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Traité Moed Katan

21b

Étude de Moed Katan 21b

Étude de la Guémara 21b

Guémara
GUEMARA : La Guemara répond : une mitsva, c'est différent ; et puisque mettre les tefilin est une mitsva, l'endeuillé est tenu de les mettre, même durant les trois premiers jours [de son deuil].
מִצְוָה שָׁאנֵי.
Les Sages ont enseigné la baraïta suivante : durant les trois premiers jours après le décès, l'endeuillé a l'interdiction de travailler, et cela même s'il s'agit d'un pauvre qui subsiste grâce à la tsédaka [la charité]. À partir de là [c'est-à-dire passé les trois jours], il peut travailler en privé, à l'intérieur de sa maison, s'il en a besoin. De même, une femme [en deuil] peut filer le fil au fuseau à l'intérieur de sa maison.
תָּנוּ רַבָּנַן: אָבֵל, שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים אָסוּר בִּמְלָאכָה, וַאֲפִילּוּ עָנִי הַמִּתְפַּרְנֵס מִן הַצְּדָקָה. מִכָּאן וְאֵילָךְ — עוֹשֶׂה בְּצִינְעָא בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ. וְהָאִשָּׁה טוֹוָה בַּפֶּלֶךְ בְּתוֹךְ בֵּיתָהּ.
Les Sages ont enseigné dans une autre baraïta : durant les trois premiers jours après le décès, l'endeuillé ne se rend pas chez un autre endeuillé pour le consoler. À partir de là [passé les trois jours], il peut s'y rendre, mais il ne s'assoit pas à la place des consolateurs ; il s'assoit plutôt à la place de ceux qui sont consolés, c'est-à-dire auprès des endeuillés de cette maison.
תָּנוּ רַבָּנַן: אָבֵל, שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים אֵינוֹ הוֹלֵךְ לְבֵית הָאֵבֶל, מִכָּאן וְאֵילָךְ הוֹלֵךְ, וְאֵינוֹ יוֹשֵׁב בִּמְקוֹם הַמְנַחֲמִין, אֶלָּא בִּמְקוֹם הַמִּתְנַחֲמִין.
Les Sages ont enseigné encore dans une autre baraïta : durant les trois premiers jours après le décès, l'endeuillé a l'interdiction d'adresser le salut [shéélat shalom] à autrui. Du troisième au septième jour, il peut répondre lorsque les gens le saluent, mais il ne les salue pas le premier. À partir de là [passé le septième jour], il salue et répond à sa manière habituelle.
תָּנוּ רַבָּנַן: אָבֵל, שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים אָסוּר בִּשְׁאֵילַת שָׁלוֹם. מִשְּׁלֹשָׁה וְעַד שִׁבְעָה — מֵשִׁיב וְאֵינוֹ שׁוֹאֵל. מִכָּאן וְאֵילָךְ, שׁוֹאֵל וּמֵשִׁיב כְּדַרְכּוֹ.
[Sur ce qui vient d'être dit, la Guemara objecte :] durant les trois premiers jours, [l'endeuillé] aurait-il vraiment l'interdiction d'adresser le salut ? Mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : il advint que les fils de Rabbi Akiva moururent, et tout Israël entra [chez lui] pour les pleurer d'une grande oraison funèbre.
שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים אָסוּר בִּשְׁאֵילַת שָׁלוֹם? וְהָתַנְיָא: מַעֲשֶׂה וּמֵתוּ בָּנָיו שֶׁל רַבִּי עֲקִיבָא, נִכְנְסוּ כׇּל יִשְׂרָאֵל וְהִסְפִּידוּם הֶסְפֵּד גָּדוֹל.
Au moment de se séparer [de l'assemblée], Rabbi Akiva se tint debout sur un grand banc et dit : « Nos frères, maison d'Israël, écoutez ! Quand bien même mes deux fils auraient été des jeunes mariés, je serais consolé en raison de l'honneur que vous leur avez rendu. Et si c'est pour Akiva [lui-même] que vous êtes venus, voyez combien d'Akiva il y a au marché [que l'on ne vient pas consoler ainsi]. C'est donc, assurément, que vous vous êtes dit : “La Torah de son D.ieu est dans son cœur” (Téhilim 37, 31) [et vous avez voulu honorer la Torah]. À plus forte raison votre récompense est-elle double. Retournez maintenant chez vous en paix ! » [Ce récit indique que l'endeuillé peut saluer autrui même le premier jour de son deuil.]
בִּשְׁעַת פְּטִירָתָן, עָמַד רַבִּי עֲקִיבָא עַל סַפְסָל גָּדוֹל וְאָמַר: אַחֵינוּ בֵּית יִשְׂרָאֵל שִׁמְעוּ! אֲפִילּוּ שְׁנֵי בָנִים חֲתָנִים — מְנוּחָם הוּא בִּשְׁבִיל כָּבוֹד שֶׁעֲשִׂיתֶם. וְאִם בִּשְׁבִיל עֲקִיבָא בָּאתֶם, הֲרֵי כַּמָּה עֲקִיבָא בַּשּׁוּק. אֶלָּא כָּךְ אֲמַרְתֶּם: תּוֹרַת אֱלֹהָיו בְּלִבּוֹ. וְכׇל שֶׁכֵּן שֶׁשְּׂכַרְכֶם כָּפוּל, לְכוּ לְבָתֵּיכֶם לְשָׁלוֹם!
La Guemara répond : honorer le public, c'est différent. [Rabbi Akiva fut autorisé à saluer l'assemblée pour lui témoigner courtoisie et respect.]
כְּבוֹד רַבִּים שָׁאנֵי.
[Il a été enseigné dans la baraïta citée plus haut :] du troisième au septième jour, il peut répondre lorsque les gens le saluent, mais il ne les salue pas le premier. À partir de là [passé le septième jour], il salue et répond à sa manière habituelle.
מִשְּׁלֹשָׁה וְעַד שִׁבְעָה — מֵשִׁיב וְאֵינוֹ שׁוֹאֵל, מִכָּאן וְאֵילָךְ, שׁוֹאֵל וּמֵשִׁיב כְּדַרְכּוֹ.
Et la Guemara soulève une contradiction à partir d'une autre baraïta, qui enseigne : celui qui rencontre son prochain en deuil, durant les trente premiers jours [du deuil de celui-ci], lui adresse des paroles de consolation [tanhoumin] mais ne le salue pas ; passé les trente jours, il le salue mais ne lui adresse pas de paroles de consolation, afin de ne pas lui rappeler sa douleur.
וּרְמִינְהוּ: הַמּוֹצֵא אֶת חֲבֵירוֹ אָבֵל, בְּתוֹךְ שְׁלֹשִׁים יוֹם — מְדַבֵּר עִמּוֹ תַּנְחוּמִין וְאֵינוֹ שׁוֹאֵל בִּשְׁלוֹמוֹ, לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם — שׁוֹאֵל בִּשְׁלוֹמוֹ וְאֵינוֹ מְדַבֵּר עִמּוֹ תַּנְחוּמִין.
[De même cette baraïta enseigne :] si c'est la femme de l'endeuillé qui est morte et qu'il a épousé une autre femme [dans les trente jours], on n'a pas le droit d'entrer chez lui pour lui adresser des paroles de consolation [afin de ne pas froisser sa nouvelle épouse]. Si toutefois on le rencontre seul au marché, on peut lui parler à voix basse et avec gravité. [Ce passage indique que l'interdiction de saluer dure trente jours, et non sept seulement.]
מֵתָה אִשְׁתּוֹ וְנָשָׂא אִשָּׁה אַחֶרֶת, אֵינוֹ רַשַּׁאי לִיכָּנֵס לְבֵיתוֹ לְדַבֵּר עִמּוֹ תַּנְחוּמִין. מְצָאוֹ בַּשּׁוּק — אוֹמֵר לוֹ בְּשָׂפָה רָפָה וּבְכוֹבֶד רֹאשׁ.
Rav Idi bar Avin dit : [les deux baraïtot traitent de situations différentes.] La première baraïta parle de l'endeuillé lui-même, qui peut saluer [shalom] autrui [au terme de ses sept jours de deuil], car les autres, eux, sont dans la paix [shalom]. La seconde baraïta, qui pose une interdiction de trente jours, parle des autres, qui ne saluent pas l'endeuillé, car lui n'est pas dans la paix.
אָמַר רַב אִידִי בַּר אָבִין: הוּא שׁוֹאֵל בִּשְׁלוֹם אֲחֵרִים — שֶׁאֲחֵרִים שְׁרוּיִין בְּשָׁלוֹם, אֲחֵרִים אֵין שׁוֹאֲלִין בִּשְׁלוֹמוֹ, שֶׁהוּא אֵינוֹ שָׁרוּי בְּשָׁלוֹם.
La Guemara objecte : mais du fait que la baraïta enseigne [qu'après le troisième jour l'endeuillé] répond [aux salutations], on déduit que les autres le saluent [déjà avant trente jours, ce qui contredit l'interdiction de trente jours] ! La Guemara répond : il s'agit là d'un cas où les gens ne savaient pas qu'il était en deuil et l'ont salué sans le savoir.
וְהָא מִדְּקָתָנֵי מֵשִׁיב, מִכְּלָל דְּשָׁיְילִינַן לֵיהּ? דְּלָא יָדְעִי.
Moed Katan 21b
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מועד קטן כ״א במַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן