit dans la confusion ; et que tu ne voies pas une année nouvelle.
אֲמַרוּ לֵיהּ: מַאי בָּעֵית הָכָא? אֲמַר לְהוּ, דַּאֲמַר לִי אַבָּא: זִיל גַּבַּיְיהוּ דְּלִיבָרְכוּךְ. אֲמַרוּ לֵיהּ: יְהֵא רַעֲוָא דְּתִזְרַע וְלָא תֶּחְצַד, תְּעַיֵּיל וְלָא תַּיפֵּוק, תַּיפֵּוק וְלָא תְּעַיֵּיל, לִיחְרוֹב בֵּיתָךְ וְלִיתּוֹב אוּשְׁפִּיזָךְ, לִבַּלְבַּל פָּתוּרָךְ, וְלָא תִּחְזֵי שַׁתָּא חַדְתָּא.
Lorsqu'il revint auprès de son père, il lui dit : non seulement ils ne m'ont pas béni, mais ils m'ont même causé de la peine par leurs paroles néfastes. Son père lui demanda : que t'ont-ils dit exactement ? Il répondit : ils m'ont dit telle et telle chose. Rabbi Chimon bar Yo'haï dit à son fils : ce sont là, toutes, des bénédictions énoncées de façon voilée, et voici ce qu'elles signifient. Lorsqu'ils ont dit « que tu sèmes et que tu ne moissonnes pas », ils ont voulu dire : que tu engendres des fils et qu'ils ne meurent pas. Leur parole « que tu fasses entrer et que tu ne fasses pas sortir » signifie : que tu fasses entrer des brus pour tes fils et que tes fils ne meurent pas, ce qui obligerait leurs épouses à repartir. Lorsqu'ils ont dit « que tu fasses sortir et que tu ne fasses pas entrer », ils ont voulu dire : que tu engendres des filles et que leurs maris ne meurent pas, ce qui ferait revenir tes filles auprès de toi.
כִּי אֲתָא לְגַבֵּי אֲבוּהּ, אֲמַר לֵיהּ: לָא מִבַּעְיָא דְּבָרוֹכֵי לָא בָּירְכֻן אֲבָל צַעוֹרֵי צַעֲורֻן. אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֲמַרוּ לָךְ? הָכִי וְהָכִי אֲמַרוּ לִי. אֲמַר לֵיהּ: הָנָךְ כּוּלְּהוּ בִּרְכָתָא נִינְהוּ. תִּזְרַע וְלָא תֶּחְצַד: תּוֹלִיד בָּנִים וְלָא יְמוּתוּ. תְּעַיֵּיל וְלָא תַּיפֵּוק: תְּעַיֵּיל כַּלְּתָא וְלָא לֵימוּתוּ בְּנָךְ דְּלִיפְּקוּן. תַּיפֵּוק וְלָא תְּעַיֵּיל: תּוֹלִיד בְּנָתָא וְלָא יְמוּתוּ גּוּבְרַיְיהוּ וְלִיהְדְּרוּ לְוָתָיךְ.
Lorsqu'ils ont dit « que ta maison soit détruite et que ton lieu de séjour soit habité », cela doit s'interpréter de façon allégorique. Car ce monde-ci est comparé à ton lieu de séjour [passager], et le monde à venir est comparé à ta maison [permanente], ainsi qu'il est écrit : « Leur pensée intime [kirbam] est que leurs maisons subsisteront à jamais » (Tehilim 49, 12) ; et les Sages ont dit : ne lis pas « leur pensée intime [kirbam] », mais « leur tombeau [kivram] ». Selon cette lecture, le tombeau de l'homme est considéré comme sa maison permanente. Les Sages ont donc béni le fils de Rabbi Chimon bar Yo'haï en souhaitant qu'il demeure dans sa maison provisoire plutôt que dans sa maison permanente — c'est-à-dire qu'il vive de longues années.
לִיחְרוֹב בֵּיתָךְ וְלִיתּוֹב אוּשְׁפִּיזָךְ — דְּהַאי עָלְמָא אוּשְׁפִּיזָךְ, וְהָהֻיא עָלְמָא בֵּיתָא, דִּכְתִיב: ״קִרְבָּם בָּתֵּימוֹ לְעוֹלָם״. אַל תִּקְרֵי ״קִרְבָּם״, אֶלָּא ״קִבְרָם״.
Lorsqu'ils ont dit « que ta table soit dans la confusion », ils ont voulu dire que tu seras béni de nombreux fils et filles, en sorte qu'il y aura du bruit et de l'agitation autour de ta table. Et lorsqu'ils ont dit « que tu ne voies pas une année nouvelle », ils ont voulu dire que ta femme ne mourra pas, de sorte que tu n'auras pas à en épouser une autre — ce dont il est dit : « Lorsqu'un homme aura pris une femme nouvelle, il n'ira pas à l'armée et on ne lui imposera aucune charge ; il restera libre dans sa maison pendant une année, et il réjouira la femme qu'il a prise » (Devarim 24, 5).
לִבַּלְבַּל פָּתוּרָךְ: בִּבְנֵי וּבְנָתָא. וְלָא תִּיחְזֵי שַׁתָּא חַדְתָּא: דְּלָא תְּמוּת אִתְּתָךְ וְלָא תִּנְסַב אִינְתְּתָא אַחֲרִיתִי.
À propos d'une bénédiction au sens obscur, la Guemara rapporte l'épisode suivant : Rabbi Chimon ben 'Halafta prit congé de Rav. Son père lui avait dit : va vers lui afin qu'il te bénisse. Lorsque Rabbi Chimon ben 'Halafta revint auprès de lui pour recevoir sa bénédiction, Rav lui dit : qu'il soit la volonté [de D.ieu] que tu ne fasses pas honte à autrui et que tu n'aies pas honte toi-même. Il rentra chez son père, qui lui demanda : que t'a-t-il dit ? Il répondit : ce ne sont que de simples mots qu'il m'a dits — c'est-à-dire qu'il n'a rien dit d'important.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן חֲלַפְתָּא אִפְּטַר מִינֵּיהּ דְּרַב, אֲמַר לֵיהּ אֲבוּהּ: זִיל לְגַבֵּיהּ דְּלִיבָרְכָךְ. אֲמַר לֵיהּ: יְהֵא רַעֲוָא דְּלָא תְּבַיֵּישׁ וְלָא תִּתְבַּיַּישׁ. אֲתָא גַּבֵּי אֲבוּהּ. אָמַר לֵיהּ: מַאי אֲמַר לָךְ? אֲמַר לֵיהּ: מִילִּין בְּעָלְמָא הוּא דְּאָמַר לִי.
Son père lui dit : il t'a béni de la bénédiction même dont le Saint béni soit-Il a béni Israël, et qu'Il a redoublée — preuve que c'est une très grande bénédiction —, ainsi qu'il est écrit : « Vous mangerez à satiété et vous louerez le nom de l'Éternel votre D.ieu qui a fait pour vous des merveilles, et jamais mon peuple n'aura honte. Et vous saurez que je suis au milieu d'Israël, que je suis l'Éternel votre D.ieu et nul autre, et jamais mon peuple n'aura honte » (Yoël 2, 26-27).
אֲמַר לֵיהּ: בָּרְכָךְ בִּרְכְּתָא דְּבֵרְכָן קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל וּתְנָא בַּהּ, דִּכְתִיב: ״וַאֲכַלְתֶּם אָכוֹל וְשָׂבוֹעַ וְהִלַּלְתֶּם וְגוֹ׳ וְלֹא יֵבוֹשׁוּ עַמִּי לְעוֹלָם. וִידַעְתֶּם כִּי בְקֶרֶב יִשְׂרָאֵל אֲנִי וְגוֹ׳ וְלֹא יֵבוֹשׁוּ עַמִּי לְעוֹלָם״.
GUEMARA : Il a été enseigné dans la MISHNA : et une femme peut se livrer à tous ses soins de beauté habituels pendant 'hol hamoéd [les jours intermédiaires d'une fête]. Les Sages ont enseigné dans une baraïta : voici les soins de beauté des femmes qui sont permis : elle peut se farder les paupières [au kohl], elle peut s'épiler les poils superflus [pokesset], et elle peut s'appliquer du fard rouge [serak] sur le visage. Et certains disent : elle peut passer un peigne sur le bas de son visage — c'est-à-dire qu'elle peut ôter les poils de la région pubienne.
וְעוֹשָׂה אִשָּׁה תַּכְשִׁיטֶיהָ. תָּנוּ רַבָּנַן, אֵלּוּ הֵן תַּכְשִׁיטֵי נָשִׁים: כּוֹחֶלֶת וּפוֹקֶסֶת וּמַעֲבִירָה סְרָק עַל פָּנֶיהָ. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי מַעֲבֶרֶת סְרָק עַל פָּנֶיהָ שֶׁל מַטָּה.
La Guemara rapporte que l'épouse de Rav 'Hisda se parait pendant 'hol hamoéd en présence de sa belle-fille — c'est-à-dire alors qu'elle avait déjà un fils marié [et était donc d'un âge avancé]. Rav Houna bar 'Hinnana était assis devant Rav 'Hisda, et il dit, assis : on n'a enseigné [que la femme est autorisée à se parer pendant 'hol hamoéd] qu'à propos d'une jeune femme, car de tels soins lui procurent de la joie ; mais dans le cas d'une femme âgée, non, ces soins ne sont pas permis, car elle n'en a pas besoin.
דְּבֵיתְהוּ דְּרַב חִסְדָּא מִקַּשְּׁטָא בְּאַנְפֵּי כַּלְּתַהּ. יָתֵיב רַב הוּנָא בַּר חִינָּנָא קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא וְיָתֵיב וְקָאָמַר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא יַלְדָּה, אֲבָל זְקֵנָה — לֹא.
Rav 'Hisda lui dit : par D.ieu ! Même ta mère, et même la mère de ta mère, et même une femme si âgée qu'elle se tient déjà au bord de sa tombe — toutes sont autorisées à se parer. Car les gens disent dans un dicton populaire : une femme de soixante ans, comme une fillette de six ans, court au son de la cymbale [tavla] — ce qui signifie que les femmes de tout âge restent jeunes de cœur ; puisqu'elles prennent toutes plaisir à leurs parures, il leur est permis de se parer, quel que soit leur âge.
אֲמַר לֵיהּ: הָאֱלֹהִים! אֲפִילּוּ אִמָּךָ וַאֲפִילּוּ אִימָּא דְאִימָּךְ, וַאֲפִילּוּ עוֹמֶדֶת עַל קִבְרָהּ. דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: בַּת שִׁיתִּין כְּבַת שֵׁית, לְקָל טַבְלָא רָהֲטָא.
Moed Katan 9b
100%
מועד קטן ט׳ במַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן