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Traité Moed Katan

10b

Étude de Moed Katan 10b

Étude de la Guémara 10b

Guémara
Mais quant aux sabots de l'âne qui fait tourner la meule, non, on ne les taille pas [pendant 'hol hamoéd]. Cela est en effet inutile durant les jours intermédiaires de la fête, car on ne peut moudre que le grain dont on a besoin pour la fête elle-même ; or l'âne peut accomplir cette tâche, même si ses sabots ne sont pas taillés.
אֲבָל חֲמָרָא דְרִיחְיָא — לָא.
Rav Yehouda autorise, durant 'hol hamoéd : tailler les sabots de l'âne qui fait tourner la meule, remettre en place les pierres d'un moulin, bâtir le socle d'un moulin, creuser le canal qui amène l'eau actionnant le moulin, et construire une étable pour les chevaux. Rava, lui, a autorisé : étriller un cheval, construire une auge et construire un banc [de pierre], durant 'hol hamoéd.
רַב יְהוּדָה שְׁרֵי לְמִישְׁקַל טוּפְרֵיהּ לַחֲמָרָא דְרִיחְיָא, וּלְאוֹקוֹמֵי רִיחְיָא, וּלְמִיבְנֵי רִיחְיָא, וּלְמִיבְנֵי אַמַּת רִיחְיָא, וּלְמִיבְנֵי אוּרְיָא. רָבָא שְׁרָא לְסָרוֹקֵי סוּסְיָא, וּלְמִיבְנֵי אַקְרָפִיטָא, וּלְמִיבְנֵי אִיצְטְבָא.
Rava a également autorisé à pratiquer une saignée sur une bête à des fins médicales, durant 'hol hamoéd. Abaye lui dit : une baraïta enseignée vient à ton appui : on pratique la saignée sur une bête, et on ne lui refuse aucun soin médical durant 'hol hamoéd.
רָבָא שְׁרָא לְמִישְׁקַל דְּמָא לִבְהֵמָה בְּחוּלָּא דְּמוֹעֲדָא. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי, תַּנְיָא דִּמְסַיַּיע לָךְ: מַקִּיזִין דָּם לַבְּהֵמָה, וְאֵין מוֹנְעִין רְפוּאָה לַבְּהֵמָה בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד.
Rava a en outre autorisé à frotter [et lisser] des vêtements dans le cadre du lavage. Quelle en est la raison ? C'est un travail de profane, et non un travail d'artisan, lequel est interdit durant 'hol hamoéd. Rav Yits'haq bar Ami dit au nom de Rav 'Hisda : nouer les manches pour former des plis est interdit. Quelle en est la raison ? C'est un travail d'artisan, et il est par conséquent interdit durant 'hol hamoéd.
רָבָא שְׁרָא לְכַסְכּוֹסֵי קִירְמֵי. מַאי טַעְמָא — מַעֲשֵׂה הֶדְיוֹט הוּא. אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַמֵּי אֲמַר רַב חִסְדָּא: קִיטּוּרֵי בֵירֵי — אֲסִיר. מַאי טַעְמָא — מַעֲשֵׂה אוּמָּן הוּא.
Rava dit : celui qui nivelle le sol durant 'hol hamoéd — la distinction suivante s'applique. Si son intention est de préparer une aire de battage, c'est permis ; mais si son intention est de préparer la terre en vue d'un ensemencement, c'est interdit.
אָמַר רָבָא: מַאן דִּמְתַקֵּיל אַרְעָא אַדַּעְתָּא דְּבֵי דָרֵי — שְׁרֵי, אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא — אֲסִיר.
La Guemara demande : quelles sont les circonstances de chaque cas ? La Guemara explique : s'il jette de la terre d'un monticule (moulya) sur un autre monticule, ou d'un sillon dans un autre sillon (natsa), il est clair qu'il agit dans l'intention de préparer une aire de battage, car son seul souci est la surface plane du milieu, et non le terrain qui l'entoure. En revanche, s'il prend de la terre d'un monticule et la jette dans un sillon [pour égaliser le terrain entier], il agit vraisemblablement dans l'intention de préparer la terre en vue d'un ensemencement, ce qui est interdit durant 'hol hamoéd en raison de sa ressemblance avec le travail interdit du labour.
הֵיכִי דָּמֵי? — מוּלְיָא בְּמוּלְיָא וְנַצָּא בְּנַצָּא — אַדַּעְתָּא דְבֵי דָרֵי, שְׁקַל מוּלְיָא וּשְׁדָא בְּנַצָּא — אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא.
Et Rava dit : celui qui débarrasse son champ de brindilles durant 'hol hamoéd — la distinction suivante s'applique. Si son intention est d'utiliser les brindilles [comme bois de chauffage], c'est permis ; mais si son intention est de préparer la terre en vue d'un ensemencement, c'est interdit. La Guemara demande : quelles sont les circonstances de chaque cas ? La Guemara explique : s'il prend les grandes brindilles et laisse les petites, il est clair qu'il agit dans l'intention d'utiliser les brindilles. Mais s'il prend à la fois les grandes et les petites, il apparaît qu'il agit dans l'intention de préparer la terre, et c'est interdit.
וְאָמַר רָבָא: הַאי מַאן דְּזָכֵי זִיכֵי, אַדַּעְתָּא דְצִיבֵי — שְׁרֵי, אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא — אֲסִיר. הֵיכִי דָּמֵי? שָׁקֵיל רַבְרְבֵי וְשָׁבֵיק זוּטְרֵי — אַדַּעְתָּא דְצִיבֵי, שְׁקַל רַבְרְבֵי וְזוּטְרֵי — אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא.
Et Rava dit encore : celui qui ouvre les vannes d'un canal d'eau traversant sa terre durant 'hol hamoéd — la distinction suivante s'applique. Si son intention est d'attraper les poissons qui arrivent avec l'eau, c'est permis ; mais si son intention est d'arroser la terre, c'est interdit.
וְאָמַר רָבָא: הַאי מַאן דְּפָתַח מַיָּא לְאַרְעֵיהּ, אַדַּעְתָּא דִכְווֹרֵי — שְׁרֵי, אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא — אֲסִיר.
La Guemara demande : quelles sont les circonstances de chaque cas ? La Guemara explique : s'il ouvre deux vannes du canal, l'une en amont de son champ et l'autre en aval — de sorte que l'eau qui entre ressort aussi — il est clair qu'il agit dans l'intention d'attraper des poissons, car l'eau s'écoulera et seuls les poissons resteront dans les creux de son champ. Mais s'il n'ouvre qu'une seule vanne, il agit vraisemblablement dans l'intention d'arroser la terre, car il est manifeste qu'il veut que le canal se remplisse et que l'eau déborde sur le champ.
הֵיכִי דָּמֵי? פָּתַח תְּרֵי בָבֵי, חַד מֵעִילַּאי וְחַד מִתַּתַּאי — אַדַּעְתָּא דִכְווֹרֵי, פְּתַח חַד בָּבָא — אַדַּעְתָּא דְאַרְעָא.
Et Rava dit aussi : celui qui élague les branches de son palmier-dattier durant 'hol hamoéd — la distinction suivante s'applique. S'il le fait dans l'intention de nourrir ses bêtes, c'est permis ; mais s'il le fait dans l'intention de favoriser la croissance de son palmier, c'est interdit. La Guemara demande : quelles sont les circonstances de chaque cas ? La Guemara explique : s'il prend toutes les branches d'un seul côté de l'arbre, il agit dans l'intention de donner les branches à manger à ses bêtes, car il est manifeste qu'il ne se soucie pas du dommage causé au palmier. En revanche, s'il prend les branches de ce côté-ci de l'arbre et aussi de l'autre côté [de façon équilibrée], il apparaît qu'il agit dans l'intention de favoriser la croissance du palmier, et c'est interdit.
וְאָמַר רָבָא: הַאי מַאן דְּפָשַׁח דִּיקְלָא, אַדַּעְתָּא דְחֵיוָתָא — שְׁרֵי, אַדַּעְתָּא דְּדִיקְלָא — אֲסִיר. הֵיכִי דָּמֵי? שָׁקֵיל כּוּלֵּיהּ מֵחַד גִּיסָא — אַדַּעְתָּא דְחֵיוָתָא, מֵהַאי גִּיסָא וּמֵהַאי גִּיסָא — אַדַּעְתָּא דְּדִיקְלָא וַאֲסִיר.
Et Rava dit encore : ces dattes non mûres — les couper en morceaux afin de les rendre propres à la consommation est permis durant 'hol hamoéd ; mais les conserver [par pressage] est interdit, car elles ne seront prêtes à l'usage qu'après la fête. Rav Papa dit : puisqu'elles risquent d'être infestées de vers si on ne s'en occupe pas comme il faut, elles sont traitées comme une marchandise qui se perdrait, et il est permis de les conserver durant 'hol hamoéd.
וְאָמַר רָבָא: הָנֵי תַּמְרֵי תוּחְלָנִי, מִיגְזְרִינְהוּ — שְׁרֵי, מַיְיצִינְהוּ — אֲסִיר. רַב פָּפָּא אָמַר: כֵּיוָן דְּמַתְלְעִי — כִּפְרַקְמַטְיָא הָאָבֵד דָּמֵי, וְשָׁרֵי.
Et Rava dit aussi : tout commerce, si minime soit-il, est interdit durant 'hol hamoéd. Rabbi Yossef bar Avin dit : mais s'il s'agit d'une affaire qui, laissée en suspens, entraînerait une perte considérable, c'est permis. La Guemara rapporte que Ravina avait une fois une affaire commerciale conjointe qui aurait pu être vendue pour six mille dinars ; mais il en différa la vente jusqu'après les jours intermédiaires de la fête, et il la vendit alors pour douze mille dinars.
וְאָמַר רָבָא: פְּרַקְמַטְיָא כָּל שֶׁהוּא, אָסוּר. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין: וּבַדָּבָר הָאָבֵד — מוּתָּר. רָבִינָא הֲוָה לֵיהּ הָהוּא עִיסְקָא דַּהֲוָה מִזְדַּבַּן בְּשִׁיתָּא אַלְפֵי, שַׁהֲיֵיהּ לְזַבּוֹנֵיהּ בָּתַר חוּלָּא דְמוֹעֲדָא וְזַבְּנֵיהּ בִּתְרֵיסַר אַלְפֵי.
Moed Katan 10b
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מועד קטן י׳ במַסֶּכֶת מוֹעֵד קָטָן