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Traité Moed Katan

13b

Étude de Moed Katan 13b

Étude de la Mishna & Guémara 13b

Et n'a-t-on pas enseigné ainsi dans une baraïta : on peut rapporter [chez soi] des ustensiles de l'atelier de l'artisan — par exemple une cruche de chez le potier ou un verre de chez le souffleur de verre —, car ils serviront durant la fête elle-même. Mais on ne rapporte pas la laine de chez le teinturier, ni [d'autres] ustensiles de chez l'artisan, car on n'en a pas besoin pour la fête. Or, si l'artisan n'a pas de quoi manger, [le propriétaire] peut lui verser son salaire pendant la semaine de la fête et laisser l'ustensile chez lui. Et s'il ne lui fait pas confiance pour garder correctement son ustensile, il peut le reprendre et le déposer dans une maison proche de chez lui. Et s'il craint pour ses ustensiles, de peur qu'ils ne soient volés, il peut les déplacer vers une autre cour ; et s'il ne fait pas confiance [au maître de cette cour], il les rapporte discrètement à l'intérieur de sa propre maison.
וְהָתַנְיָא: מְבִיאִין כֵּלִים מִבֵּית הָאוּמָּן, כְּגוֹן כַּד מִבֵּית הַכַּדָּר, וְכוֹס מִבֵּית הַזַּגָּג. אֲבָל לֹא צֶמֶר מִבֵּית הַצַּבָּע, וְלֹא כֵּלִים מִבֵּית הָאוּמָּן. וְאִם אֵין לוֹ מַה יֹּאכַל — נוֹתֵן לוֹ שְׂכָרוֹ וּמַנִּיחוֹ אֶצְלוֹ. וְאִם אֵינוֹ מַאֲמִינוֹ — מַנִּיחוֹ בְּבַיִת הַסָּמוּךְ לוֹ. וְאִם חוֹשֵׁשׁ לָהֶם שֶׁמָּא יִגָּנְבוּ — מְפַנָּן לְחָצֵר אַחֶרֶת, וְאִם אֵינוֹ מַאֲמִינוֹ — מְבִיאָן בְּצִנְעָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ.
La Guemara observe : tu as bien résolu [la contradiction concernant le fait de] rapporter [des ustensiles de chez l'artisan] — la michna qui le permet vise le cas où l'on ne fait pas confiance à l'artisan. Mais [la difficulté concernant le fait d']emmener [des ustensiles] demeure embarrassante : car notre michna enseigne « on ne rapporte pas » [d'ustensiles de chez l'artisan], et à plus forte raison on ne lui en emmène pas — alors qu'une autre michna (dans Pessahim) permet d'emmener des ustensiles chez l'artisan ! La Guemara conclut : il faut plutôt dire, comme on l'a clairement résolu d'emblée, qu'une michna parle de la veille de Pessah et l'autre des jours intermédiaires de la fête.
תָּרֵצְתְּ מְבִיאִין, מוֹלִיכִין קַשְׁיָא, דְּקָתָנֵי: אֵין מְבִיאִין, וְכׇל שֶׁכֵּן שֶׁאֵין מוֹלִיכִין! אֶלָּא: מְחַוַּורְתָּא כִּדְשַׁנַּיִין מֵעִיקָּרָא.
Mishna 1
MICHNA : Pendant les jours intermédiaires d'une fête, on peut recouvrir de paille les figues [étalées pour sécher], afin de les protéger de la pluie et de la rosée. Rabbi Yehouda dit : on peut même les amasser [en tas]. Ceux qui vendent des fruits, des vêtements et des ustensiles peuvent les vendre discrètement, pour les besoins de la fête. Les pêcheurs, les concasseurs de blé [dachochot] et les broyeurs de fèves [gérossot], qui pulvérisent les fèves, peuvent exercer discrètement leur métier pour les besoins de la fête. Rabbi Yossef dit : ceux-là se sont imposé une rigueur supplémentaire, [s'abstenant de ce travail] même pour ce qui était nécessaire à la fête.
מַתְנִי׳ מְחַפִּין אֶת הַקְּצִיעוֹת בְּקַשׁ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף מְעַבִּין. מוֹכְרֵי פֵירוֹת, כְּסוּת וְכֵלִים — מוֹכְרִים בְּצִנְעָה לְצוֹרֶךְ הַמּוֹעֵד. הַצַּיָּידִין וְהַדָּשׁוֹשׁוֹת וְהַגָּרוֹסוֹת — עוֹשִׂין בְּצִנְעָה לְצוֹרֶךְ הַמּוֹעֵד. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: הֵם הֶחֱמִירוּ עַל עַצְמָן.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Rabbi Hiyya bar Abba et Rabbi Assi divergent sur le point suivant, tous deux rapportant leur avis au nom de Hizkiya et de Rabbi Yohanan. L'un dit : « recouvrir » [les figues] signifie les couvrir légèrement de paille, et « amasser » signifie étendre la paille sur elles de façon dense. Et l'autre dit : « recouvrir » signifie étendre la paille, que ce soit légèrement ou de façon dense, et « amasser » signifie réunir les figues en un tas, comme s'il s'agissait d'un tas de grain. On a d'ailleurs enseigné de même dans une baraïta : « amasser », c'est réunir les figues en un tas, comme s'il s'agissait d'un tas de grain — telle est la position de Rabbi Yehouda.
גְּמָ׳ פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא וְרַבִּי אַסִּי, וְתַרְוַיְיהוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּחִזְקִיָּה וְרַבִּי יוֹחָנָן. חַד אָמַר: ״מְחַפִּין״ אַקְלוֹשֵׁי, ״מְעַבִּין״ אַסְמוֹכֵי. וְחַד אָמַר: ״מְחַפִּין״ בֵּין אַקְלוֹשֵׁי בֵּין אַסְמוֹכֵי, ״מְעַבִּין״ — עוֹשֶׂה אוֹתוֹ כְּמִין כְּרִי. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״מְעַבִּין״ עוֹשֶׂה אוֹתוֹ כְּמִין כְּרִי, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
[La michna a dit :] « Ceux qui vendent des fruits, des vêtements et des ustensiles peuvent les vendre discrètement, etc. » On posa la question [aux Sages] : lorsqu'on dit qu'ils « se sont imposé une rigueur supplémentaire », cela signifie-t-il qu'ils ne travaillaient pas du tout [pendant les jours intermédiaires], ou bien peut-être qu'ils faisaient leur travail discrètement, alors qu'il aurait été permis de le faire ouvertement ?
מוֹכְרֵי פֵירוֹת כְּסוּת וְכֵלִים מוֹכְרִין בְּצִנְעָה וְכוּ׳. אִיבַּעְיָא לְהוּ: הֵן הֶחֱמִירוּ עַל עַצְמָן — דְּלָא הֲווֹ עָבְדִי כְּלָל, אוֹ דִלְמָא דַּהֲווֹ עָבְדִי בְּצִנְעָה?
Viens et écoute [une baraïta qui tranche] : ceux qui vendent des fruits, des vêtements et des ustensiles peuvent les vendre discrètement, pour les besoins de la fête ; Rabbi Yossef dit : les marchands de Tibériade se sont imposé la rigueur de ne pas vendre du tout, même discrètement. Les chasseurs de bêtes, d'oiseaux et de poissons peuvent chasser discrètement leur gibier pour les besoins de la fête ; Rabbi Yossef dit : les pêcheurs d'Acco se sont imposé la rigueur de ne pas chasser du tout. Les concasseurs qui réduisent le grain en gruaux appelés hilka, targuis et tissani peuvent les concasser discrètement pour les besoins de la fête ; Rabbi Yossef dit : les concasseurs de Tsippori se sont imposé la rigueur de ne pas concasser du tout. [Selon Rabbi Yossef, la rigueur consiste donc à s'abstenir entièrement du travail.]
תָּא שְׁמַע: מוֹכְרֵי פֵירוֹת כְּסוּת וְכֵלִים — מוֹכְרִין בְּצִנְעָה לְצוֹרֶךְ הַמּוֹעֵד, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: תַּגָּרֵי טְבֶרְיָא הֵן הֶחֱמִירוּ עַל עַצְמָן שֶׁלֹּא יְהוּ מוֹכְרִין כׇּל עִיקָּר. צָדֵי חַיּוֹת וְעוֹפוֹת וְדָגִים — צָדִין בְּצִנְעָה לְצוֹרֶךְ הַמּוֹעֵד, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: צָדֵי עַכּוֹ הֵן הֶחֱמִירוּ עַל עַצְמָן שֶׁלֹּא יְהוּ צָדִין כׇּל עִיקָּר. דָּשׁוֹשֵׁי חִילְקָא טַרְגִּיס וְטִיסְנִי — דּוֹשְׁשִׁין בְּצִנְעָה לְצוֹרֶךְ הַמּוֹעֵד, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: דָּשׁוֹשֵׁי צִיפּוֹרִי הֵן הֶחְמִירוּ עַל עַצְמָן שֶׁלֹּא יְהוּ דּוֹשְׁשִׁין כׇּל עִיקָּר.
Abayé dit : le terme hilka désigne un grain brisé en deux ; le terme targuis, un grain brisé en trois ; et le terme tissani, un grain brisé en quatre. Lorsque Rav Dimi vint [d'Érets-Israël à Babylone], il dit : hilka désigne l'épeautre [koussémèt, une variété de blé].
אָמַר אַבָּיֵי: חִילְקָא — חֲדָא לְתַרְתֵּי, טַרְגִּיס — חֲדָא לִתְלָת, טִיסְנִי — חֲדָא לְאַרְבְּעָה. כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: כּוּנָּתָא.
La Guemara soulève une objection à partir d'une baraïta : hilka, targuis et tissani sont susceptibles d'impureté rituelle en tout lieu. Soit, pour celui qui dit qu'il s'agit d'un grain brisé en deux, en trois et en quatre, c'est précisément pour cela qu'ils sont susceptibles d'impureté en tout lieu : car ils sont déjà devenus aptes à contracter l'impureté, ayant été rincés à l'eau lors de leur préparation. Mais pour celui qui dit que hilka est de l'épeautre [qui n'a pas nécessairement été traité], pourquoi serait-il susceptible d'impureté en tout lieu, puisqu'il n'est pas nécessairement devenu apte à contracter l'impureté par contact avec l'eau ?
מֵיתִיבִי: חִילְקָא טַרְגִּיס וְטִיסְנִי טְמֵאִין בְּכׇל מָקוֹם. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר חֲדָא לְתַרְתֵּי לִתְלָת וּלְאַרְבְּעָה, מִשּׁוּם הָכִי טְמֵאִין בְּכׇל מָקוֹם — דְּאִתַּכְשׁוּר, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר כּוּנָּתָא, אַמַּאי טְמֵאִין בְּכׇל מָקוֹם, הָא לָא אִיתַּכְשׁוּר?
La Guemara répond : la baraïta vise un cas où, par exemple, l'épeautre a été décortiqué — car s'il n'avait pas été préalablement trempé dans l'eau, il n'aurait pas été possible de le décortiquer [d'où son aptitude à l'impureté]. Et pourquoi, selon cet avis, l'appelle-t-on hilka ? Parce qu'on en a ôté les enveloppes [hélkayhou, ses cosses].
כְּגוֹן דְּמִיקַּלְּפָן, דְּאִי לָאו דִּשְׁרָא לְהוּ בְּמַיָּא לָא הֲוָה מִיקַּלְפָא. וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״חִילְקָא״ — דְּשָׁקֵל חִלְקַיְהוּ.
La Guemara soulève [une autre] objection à partir d'une baraïta : celui qui fait vœu de s'interdire le « blé » [dagan] s'interdit aussi la fève d'Égypte sèche, mais la fève fraîche lui reste permise ; lui restent également permis le riz, ainsi que le hilka, le targuis et le tissani. Soit, pour celui qui dit qu'il s'agit d'un grain brisé en deux, en trois et en quatre, fort bien : car, une fois le blé broyé de la sorte, il sort de la catégorie de « blé » [et n'est plus compris dans le vœu]. Mais pour celui qui dit que hilka est de l'épeautre, c'est pourtant un blé à part entière ! La Guemara conclut : en effet, [cet avis] est embarrassant.
מֵיתִיבִי: הַנּוֹדֵר מִן הַדָּגָן — אָסוּר אַף בְּפוֹל הַמִּצְרִי יָבֵשׁ, וּמוּתָּר בְּלַח, וּמוּתָּר בְּאוֹרֶז בְּחִילְקָא וְטַרְגִּיס וְטִיסְנִי. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר חֲדָא לְתַרְתֵּי חֲדָא לִתְלָת וַחֲדָא לְאַרְבְּעָה — שַׁפִּיר, דִּנְפַקוּ לְהוּ מִתּוֹרַת דָּגָן, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר כּוּנָּתָא, דָּגָן מְעַלְּיָא הוּא! קַשְׁיָא.
La Guemara rapporte que Rav Houna autorisa ces marchands d'épices [kéroufyata] à aller vendre leurs produits à leur manière habituelle, au marché, pendant les jours intermédiaires de la fête. Rav Kahana lui objecta à partir d'une baraïta : une boutique qui s'ouvre sur une rangée de piliers [longeant la rue] — son tenancier peut l'ouvrir et la fermer à sa manière habituelle [pendant 'hol hamoéd], car elle n'est pas exposée à la vue du public.
רַב הוּנָא שְׁרָא לְהוּ לְהָנְהוּ כְּרוּפְיָיתָא לְמֵיזַל לְזַבּוֹנֵי כִּי אוֹרְחַיְיהוּ בְּשׁוּקָא. אֵיתִיבֵיהּ רַב כָּהֲנָא: חֲנוּת פְּתוּחָה לִסְטָיו — פּוֹתֵחַ וְנוֹעֵל כְּדַרְכּוֹ,
En revanche, si [la boutique] s'ouvre sur le domaine public, il n'ouvre qu'un seul battant et doit fermer l'autre. Et à la veille du dernier jour de la fête de Soukot, il peut sortir sa marchandise et parer les marchés de la ville de fruits, en l'honneur du dernier jour de la fête. La Guemara déduit : en l'honneur du dernier jour de la fête, oui [c'est permis, afin que chacun puisse s'approvisionner pour le jour de fête] ; mais sans rapport avec l'honneur de la fête — c'est-à-dire pendant les autres jours intermédiaires — non, ce n'est pas permis ! Comment, dès lors, Rav Houna a-t-il pu autoriser ces marchands d'épices à vendre comme à l'ordinaire pendant 'hol hamoéd ?
פְּתוּחָה לִרְשׁוּת הָרַבִּים — פּוֹתֵחַ אַחַת וְנוֹעֵל אַחַת, וְעֶרֶב יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג מוֹצִיא וּמְעַטֵּר אֶת שׁוּקֵי הָעִיר בְּפֵירוֹת בִּשְׁבִיל כְּבוֹד יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן. מִפְּנֵי כְּבוֹד יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן אִין, שֶׁלֹּא מִפְּנֵי כְּבוֹד יוֹם טוֹב לָא!
Moed Katan 13b
100%
מועד קטן י״ג במַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן