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Traité Moed Katan

20b

Étude de Moed Katan 20b

Étude de la Guémara 20b

Guémara
[Rav venait d'arriver de Babylonie auprès de Rabbi 'Hiyya, son oncle, qui était aussi le frère de sa mère et le frère de son père. Rabbi 'Hiyya l'interrogea sur les nouvelles de la famille.] Ne voulant pas annoncer lui-même un malheur, Rav lui dit : « Ma mère est-elle encore en vie ? » — autrement dit : pourquoi ne me demandes-tu pas plutôt des nouvelles de ma mère, qui est ta sœur, pour savoir si elle est encore parmi les vivants ? Rabbi 'Hiyya lui dit : « Ta mère est-elle encore en vie ? » Rav lui répondit : « Mon père est-il encore en vie ? » Rabbi 'Hiyya comprit, du fait que Rav ne lui donnait pas de réponses directes, que son frère et sa sœur étaient l'un et l'autre décédés. Aussitôt, Rabbi 'Hiyya dit à son serviteur : « Retire-moi mes chaussures, en signe de deuil ; puis porte mes vêtements derrière moi, car je vais aux bains. »
אֲמַר לֵיהּ: אִימָּא קַיֶּימֶת? אֲמַר לֵיהּ: אִימָּא קַיֶּימֶת? אֲמַר לֵיהּ: אַבָּא קַיָּים? אֲמַר לֵיהּ לְשַׁמָּעֵיהּ: חֲלוֹץ לִי מִנְעָלַי, וְהוֹלֵךְ אַחֲרַי כֵּלַי לְבֵית הַמֶּרְחָץ.
La Guemara observe : de cet épisode avec Rabbi 'Hiyya, on apprend trois lois (halakhot). On en apprend qu'un endeuillé (avel) a l'interdiction de porter des chaussures — c'est pourquoi Rabbi 'Hiyya retira les siennes en apprenant la mort de son frère et de sa sœur. On en apprend aussi que, dans le cas d'une annonce tardive (chmou'a réchoka) du décès d'un proche, les rites de deuil ne s'observent qu'un seul jour, et pas davantage. Et l'on en apprend enfin qu'une partie du jour vaut comme le jour entier (miqtsat hayom kekoulo) : car aussitôt après s'être déchaussé, Rabbi 'Hiyya se rendit aux bains [achevant son deuil le jour même].
שְׁמַע מִינַּהּ תְּלָת. שְׁמַע מִינַּהּ — אָבֵל אָסוּר בִּנְעִילַת הַסַּנְדָּל, וּשְׁמַע מִינַּהּ — שְׁמוּעָה רְחוֹקָה אֵינָהּ נוֹהֶגֶת אֶלָּא יוֹם אֶחָד, וּשְׁמַע מִינַּהּ — מִקְצָת הַיּוֹם כְּכוּלּוֹ!
[On objecte à partir d'un autre passage où Rabbi A'hiyya, après une annonce tardive, observa sept jours puis trente jours.] En tout état de cause, Rabbi 'Hiyya n'a observé qu'un seul jour de deuil après avoir reçu une annonce tardive du décès de ses proches, contrairement à Rabbi A'hiyya, qui en observa sept puis trente. La difficulté soulevée par la Guemara suppose que Rabbi 'Hiyya et Rabbi A'hiyya sont une seule et même personne. La Guemara répond : ce n'est pas une difficulté, car Rabbi 'Hiyya est un personnage distinct et Rabbi A'hiyya est un personnage distinct ; malgré la ressemblance de leurs noms, ce sont deux hommes différents.
רַבִּי חִיָּיא לְחוּד, רַבִּי אֲחִיָּיה לְחוּד.
Rabbi Yossei bar Avin dit : si quelqu'un a reçu une annonce récente (chmou'a kérova) du décès d'un proche pendant une fête de pèlerinage (réguel), où il est interdit de prendre le deuil, et qu'à l'issue de la fête elle est devenue annonce tardive — parce qu'au sortir de la fête trente jours s'étaient déjà écoulés depuis le décès du proche — alors la fête lui compte dans le décompte des jours qui font de cette annonce une nouvelle tardive ; et, en conséquence, après la fête, il n'observe qu'un seul jour de deuil. De même, Rabbi Adda de Césarée enseigna une baraïta devant Rabbi Yo'hanan : si quelqu'un a reçu une annonce récente du décès d'un proche le Chabbat, et qu'à l'issue du Chabbat elle est devenue une annonce tardive, il n'observe qu'un seul jour de deuil.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין: שָׁמַע שְׁמוּעָה קְרוֹבָה בָּרֶגֶל, וּלְמוֹצָאֵי הָרֶגֶל נַעֲשֵׂית רְחוֹקָה — עוֹלָה לוֹ, וְאֵינוֹ נוֹהֵג אֶלָּא יוֹם אֶחָד. תָּנֵי רַבִּי אַדָּא דְּמִן קֵסָרִי קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: שָׁמַע שְׁמוּעָה קְרוֹבָה בְּשַׁבָּת, וּלְמוֹצָאֵי שַׁבָּת נַעֲשֵׂית רְחוֹקָה — אֵינוֹ נוֹהֵג אֶלָּא יוֹם אֶחָד.
La Guemara demande : en recevant une annonce tardive du décès d'un proche [pour lequel on déchire son vêtement], déchire-t-on (kéri'a) ou ne déchire-t-on pas ? Rabbi Mani dit : il ne déchire pas ; tandis que Rabbi 'Hanina dit : il déchire. Rabbi Mani dit à Rabbi 'Hanina : « Admettons — selon ma position, c'est cohérent, puisque je dis qu'il ne déchire pas, et cela parce qu'il n'y a pas de période de sept jours de deuil [associée à une annonce tardive]. Mais selon toi, qui dis qu'il déchire — y a-t-il une déchirure sans qu'une période de sept jours de deuil la suive ? »
קוֹרֵעַ אוֹ אֵינוֹ קוֹרֵעַ? רַבִּי מָנִי אָמַר: אֵינוֹ קוֹרֵעַ, רַבִּי חֲנִינָא אָמַר: קוֹרֵעַ. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי מָנִי לְרַבִּי חֲנִינָא: בִּשְׁלָמָא לְדִידִי דְּאָמֵינָא אֵינוֹ קוֹרֵעַ, הַיְינוּ דְּלָא אִיכָּא אֲבֵילוּת שִׁבְעָה. אֶלָּא לְדִידָךְ דְּאָמְרַתְּ קוֹרֵעַ — קְרִיעָה בְּלֹא שִׁבְעָה מִי אִיכָּא?
La Guemara demande : n'y en a-t-il pas [de déchirure sans sept jours de deuil] ? Mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta rapportée par Issi, le père de Rabbi Zéira — et certains disent qu'elle fut enseignée par le frère de Rabbi Zéira, devant Rabbi Zéira : celui qui, au départ, n'avait pas de vêtement à lui à déchirer, et qui s'en procura un pendant les sept jours de deuil, doit le déchirer alors ; mais s'il ne se le procura qu'après les sept jours de deuil, il ne le déchire pas.
וְלָא?! וְהָתַנְיָא אִיסִי אֲבוּהּ דְּרַבִּי זֵירָא, וְאָמְרִי לַהּ אֲחוּהּ דְּרַבִּי זֵירָא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי זֵירָא: מִי שֶׁאֵין לוֹ חָלוּק לִקְרוֹעַ, וְנִזְדַּמֵּן לוֹ בְּתוֹךְ שִׁבְעָה — קוֹרֵעַ. לְאַחַר שִׁבְעָה — אֵינוֹ קוֹרֵעַ.
Rabbi Zéira compléta la baraïta après lui [son auteur], en y ajoutant un élément manquant : dans quel cas cet énoncé — selon lequel on ne déchire pas son vêtement après les sept jours de deuil — a-t-il été dit ? Dans le cas des cinq autres proches parents pour le décès desquels c'est une mitsva de prendre le deuil, à savoir : le fils, la fille, le frère, la sœur et le conjoint. Mais pour son père ou sa mère, on demeure tenu de déchirer son vêtement, même si on ne le reçoit qu'après la période des sept jours de deuil. [Cela semble contredire l'énoncé de Rabbi Mani, pour qui il n'y a pas de déchirure sans sept jours de deuil.]
עָנִי רַבִּי זֵירָא בָּתְרֵיהּ: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בַּחֲמִשָּׁה מֵתֵי מִצְוָה, אֲבָל עַל אָבִיו וְעַל אִמּוֹ — קוֹרֵעַ וְהוֹלֵךְ!
La Guemara répond : lorsque cette baraïta-là est enseignée [imposant la déchirure même après les sept jours pour le père et la mère], elle vise un acte symbolique destiné à honorer son père ou sa mère. C'est en l'honneur de son père ou de sa mère qu'il doit déchirer son vêtement, même s'il ne devient disponible qu'après la période des sept jours de deuil. Mais sur le fond, l'obligation de déchirer son vêtement ne s'applique que lorsqu'elle est suivie d'une période de sept jours de deuil [— et l'énoncé de Rabbi Mani demeure valide].
כִּי תַּנְיָא הָהִיא, לִכְבוֹד אָבִיו וְאִמּוֹ.
Les Sages ont enseigné : tous les parents mentionnés dans la Torah, dans le passage relatif aux Cohanim [pour lesquels un Cohen peut se rendre impur en s'occupant de leur dépouille], sont aussi ceux pour lesquels un endeuillé doit prendre le deuil. Et les voici : sa femme, son père et sa mère, son frère et sa sœur célibataire du même père, son fils et sa fille. Les Sages ajoutèrent à cette liste d'autres parents : son frère et sa sœur célibataire du côté de la mère, ainsi que sa sœur mariée, qu'elle soit du même père ou de la même mère. [On prend le deuil pour ces parents-ci, bien qu'un Cohen ne puisse pas se rendre impur pour eux.]
תָּנוּ רַבָּנַן: כׇּל הָאָמוּר בְּפָרָשַׁת כֹּהֲנִים שֶׁכֹּהֵן מִיטַּמֵּא לָהֶן — אָבֵל מִתְאַבֵּל עֲלֵיהֶן, וְאֵלּוּ הֵן: אִשְׁתּוֹ, אָבִיו וְאִמּוֹ, אָחִיו וַאֲחוֹתוֹ, בְּנוֹ וּבִתּוֹ. הוֹסִיפוּ עֲלֵיהֶן: אָחִיו וַאֲחוֹתוֹ הַבְּתוּלָה מֵאִמּוֹ, וַאֲחוֹתוֹ נְשׂוּאָה, בֵּין מֵאָבִיו בֵּין מֵאִמּוֹ.
[Et de même que l'on prend le deuil pour eux, de même on prend le deuil pour les proches de ces proches, c'est-à-dire ses parents au second degré.] Autrement dit : de même que l'on est tenu de prendre le deuil pour ses proches parents, de même on est tenu de prendre le deuil pour les proches parents de ses proches, que l'on appelle parents au second degré. Par exemple, si le père de son père, le fils de son fils, le fils de son frère, ou un parent semblable, vient à décéder, il doit se joindre à ses proches dans leur deuil ; telle est l'opinion de Rabbi Akiva. Rabbi Chimon ben Elazar dit : il ne prend le deuil que pour le fils de son fils et le père de son père, mais non pour les autres parents de ses proches. Et les Sages disent : tout parent pour lequel on prendrait le deuil s'il mourait, on prend le deuil avec lui lorsqu'il est lui-même en deuil.
וּכְשֵׁם שֶׁמִּתְאַבֵּל עֲלֵיהֶם — כָּךְ מִתְאַבֵּל עַל שְׁנִיִּים שֶׁלָּהֶם, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: אֵינוֹ מִתְאַבֵּל אֶלָּא עַל בֶּן בְּנוֹ וְעַל אֲבִי אָבִיו. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כׇּל שֶׁמִּתְאַבֵּל עָלָיו, מִתְאַבֵּל עִמּוֹ.
La Guemara demande : l'énoncé des Sages est identique à celui du premier Tana, Rabbi Akiva — qu'apporte-t-il de plus ? La Guemara répond : la différence pratique entre eux porte sur le point de savoir si l'on prend le deuil avec lui seulement dans la même maison. Selon les Sages, on n'est tenu de prendre le deuil avec son proche que tant que l'on se trouve avec lui dans la même maison ; tandis que selon Rabbi Akiva, on est tenu d'observer le deuil même lorsqu'on n'est pas avec lui. Cela rejoint ce que Rav dit à son fils 'Hiyya, et de même ce que Rav Houna dit à son fils Rabba, lorsque l'épouse de ce dernier était en deuil : « En sa présence, observe le deuil ; hors de sa présence, ne l'observe pas. »
חֲכָמִים הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ עִמּוֹ בַּבַּיִת. כִּי הָא דְּאָמַר לֵיהּ רַב לְחִיָּיא בְּרֵיהּ, וְכֵן אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא לְרַבָּה בְּרֵיהּ: בְּאַפַּהּ — נְהוֹג אֲבִילוּתָא, בְּלָא אַפַּהּ — לָא תִּינְהוֹג אֲבִילוּתָא.
On raconte que le fils du beau-père de Mar Oukva — c'est-à-dire le beau-frère de Mar Oukva — mourut, et Mar Oukva songea à observer pour lui le deuil des sept jours et des trente jours. Rav Houna entra chez lui, le trouva en train d'accomplir les rites du deuil, et lui dit : « Désires-tu donc manger la nourriture des endeuillés [tzoudaniyyata] ? Les Sages n'ont prescrit d'observer le deuil en l'honneur de son épouse que lorsque celle-ci est en deuil de son beau-père ou de sa belle-mère [c'est-à-dire le père ou la mère de Mar Oukva]. »
מָר עוּקְבָא שְׁכֵיב לֵיהּ בַּר חֲמוּהּ. סְבַר לְמֵיתַב עֲלֵיהּ שִׁבְעָה וּשְׁלֹשִׁים, עָל רַב הוּנָא לְגַבֵּיהּ, אַשְׁכְּחֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: צוּדָנְיָיתָא בָּעֵית לְמֵיכַל?! לֹא אָמְרוּ לִכְבוֹד אִשְׁתּוֹ — אֶלָּא חָמִיו וַחֲמוֹתוֹ.
Moed Katan 20b
100%
מועד קטן כ׳ במַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן