Jusqu'à quelle distance les terriers de fourmis sont-ils tenus pour proches l'un de l'autre, au point qu'une rivière soit requise pour les séparer [et permettre ainsi de les détruire le 'hol hamoéd] ? Jusqu'à une parsa.
עַד כַּמָּה — עַד פַּרְסָה.
Nous avons appris dans la Michna que Rabbi Yehouda dit : dans un verger [planté d'arbres], on peut piéger les taupes et les souris à sa manière habituelle, mais dans un champ de céréales [un « champ blanc »], on ne peut le faire que d'une manière inhabituelle. Les Sages ont enseigné dans la baraïta suivante : comment piège-t-on à sa manière habituelle ? On creuse un trou dans le sol et l'on y suspend un piège. Comment piège-t-on d'une manière inhabituelle ? On enfonce une broche dans la terre, à l'endroit où l'on soupçonne les rongeurs de se cacher, on frappe dessus avec une houe, et l'on retire la terre par en dessous jusqu'à débusquer et tuer les rongeurs.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מִשְּׂדֵה הָאִילָן כְּדַרְכּוֹ, וּמִשְּׂדֵה הַלָּבָן שֶׁלֹּא כְּדַרְכּוֹ. תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד כְּדַרְכּוֹ? חוֹפֵר גּוּמָּא וְתוֹלֶה בָּהּ מְצוּדָה. כֵּיצַד שֶׁלֹּא כְּדַרְכּוֹ? נוֹעֵץ שַׁפּוּד וּמַכֶּה בְּקוּרְדּוֹם וּמְרַדֶּה הָאֲדָמָה מִתַּחְתֶּיהָ.
Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Chimon ben Elazar dit : lorsqu'ils ont dit que, dans un champ de céréales, on ne peut piéger les taupes et les souris pendant le 'hol hamoéd que d'une manière inhabituelle, ils ne l'ont dit qu'à propos d'un champ de céréales attenant à la ville, où le dommage se limite à ce champ et reste modéré. Mais dans un champ de céréales attenant à un verger, on peut piéger même à sa manière habituelle, de crainte que les taupes et les souris ne quittent le champ de céréales pour aller ravager les arbres du verger voisin, causant un grand dommage.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: כְּשֶׁאָמְרוּ מִשְּׂדֵה לָבָן שֶׁלֹּא כְּדַרְכּוֹ, לֹא אָמְרוּ אֶלָּא בִּשְׂדֵה לָבָן הַסְּמוּכָה לָעִיר, אֲבָל בִּשְׂדֵה לָבָן הַסְּמוּכָה לִשְׂדֵה הָאִילָן — אֲפִילּוּ כְּדַרְכּוֹ, שֶׁמָּא יֵצְאוּ מִשְּׂדֵה הַלָּבָן וְיַחְרִיבוּ אֶת הָאִילָנוֹת.
Il est enseigné dans la MISHNA : et l'on peut colmater une brèche [dans le mur de son jardin] pendant le 'hol hamoéd. La Guemara demande : comment colmate-t-on une telle brèche ? Rav Yossef dit : avec des palmes [houtsa] et des branches de laurier [dafna], qui ne forment pas une cloison digne de ce nom, mais une simple barrière de fortune.
וּמְקָרִין אֶת הַפִּירְצָה בַּמּוֹעֵד. כֵּיצַד מְקָרִין? רַב יוֹסֵף אָמַר: בְּהוּצָא וְדַפְנָא.
Il a été enseigné dans une baraïta : on garnit la brèche de pierres, mais on ne les enduit pas de mortier. Rav 'Hisda dit : on n'a enseigné qu'on peut [seulement] colmater la brèche, et non bâtir le mur à sa manière habituelle, qu'à propos du mur d'un jardin, car aucune perte sérieuse ne sera subie si l'on remet la construction à après la fête. Mais s'agissant du mur d'une cour, qui empêche l'entrée d'étrangers susceptibles de venir le voler, on peut le bâtir à sa manière habituelle même pendant le 'hol hamoéd.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: צָר בִּצְרוֹר, וְאֵינוֹ טָח בְּטִיט. אָמַר רַב חִסְדָּא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא כּוֹתֶל הַגִּינָה, אֲבָל כּוֹתֶל הֶחָצֵר — בּוֹנֶה כְּדַרְכּוֹ.
La Guemara propose : disons que la baraïta suivante vient appuyer l'affirmation de Rav 'Hisda. À propos d'un mur qui penche [go'hé] vers le domaine public et menace de tomber, on peut le démolir et le rebâtir à sa manière habituelle pendant le 'hol hamoéd, en raison du danger qu'il représente pour les passants. La Guemara écarte ce rapprochement : là, la raison est celle que la baraïta énonce explicitement, à savoir le danger que le mur fait courir aux passants, et non la protection qu'il assure à la cour [ce qui ne prouve donc rien quant au cas de Rav 'Hisda].
לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ: כּוֹתֶל הַגּוֹחֶה לִרְשׁוּת הָרַבִּים — סוֹתֵר וּבוֹנֶה כְּדַרְכּוֹ מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה. הָתָם כִּדְקָתָנֵי טַעְמָא — מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה.
Et certains rapportent [cette baraïta] non pour appuyer l'opinion de Rav 'Hisda, mais pour la réfuter, ainsi : viens et entends ce qui est enseigné dans une baraïta. À propos d'un mur qui penche vers le domaine public et menace de tomber, on peut le démolir et le rebâtir à sa manière habituelle, en raison du danger qu'il représente pour les passants. La Guemara précise : la baraïta laisse entendre que si la nécessité de bâtir le mur tient au danger qu'il fait courir, alors oui, on est autorisé à le rebâtir ; mais si la raison n'est pas le danger, alors non, on ne l'est pas. Dirons-nous que c'est là une réfutation décisive de l'opinion de Rav 'Hisda, qui dit qu'on peut bâtir le mur de sa cour à sa manière habituelle, même en l'absence de tout danger ?
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי, תָּא שְׁמַע: כּוֹתֶל הַגּוֹחֶה לִרְשׁוּת הָרַבִּים — סוֹתֵר וּבוֹנֶה כְּדַרְכּוֹ מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה. מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה — אִין, שֶׁלֹּא מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה — לָא. לֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא?
La Guemara répond : Rav 'Hisda pourrait te répondre : là, dans le cas où le mur existant représente un danger, on est même autorisé à le démolir et à le rebâtir de fond en comble. Ici, dans le cas d'un mur ordinaire enclosant une cour, on est autorisé à bâtir le mur ébréché à sa manière habituelle, mais non à le démolir.
אָמַר לְךָ רַב חִסְדָּא: הָתָם סוֹתֵר וּבוֹנֶה, הָכָא בּוֹנֶה וְלֹא סוֹתֵר.
La Guemara demande : là aussi, dans le cas du mur qui penche, disons qu'on est autorisé à le démolir — écartant ainsi le danger — mais non à le rebâtir avant la fin de la fête ! La Guemara répond : s'il en était ainsi, on s'abstiendrait même de le démolir, car démolir le mur laisserait la cour sans protection. Aussi, pour supprimer le danger que représente le mur penché, on est autorisé non seulement à le démolir, mais à le rebâtir également.
הָתָם נָמֵי, לִיסְתּוֹר וְלָא לִיבְנֵי! אִם כֵּן, מִימְּנַע וְלָא סוֹתַר.
Rav Achi dit : la formulation de la Michna est elle aussi précise et indique qu'elle parle bien du mur d'un jardin, comme l'a compris Rav 'Hisda, car elle enseigne : et durant l'année de chemita, on peut même bâtir à sa manière habituelle.
אָמַר רַב אָשֵׁי: מַתְנִיתִין נָמֵי דַּיְקָא, דְּקָתָנֵי: וּבַשְּׁבִיעִית בּוֹנֶה כְּדַרְכּוֹ.
La Guemara précise : de quel mur s'agit-il ? Si l'on dit qu'il s'agit du mur d'une cour, est-il besoin de préciser qu'on peut le bâtir durant la chemita ? [Évidemment, puisque] seuls les travaux agricoles sont interdits durant la chemita, tandis que la construction est permise. Il faut donc plutôt comprendre qu'il s'agit du mur d'un jardin, et qu'il était nécessaire de préciser que ce mur peut être bâti durant la chemita pour enseigner que, même si l'on a alors l'air de quelqu'un qui édifie une protection pour sa récolte [ce qui ressemblerait à un travail agricole], on y est néanmoins autorisé. Cela prouve que la discussion de la Michna porte sur la construction du mur d'un jardin. La Guemara conclut : apprends-en que l'interprétation de Rav 'Hisda est bien la juste compréhension de la Michna.
דְּהֵיכָא? אִילֵּימָא דְּחָצֵר, צְרִיכָא לְמֵימַר? אֶלָּא לָאו, דְּגִינָּה. וְאַף עַל גַּב דְּמִיחֲזֵי כְּמַאן דְּעָבֵיד נְטִירוּתָא לְפֵירֵי. שְׁמַע מִינַּהּ.
Mishna 1
MICHNA : Lorsqu'apparaissent des symptômes de tsaraat, ils doivent être examinés par un Cohen, qui détermine s'ils constituent ou non une tsaraat. Rabbi Méir dit : un Cohen peut, pendant le 'hol hamoéd, procéder à l'examen initial d'une personne présentant des symptômes de tsaraat afin d'être indulgent — c'est-à-dire qu'il peut la déclarer exempte de tsaraat — mais non afin d'être sévère : il ne peut la déclarer impure. La personne ne devient impure qu'à l'instant où le Cohen la déclare atteinte de tsaraat ; aussi le Cohen peut-il garder le silence, et éviter de la sorte d'affliger l'homme atteint durant la fête. Et les Sages disent : le Cohen ne peut examiner les symptômes ni pour être indulgent, ni pour être sévère.
מַתְנִי׳ רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: רוֹאִין אֶת הַנְּגָעִים בַּתְּחִילָּה לְהָקֵל, אֲבָל לֹא לְהַחְמִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: לֹא לְהָקֵל וְלֹא לְהַחְמִיר.(משנה)