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Traité Moed Katan

16b

Étude de Moed Katan 16b

Étude de la Guémara 16b

Guémara
[Le verset (Chir haChirim 7, 2) compare les enseignements de la Torah aux « courbes de tes cuisses » — cachées sous le vêtement —, et le verset poursuit : « ouvrage des mains d'un artiste ».] De même les paroles de la Torah, qui sont « l'ouvrage des mains d'un artiste » — c'est-à-dire de D.ieu —, doivent demeurer cachées dans la maison d'étude [et ne pas être proclamées sur la place publique].
אַף דִּבְרֵי תוֹרָה בַּסֵּתֶר.
Malgré le décret de Rabbi Yehouda haNassi, Rabbi Hiyya sortit et enseigna aux deux fils de ses frères, Rav et Rabba bar bar Hana, sur le marché. Rabbi Yehouda haNassi apprit ce qu'il avait fait et s'en irrita. Lorsque Rabbi Hiyya vint, quelque temps plus tard, lui rendre visite, Rabbi Yehouda haNassi lui dit d'un ton railleur : « Iyya, qui t'appelle au-dehors ? » — par cette question, Rabbi Yehouda haNassi laissait entendre à Rabbi Hiyya qu'il devait quitter sa maison. Rabbi Hiyya comprit que Rabbi Yehouda haNassi avait pris la chose à cœur et s'était senti offensé ; aussi se conduisit-il comme s'il avait été réprimandé, en s'imposant lui-même cette peine, pendant trente jours.
יָצָא רַבִּי חִיָּיא וְשָׁנָה לִשְׁנֵי בְּנֵי אֶחָיו בַּשּׁוּק, לְרַב וּלְרַבָּה בַּר (בַּר) חָנָה. שְׁמַע רַבִּי, אִיקְּפַד. אֲתָא רַבִּי חִיָּיא לְאִיתְחֲזוֹיֵי לֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: עִיָּיא, מִי קוֹרֵא לְךָ בַּחוּץ! יְדַע דִּנְקַט מִילְּתָא בְּדַעְתֵּיהּ, נְהַג נְזִיפוּתָא בְּנַפְשֵׁיהּ תְּלָתִין יוֹמִין.
Le trentième jour, Rabbi Yehouda haNassi lui fit dire : « Viens [me voir]. » Mais il se ravisa ensuite et lui envoya un autre message, lui disant de ne pas venir.
בְּיוֹם תְּלָתִין שְׁלַח לֵיהּ: תָּא. הֲדַר שְׁלַח לֵיהּ דְּלָא לֵיתֵי.
La Guemara demande : au départ, que pensait-il, et finalement, que pensait-il [pour changer ainsi d'avis] ? Au départ, Rabbi Yehouda haNassi tenait que le statut d'une partie du jour équivaut à celui du jour entier — et, le trentième jour ayant déjà commencé, le temps de réprimande de Rabbi Hiyya était donc achevé [il pouvait revenir]. Mais finalement il tint que, sur cette question, on ne dit pas que le statut d'une partie du jour équivaut à celui du jour entier [si bien que la réprimande ne s'achevait qu'à la fin du trentième jour].
מֵעִיקָּרָא מַאי סְבַר וּלְבַסּוֹף מַאי סְבַר? מֵעִיקָּרָא סָבַר: מִקְצָת הַיּוֹם כְּכוּלּוֹ. וּלְבַסּוֹף סָבַר: לָא אָמְרִינַן מִקְצָת הַיּוֹם כְּכוּלּוֹ.
Finalement, Rabbi Hiyya vint ce jour-là même. Rabbi Yehouda haNassi lui demanda : « Pourquoi es-tu venu ? » Rabbi Hiyya répondit : « Parce que toi, Maître, tu m'as fait dire de venir. » Il lui dit : « Mais je t'ai envoyé un second message, te disant de ne pas venir ! » Il répondit : « Ce messager-ci que tu as envoyé — le premier —, je l'ai vu [et j'ai fait ce qu'il disait] ; mais celui-là — le second —, je ne l'ai pas vu. » Rabbi Yehouda haNassi récita alors à son sujet le verset : « Quand l'Éternel agrée les voies d'un homme, il met même ses ennemis en paix avec lui » (Michlei 16, 7) — car il lui apparut clairement que Rabbi Hiyya avait mérité une assistance divine.
לְסוֹף אֲתָא. אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי אֲתֵית? אֲמַר לֵיהּ: דְּשָׁלַח לִי מָר דְּלֵיתֵי. וְהָא שְׁלַחִי לָךְ דְּלָא תֵּיתֵי! אֲמַר לֵיהּ: זֶה רָאִיתִי, וְזֶה לֹא רָאִיתִי. קָרֵי עֲלֵיהּ: ״בִּרְצוֹת ה׳ דַּרְכֵי אִישׁ גַּם אוֹיְבָיו יַשְׁלִים אִתּוֹ״.
Quant au fond de l'affaire dont tout l'incident était parti, Rabbi Yehouda haNassi demanda à Rabbi Hiyya : « Quelle est la raison pour laquelle tu as agi ainsi, Maître [en passant outre à ma défense d'enseigner la Torah sur le marché] ? » Rabbi Hiyya lui dit : « Parce qu'il est écrit : “La sagesse crie au-dehors” (Michlei 1, 20) — ce qui implique que la Torah doit être proclamée dans les rues. » Rabbi Yehouda haNassi lui répliqua : « Si tu as lu ce verset [une fois], assurément tu ne l'as pas répété une seconde fois [pour l'approfondir] ; et si tu l'as lu une seconde fois, assurément tu ne l'as pas lu une troisième ; et si tu l'as lu une troisième fois, alors on ne te l'a pas expliqué comme il faut [car de toute évidence tu n'en saisis pas le sens]. »
מַאי טַעְמָא עֲבַד מָר הָכִי? אֲמַר לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״חׇכְמוֹת בַּחוּץ תָּרוֹנָּה״. אֲמַר לֵיהּ: אִם קָרִיתָ — לֹא שָׁנִיתָ, וְאִם שָׁנִיתָ — לֹא שִׁילַּשְׁתָּ, וְאִם שִׁילַּשְׁתָּ — לֹא פֵּירְשׁוּ לְךָ.
[Comment donc comprendre] « La sagesse crie au-dehors » ? Conformément à l'enseignement de Rava. Car Rava a dit : quiconque s'adonne à l'étude de la Torah dans l'intimité [de sa maison], sa Torah le proclamera au-dehors — c'est-à-dire que sa grandeur sera révélée à la multitude, qui la verra [au-dehors, alors même qu'il a étudié à couvert].
״חׇכְמוֹת בַּחוּץ תָּרוֹנָּה״, כִּדְרָבָא. דְּאָמַר רָבָא: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה מִבִּפְנִים, תּוֹרָתוֹ מַכְרֶזֶת עָלָיו מִבַּחוּץ.
La Guemara objecte : mais n'est-il pas écrit : « Dès le commencement, je n'ai pas parlé en cachette » (Yechaya 48, 16) — ce qui implique que la Torah doit être enseignée et proclamée en public [contre l'avis de Rabbi Yehouda haNassi] ? La Guemara répond : ce verset se rapporte aux jours de la kalla [le grand rassemblement d'étude tenu durant les mois d'Elloul et d'Adar], lorsque beaucoup viennent écouter les exposés de Torah. En ce temps, il n'est pas seulement permis, mais recommandé, d'enseigner la Torah à la multitude. Ainsi le verset s'accorde-t-il avec l'opinion de Rabbi Yehouda haNassi.
וְהָא כְּתִיב: ״לֹא מֵרֹאשׁ בַּסֵּתֶר דִּבַּרְתִּי״! הָהוּא בְּיוֹמֵי דְכַלָּה.
La Guemara demande : et Rabbi Hiyya, ce verset « les courbes de tes cuisses [sont comme des joyaux] » (Chir haChirim 7, 2), qu'en fait-il ? [Ce verset implique pourtant que la Torah doit rester cachée dans la maison d'étude et ne pas être divulguée sur le marché.] La Guemara explique : il ne l'entend pas de la Torah, mais comme se rapportant à la tsedaqa [la charité] et au guemilout hassadim [les actes de bonté], qui, eux, doivent assurément s'accomplir dans le secret.
וְרַבִּי חִיָּיא, הַאי ״חַמּוּקֵי יְרֵכַיִךְ״ מַאי עָבֵיד לֵהּ? מוֹקֵי לֵהּ בִּצְדָקָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים.
[Revenons au récit.] Il en ressort donc, apparemment, que la réprimande de ceux [qui vivent en Eretz Israël] dure trente jours [et non sept] ! La Guemara répond que ce n'est pas une preuve concluante, car Rabbi Yehouda haNassi était le Nassi : la réprimande du Nassi [le chef du Sanhédrin] est différente — c'est-à-dire plus sévère — que celle de quiconque d'autre.
אַלְמָא נְזִיפָה דִּידְהוּ תְּלָתִין יוֹמִין! נְזִיפַת נָשִׂיא שָׁאנֵי.
La Guemara demande : et notre réprimande à nous, en Babylonie, combien de temps dure-t-elle ? La Guemara répond : un seul jour, comme dans le cas qui mit en scène Chemouel et l'Exilarque Mar Ouqva. Lorsqu'ils siégeaient pour étudier la halakha, Mar Ouqva s'asseyait devant Chemouel à une distance de quatre amot, en signe de respect — car Mar Ouqva se comportait comme si Chemouel était son maître, Chemouel lui étant de beaucoup supérieur en Torah. Mais lorsqu'ils siégeaient ensemble pour juger, c'est Chemouel qui s'asseyait devant Mar Ouqva à une distance de quatre amot, car Mar Ouqva était l'Exilarque et le juge en chef. On creusait toutefois une place pour Mar Ouqva dans la natte sur laquelle il était assis, et il s'y asseyait, en contrebas, afin de pouvoir entendre les paroles de Torah de Chemouel même lorsqu'ils étaient occupés à juger.
וּנְזִיפָה דִּידַן כַּמָּה הָוֵי? חַד יוֹמָא. כִּי הָא דִּשְׁמוּאֵל וּמָר עוּקְבָא, כִּי הֲווֹ יָתְבִי גָּרְסִי שְׁמַעְתָּא, הֲוָה יָתֵיב מָר עוּקְבָא קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל בְּרָחוֹק אַרְבַּע אַמּוֹת. וְכִי הֲווֹ יָתְבִי בְּדִינָא, הֲוָה יָתֵיב שְׁמוּאֵל קַמֵּיהּ דְּמָר עוּקְבָא בְּרָחוֹק אַרְבַּע אַמּוֹת. וַהֲווֹ חָיְיקִי לֵיהּ דּוּכְתָּא לְמָר עוּקְבָא בְּצִיפְּתָא, וְיָתֵיב עִילָּוֵיהּ כִּי הֵיכִי דְּלִישְׁתַּמְעָן מִילֵּיהּ.
Chaque jour, Mar Ouqva raccompagnait Chemouel jusqu'à son logis, à la manière dont un élève honore son maître. Un jour, Mar Ouqva était à ce point absorbé par une affaire qu'on lui avait soumise pour jugement qu'il ne s'aperçut pas que Chemouel marchait derrière lui [pour l'honorer en raison de sa charge d'Exilarque]. Quand Mar Ouqva fut arrivé à sa maison, Chemouel lui dit : « Ne te suffit-il pas que je t'aie accompagné jusqu'ici ? Libère-moi, Maître, de mon obligation, que je puisse rentrer chez moi. » Mar Ouqva comprit que Chemouel avait pris la chose à cœur et s'était senti offensé ; aussi se conduisit-il comme s'il avait été réprimandé, pendant un jour, en s'imposant lui-même cette peine.
כׇּל יוֹמָא הֲוָה מְלַוִי לֵיהּ מָר עוּקְבָא לִשְׁמוּאֵל עַד אוּשְׁפִּיזֵיהּ. יוֹמָא חַד אִיטְּרִיד בְּדִינֵיהּ הֲוָה אָזֵיל שְׁמוּאֵל בָּתְרֵיהּ. כִּי מְטָא לְבֵיתֵיהּ, אָמַר לֵיהּ: לָא נְגַהּ לָךְ? לִישְׁרֵי לִי מָר בְּתִיגְרֵיהּ! יְדַע דִּנְקַט מִילְּתָא בְּדַעְתֵּיהּ, נְהַג נְזִיפוּתָא בְּנַפְשֵׁיהּ חַד יוֹמָא.
Moed Katan 16b
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מועד קטן ט״ז במַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן
גְּמָרָא אַף דִּבְרֵי תוֹרָה בַּסֵּתֶר. יָצָא רַבִּי חִיָּיא וְשָׁנָה לִשְׁנֵי בְּנֵי אֶחָיו בַּשּׁוּק, לְרַב וּלְרַבָּה בַּר (בַּר) חָנָה. שְׁמַע רַבִּי, אִיקְּפַד. אֲתָא רַבִּי חִיָּיא לְאִיתְחֲזוֹיֵי לֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: עִיָּיא, מִי קוֹרֵא לְךָ בַּחוּץ! יְדַע דִּנְקַט מִילְּתָא בְּדַעְתֵּיהּ, נְהַג נְזִיפוּתָא בְּנַפְשֵׁיהּ תְּלָתִין יוֹמִין. בְּיוֹם תְּלָתִין שְׁלַח לֵיהּ: תָּא. הֲדַר שְׁלַח לֵיהּ דְּלָא לֵיתֵי. מֵעִיקָּרָא מַאי סְבַר וּלְבַסּוֹף מַאי סְבַר? מֵעִיקָּרָא סָבַר: מִקְצָת הַיּוֹם כְּכוּלּוֹ. וּלְבַסּוֹף סָבַר: לָא אָמְרִינַן מִקְצָת הַיּוֹם כְּכוּלּוֹ. לְסוֹף אֲתָא. אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי אֲתֵית? אֲמַר לֵיהּ: דְּשָׁלַח לִי מָר דְּלֵיתֵי. וְהָא שְׁלַחִי לָךְ דְּלָא תֵּיתֵי! אֲמַר לֵיהּ: זֶה רָאִיתִי, וְזֶה לֹא רָאִיתִי. קָרֵי עֲלֵיהּ: ״בִּרְצוֹת ה׳ דַּרְכֵי אִישׁ גַּם אוֹיְבָיו יַשְׁלִים אִתּוֹ״. מַאי טַעְמָא עֲבַד מָר הָכִי? אֲמַר לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״חׇכְמוֹת בַּחוּץ תָּרוֹנָּה״. אֲמַר לֵיהּ: אִם קָרִיתָ — לֹא שָׁנִיתָ, וְאִם שָׁנִיתָ — לֹא שִׁילַּשְׁתָּ, וְאִם שִׁילַּשְׁתָּ — לֹא פֵּירְשׁוּ לְךָ. ״חׇכְמוֹת בַּחוּץ תָּרוֹנָּה״, כִּדְרָבָא. דְּאָמַר רָבָא: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה מִבִּפְנִים, תּוֹרָתוֹ מַכְרֶזֶת עָלָיו מִבַּחוּץ. וְהָא כְּתִיב: ״לֹא מֵרֹאשׁ בַּסֵּתֶר דִּבַּרְתִּי״! הָהוּא בְּיוֹמֵי דְכַלָּה. וְרַבִּי חִיָּיא, הַאי ״חַמּוּקֵי יְרֵכַיִךְ״ מַאי עָבֵיד לֵהּ? מוֹקֵי לֵהּ בִּצְדָקָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים. אַלְמָא נְזִיפָה דִּידְהוּ תְּלָתִין יוֹמִין! נְזִיפַת נָשִׂיא שָׁאנֵי. וּנְזִיפָה דִּידַן כַּמָּה הָוֵי? חַד יוֹמָא. כִּי הָא דִּשְׁמוּאֵל וּמָר עוּקְבָא, כִּי הֲווֹ יָתְבִי גָּרְסִי שְׁמַעְתָּא, הֲוָה יָתֵיב מָר עוּקְבָא קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל בְּרָחוֹק אַרְבַּע אַמּוֹת. וְכִי הֲווֹ יָתְבִי בְּדִינָא, הֲוָה יָתֵיב שְׁמוּאֵל קַמֵּיהּ דְּמָר עוּקְבָא בְּרָחוֹק אַרְבַּע אַמּוֹת. וַהֲווֹ חָיְיקִי לֵיהּ דּוּכְתָּא לְמָר עוּקְבָא בְּצִיפְּתָא, וְיָתֵיב עִילָּוֵיהּ כִּי הֵיכִי דְּלִישְׁתַּמְעָן מִילֵּיהּ. כׇּל יוֹמָא הֲוָה מְלַוִי לֵיהּ מָר עוּקְבָא לִשְׁמוּאֵל עַד אוּשְׁפִּיזֵיהּ. יוֹמָא חַד אִיטְּרִיד בְּדִינֵיהּ הֲוָה אָזֵיל שְׁמוּאֵל בָּתְרֵיהּ. כִּי מְטָא לְבֵיתֵיהּ, אָמַר לֵיהּ: לָא נְגַהּ לָךְ? לִישְׁרֵי לִי מָר בְּתִיגְרֵיהּ! יְדַע דִּנְקַט מִילְּתָא בְּדַעְתֵּיהּ, נְהַג נְזִיפוּתָא בְּנַפְשֵׁיהּ חַד יוֹמָא. הָהִיא אִיתְּתָא דַּהֲווֹת יָתְבָה בִּשְׁבִילָא, הֲווֹת פָּשְׁטָה כַּרְעַהּ וְקָא מְנִיפָה חוּשְׁלָאֵי, וַהֲוָה חָלֵיף וְאָזֵיל צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן וְלָא אִיכַּנְעָה מִקַּמֵּיהּ. אֲמַר: כַּמָּה חַצִּיפָא הָהִיא אִיתְּתָא! אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן. אֲמַר לַהּ: מִי שְׁמַעְתְּ שַׁמְתָּא מִפּוּמֵּיהּ? אֲמַרָה לֵיהּ: לָא. אֲמַר לַהּ: זִילִי נְהוּגִי נְזִיפוּתָא חַד יוֹמָא בְּנַפְשִׁיךְ. זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה הֲוָה קָפָסֵיק סִידְרָא קַמֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה, כִּי מְטָא לְהַאי פְּסוּקָא ״וְאֵלֶּה דִּבְרֵי דָוִד הָאַחֲרוֹנִים״, אֲמַר לֵיהּ: ״אַחֲרוֹנִים״ — מִכְּלָל דְּאִיכָּא רִאשׁוֹנִים, רִאשׁוֹנִים מַאי נִינְהוּ? שְׁתֵיק וְלָא אֲמַר לֵיהּ וְלָא מִידֵּי, הֲדַר אֲמַר לֵיהּ: ״אַחֲרוֹנִים״, מִכְּלָל דְּאִיכָּא רִאשׁוֹנִים, רִאשׁוֹנִים מַאי הִיא? אֲמַר לֵיהּ: מַאי דַּעְתָּךְ, דְּלָא יָדַע פֵּירוּשָׁא דְּהַאי קְרָא לָאו גַּבְרָא רַבָּה הוּא? יְדַע דִּנְקַט מִילְּתָא בְּדַעְתֵּיהּ, נְהַג נְזִיפוּתָא בְּנַפְשֵׁיהּ חַד יוֹמָא. וְדַאֲתָן עֲלַהּ, מִיהָא ״אַחֲרוֹנִים״ — מִכְּלָל דְּאִיכָּא רִאשׁוֹנִים, רִאשׁוֹנִים מַאי הִיא? ״וַיְדַבֵּר דָּוִד לַה׳ אֶת דִּבְרֵי הַשִּׁירָה הַזֹּאת בְּיוֹם הִצִּיל ה׳ אוֹתוֹ מִכַּף כׇּל אוֹיְבָיו וּמִכַּף שָׁאוּל״. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְדָוִד: דָּוִד, שִׁירָה אַתָּה אוֹמֵר עַל מַפַּלְתּוֹ שֶׁל שָׁאוּל? אִלְמָלֵי אַתָּה שָׁאוּל וְהוּא דָּוִד — אִיבַּדְתִּי כַּמָּה דָּוִד מִפָּנָיו. הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״שִׁגָּיוֹן לְדָוִד אֲשֶׁר שָׁר לַה׳ עַל דִּבְרֵי כוּשׁ בֶּן יְמִינִי״, וְכִי כּוּשׁ שְׁמוֹ? וַהֲלֹא שָׁאוּל שְׁמוֹ! אֶלָּא: מָה כּוּשִׁי מְשׁוּנֶּה בְּעוֹרוֹ — אַף שָׁאוּל מְשׁוּנֶּה בְּמַעֲשָׂיו. כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״עַל אוֹדוֹת הָאִשָּׁה הַכּוּשִׁית אֲשֶׁר לָקָח״, וְכִי כּוּשִׁית שְׁמָהּ? וַהֲלֹא צִיפּוֹרָה שְׁמָהּ! אֶלָּא: מָה כּוּשִׁית מְשׁוּנָּה בְּעוֹרָהּ — אַף צִיפּוֹרָה מְשׁוּנָּה בְּמַעֲשֶׂיהָ. כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״וַיִּשְׁמַע עֶבֶד מֶלֶךְ הַכּוּשִׁי״, וְכִי כּוּשִׁי שְׁמוֹ? וַהֲלֹא צִדְקִיָּה שְׁמוֹ! אֶלָּא: מָה כּוּשִׁי מְשׁוּנֶּה בְּעוֹרוֹ — אַף צִדְקִיָּה מְשׁוּנֶּה בְּמַעֲשָׂיו. כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״הֲלֹא כִבְנֵי כוּשִׁיִּים אַתֶּם לִי בֵּית יִשְׂרָאֵל״, וְכִי כּוּשִׁיִּים שְׁמָן? וַהֲלֹא יִשְׂרָאֵל שְׁמָן! אֶלָּא: מָה כּוּשִׁי מְשׁוּנֶּה בְּעוֹרוֹ — אַף יִשְׂרָאֵל מְשׁוּנִּין בְּמַעֲשֵׂיהֶן מִכׇּל הָאוּמּוֹת. אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן, מַאי דִּכְתִיב: ״נְאֻם דָּוִד בֶּן יִשַׁי וּנְאֻם הַגֶּבֶר הוּקַם עָל״ — נְאֻם דָּוִד בֶּן יִשַׁי שֶׁהֵקִים עוּלָּהּ שֶׁל תְּשׁוּבָה. ״אָמַר אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל לִי דִבֶּר צוּר יִשְׂרָאֵל מוֹשֵׁל בָּאָדָם צַדִּיק מוֹשֵׁל יִרְאַת אֱלֹהִים״. מַאי קָאָמַר? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, הָכִי קָאָמַר: אָמַר אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל, לִי דִבֶּר צוּר יִשְׂרָאֵל, אֲנִי מוֹשֵׁל בָּאָדָם, מִי מוֹשֵׁל בִּי — צַדִּיק, שֶׁאֲנִי גּוֹזֵר גְּזֵרָה וּמְבַטְּלָהּ. ״אֵלֶּה שְׁמוֹת הַגִּבּוֹרִים אֲשֶׁר לְדָוִד יוֹשֵׁב בַּשֶּׁבֶת וְגוֹ׳״. מַאי קָאָמַר? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, הָכִי קָאָמַר: וְאֵלֶּה שְׁמוֹת גְּבוּרוֹתָיו שֶׁל דָּוִד. ״יוֹשֵׁב בַּשֶּׁבֶת״ — בְּשָׁעָה שֶׁהָיָה יוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה, לֹא הָיָה יוֹשֵׁב עַל גַּבֵּי כָּרִים וּכְסָתוֹת אֶלָּא עַל גַּבֵּי קַרְקַע. דְּכֹל כַּמָּה דַּהֲוָה רַבֵּיהּ עִירָא הַיָּאִירִי קַיָּים, הֲוָה מַתְנֵי לְהוּ לְרַבָּנַן עַל גַּבֵּי כָּרִים וּכְסָתוֹת. כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ, הֲוָה מַתְנִי דָּוִד לְרַבָּנַן וַהֲוָה יָתֵיב עַל גַּבֵּי קַרְקַע. אֲמַרוּ לֵיהּ: לִיתֵּיב מָר אַכָּרִים וּכְסָתוֹת! לָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ. ״תַּחְכְּמוֹנִי״, אָמַר רַב: אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, הוֹאִיל וְהִשְׁפַּלְתָּ עַצְמְךָ תְּהֵא כָּמוֹנִי. שֶׁאֲנִי גּוֹזֵר גְּזֵרָה, וְאַתָּה מְבַטְּלָהּ. ״רֹאשׁ הַשָּׁלִישִׁים״ — תְּהֵא רֹאשׁ לִשְׁלֹשֶׁת אָבוֹת. ״הוּא עֲדִינוֹ הָעֶצְנִי״, כְּשֶׁהָיָה יוֹשֵׁב וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה — הָיָה מְעַדֵּן עַצְמוֹ כְּתוֹלַעַת, וּבְשָׁעָה שֶׁיּוֹצֵא לַמִּלְחָמָה — הָיָה מַקְשֶׁה עַצְמוֹ כְּעֵץ. ״עַל שְׁמוֹנֶה מֵאוֹת חָלָל בְּפַעַם אֶחָת״. שֶׁהָיָה זוֹרֵק חֵץ, וּמַפִּיל שְׁמוֹנֶה מֵאוֹת חָלָל בְּפַעַם אֶחָת, וְהָיָה מִתְאַנֵּחַ עַל מָאתַיִם, דִּכְתִיב: ״אֵיכָה יִרְדֹּף אֶחָד אֶלֶף״. יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: ״רַק בִּדְבַר אוּרִיָּה הַחִתִּי״. אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא אִישׁ כְּפַר עַכּוֹ, אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אַחָא אָמַר רַבִּי שִׂמְלַאי. וְאָמְרִי לַהּ, אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַב הוּנָא, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב הוּנָא לְחוֹדֵיהּ: