[Si, dans un champ, il s'est mêlé aux semences principales] un quart de kav ou plus de graines d'une autre espèce — c'est-à-dire qu'un vingt-quatrième du mélange est constitué d'une espèce de graine différente de l'espèce dominante — on doit réduire la quantité de l'autre espèce dans le mélange en arrachant les jeunes pousses.
רוֹבַע זֶרַע מִמִּין אַחֵר — יְמַעֵט.
[À propos de la loi enseignée plus haut, selon laquelle les inspecteurs sortent arracher les pousses de kilayim qui ont poussé dans les champs,] la Guemara objecte : mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta que les Sages ont institué qu'on déclare sans maître (hèfker) la récolte du champ tout entier dans lequel on a trouvé du kilayim, plutôt que d'arracher seulement le kilayim ? La Guemara répond : cela ne fait pas difficulté. Ici, dans la Michna où l'on dit que les inspecteurs sortent et arrachent le kilayim, il s'agit du temps qui précède la nouvelle ordonnance ; là, dans la baraïta où l'on déclare le champ entier sans maître, il s'agit du temps qui suit cette ordonnance.
וְהָתַנְיָא: הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ מַפְקִירִין כׇּל הַשָּׂדֶה כּוּלָּהּ! לָא קַשְׁיָא: כָּאן קוֹדֶם תַּקָּנָה, כָּאן לְאַחַר תַּקָּנָה.
La Guemara explicite cette ordonnance, ainsi qu'il est enseigné dans une autre baraïta : à l'origine, les agents du tribunal arrachaient le kilayim et le jetaient devant le bétail des propriétaires des champs. Mais les détenteurs des terres s'en réjouissaient pour deux raisons : l'une, que les agents du tribunal sarclaient ainsi leurs champs à leur place en arrachant les plants de l'autre espèce ; l'autre, qu'ils jetaient le kilayim devant leur bétail, leur épargnant d'avoir à le nourrir. De ce fait, les propriétaires ne prenaient aucune disposition pour tenir leurs champs exempts de kilayim.
דְּתַנְיָא: בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ עוֹקְרִין וּמַשְׁלִיכִין לִפְנֵי בְּהֶמְתָּן, וְהָיוּ בַּעֲלֵי בָּתִּים שְׂמֵחִין שְׁתֵּי שְׂמָחוֹת: אַחַת שֶׁמְּנַכְּשִׁין לָהֶם שְׂדוֹתֵיהֶן, וְאַחַת שֶׁמַּשְׁלִיכִין לִפְנֵי בְּהֶמְתָּם,
Les Sages instituèrent donc que les agents du tribunal arracheraient le kilayim et le jetteraient sur les chemins [au lieu de le donner au bétail]. Pourtant, les propriétaires se réjouissaient encore grandement de ce que les agents du tribunal sarclaient leurs champs gratuitement. Finalement, les Sages instituèrent que l'on déclarerait sans maître la récolte du champ tout entier dans lequel on aurait trouvé du kilayim.
הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ עוֹקְרִין וּמַשְׁלִיכִין עַל הַדְּרָכִים. וַעֲדַיִין הָיוּ שְׂמֵחִין שִׂמְחָה גְּדוֹלָה שֶׁמְּנַכְּשִׁין שְׂדוֹתֵיהֶן, הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ מַפְקִירִין כׇּל הַשָּׂדֶה כּוּלָּהּ.
Mishna 1
MICHNA : Rabbi Éliézer ben Yaakov dit : dans un champ planté d'arbres, on peut, à 'hol hamoéd, amener l'eau par des rigoles d'un arbre à un autre, car les arbres ont un besoin pressant d'eau ; et cela à condition de ne pas, ce faisant, arroser le champ tout entier. Quant aux semences qui n'ont pas été arrosées avant la fête, on ne les arrose pas pendant la fête, car elles n'en ont pas un besoin vital. Mais les Sages permettent l'arrosage dans ce cas, celui des arbres, comme dans l'autre, celui des semences.
מַתְנִי׳ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: מוֹשְׁכִין אֶת הַמַּיִם מֵאִילָן לְאִילָן, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַשְׁקֶה אֶת כׇּל הַשָּׂדֶה. זְרָעִים שֶׁלֹּא שָׁתוּ לִפְנֵי הַמּוֹעֵד — לָא יַשְׁקֵם בַּמּוֹעֵד. וַחֲכָמִים מַתִּירִין בָּזֶה וּבָזֶה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Rav Yehouda a dit : si le champ était humide (metounènet) avant la fête mais qu'il s'est asséché entre-temps, il est permis d'arroser le champ tout entier, même selon Rabbi Éliézer ben Yaakov. Cette décision est elle aussi enseignée dans une baraïta : lorsqu'on a dit qu'il est interdit d'arroser [les semences] à 'hol hamoéd, on ne l'a dit qu'à propos des semences qui n'avaient pas du tout été arrosées avant la fête ; mais les semences qui avaient déjà été arrosées avant la fête et avaient commencé à pousser, il est permis de les arroser à 'hol hamoéd, car le défaut d'arrosage entraînerait une perte financière importante.
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה: אִם הָיְתָה שָׂדֶה מְטוּנֶּנֶת — מוּתָּר. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: כְּשֶׁאָמְרוּ אָסוּר לְהַשְׁקוֹתָן בַּמּוֹעֵד, לֹא אָמְרוּ אֶלָּא בִּזְרָעִים שֶׁלֹּא שָׁתוּ מִלִּפְנֵי הַמּוֹעֵד, אֲבָל זְרָעִים שֶׁשָּׁתוּ לִפְנֵי הַמּוֹעֵד — מוּתָּר לְהַשְׁקוֹתָן בַּמּוֹעֵד.
[La baraïta poursuit :] et si le champ était humide avant la fête, il est permis de l'arroser même s'il n'avait pas été arrosé avant la fête. Mais on n'arrose pas un champ totalement sec (séa garid) à 'hol hamoéd. Et les Sages permettent l'arrosage dans ce cas comme dans l'autre — c'est-à-dire et les semences non arrosées avant la fête, et le champ sec.
וְאִם הָיְתָה שָׂדֶה מְטוּנֶּנֶת — מוּתָּר. וְאֵין מַשְׁקִין שְׂדֵה גָרִיד בַּמּוֹעֵד, וַחֲכָמִים מַתִּירִין בָּזֶה וּבָזֶה.
Ravina a dit : apprends de là qu'il est permis d'asperger d'eau un jardin (tarbitsa) à 'hol hamoéd. Ravina explique comment il est parvenu à cette conclusion : quelle est la raison pour laquelle les Sages permettent d'arroser un champ sec, alors même que les plants ne mourront pas faute d'humidité ? C'est que l'arroser à l'avance transforme une récolte tardive en récolte précoce. On en déduit que la maturation tardive d'une récolte est tenue pour une perte financière importante, qui justifie de permettre un travail autrement interdit à 'hol hamoéd. Ici de même, dans le cas d'un jardin, l'asperger d'eau transforme une récolte tardive en récolte précoce, et c'est donc permis à 'hol hamoéd.
אָמַר רָבִינָא: שְׁמַע מִינַּהּ הַאי תַּרְבִּיצָא שְׁרֵי לְתַרְבּוֹצֵי בְּחוּלָּא דְמוֹעֲדָא. שְׂדֵה גָרִיד מַאי טַעְמָא — דְּאַפְלָא מְשַׁוֵּי לַהּ חָרְפָא, הָכָא נָמֵי — אַפְלָא מְשַׁוֵּי לָהּ חָרְפָא.
Nos maîtres ont enseigné la baraïta suivante : on peut asperger d'eau un champ de céréales (séa lavan) pendant l'année sabbatique (chevi'it), mais non à 'hol hamoéd.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַרְבִּיצִין שְׂדֵה לָבָן בַּשְּׁבִיעִית, אֲבָל לֹא בַּמּוֹעֵד.
La Guemara objecte : mais n'a-t-on pas enseigné dans une autre baraïta : on peut asperger d'eau un champ de céréales aussi bien à 'hol hamoéd que pendant l'année sabbatique ? Rav Houna a dit : cela ne fait pas difficulté. La baraïta qui interdit d'asperger un champ de céréales à 'hol hamoéd est conforme à l'opinion de Rabbi Éliézer ben Yaakov, qui interdit d'arroser un champ tout entier ; tandis que la baraïta qui le permet est conforme à l'opinion plus indulgente des Sages.
וְהָא תַּנְיָא: מַרְבִּיצִין בֵּין בַּמּוֹעֵד בֵּין בַּשְּׁבִיעִית! אָמַר רַב הוּנָא, לָא קַשְׁיָא: הָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב, הָא רַבָּנַן.
Il est enseigné dans une autre baraïta : on peut asperger d'eau un champ de céréales (séa lavan) à la veille de l'année sabbatique afin que des légumes lèvent pendant l'année sabbatique ; et non seulement cela, mais on peut asperger un champ de céréales pendant l'année sabbatique elle-même, afin que des légumes lèvent à l'issue de l'année sabbatique. Puisque l'aspersion n'est pas tenue pour un travail agricole à part entière, elle est permise tant que l'aspersion et la levée des légumes ne surviennent pas toutes deux durant l'année sabbatique même.
תַּנְיָא אִידַּךְ: מַרְבִּיצִין שְׂדֵה לָבָן עֶרֶב שְׁבִיעִית כְּדֵי שֶׁיֵּצְאוּ יְרָקוֹת בַּשְּׁבִיעִית, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמַּרְבִּיצִין שְׂדֵה לָבָן בַּשְּׁבִיעִית כְּדֵי שֶׁיֵּצְאוּ יְרָקוֹת לְמוֹצָאֵי שְׁבִיעִית.
Mishna 2
MICHNA : on peut capturer les taupes (ishout) et les souris dans un verger et dans un champ de céréales à sa manière habituelle — c'est-à-dire comme on le ferait toute l'année — aussi bien à 'hol hamoéd que pendant l'année sabbatique. Mais les Sages disent : dans un verger, on peut les capturer à sa manière habituelle ; en revanche, dans un champ de céréales, où il n'y a pas de risque de perte financière importante, on ne peut les capturer que d'une manière inhabituelle.
מַתְנִי׳ צָדִין אֶת הָאִישׁוּת וְאֶת הָעַכְבָּרִים מִשְּׂדֵה הָאִילָן וּמִשְּׂדֵה הַלָּבָן כְּדַרְכּוֹ בַּמּוֹעֵד וּבִשְׁבִיעִית. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מִשְּׂדֵה הָאִילָן — כְּדַרְכּוֹ, וּמִשְּׂדֵה הַלָּבָן — שֶׁלֹּא כְּדַרְכּוֹ.