AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Moed Katan

21a

Étude de Moed Katan 21a

Étude de la Guémara 21a

Guémara
Rav Achi lui objecta : mais s'il en est ainsi [que l'on déduit d'un verset l'obligation de se tenir debout dès qu'il y emploie le verbe « se lever »], alors on devrait aussi exiger de l'homme qu'il soit debout lorsqu'il libère sa yevama du lien du lévirat par la halitsa [le déchaussement], puisque le verset dit : « Et il se lèvera et dira : je ne désire pas la prendre » (Devarim 25, 8). Là aussi, faudrait-il donc qu'il se tienne debout pour la cérémonie ? Or n'a-t-on pas enseigné dans une braïta que la halitsa peut s'accomplir aussi bien lorsque l'homme est assis, que debout, que couché ?
אֶלָּא מֵעַתָּה: ״וְעָמַד וְאָמַר לֹא חָפַצְתִּי לְקַחְתָּהּ״, הָכָא נָמֵי? וְהָא תַּנְיָא: בֵּין יוֹשֵׁב בֵּין עוֹמֵד בֵּין מוּטֶּה!
Il lui répondit : là, dans le cas de la halitsa, il n'est pas écrit « et il se lèvera et il dira » [comme une suite, ce qui impliquerait l'obligation de rester debout pour dire la formule] ; tandis qu'ici, dans le cas de la déchirure [du vêtement par l'endeuillé], il est écrit : « Alors Job se leva et déchira son manteau » (Iyov 1, 20) [, où le fait de déchirer est directement lié au fait de s'être levé].
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם לָא כְּתִיב ״וְיַעֲמֹד וְיֹאמַר״, הָכָא כְּתִיב ״וַיָּקׇם וַיִּקְרַע״.
Rami bar 'Hama dit : d'où sait-on que la déchirure [kria] doit se faire debout ? De ce qu'il est dit : « Alors Job se leva et déchira son manteau » (Iyov 1, 20). La Guemara objecte : peut-être a-t-il accompli là quelque chose de surérogatoire [au-delà de ce qui est requis], et il n'y a en réalité aucune obligation de se tenir debout. Car si tu ne dis pas ainsi, comment expliqueras-tu la suite du verset : « et il se rasa la tête » (Iyov 1, 20) ? Tout endeuillé devrait-il, lui aussi, agir de la sorte et se raser la tête [ce qui n'est pas le cas] ?
אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: מִנַּיִן לִקְרִיעָה שֶׁהִיא מְעוּמָּד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּקׇם אִיּוֹב וַיִּקְרַע״. דִּלְמָא מִילְּתָא יַתִּירְתָּא הוּא דַּעֲבַד? דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי — ״וַיָּגׇז אֶת רֹאשׁוֹ״, הָכִי נָמֵי?
La Guemara conclut : il faut donc écarter cette source-là, et déduire plutôt [l'obligation] d'ici, du verset qui décrit le deuil de David sur son fils : « Alors le roi se leva et déchira ses vêtements » (II Chemouel 13, 31). La Guemara objecte de nouveau : mais peut-être, lui aussi, a-t-il accompli quelque chose de surérogatoire, et il n'était pas réellement tenu de se tenir debout. Car si tu ne dis pas ainsi, comment expliqueras-tu la suite du verset : « et il se coucha à terre » (II Chemouel 13, 31) ? Tout endeuillé devrait-il, lui aussi, agir de la sorte [et se coucher à terre, ce qui n'est pas exigé] ?
אֶלָּא מֵהָכָא: ״וַיָּקָם הַמֶּלֶךְ וַיִּקְרַע אֶת בְּגָדָיו״. וְדִלְמָא מִילְּתָא יַתִּירְתָּא עָבֵיד? דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי — ״וַיִּשְׁכַּב אָרְצָה״, הָכִי נָמֵי?
Et n'a-t-on pas enseigné dans une braïta : si un endeuillé s'est assis sur un lit, sur une chaise, sur un grand mortier [oudyani] ou sur le sol, il n'a accompli son obligation par aucun de ces sièges. Et Rabbi Yo'hanan a expliqué : c'est parce qu'il n'a pas accompli son obligation de renverser son lit, même s'il s'est couché à terre. Cela montre qu'il n'y a aucunement l'obligation de se coucher à terre [, et que « il se coucha à terre » chez David était bien surérogatoire].
וְהָתַנְיָא: יָשַׁב עַל גַּבֵּי מִטָּה, עַל גַּבֵּי כִּסֵּא, עַל גַּבֵּי אוּדְיָינִי גְּדוֹלָה, עַל גַּבֵּי קַרְקַע — מִכּוּלָּן לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁלֹּא קִיֵּים כְּפִיַּית הַמִּטָּה!
Améimar dit à Rav Achi : le verset ne signifie pas que David se soit réellement couché à même le sol ; il veut plutôt dire que ce fut comme s'il était à terre, puisqu'il avait renversé son lit et l'avait rapproché du sol. S'il en est ainsi, alors Améimar a agi correctement [en se tenant debout pour déchirer], et l'endeuillé doit bien déchirer son vêtement debout.
אֲמַר לֵיהּ: כְּעֵין אַרְצָה.
§ Les Sages ont enseigné : voici les activités qu'il est interdit à l'endeuillé de pratiquer. Il lui est interdit de travailler, de se laver, de s'oindre d'huile, d'avoir des relations conjugales et de porter des chaussures [de cuir]. Il lui est interdit de lire dans la Torah, dans les Prophètes et dans les Écrits, et d'étudier la Michna, le midrach, les halakhot, le Talmud et les aggadot [car l'étude de la Torah réjouit le cœur]. Mais si le public a besoin de lui pour leur enseigner ces choses, il n'a pas à s'en abstenir. Et il arriva une fois que le fils de Rabbi Yossi mourut à Tsippori, et Rabbi Yossi entra à la maison d'étude et y enseigna durant tout le jour.
תָּנוּ רַבָּנַן, וְאֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁאָבֵל אָסוּר בָּהֶן: אָסוּר בִּמְלָאכָה וּבִרְחִיצָה וּבְסִיכָה וּבְתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה וּבִנְעִילַת הַסַּנְדָּל. וְאָסוּר לִקְרוֹת בְּתוֹרָה וּבַנְּבִיאִים וּבַכְּתוּבִים, וְלִשְׁנוֹת בַּמִּשְׁנָה, בַּמִּדְרָשׁ וּבָהֲלָכוֹת, וּבַתַּלְמוּד וּבָאַגָּדוֹת. וְאִם הָיוּ רַבִּים צְרִיכִין לוֹ — אֵינוֹ נִמְנָע. וּמַעֲשֶׂה וּמֵת בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי בְּצִיפּוֹרִי, וְנִכְנַס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ, וְדָרַשׁ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ.
On a rapporté qu'un malheur — c'est-à-dire un décès dans la famille — frappa une fois Rabba bar bar 'Hana, et il songea à ne pas sortir donner son cours public. Rabbi 'Hanina lui dit : n'a-t-on pas enseigné que si le public a besoin de lui pour leur enseigner ces choses, on n'a pas à s'en abstenir ? Il songea alors à placer auprès de lui un métourgueman [un interprète] qui ferait entendre ses paroles à l'assemblée, comme on le faisait d'ordinaire pour un tel cours. Rav lui dit : on a enseigné de même dans une braïta — à condition toutefois qu'il ne place pas le porte-parole [directement] à ses côtés.
רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אִיתְּרַעָא בֵּיהּ מִילְּתָא, סָבַר דְּלָא לְמִיפַּק לְפִירְקָא. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חֲנִינָא: אִם הָיוּ רַבִּים צְרִיכִין לוֹ — אֵינוֹ נִמְנָע. סְבַר לְאוֹקוֹמֵי אָמוֹרָא עֲלֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ רַב: תַּנְיָא, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַעֲמִיד תּוּרְגְּמָן.
La Guemara demande : mais comment, alors, doit-il procéder pour être entendu ? La Guemara répond : comme dans ce qui a été enseigné dans une braïta. Il arriva une fois que le fils de Rabbi Yehouda bar Ilaï mourut, et Rabbi Yehouda entra à la maison d'étude. Rabbi 'Hanania ben Akavia y entra après lui et s'assit à son côté. Rabbi Yehouda bar Ilaï chuchotait alors [son enseignement] à Rabbi 'Hanania ben Akavia, Rabbi 'Hanania ben Akavia le répétait au métourgueman, et le métourgueman le faisait entendre à l'assemblée. [De cette manière, on savait que Rabbi Yehouda bar Ilaï était en deuil.]
וְאֶלָּא הֵיכִי עָבֵיד? כִּי הָא דְּתַנְיָא: מַעֲשֶׂה וּמֵת בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יְהוּדָה בַּר אִילְעַאי, וְנִכְנַס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ. וְנִכְנַס רַבִּי חֲנַנְיָה בֶּן עֲקַבְיָא וְיָשַׁב בְּצִדּוֹ, וְלָחַשׁ הוּא לְרַבִּי חֲנַנְיָה בֶּן עֲקַבְיָא, וְרַבִּי חֲנַנְיָה בֶּן עֲקַבְיָא לְתוּרְגְּמָן, וְתוּרְגְּמָן הִשְׁמִיעַ לָרַבִּים.
§ Les Sages ont enseigné la braïta suivante : durant les trois premiers jours, il est interdit à l'endeuillé de mettre les téfilines. À partir du troisième jour inclus, il lui est permis de les mettre. Et si de « nouveaux visages » — c'est-à-dire des gens qui n'étaient pas encore venus le consoler — arrivent, il n'a pas à les retirer, quand bien même ces gens pourraient en conclure à tort qu'il les avait aussi portées durant les deux premiers jours du deuil ; telle est l'opinion de Rabbi Eliézer. Rabbi Yehochoua dit : durant les deux premiers jours, il est interdit à l'endeuillé de mettre les téfilines ; à partir du deuxième jour inclus, il lui est permis de les mettre, mais si de « nouveaux visages » arrivent le consoler, il doit les retirer.
תָּנוּ רַבָּנַן: אָבֵל, שְׁלֹשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים — אָסוּר לְהַנִּיחַ תְּפִילִּין, מִשְּׁלִישִׁי וְאֵילָךְ, וּשְׁלִישִׁי בַּכְּלָל — מוּתָּר לְהַנִּיחַ תְּפִילִּין. וְאִם בָּאוּ פָּנִים חֲדָשׁוֹת — אֵינוֹ חוֹלֵץ, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: אָבֵל, שְׁנֵי יָמִים הָרִאשׁוֹנִים אָסוּר לְהַנִּיחַ תְּפִילִּין. מִשֵּׁנִי, וְשֵׁנִי בַּכְּלָל — מוּתָּר לְהַנִּיחַ תְּפִילִּין, וְאִם בָּאוּ פָּנִים חֲדָשׁוֹת — חוֹלֵץ.
Rav Matna dit : quelle est la raison [scripturaire] de Rabbi Eliézer ? Il est écrit : « Et s'achevèrent les jours des pleurs du deuil de Moïse » (Devarim 34, 8) [, le pluriel « jours » impliquant un minimum de deux : l'essentiel du deuil porte sur les deux premiers jours pleins]. Rav Eina dit : quelle est la raison de Rabbi Yehochoua ? Il est écrit : « et j'en ferai comme le deuil d'un fils unique, et sa fin sera comme un jour amer » (Amos 8, 10) — [« un jour », un seul].
אָמַר רַב מַתְנָה: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, דִּכְתִיב: ״וַיִּתְּמוּ יְמֵי בְכִי אֵבֶל מֹשֶׁה״. אָמַר רַב עֵינָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דִּכְתִיב: ״וְאַחֲרִיתָהּ כְּיוֹם מָר״.
La Guemara demande : mais pour Rabbi Yehochoua aussi, n'est-il pas écrit dans la Torah « et s'achevèrent les jours [du deuil de Moïse] », ce qui implique deux jours ? La Guemara répond : il pourrait te dire que Moïse fait exception, car le deuil porté sur lui fut plus intense [et le peuple le pleura plus longtemps qu'à l'ordinaire]. La Guemara demande : mais pour Rabbi Eliézer aussi, n'est-il pas écrit « et sa fin sera comme un jour amer » ? La Guemara répond : il pourrait te dire que l'essentiel de l'amertume n'est qu'un seul jour, tandis que la rigueur du deuil [le plus intense] dure deux jours.
וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ נָמֵי, הָא כְּתִיב: ״וַיִּתְּמוּ יְמֵי וְגוֹ׳״! אָמַר לָךְ: שָׁאנֵי מֹשֶׁה, דְּתַקִּיף אֶבְלֵיהּ. וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר נָמֵי, הָא כְּתִיב: ״וְאַחֲרִיתָהּ כְּיוֹם מָר״! עִיקַּר מְרִירָא חַד יוֹמָא הוּא.
Moed Katan 21a
100%
מועד קטן כ״א אמַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן