Et Rabbi Yehouda est d'avis que les Sages et Rabbi Eliezer ne divergent que dans ces cas-là, où l'intention est de boire le sang ou de brûler la viande de l'offrande. Dans ces cas, les Sages jugent l'offrande valide, puisque l'intention impropre porte sur un usage inhabituel de l'objet. Mais si l'intention est de laisser de son sang jusqu'au lendemain, tout le monde s'accorde à dire que l'offrande est impropre. Quelle en est la raison ? C'est un décret rabbinique disqualifiant l'offrande lorsqu'une partie de son sang est laissée jusqu'au lendemain, par crainte qu'un Cohen ait l'intention de laisser tout son sang — et si l'intention est de laisser tout son sang jusqu'au lendemain, l'offrande est rendue impropre par la Torah.
וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר בְּהָנָךְ פְּלִיגִי, לְהַנִּיחַ – דִּבְרֵי הַכֹּל פָּסוּל. מַאי טַעְמָא? גְּזֵירָה מִקְצָת דָּמוֹ אַטּוּ כׇּל דָּמוֹ, וְכׇל דָּמוֹ פְּסוּלָא דְאוֹרָיְיתָא.
Comme il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Yehouda dit aux Sages : ne m'accordez-vous pas que s'il a laissé le sang jusqu'au lendemain sans le présenter, l'offrande est impropre ? Par conséquent, s'il a eu l'intention de laisser le sang jusqu'au lendemain, elle est aussi impropre.
דְּתַנְיָא, אָמַר לָהֶם רַבִּי יְהוּדָה: אִי אַתֶּם מוֹדִים לִי שֶׁאִם הִנִּיחוֹ לְמָחָר שֶׁפָּסוּל? חִישֵּׁב לְהַנִּיחוֹ לְמָחָר נָמֵי פָּסוּל.
Et Rabbi Elazar vient dire que même dans ce cas Rabbi Eliezer juge l'offrande impropre et les Sages la jugent valide, car il n'y a pas de distinction entre un cas où l'on avait l'intention de boire du sang le lendemain et un cas où l'on avait seulement l'intention de laisser le sang jusqu'au lendemain.
וַאֲתָא רַבִּי אֶלְעָזָר לְמֵימֵר: אַף בְּזוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר פּוֹסֵל וַחֲכָמִים מַכְשִׁירִין.
La Guemara demande : Rabbi Yehouda est-il vraiment d'avis que si l'intention est de laisser une partie du sang jusqu'au lendemain, tout le monde s'accorde à dire que l'offrande est impropre ? Mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta : Rabbi Yehouda haNassi dit : lorsque je suis allé vers Rabbi Elazar ben Shammua pour clarifier mes connaissances — et certains disent que Rabbi Yehouda haNassi a dit : lorsque je suis allé clarifier les connaissances de, c'est-à-dire étudier sous, Rabbi Elazar ben Shammua —, j'ai trouvé Yossef le Babylonien assis devant Rabbi Elazar ben Shammua. Et chaque décision que Rabbi Elazar ben Shammua enseignait lui était particulièrement chère, jusqu'à ce qu'ils abordent une halakha, lorsque Yossef le Babylonien lui dit : mon maître, au sujet de celui qui abat l'offrande avec l'intention de laisser une partie de son sang pour le lendemain, quelle est la halakha ?
וְסָבַר רַבִּי יְהוּדָה לְהַנִּיחַ מִדָּמוֹ לְמָחָר דִּבְרֵי הַכֹּל פָּסוּל? וְהָתַנְיָא: אָמַר רַבִּי: כְּשֶׁהָלַכְתִּי לְמַצּוֹת מִדּוֹתַי אֵצֶל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ, וְאָמְרִי לַהּ לְמַצּוֹת מִדּוֹתָיו שֶׁל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ, מָצָאתִי יוֹסֵף הַבַּבְלִי יוֹשֵׁב לְפָנָיו, וְהָיָה חָבִיב לוֹ בְּיוֹתֵר, עַד לְאַחַת אָמַר לוֹ: רַבִּי, הַשּׁוֹחֵט אֶת הַזֶּבַח לְהַנִּיחַ מִדָּמוֹ לְמָחָר מַהוּ?
Rabbi Elazar ben Shammua lui répondit : l'offrande est valide. Yossef le Babylonien répéta cette question le soir, et Rabbi Elazar ben Shammua lui dit que l'offrande est valide. Il posa de nouveau la question le lendemain matin, et Rabbi Elazar ben Shammua lui dit que l'offrande est valide. Encore une fois, il posa cette question à midi, et Rabbi Elazar ben Shammua lui dit que l'offrande est valide. Lorsqu'il posa la question une fois de plus en fin d'après-midi, Rabbi Elazar ben Shammua lui dit : je suis d'avis que l'offrande est valide, mais Rabbi Eliezer la juge impropre. Le visage de Yossef le Babylonien s'illumina [tzahavu panav] de joie.
אָמַר לוֹ: כָּשֵׁר. עַרְבִית אָמַר לוֹ: כָּשֵׁר. שַׁחֲרִית אָמַר לוֹ: כָּשֵׁר. צׇהֳרַיִם אָמַר לוֹ: כָּשֵׁר. מִנְחָה אָמַר לוֹ: כָּשֵׁר, אֶלָּא שֶׁרַבִּי אֱלִיעֶזֶר פּוֹסֵל. צָהֲבוּ פָּנָיו שֶׁל יוֹסֵף הַבַּבְלִי.
Rabbi Elazar ben Shammua lui dit : Yossef, il me semble que nos halakhot, c'est-à-dire les miennes, n'étaient pas exactes jusqu'à maintenant, lorsque j'ai dit que l'offrande est valide. Yossef le Babylonien lui dit : mon maître, oui, je suis d'accord que l'offrande est valide, comme vous l'avez dit. Mais ma réticence à accepter votre déclaration tenait au fait que Rabbi Yehouda m'avait enseigné que l'offrande est impropre, et j'ai fait le tour de tous les disciples de Rabbi Yehouda, cherchant un autre disciple qui aurait aussi entendu cela de lui, mais je n'en ai pas trouvé, et j'ai pensé que je devais m'être trompé. Maintenant que vous m'avez enseigné que Rabbi Eliezer la juge impropre, vous m'avez rendu ce que j'avais perdu.
אָמַר לוֹ: יוֹסֵף, כִּמְדוּמֶּה אֲנִי שֶׁלֹּא כִּיוַּונְנוּ שְׁמוּעָתֵינוּ עַד עָתָּה. אָמַר לוֹ: רַבִּי, הֵן! אֶלָּא שֶׁרַבִּי יְהוּדָה פָּסוּל שָׁנָה לִי, וְחָזַרְתִּי עַל כׇּל תַּלְמִידָיו וּבִקַּשְׁתִּי לִי חָבֵר וְלֹא מָצָאתִי, עַכְשָׁיו שֶׁשָּׁנִיתָ לִי פָּסוּל – הֶחְזַרְתָּ לִי אֲבֵידָתִי.
La baraïta poursuit : en entendant cela, les yeux de Rabbi Elazar ben Shammua se remplirent de larmes, et il dit : heureux êtes-vous, savants de la Torah, pour qui les matières de Torah sont excessivement chères. Rabbi Elazar ben Shammua récita ce verset à propos de Yossef le Babylonien : « combien j'aime Ta Torah ; c'est ma méditation tout le jour » (Tehilim 119, 97). Il continua : parce que Rabbi Yehouda est le fils de Rabbi Elai, et que Rabbi Elai est le disciple de Rabbi Eliezer, Rabbi Yehouda t'a donc enseigné la Michna de Rabbi Eliezer selon laquelle l'offrande est impropre.
זָלְגוּ עֵינָיו דְּמָעוֹת שֶׁל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ, אָמַר: אַשְׁרֵיכֶם תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁדִּבְרֵי תוֹרָה חֲבִיבִין עֲלֵיכֶם בְּיוֹתֵר, קָרָא עָלָיו הַמִּקְרָא הַזֶּה: ״מָה אָהַבְתִּי תוֹרָתֶךָ כׇּל הַיּוֹם הִיא שִׂיחָתִי וְגוֹ׳״, הָא מִפְּנֵי שֶׁרַבִּי יְהוּדָה בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי אִלְעַאי, וְרַבִּי אִלְעַאי תַּלְמִידוֹ שֶׁל רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, לְפִיכָךְ שָׁנָה לְךָ מִשְׁנַת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.
La Guemara explique son objection : et s'il te venait à l'esprit que Rabbi Yehouda avait enseigné à Yossef le Babylonien que tous s'accordent à dire que l'offrande est impropre, que voulait dire Yossef le Babylonien lorsqu'il dit à Rabbi Elazar ben Shammua : vous m'avez rendu ce que j'avais perdu ? Rabbi Elazar ben Shammua ne lui avait dit que le fait de savoir si l'offrande est rendue impropre fait l'objet d'une dispute — et Yossef le Babylonien aurait été enseigné que tous s'accordent à dire qu'elle est impropre.
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דִּבְרֵי הַכֹּל פָּסוּל אַתְנְיֵיהּ, מַאי הֶחְזַרְתָּ לִי אֲבֵידָתִי? אִיהוּ פְּלוּגְתָּא קָאָמַר לֵיהּ.
Plutôt, qu'est-ce que Rabbi Yehouda a enseigné à Yossef le Babylonien ? L'a-t-il enseigné que les Sages jugent l'offrande valide et Rabbi Eliezer la juge impropre ? Si tel est le cas, que voulait dire Rabbi Elazar ben Shammua lorsqu'il a dit que c'était seulement parce que Rabbi Yehouda était le fils de Rabbi Elai, qui était le disciple de Rabbi Eliezer, que Rabbi Yehouda avait enseigné cette dispute ? Selon Rabbi Elazar ben Shammua, nous aussi enseignons cette dispute. Le fait que Rabbi Yehouda ait enseigné les deux avis d'une dispute ne nécessite pas de justification.
אֶלָּא מַאי, כָּשֵׁר וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר (פָּסוּל) פּוֹסֵל אַתְנְיֵיהּ? אִי הָכִי, מַאי הָא מִפְּנֵי פְּלוּגְתָּא? אֲנַן נָמֵי פְּלוּגְתָּא קָא מַתְנִינַן!
Plutôt, il faut dire qu'en réalité Rabbi Yehouda a enseigné à Yossef le Babylonien que tous s'accordent à dire que l'offrande est impropre ; et que voulait dire Yossef le Babylonien lorsqu'il dit : vous m'avez rendu ce que j'avais perdu ? Il voulait dire que Rabbi Elazar ben Shammua lui avait en tout cas confirmé qu'il existe dans le monde un avis concernant l'impropreté de l'offrande si l'intention était de laisser le sang jusqu'au lendemain. Sa réponse a rassuré Yossef le Babylonien qu'un tel avis existe en effet.
אֶלָּא, לְעוֹלָם ״דִּבְרֵי הַכֹּל פָּסוּל״ אַתְנְיֵיהּ, וּמַאי הֶחְזַרְתָּ לִי אֲבֵידָתִי? (דהדר) [דְּאַהְדַּר] לֵיהּ מִיהָא שׁוּם פַּסְלוּת בָּעוֹלָם.
Mishna 1
MICHNA : si l'on n'a pas versé l'huile sur l'offrande de farine (minḥah), ou n'a pas mélangé l'huile dans l'offrande de farine, ou n'a pas cassé les pains en morceaux, ou n'a pas ajouté de sel, ou n'a pas fait l'offrande par balancement (tenoufa) pour l'omer ou l'offrande de farine d'une sota, ou n'a pas apporté l'offrande de farine à l'autel, ou s'il est arrivé que le Cohen ait cassé les offrandes de farine devant être cassées en morceaux plus grands qu'il ne convient, ou n'a pas étalé d'huile sur les galettes qui le requièrent (voir Vayikra 2, 4) — dans tous ces cas l'offrande de farine est valide.
מַתְנִי׳ לֹא יָצַק, לֹא בָּלַל, וְלֹא פָּתַת, וְלֹא מֶלַח, וְלֹא הֵנִיף, לֹא הִגִּישׁ, אוֹ שֶׁפְּתָתָן פִּתִּים מְרוּבּוֹת, וְלֹא מְשָׁחָן – כְּשֵׁירָה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : la Guemara demande : que veut dire la Michna lorsqu'elle dit que si l'on n'a pas versé l'huile sur l'offrande de farine, celle-ci est valide ? Si l'on dit que cela signifie qu'il n'a pas versé d'huile du tout, c'est difficile : le verset n'écrit-il pas au sujet du versement de l'huile que c'est indispensable ? Plutôt, la Michna doit viser un cas où un Cohen n'a pas versé l'huile sur l'offrande de farine, mais qu'un non-Cohén (zar) l'a versée. La Guemara note : si c'est ainsi que l'on comprend la première clause de la Michna, alors la halakha suivante dans la Michna — « si l'on n'a pas mélangé l'huile dans l'offrande de farine » — devrait aussi être comprise comme visant un cas où un Cohen n'a pas mélangé l'huile dans l'offrande de farine, mais qu'un non-Cohén l'a mélangée, et elle serait valide. Cela indiquerait que si l'on n'a pas mélangé l'huile dans l'offrande de farine du tout, l'offrande de farine est impropre.
גְּמָ׳ מַאי ״לֹא יָצַק״? אִילֵּימָא לֹא יָצַק כְּלָל – עִיכּוּבָא כְּתַב בָּהּ! אֶלָּא, לֹא יָצַק כֹּהֵן, אֶלָּא זָר. אִי הָכִי, ״לֹא בָּלַל״ נָמֵי – לֹא בָּלַל כֹּהֵן, אֶלָּא זָר, הָא לֹא בָּלַל כְּלָל – פְּסוּלָה.
Rachi
ור' יהודה סבר - בשתיה הוא דפליגי רבנן משום דחישב במידי דלאו אורחיה אבל בלהניח דברי הכל פסולה:,גזירה - דמחשב להניח מקצת דמו אטו כל דמו וכל דמו פסולא דאורייתא הוא כדמפרש במסכת זבחים בפ' כל הפסולין (זבחים דף לו.) תרי קראי כתיבי בנותר כו':
למצות מדותי - לידע מיצוי תלמודיי ולשאל ספיקותיי:,למצות מדותיו - ללמד ולמצות מה שר' אלעזר חכם ממני:,והיה חביב - יוסף לרבי אלעזר וספרו בהלכות עד שהגיעו להלכה אחת של זבחים לשון אחר והיה חביב ליוסף כל מה שרבי אלעזר מלמדו עד שהגיעו להלכה אחת:
צהבו פניו - מחמת שמחה:
שלא כיווננו שמועתינו - כלומר דלא סליק לך אליבא דהילכתא כל דאמרי לך עד השתא:,רבי הן - כוונת וכוונת אלא משום הכי צהבו פני השתא שר' יהודה פסול שנה לי:,ולא מצאתי - והייתי מתיירא שמא שכחתי:
הא מפני - הא משמע לשון טעם כלומר הרי מפני שרבי יהודה בנו של רבי אילעאי ורבי אילעאי תלמידו של רבי אליעזר כדאמרי' במסכת סוכה בפרק הישן (סוכה דף כז:) מעשה ברבי אילעאי שהלך להקביל פני ר' אליעזר כו':,שנה לך משנת רבי אליעזר - ולא שהלכה כן אלא חביבה היתה עליו ושנאה לך:
ואי סלקא דעתך רבי יהודה דברי הכל פסולה אתנייה - לרבי יוסף הבבלי מאי החזרת לי אבידה הא לא אמר ר' אלעזר בן שמוע כר' יהודה וקשיא למאן דאמר לעיל ר' יהודה סבר להניח דברי הכל פסול:
אלא מאי - אתנייה ר' יהודה כשר לרבנן ור' אליעזר פוסל א"כ מאי הא מפני דמשמע מפני שחביבה עליו שנאה ולא שהלכה כן היא הא אנן נמי דברי ר"א בן שמוע פלוגתא מתנינן לר' יהודה (בזבחים דף לו.):
מתני' לא יצק - היינו יציקה אחרונה דבתחילה נותן שמן בכלי ואח"כ סולת ובולל וחוזר ויוצק שמן והכי מפרש בפ' אלו מנחות נקמצות (מנחות דף עד:):,(לא יצק) לא בלל כשר - וכגון שנתן כל הלוג במתן הראשון שהוא קודם לעשייתה דאי חיסר שמנה אמרו בפ' קמא (לעיל מנחות דף יא.) פסולה:,לא פתת - שנאמר פתות אותה פתים ואע"ג דבמנחת מחבת הוא דכתיב ה"ה לכל המנחות הנאפות תחילה כגון מחבת ומרחשת ומאפה שכולן באות עשר עשר ומצוה לפותתן כולן ואח"כ קומץ וזה אם לא פתת אלא כדי קמיצה כשר כדאמרינן באלו מנחות (לקמן מנחות דף עה:):,לא הניף - במנחת (חוטא) וקנאות דטעונות תנופה בפרק כל המנחות (מנחות דף סא.):,לא הגיש - בקרן דרומית מערבית כדמפרש בשמעתא:,פתתה - לאחר אפייתן פותתן וקומץ כדמפרש באלו מנחות (שם דף עה.) ופתתן מרובות גדולות יותר מדינן המפורש באלו מנחות נקמצות (שם דף עה:) מנחת ישראל כופל אחד לשנים ושנים לד':,ולא משחן - אותן הטעונות משיחה כדכתיב ורקיקי מצות משוחים בשמן (ויקרא ז׳:י״ב):
גמ' עכובא כתיב בה - דהא נאמר יציקה במנחת הסולת ונשנית במנחת מחבת ואמרינן לקמן (מנחות דף יט:) כל מקום שהחזיר ושנה הכתוב בתורת מנחה אינו אלא לעכב אי נמי דכתיב (ויקרא ב) ויצקת עליה שמן מנחה היא היא מנחה ולא שלא יצק מנחה דכל היא עיכובא ואף על גב דדרשינן ליה באלו מנחות (לקמן מנחות דף עה.) למעוטי מנחת מאפה מיציקה שמעינן נמי עיכובא מיניה:
Tossafot
גזירה מקצת דמו כו'. תימה בלשתות מדמו נמי נגזר אטו כל דמו וי"ל לשתות כל דמו נמי לא משתמע שלא יעשה זריקה כלל אלא אחר זריקתה ישתה וא"ת לאכול אמאי מודים ליגזור אטו כל אימורים דהוי פסולא דאורייתא וי"ל דההיא נמי אפשר באכילה לאחר שהעלן ומשלה בהן האור שאינם אלא צלויין בעלמא ולא דמי להניח דמשמע שלא יעשה זריקה כלל ועוד באימורים לא מיפסיל זיבחא אם לא הוקטרו ומיהו בעל מנת להניח אימורין למחר או להוציאם לחוץ היה פוסל ר' יהודה כדתנן בזבחים בפרק כל הפסולין (זבחים דף לה:) ושמא טעמא משום דגזר להניח כל האימורים אטו להניח כל דמו:
עד אחת. במגילת סתרים דרבינו נסים גריס עד לאחת פירוש עד מאד כדמתרגמינן מאד לחדא וי"מ עד אחת עד הנפש שנקראת יחידה והשתא משמע הכא שרבי למד הרבה מרבי אלעזר בן שמוע וקשה דבסוף הערל (יבמות ד' פד.) אמר רבי כשהלכתי ללמוד תורה אצל רבי אלעזר בן שמוע חברו עלי תלמידיו כתרנגולין של בית בוקיא ולא הניחו לי ללמוד אלא דבר אחד במשנתינו ושמא מעשה זה היה אח"כ תדע דהתם קאמר ללמוד תורה והכא קאמר למצות מדותיו:
אלא לעולם דברי הכל פסול אתנייה. לפי מסקנא זו לא נוכל להוכיח לשום תנא פיגול כר' אליעזר ותימה דבפ"ב דזבחים (דף כז:) תנן השוחט את הזבח לאכול כזית מעור שתחת האליה למחר פיגול וחייבין עליו כרת וקאמרינן בגמרא סברוה דעור האליה כאליה דמי דקא מחשב מאכילת מזבח לאדם אמר שמואל הא מני רבי אליעזר היא דאמר מחשבין מאכילת אדם כו' וכמו כן קשיא מרבי יוחנן דלעיל דמפרש טעמא דרבי אליעזר מקרא ושמא לית להו מסקנא דהכא ועוד יש לתרץ דקסבר שמואל דלכולהו תנאי הוי פיגול והשלשה מחלוקות בלהניח אבל בהנך הוי פיגול בין לתנא קמא בין לרבי אליעזר אבל לרבי יוחנן לא נוכל לומר כן דהא בחדא מילתא קאמר ר"י דמודה רבי אליעזר שאין ענוש כרת ואין שני דבריו של רבי יוחנן יכולים להתקיים שצריך למצוא שני תנאים אליבא דרבי אליעזר דחד פסל וחד מפגל ולמאי דאסיקנא דברי הכל פסול אתנייה לא משכח להו:
מלח ולא הניף ולא הגיש. לא דקדק בסדר דתנופה קודמת למליחה כדתניא סוטה (דף יט.) והניף והגיש קמץ ומלח והקטיר ועוד אמרינן בגמרא לקמן (מנחות דף כ.) דאין לומר לא מלח כהן אלא זר וכי תעלה על דעתך שזר קרב אצל מזבח והיינו משום שהיתה המליחה אחר תנופה והגשה:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.