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Traité Moed Katan

27b

Étude de Moed Katan 27b

Étude de la Guémara 27b

Guémara
[La baraïta — commencée à la page précédente — poursuit l'énumération des usages que les Sages ont uniformisés par égard pour les pauvres. Autrefois, les riches sortaient leurs morts pour l'enterrement sur un lit somptueux (dargech), tandis que les pauvres les sortaient] sur une simple civière faite de perches sanglées ensemble (kelikha), et les pauvres en éprouvaient de la honte. Les Sages instituèrent donc que tout le monde serait porté en terre sur une simple civière, par égard pour l'honneur des pauvres.
בִּכְלִיכָה, וְהָיוּ עֲנִיִּים מִתְבַּיְּישִׁין. הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ הַכֹּל מוֹצִיאִין בִּכְלִיכָה, מִפְּנֵי כְּבוֹדָן שֶׁל עֲנִיִּים.
De même, autrefois on plaçait l'encens (mougmar) sous le lit de ceux qui mouraient d'une maladie des intestins, car leur corps dégageait une odeur particulièrement déplaisante. Et ceux qui souffraient de cette même maladie de leur vivant en éprouvaient de la honte, comprenant qu'on les traiterait ainsi après leur mort et que tous connaîtraient alors la cause de leur décès. Les Sages instituèrent qu'on placerait l'encens sous le lit de tous les défunts, par égard pour l'honneur des malades des intestins encore vivants.
בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ מַנִּיחִין אֶת הַמּוּגְמָר תַּחַת חוֹלֵי מֵעַיִם מֵתִים, וְהָיוּ חוֹלֵי מֵעַיִם חַיִּים מִתְבַּיְּישִׁין. הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ מַנִּיחִין תַּחַת הַכֹּל, מִפְּנֵי כְּבוֹדָן שֶׁל חוֹלֵי מֵעַיִם חַיִּים.
Bien plus, autrefois on immergeait [au mikvé] tous les ustensiles dont s'étaient servies de leur vivant les femmes qui mouraient en état de niddah — ustensiles qui avaient ainsi contracté l'impureté rituelle [par leur contact]. À cause de cela, les femmes vivantes en état de niddah éprouvaient de la honte. Les Sages instituèrent qu'on immergerait les ustensiles ayant servi à toute femme défunte, par égard pour l'honneur des femmes niddot vivantes. Et, autrefois, on immergeait de même tous les ustensiles dont s'étaient servis les zavim — les hommes atteints d'un écoulement [gonorrhée] — qui mouraient, ustensiles devenus eux aussi impurs [par leur contact]. À cause de cela, les zavim vivants éprouvaient de la honte. Les Sages instituèrent qu'on immergerait les ustensiles ayant servi à tout homme défunt, par égard pour l'honneur des zavim vivants.
בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ מַטְבִּילִין אֶת הַכֵּלִים עַל גַּבֵּי נִדּוֹת מֵתוֹת, וְהָיוּ נִדּוֹת חַיּוֹת מִתְבַּיְּישׁוֹת. הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ מַטְבִּילִין עַל גַּבֵּי כׇּל הַנָּשִׁים, מִפְּנֵי כְּבוֹדָן שֶׁל נִדּוֹת חַיּוֹת. בָּרִאשׁוֹנָה מַטְבִּילִין עַל גַּבֵּי זָבִין מֵתִים, וְהָיוּ זָבִין חַיִּים מִתְבַּיְּישִׁין. הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ מַטְבִּילִין עַל גַּב הַכֹּל, מִפְּנֵי כְּבוֹדָן שֶׁל זָבִין חַיִּים.
De la même manière, autrefois la sortie du mort pour l'enterrement était plus pénible pour ses proches que sa mort elle-même, car il était d'usage d'ensevelir le défunt dans des linceuls coûteux, que les pauvres ne pouvaient se procurer. La difficulté s'aggrava au point que des proches en venaient parfois à abandonner le corps et à s'enfuir. Il en fut ainsi jusqu'à ce que vînt Rabban Gamliel, qui agit avec simplicité — renonçant à sa propre dignité — en laissant pour instruction d'être enseveli dans de simples vêtements de lin. Et le peuple adopta cette pratique après lui et se fit ensevelir dans des vêtements de lin. Rav Pappa dit : et de nos jours, tous suivent l'usage de se faire ensevelir même dans de simples vêtements de chanvre (tserada) qui ne coûtent qu'un dinar.
בָּרִאשׁוֹנָה הָיְתָה הוֹצָאַת הַמֵּת קָשָׁה לִקְרוֹבָיו יוֹתֵר מִמִּיתָתוֹ, עַד שֶׁהָיוּ קְרוֹבָיו מַנִּיחִין אוֹתוֹ וּבוֹרְחִין. עַד שֶׁבָּא רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְנָהַג קַלּוּת רֹאשׁ בְּעַצְמוֹ, וְיָצָא בִּכְלֵי פִשְׁתָּן, וְנָהֲגוּ הָעָם אַחֲרָיו לָצֵאת בִּכְלֵי פִשְׁתָּן. אָמַר רַב פָּפָּא: וְהָאִידָּנָא נְהוּג עָלְמָא אֲפִילּוּ בְּצַרְדָּא בַּר זוּזָא.
Il est enseigné dans la mishna : on ne dépose pas le brancard du défunt dans la rue [pendant les jours intermédiaires d'une fête], afin de ne pas encourager les éloges funèbres. À ce propos, Rav Pappa dit : il n'y a aucune restriction à prononcer un éloge funèbre durant 'hol hamoéd en présence d'un érudit en Torah [un talmid 'hakham] défunt ; on peut donc faire son éloge de la manière habituelle pendant la semaine de la fête. Et à plus forte raison peut-on faire l'éloge d'un érudit en Torah les jours de Hanouka et de Pourim, qui ont une sainteté moindre que les jours intermédiaires d'une fête.
אֵין מַנִּיחִין אֶת הַמִּטָּה בָּרְחוֹב. אָמַר רַב פָּפָּא: אֵין מוֹעֵד בִּפְנֵי תַּלְמִיד חָכָם, וְכׇל שֶׁכֵּן חֲנוּכָּה וּפוּרִים.
La Guemara précise : mais cette permission de faire l'éloge d'un érudit en Torah durant 'hol hamoéd ne vaut que lorsque l'éloge est prononcé en sa présence, devant le brancard ; en revanche, prononcer un éloge hors de sa présence n'est pas permis. La Guemara objecte : est-ce bien exact ? Mais Rav Kahana n'a-t-il pas fait l'éloge de Rav Zevid de Nehardéa dans sa propre ville, Poum Nahara, [durant 'hol hamoéd, donc hors de la présence du défunt] ? Rav Pappi répondit : c'était le jour où Rav Kahana reçut la nouvelle [de la mort de Rav Zevid], et un éloge prononcé en pareille circonstance est considéré comme s'il était fait en présence [du défunt].
וְהָנֵי מִילֵּי בְּפָנָיו, אֲבָל שֶׁלֹּא בְּפָנָיו — לָא. אִינִי?! וְהָא רַב כָּהֲנָא סַפְדֵיהּ לְרַב זְבִיד מִנְּהַרְדְּעָא בְּפוּם נַהֲרָא! אָמַר רַב פַּפֵּי: יוֹם שְׁמוּעָה הֲוָה, וְכִבְפָנָיו דָּמֵי.
[La Guemara poursuit l'examen des lois du deuil.] Oulla dit : bien que le mot hesped désigne d'ordinaire l'éloge funèbre, à strictement parler hesped désigne le fait de se frapper la poitrine [au-dessus du cœur], comme il est écrit : « se frappant [sofedim] les poitrines » (Yéchaya 32, 12). Le terme tipoua'h désigne le fait de frapper une main contre l'autre, c'est-à-dire de battre des mains. Le terme kilouss désigne le fait de frapper du pied contre le sol.
אָמַר עוּלָּא: הֶסְפֵּד עַל לֵב, דִּכְתִיב: ״עַל שָׁדַיִם סוֹפְדִים״. טִיפּוּחַ בַּיָּד. קִילּוּס בָּרֶגֶל.
Les Sages ont enseigné une baraïta : celui qui frappe le sol de son pied en signe de deuil ne doit pas le faire avec une sandale, mais plutôt en portant une chaussure [fermée], à cause du danger [de se blesser]. Car une sandale se déchire aisément, et il pourrait alors se planter quelque chose de pointu dans le pied, ou se faire une autre blessure.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמְקַלֵּס — לֹא יְקַלֵּס בְּסַנְדָּל, אֶלָּא בְּמִנְעָל, מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה.
Rabbi Yo'hanan dit : dès que l'endeuillé hoche la tête [pour signifier que son chagrin s'est un peu apaisé], ceux qui le consolent ne sont plus autorisés à s'asseoir auprès de lui — car, par ce geste, l'endeuillé montre qu'il ne désire plus leur présence.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אָבֵל, כֵּיוָן שֶׁנִּיעְנַע רֹאשׁוֹ — שׁוּב אֵין מְנַחֲמִין רַשָּׁאִין לֵישֵׁב אֶצְלוֹ.
Rabbi Yo'hanan dit encore : tous sont tenus de se lever en présence du Nassi, à l'exception de l'endeuillé et du malade. Et Rabbi Yo'hanan dit [aussi] : à tous ceux qui se tiennent debout devant un grand personnage on dit « Asseyez-vous » [et c'est seulement alors qu'ils peuvent se rasseoir], à l'exception de l'endeuillé et du malade [qui, s'ils se sont levés, n'ont pas besoin d'autorisation pour se rasseoir : ils peuvent le faire s'ils le souhaitent].
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַכֹּל חַיָּיבִין לַעֲמוֹד מִפְּנֵי נָשִׂיא, חוּץ מֵאָבֵל וְחוֹלֶה. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לַכֹּל אוֹמְרִים לָהֶם ״שֵׁבוּ״, חוּץ מֵאָבֵל וְחוֹלֶה.
Rav Yehouda dit au nom de Rav : l'endeuillé, le premier jour de son deuil, n'a pas le droit de manger de son propre pain. D'où cela se déduit-il ? De ce que le Miséricordieux dit à Yehezkel, alors que celui-ci était en deuil : « et tu ne mangeras pas le pain des hommes » (Yehezkel 24, 17) — ce qui indique que les autres endeuillés, eux, doivent manger un pain préparé par d'autres. On rapporte que, lorsque Rabba et Rav Yossef étaient en deuil, ils échangeaient leurs repas l'un avec l'autre.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אָבֵל, יוֹם רִאשׁוֹן אָסוּר לֶאֱכוֹל לֶחֶם מִשֶּׁלּוֹ, מִדַּאֲמַר לֵיהּ רַחֲמָנָא לִיחֶזְקֵאל: ״וְלֶחֶם אֲנָשִׁים לֹא תֹאכֵל״. רַבָּה וְרַב יוֹסֵף מְחַלְּפִי סְעוֹדָתַיְיהוּ לַהֲדָדֵי.
Et Rav Yehouda dit au nom de Rav : lorsqu'une personne meurt dans une ville, tous les habitants de cette ville n'ont pas le droit d'accomplir de travail [jusqu'à ce qu'elle ait été enterrée].
וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: מֵת בְּעִיר — כׇּל בְּנֵי הָעִיר אֲסוּרִין בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה.
Moed Katan 27b
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מועד קטן כ״ז במַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן