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Traité Menachot

19b

Étude de Menachot 19b

Étude de la Guémara 19b

Guémara
Enseignant que les grains concassés [geres] et l'huile sont indispensables [me'akvim], et que rien d'autre n'est indispensable — bien que le terme « statut » [ḥok] apparaisse dans le verset.
גֶּרֶשׂ וָשֶׁמֶן מְעַכְּבִין, וְאֵין דָּבָר אַחֵר מְעַכֵּב.
§ La Guemara discute la question elle-même : Rav dit : pour tout rite sacrificiel de l'offrande de farine que le verset de la Torah répète, la répétition n'a pour but que d'enseigner que l'omission de ce rite invalide l'offrande. Et Chmouel dit : seuls les grains concassés et l'huile sont indispensables, et rien d'autre ne l'est. La Guemara demande : et selon Chmouel, est-il vrai que même si un rite de l'offrande de farine est répété dans un autre verset, il ne le considère pas comme indispensable ?
גּוּפָא, אָמַר רַב: כׇּל מָקוֹם שֶׁהֶחְזִיר לְךָ הַכָּתוּב בַּתּוֹרָה מִנְחָה, אֵינוֹ אֶלָּא לְעַכֵּב. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: גֶּרֶשׂ וָשֶׁמֶן מְעַכְּבִין, וְאֵין דָּבָר אַחֵר מְעַכֵּב. וְלִשְׁמוּאֵל, אַף עַל גַּב דִּתְנָא בֵּיהּ קְרָא לָא מְעַכְּבָא לֵיהּ?
Plutôt, Chmouel doit convenir que partout où le verset répète un rite, on comprend certainement qu'il est indispensable ; et ici, Rav et Chmouel divergent au sujet des expressions « sa poignée pleine » (Vayikra 2, 2) et « de sa main » (Vayikra 6, 8). Comme il est enseigné dans une baraïta : le verset dit « et il prélèvera sa poignée pleine », et ailleurs « et il prélèvera de celle-ci de sa main » — le changement de terminologie entre les deux versets enseigne que le cohen ne doit pas utiliser un ustensile pour mesurer la quantité de la poignée, mais doit utiliser sa main.
אֶלָּא, כֹּל הֵיכָא דִּתְנָא בֵּיהּ קְרָא וַדַּאי מְעַכְּבָא, וְהָכָא בִּ״מְלֹא קוּמְצוֹ״ ״בְּקוּמְצוֹ״ קָא מִיפַּלְגִי, דְּתַנְיָא: ״מְלֹא קֻמְצוֹ״ ״בְּקֻמְצוֹ״ – שֶׁלֹּא יַעֲשֶׂה מִדָּה לַקּוֹמֶץ.
Rav est d'avis que cette halakha d'utiliser sa main et non un ustensile est aussi répétée dans un autre verset, comme il est écrit dans le contexte du service d'Aaron le huitième jour de l'inauguration du Tabernacle : « Et il présenta l'offrande de farine ; et il remplit sa main de celle-ci » (Vayikra 9, 17) — démontrant que la poignée est prélevée à la main et non avec un ustensile. Et Chmouel est d'avis que nous ne dérivons pas la halakha pour toutes les générations d'une situation temporaire. Dès lors, l'utilisation de la main n'est pas indispensable, car les exigences générales des rites de l'offrande de farine ne peuvent pas être déduites d'un verset concernant l'offrande de farine sacrifiée lors de l'inauguration du Tabernacle.
רַב סָבַר: הָא נָמֵי תְּנָא בֵּיהּ קְרָא, דִּכְתִיב: ״וַיַּקְרֵב אֶת הַמִּנְחָה וַיְמַלֵּא כַפּוֹ מִמֶּנָּה״, וּשְׁמוּאֵל: דּוֹרוֹת מִשָּׁעָה לָא יָלְפִינַן.
La Guemara demande : et Chmouel ne dérive-t-il pas la halakha pour toutes les générations d'une situation temporaire ? Mais n'avons-nous pas appris dans une michna (Zevachim 88a) : les récipients du service utilisés pour les liquides ne sanctifient que les liquides qu'on y place, et les récipients utilisés pour mesurer les substances sèches ne sanctifient que les substances sèches qu'on y place ; mais les récipients pour liquides ne sanctifient pas les substances sèches, et les récipients pour substances sèches ne sanctifient pas les liquides.
וְלָא יָלֵיף שְׁמוּאֵל דּוֹרוֹת מִשָּׁעָה? וְהָתְנַן: כְּלֵי הַלַּח מְקַדְּשִׁין אֶת הַלַּח, וּמִדֹּת יָבֵשׁ מְקַדְּשִׁין אֶת הַיָּבֵשׁ, וְאֵין כְּלֵי הַלַּח מְקַדְּשִׁין אֶת הַיָּבֵשׁ, וְלֹא מִדֹּת יָבֵשׁ מְקַדְּשִׁין אֶת הַלַּח.
Et Chmouel dit à propos de cette michna : ils n'ont enseigné cette halakha que pour les récipients utilisés pour mesurer les liquides — par exemple le vin ou l'huile. Mais les coupes, utilisées pour recueillir le sang des offrandes, sanctifient aussi les substances sèches qu'on y place — comme il est écrit au sujet des offrandes des princes lors de l'inauguration du Tabernacle : « Une coupe d'argent de soixante-dix sicles, selon le sicle du Sanctuaire ; toutes deux pleines de fine farine pétrie à l'huile pour une offrande de farine » (Bamidbar 7, 13) — indiquant que les coupes étaient aussi destinées à contenir de la farine, une substance sèche. En ce cas, Chmouel dérive bien la halakha générale d'une situation temporaire — les offrandes des princes.
וְאָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא מִדּוֹת, אֲבָל מִזְרָקוֹת מְקַדְּשִׁין, דִּכְתִיב ״שְׁנֵיהֶם מְלֵאִים סֹלֶת״!
La Guemara répond : là, au sujet de l'offrande des princes, c'est différent, car le verset est répété douze fois — une fois pour chaque prince. Chmouel en déduit donc une halakha pour toutes les générations. Néanmoins, en règle générale, la halakha pour toutes les générations ne peut pas être dérivée d'une situation temporaire.
שָׁאנֵי הָתָם, דִּתְנָא בָּהּ קְרָא תְּרֵיסַר זִימְנִין.
La Guemara revient à la déclaration de Rav selon laquelle un rite de l'offrande de farine est réputé indispensable s'il est répété dans les versets. Rav Kahana et Rav Assi dirent à Rav : mais qu'en est-il de l'apport de l'offrande de farine au coin de l'autel [hagasha], qui est répété dans le verset — « et il l'apportera à l'autel » (Vayikra 2, 8) — et qui n'est pas indispensable, comme énoncé dans la michna (18a) ? La Guemara précise : où est-il répété ? Comme il est écrit : « Et voici la loi de l'offrande de farine : les fils d'Aaron la sacrifieront devant l'Éternel, en face de l'autel » (Vayikra 6, 7).
אֲמַרוּ לֵיהּ רַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי לְרַב: וַהֲרֵי הַגָּשָׁה, דִּתְנָא בָּהּ קְרָא, וְלָא מְעַכְּבָא! מַאן תְּנָא בֵּיהּ? דִּכְתִיב: ״זֹאת תּוֹרַת הַמִּנְחָה הַקְרֵב אוֹתָהּ בְּנֵי אַהֲרֹן לִפְנֵי ה׳״!
La Guemara répond : ce verset n'est pas une répétition de la mitsva d'apporter l'offrande de farine au coin de l'autel ; il vient seulement établir le lieu où elle doit être apportée. Comme il est enseigné dans une baraïta : le verset dit : « Les fils d'Aaron la sacrifieront devant l'Éternel, en face de l'autel » (Vayikra 6, 7). À partir de « devant l'Éternel », on aurait pu penser que l'offrande doit être apportée du côté ouest de l'autel, qui fait face au Sanctuaire et est donc « devant l'Éternel ». C'est pourquoi le verset dit : « en face de l'autel » — c'est-à-dire son côté sud, où les cohanim montent la rampe.
הָהוּא לִקְבּוֹעַ לָהּ מָקוֹם הוּא דַּאֲתָא, דְּתַנְיָא: ״לִפְנֵי ה׳״ – יָכוֹל בַּמַּעֲרָב? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֶל פְּנֵי הַמִּזְבֵּחַ״.
La baraïta poursuit : si le verset avait seulement dit « en face de l'autel », on aurait pu penser que l'offrande n'est apportée que du côté sud de l'autel, comme mentionné. C'est pourquoi le verset dit : « devant l'Éternel », qui indique le côté ouest. Comment concilier ces textes ? La baraïta répond : le cohen l'apporte près du coin sud-ouest de l'autel, en face du bord du coin de l'autel — et cela suffit.
אִי ״אֶל פְּנֵי הַמִּזְבֵּחַ״ יָכוֹל בַּדָּרוֹם, תַּלְמוּד לוֹמַר ״לִפְנֵי ה׳״, הָא כֵּיצַד? מַגִּישָׁהּ בְּקֶרֶן דְּרוֹמִית מַעֲרָבִית כְּנֶגֶד חוּדָּהּ שֶׁל קֶרֶן וְדַיּוֹ.
La baraïta poursuit : Rabbi Éliézer dit : on aurait pu penser que le verset offre au cohen le choix de l'apporter du côté ouest du coin ou du côté sud du coin. Tu dis le principe suivant : chaque fois que tu trouves deux versets, dont l'un se réalise lui-même et réalise aussi l'autre, et l'autre se réalise lui-même mais annule l'autre — nous écartons le verset qui se réalise lui-même et annule l'autre, et nous retenons celui qui se réalise lui-même et réalise aussi l'autre.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יָכוֹל יַגִּישֶׁנָּה לְמַעֲרָבָהּ שֶׁל קֶרֶן אוֹ לִדְרוֹמָהּ שֶׁל קֶרֶן? אָמַרְתָּ: כׇּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא שְׁתֵּי מִקְרָאוֹת, אֶחָד מְקַיֵּים עַצְמוֹ וּמְקַיֵּים חֲבֵירוֹ, וְאֶחָד מְקַיֵּים עַצְמוֹ וּמְבַטֵּל אֶת חֲבֵירוֹ – מַנִּיחִין אֶת שֶׁמְּקַיֵּים עַצְמוֹ וּמְבַטֵּל חֲבֵירוֹ, וְתוֹפְשִׂין אֶת שֶׁמְּקַיֵּים עַצְמוֹ וּמְקַיֵּים חֲבֵירוֹ.
Il explique : lorsque tu dis d'apporter l'offrande de farine « devant l'Éternel », ce qui indique le côté ouest, tu as annulé l'autre partie du verset qui dit de l'apporter « en face de l'autel », c'est-à-dire du côté sud. Mais lorsque tu dis de l'apporter « en face de l'autel » et de l'offrir du côté sud, tu as aussi réalisé l'autre partie du verset qui dit de l'apporter « devant l'Éternel ».
שֶׁכְּשֶׁאַתָּה אוֹמֵר ״לִפְנֵי ה׳״ בַּמַּעֲרָב, בִּטַּלְתָּה ״אֶל פְּנֵי הַמִּזְבֵּחַ״ בַּדָּרוֹם, וּכְשֶׁאַתָּה אוֹמֵר ״אֶל פְּנֵי הַמִּזְבֵּחַ״ בַּדָּרוֹם, קִיַּימְתָּה ״לִפְנֵי ה׳״.
Menachot 19b
100%
מנחות י״ט במַסֶּכֶת מְנָחוֹת