AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Moed Katan

27a

Étude de Moed Katan 27a

Étude de la Mishna & Guémara 27a

[Suite de l'enseignement de la page précédente, à propos d'un endeuillé en voyage :] s'il lui est possible de réduire son activité [commerciale], qu'il la réduise ; et sinon, il peut continuer avec eux, c'est-à-dire avec ses associés de voyage. Il lui est permis d'agir en partenariat avec les membres de la caravane avec laquelle il chemine, mais il ne doit pas se livrer à un commerce de son propre chef.
אִם יָכוֹל לְמַעֵט בְּעִסְקוֹ — יְמַעֵט, וְאִם לָאו — יְגַלְגֵּל עִמָּהֶן.
GUEMARA : Les Sages ont enseigné la baraïta suivante : à partir de quand les endeuillés renversent-ils les lits [kefiyat hamita] ? À partir du moment où le défunt est sorti de l'entrée de sa maison ; telle est l'opinion de Rabbi Éliézer. Rabbi Yehochoua dit : à partir du moment où le tombeau est scellé par la dalle [le golel, la pierre qui ferme la sépulture].
תָּנוּ רַבָּנַן: מֵאֵימָתַי כּוֹפִין אֶת הַמִּטּוֹת — מִשֶּׁיֵּצֵא מִפֶּתַח בֵּיתוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: מִשֶּׁיִּסָּתֵם הַגּוֹלֵל.
[La baraïta poursuit :] il advint une fois que le Nassi Rabban Gamliel l'Ancien mourut. Dès que son corps quitta l'entrée de sa maison, Rabbi Éliézer dit aux gens de la maison : « Renversez vos lits. » Et dès que le tombeau fut scellé par la dalle, Rabbi Yehochoua leur dit : « Renversez vos lits. » Ils lui répondirent : « Nous les avons déjà renversés, selon la parole de l'Ancien [c'est-à-dire de Rabbi Éliézer]. »
מַעֲשֶׂה שֶׁמֵּת רַבָּן גַּמְלִיאֵל הַזָּקֵן, כֵּיוָן שֶׁיָּצָא מִפֶּתַח בֵּיתוֹ אָמַר לָהֶם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: כְּפוּ מִטּוֹתֵיכֶם. וְכֵיוָן שֶׁנִּסְתַּם הַגּוֹלֵל, אָמַר לָהֶם רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: כְּפוּ מִטּוֹתֵיכֶם. אָמְרוּ לוֹ: כְּבָר כָּפִינוּ עַל פִּי זָקֵן.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : à partir de quand redresse-t-on les lits la veille de Chabbat ? [Car le deuil ne s'observe pas pendant Chabbat, et les lits doivent être remis dans leur position ordinaire au préalable.] À partir de l'heure de min'ha et au-delà. Rabba bar Houna dit : malgré cela, on ne s'assied pas tout de suite sur le lit redressé ; il faut attendre la tombée de la nuit pour le faire. Et à l'issue de Chabbat, même s'il ne reste à l'endeuillé qu'un seul jour à observer [son deuil s'achevant le dimanche], il doit de nouveau renverser son lit.
תָּנוּ רַבָּנַן: מֵאֵימָתַי זוֹקְפִין אֶת הַמִּטּוֹת בְּעֶרֶב שַׁבָּת — מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה. אָמַר רַבָּה בַּר הוּנָא: אַף עַל פִּי כֵן אֵינוֹ יוֹשֵׁב עָלֶיהָ עַד שֶׁתֶּחְשַׁךְ. וּלְמוֹצָאֵי שַׁבָּת, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין לוֹ לֵישֵׁב אֶלָּא יוֹם אֶחָד — חוֹזֵר וְכוֹפֶה.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : celui qui est en deuil et doit renverser son lit ne renverse pas son seul lit, mais bien tous les lits qu'il possède dans sa maison. Et même s'il a dix lits en dix endroits différents, il les renverse tous. Et même s'ils sont cinq frères et que l'un d'eux est mort, tous renversent leurs lits, où qu'ils habitent.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַכּוֹפֶה מִטָּתוֹ, לֹא מִטָּתוֹ בִּלְבַד הוּא כּוֹפֶה, אֶלָּא כׇּל מִטּוֹת שֶׁיֵּשׁ לוֹ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ הוּא כּוֹפֶה. וַאֲפִילּוּ יֵשׁ לוֹ עֶשֶׂר מִטּוֹת בַּעֲשָׂרָה מְקוֹמוֹת — כּוֹפֶה אֶת כּוּלָּן. וַאֲפִילּוּ חֲמִשָּׁה אַחִין וּמֵת אֶחָד — כּוּלָּן כּוֹפִין.
Si toutefois c'est un lit réservé au rangement des effets [et non au sommeil], on n'est pas tenu de le renverser. De même, il n'est pas nécessaire de renverser un dargach : on se contente de le dresser. Rabban Chimon ben Gamliel dit : pour un dargach, on dénoue ses sangles [karbitav], celles qui soutiennent les coussins, et il s'affaisse de lui-même.
וְאִם הָיְתָה מִטָּה הַמְיוּחֶדֶת לְכֵלִים — אֵין צָרִיךְ לִכְפּוֹתָהּ. דַּרְגֵּשׁ — אֵין צָרִיךְ לִכְפּוֹתוֹ, אֶלָּא זוֹקְפוֹ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: דַּרְגֵּשׁ מַתִּיר אֶת קַרְבִּיטָיו וְהוּא נוֹפֵל מֵאֵילָיו.
La guemara s'interroge : que désigne le mot dargach ? Oulla dit : c'est un « lit de la bonne fortune » [arsa degada], car on avait coutume de disposer des lits d'apparat en l'honneur de la chance, lesquels ne servaient pas au sommeil.
מַאי דַּרְגֵּשׁ? אָמַר עוּלָּא: עַרְסָא דְגַדָּא.
Rabba lui objecta : mais s'il en est ainsi, l'énoncé concernant le roi devient difficile ! Car nous avons appris dans une michna (Sanhédrin 20a) : [lors du repas de condoléances servi au roi,] tout le peuple est étendu à terre, tandis que lui, le roi, en raison de son honneur, est étendu sur le dargach. Or y aurait-il un meuble sur lequel nous ne l'aurions pas fait asseoir jusqu'à présent [hors du deuil], et sur lequel, justement, nous le ferions asseoir maintenant [pendant le deuil] ?
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה: אֶלָּא מֵעַתָּה גַּבֵּי מֶלֶךְ, דִּתְנַן: כׇּל הָעָם מְסוּבִּים עַל הָאָרֶץ, וְהוּא מֵיסֵב עַל הַדַּרְגֵּשׁ. מִי אִיכָּא מִידֵּי דְּעַד הָאִידָּנָא לָא אוֹתְבִינֵּיהּ, וְהַשְׁתָּא מוֹתְבִינַן לֵיהּ?
Rav Achi réfute vigoureusement cette objection : quelle est la difficulté soulevée [par Rabba] ? Il en va comme du manger et du boire : jusqu'à présent [avant le deuil] on ne le nourrissait ni ne l'abreuvait [aux frais d'autrui], et voici que maintenant qu'il est endeuillé, on le nourrit et on l'abreuve [lors du premier repas après l'enterrement] !
מַתְקֵיף לַהּ רַב אָשֵׁי: מַאי קוּשְׁיָא? מִידֵּי דְּהָוֵה אַאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה, דְּעַד הָאִידָּנָא לָא אוֹכְלִינֵּיהּ וְלָא אַשְׁקִינֵּיהּ, הַשְׁתָּא אוֹכְלִינֵּיהּ וְאַשְׁקִינֵּיהּ!
Plutôt, si quelque chose fait difficulté, c'est bien ceci, car nous avons appris dans une baraïta : il n'est pas nécessaire de renverser un dargach, on se contente de le dresser. Or, si c'était un « lit de la bonne fortune », pourquoi ne faudrait-il pas le renverser ? N'avons-nous pas appris : celui qui est en deuil et doit renverser son lit ne renverse pas son seul lit, mais tous les lits qu'il possède dans sa maison — y compris donc ce lit porte-bonheur ?
אֶלָּא, אִי קַשְׁיָא — הָא קַשְׁיָא, דִּתְנַן: דַּרְגֵּשׁ אֵינוֹ צָרִיךְ לִכְפּוֹתוֹ אֶלָּא זוֹקְפוֹ. וְאִי עַרְסָא דְגַדָּא, אַמַּאי אֵינוֹ צָרִיךְ לִכְפּוֹתוֹ? הָא תְּנַן: הַכּוֹפֶה מִטָּתוֹ, לֹא מִטָּתוֹ בִּלְבַד הוּא כּוֹפֶה, אֶלָּא כׇּל מִטּוֹת שֶׁיֵּשׁ לוֹ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ כּוֹפֶה!
La guemara repousse cette difficulté : et qu'y a-t-il là de si difficile ? Il en va comme du lit réservé au rangement des effets, ainsi qu'il est enseigné dans une baraïta : si c'est un lit réservé au rangement des effets [et non au sommeil], on n'est pas tenu de le renverser. De même n'est-on pas tenu de renverser un dargach, puisque c'est un lit qui ne sert pas au sommeil.
וּמַאי קַשְׁיָא? מִידֵּי דְּהָוֵה אַמִּטָּה הַמְיוּחֶדֶת לְכֵלִים. דְּתַנְיָא: אִם הָיְתָה מִטָּה הַמְיוּחֶדֶת לְכֵלִים — אֵינוֹ צָרִיךְ לִכְפּוֹתָהּ.
Plutôt, si quelque chose fait difficulté, c'est bien ceci : il a été enseigné dans une baraïta que Rabban Chimon ben Gamliel dit : pour un dargach, on dénoue ses sangles et il s'affaisse de lui-même. Or, s'il te venait à l'esprit qu'un dargach est un « lit de la bonne fortune » [semblable aux autres lits], quelles sangles aurait-il donc ?
אֶלָּא, אִי קַשְׁיָא הָא קַשְׁיָא: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: דַּרְגֵּשׁ, מַתִּיר קַרְבִּיטָיו וְהוּא נוֹפֵל מֵאֵילָיו. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ עַרְסָא דְגַדָּא, מַאי קַרְבִּיטִין אִית לֵיהּ?
Moed Katan 27a
100%
מועד קטן כ״ז אמַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן