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Traité Moed Katan

22a

Étude de Moed Katan 22a

Étude de la Guémara 22a

Guémara
Si le chef de la maisonnée [guédol habayit, le membre principal de la famille] est parti avec la dépouille du défunt jusqu'au cimetière et n'est pas revenu avant plusieurs jours, quelle est la loi ? Si un autre endeuillé est arrivé à la maison de deuil pendant son absence, suit-il le chef de la maisonnée et compte-t-il [ses sept jours] à partir de l'ensevelissement, ou bien compte-t-il à partir du moment où le cortège funèbre est parti, comme les autres membres de la maisonnée [restés sur place] ?
הָלַךְ גְּדוֹל הַבַּיִת לְבֵית הַקְּבָרוֹת, מַהוּ?
La Guemara répond : Viens et entends ce qu'a dit Rabbi Hiyya bar Abba au nom de Rabbi Yohanan : même si le chef de la maisonnée est parti au cimetière, l'endeuillé qui arrive à la maison pendant son absence compte avec eux, c'est-à-dire avec les membres de la maisonnée qui ne sont pas allés au cimetière. La Guemara objecte : compte-t-il vraiment et achève-t-il son deuil avec eux ? Mais n'a-t-on pas enseigné le contraire dans une baraïta, à savoir qu'il compte ses sept jours pour lui-même [seul] ?
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֲפִילּוּ הָלַךְ גְּדוֹל הַבַּיִת לְבֵית הַקְּבָרוֹת — מוֹנֶה עִמָּהֶן. מוֹנֶה עִמָּהֶן? וְהָתַנְיָא מוֹנֶה לְעַצְמוֹ!
La Guemara répond : ce n'est pas une difficulté. Cet enseignement — qu'il compte avec eux — vise le cas où le chef de la maisonnée est rentré dans les trois jours. Et l'autre décision — qu'il compte pour lui-même — vise le cas où il n'est pas rentré dans les trois jours. Cette conclusion est semblable à ce que Rav dit aux fils de Hatslefoni lorsqu'ils étaient en deuil : ceux qui rentrent dans les trois jours compteront avec vous ; mais ceux qui ne rentrent pas dans les trois jours compteront pour eux-mêmes.
לָא קַשְׁיָא: הָא דַּאֲתָא בְּגוֹ תְּלָתָא, וְהָא דְּלָא אֲתָא בְּגוֹ תְּלָתָא. כִּי הָא דַּאֲמַר לְהוּ רַב לִבְנֵי הַצַּלְבּוֹנִי: דְּאָתוּ בְּגוֹ תְּלָתָא — לִימְנוֹ בַּהֲדַיְיכוּ, דְּלָא אָתוּ בְּגוֹ תְּלָתָא — לִימְנוֹ לְנַפְשַׁיְהוּ.
Rava dit aux gens de Mé'hoza : vous qui ne suivez pas le cercueil jusqu'au lieu de l'inhumation, commencez à compter vos jours de deuil à partir du moment où vous tournez le visage [pour repartir] depuis les portes de la ville [vers la maison]. Comme on transportait souvent les morts sur de longues distances pour les enterrer au loin, la plupart des endeuillés n'accompagnaient pas leurs proches défunts jusqu'au lieu même de l'ensevelissement.
אֲמַר לְהוּ רָבָא לִבְנֵי מָחוֹזָא: אַתּוּן דְּלָא אָזְלִיתוּ בָּתַר עַרְסָא, מִכִּי מְהַדְּרִיתוּ אַפַּיְיכוּ מִבָּבָא דַאֲבוּלָּא — אַתְחִילוּ מְנוֹ.
Rabbi Chimon dit : même si l'un des endeuillés est arrivé le septième jour, venant d'un lieu proche, il compte avec les autres endeuillés et achève avec eux la période de sept jours de deuil. Rabbi Hiyya bar Gamda dit au nom de Rabbi Yossi ben Chaoul au nom de Rabbi [Yehouda HaNassi] : et telle est la loi, à condition qu'il soit arrivé et qu'il ait trouvé des consolateurs encore présents dans la maison.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אֲפִילּוּ בָּא בַּיּוֹם הַשְּׁבִיעִי מִמָּקוֹם קָרוֹב — מוֹנֶה עִמָּהֶן. אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר גַּמָּדָא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן שָׁאוּל אָמַר רַבִּי: וְהוּא שֶׁבָּא וּמָצָא מְנַחֲמִין אֶצְלוֹ.
Rav Anan pose la question suivante : si les consolateurs s'étaient déjà ébranlés pour se lever et partir, mais ne s'étaient pas encore réellement levés ni partis, quelle est la loi ? Considère-t-on qu'ils sont déjà partis, ou non ? Cette question n'a pas reçu de réponse, et le doute reste irrésolu [téïkou].
בָּעֵי רַב עָנָן: נִנְעֲרוּ לַעֲמוֹד וְלֹא עָמְדוּ, מַהוּ? תֵּיקוּ.
La Guemara rapporte qu'un collègue de Rabbi Abba bar Hiyya reçut le principe suivant comme tradition de Rabbi Abba. La Guemara demande : et qui était ce collègue ? C'était Rabbi Zéira. Et certains rapportent une autre version de cette tradition : un collègue de Rabbi Zéira reçut une tradition de Rabbi Zéira. La Guemara demande : et qui est ce collègue ? C'était Rabbi Abba, fils de Rabbi Hiyya bar Abba. [Et voici la tradition :] Rabbi Yohanan dit : la loi est conforme à l'avis de Rabban Chimon ben Gamliel au sujet d'une bête impropre à la consommation à cause d'une maladie organique grave ou d'un défaut congénital — ce qui en fait une tréfa — et la loi est conforme à l'avis de Rabbi Chimon au sujet des lois du deuil.
גְּמִירִי חַבְרֵיהּ דְּרַבִּי אַבָּא בַּר חִיָּיא מֵרַבִּי אַבָּא, וּמַנּוּ — רַבִּי זֵירָא, וְאָמְרִי לַהּ: חַבְרֵיהּ דְּרַבִּי זֵירָא מֵרַבִּי זֵירָא, וּמַנּוּ — רַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵיפוֹת, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאֵבֶל.
La Guemara explique : la loi est conforme à l'avis de Rabbi Chimon au sujet du deuil — c'est ce que nous venons de dire à propos de l'endeuillé qui arrive le septième jour [et compte avec les autres]. La loi est conforme à l'avis de Rabban Chimon ben Gamliel au sujet des défauts qui rendent les bêtes tréfa, comme nous l'avons appris dans une baraïta : si les intestins de la bête ont été perforés, mais que le trou a été obstrué par du mucus [de sorte que rien ne s'échappe par ce trou], la bête est apte [à la consommation]. Contrairement à un trou ordinaire dans les intestins, ce trou-là ne rend pas la bête tréfa et ne la rend pas impropre. Telle est la position de Rabban Chimon ben Gamliel.
כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאֵבֶל — הָא דַּאֲמַרַן. כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵיפוֹת — דִּתְנַן: בְּנֵי מֵעַיִם שֶׁנִּיקְּבוּ וְלֵיחָה סוֹתַמְתָּן — כְּשֵׁרָה, דִּבְרֵי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל.
La Guemara demande : qu'est-ce que ce mucus ? Rav Kahana dit : c'est la graisse [chirka] des intestins qui ressort sous la pression. Quelqu'un — dont le nom n'a pas été rapporté — dit : puissé-je avoir le mérite de monter [en Terre d'Israël] et d'apprendre cette loi de la bouche même de son auteur.
מַאי לֵיחָה? אָמַר רַב כָּהֲנָא: שִׁירְקָא דִמְעַיָּא דְּנָפֵיק אַגַּב דּוּחְקָא. אָמַר מַאן דְּהוּא: אִיזְכֵּי וְאֶיסַּק וְאֶגְמְרַהּ לִשְׁמַעְתָּא מִפּוּמֵּיהּ דְּמָרַיהּ,
Lorsqu'il monta de Babylonie vers la Terre d'Israël, il trouva Rabbi Abba, fils de Rabbi Hiyya bar Abba, et lui dit : le Maître a-t-il bien dit que la loi est conforme à l'avis de Rabban Chimon ben Gamliel au sujet des défauts qui rendent la bête tréfa ? Il lui répondit : j'ai dit exactement le contraire — à savoir que la loi n'est PAS conforme à l'avis de Rabban Chimon ben Gamliel, et qu'un tel trou dans les intestins de la bête la rend donc impropre à la consommation.
כִּי סְלֵיק, אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא. אֲמַר לֵיהּ: אֲמַר מָר: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵיפוֹת? אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא ״אֵין הֲלָכָה״ אֲמַרִי.
Il l'interrogea de nouveau : et qu'en est-il de l'autre décision rapportée en ton nom, selon laquelle la loi est conforme à l'avis de Rabbi Chimon au sujet du deuil ? Est-ce exact ? Il lui répondit : cette question fait l'objet d'une controverse, car il a été dit : Rav Hisda dit que la loi est conforme à l'avis de Rabbi Chimon, et de même Rabbi Yohanan dit que c'est la loi ; mais Rav Na'hman dit que ce n'est pas la loi.
כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאֵבֶל, מַאי? אֲמַר לֵיהּ: פְּלוּגְתָּא נִינְהוּ, דְּאִיתְּמַר, רַב חִסְדָּא אָמַר: הֲלָכָה, וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה. רַב נַחְמָן אָמַר: אֵין הֲלָכָה.
La Guemara conclut : la loi n'est pas conforme à l'avis de Rabban Chimon ben Gamliel au sujet de la question de la tréfa évoquée plus haut, et la loi est conforme à l'avis de Rabbi Chimon au sujet du deuil — car Chmouel a énoncé un principe : la loi suit l'avis de l'autorité la plus indulgente en matière de deuil.
וְאֵין הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בִּטְרֵיפוֹת, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּאֵבֶל. דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמֵּיקֵל בְּאֵבֶל.
Moed Katan 22a
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מועד קטן כ״ב אמַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן