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Traité Menachot

101a

Étude de Menachot 101a

Étude de la Guémara 101a

Guémara
On ne peut pas tirer la conclusion que ces substances peuvent être rachetées, car nous ne trouvons aucun cas où un objet consacré dans un récipient de service [kli sharet] est racheté.
דְּמִכְּלֵי שָׁרֵת לָא אַשְׁכְּחַן דְּמִיפְּרִיק.
La Guemara demande : et où un animal présentant un défaut [ba'al moum] est-il appelé « impur » [tamei] dans la Torah ? La Guemara répond : comme il est enseigné dans une baraïta à propos du rachat d'une offrande — la Torah dit : « Et si c'est une bête impure [teme'a] dont on ne peut pas offrir de sacrifice à l'Éternel… » (Vayikra 27, 11-13) — le verset parle d'animaux présentant un défaut qui sont rachetés, et ils sont appelés impurs car ils ne sont pas aptes à servir d'offrandes.
וּבַעַל מוּם הֵיכָא אִיקְּרִי ״טָמֵא״? דְּתַנְיָא: ״וְאִם כׇּל בְּהֵמָה טְמֵאָה אֲשֶׁר לֹא יַקְרִיבוּ מִמֶּנָּה קׇרְבָּן לַה׳״ – בְּבַעֲלֵי מוּמִין שֶׁנִּפְדִּין הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
La Guemara précise : dis-tu que le verset vise les animaux présentant un défaut qui ont été rachetés, ou ne vise-t-il qu'une bête réellement impure [non casher] au sens propre, comme le sens littéral du verset l'indique ? La Guemara répond : lorsque le verset dit plus loin dans cette section : « Et si c'est d'une bête impure [teme'a], il la rachètera selon ton estimation… » (Vayikra 27, 27), une bête réellement impure est mentionnée comme sujette au rachat. Comment alors donner son sens au verset : « Et si c'est une bête impure [teme'a] » (Vayikra 27, 11) ? Le verset parle d'animaux présentant un défaut qui ont été rachetés — c'est-à-dire qui ont la possibilité d'être rachetés.
אַתָּה אוֹמֵר בְּבַעֲלֵי מוּמִין שֶׁנִּפְדּוּ, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בִּבְהֵמָה טְמֵאָה מַמָּשׁ? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְאִם בַּבְּהֵמָה הַטְּמֵאָה וּפָדָה בְעֶרְכֶּךָ״, הֲרֵי בְּהֵמָה טְמֵאָה אֲמוּרָה. הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְאִם כׇּל בְּהֵמָה טְמֵאָה״? בְּבַעֲלֵי מוּמִין שֶׁנִּפְדּוּ הַכָּתוּב מְדַבֵּר.
La Guemara poursuit : on aurait pu penser que les offrandes sont rachetées même en raison d'un défaut temporaire [moum over]. C'est pourquoi la suite du verset dit : « Dont on ne peut pas offrir de sacrifice à l'Éternel » — ce qui vise un animal qui n'est pas du tout sacrifié à D.ieu. Le verset exclut donc l'animal au défaut temporaire, qui n'est pas sacrifié aujourd'hui tant qu'il reste défectueux, mais le sera demain, une fois le défaut disparu.
יָכוֹל יִפָּדוּ עַל מוּם עוֹבֵר? תַּלְמוּד לוֹמַר ״אֲשֶׁר לֹא יַקְרִיבוּ מִמֶּנָּה קׇרְבָּן לַה׳״ – מִי שֶׁאֵינָהּ קְרֵיבָה לַה׳ כׇּל עִיקָּר, יָצְתָה זוֹ שֶׁאֵינָהּ קְרֵיבָה הַיּוֹם וּקְרֵיבָה לְמָחָר.
Rav Houna bar Manoaḥ soulève une objection à l'avis de Shmouel selon lequel les min'hot et nesakhim purs peuvent être rachetés s'ils n'ont pas encore été consacrés dans un récipient de service. La michna dit : pour les oiseaux consacrés, le bois pour l'autel, l'encens et les récipients de service, une fois devenus rituellement impurs, ils n'ont aucune possibilité de rachat — car le rachat des objets consacrés n'est mentionné dans la Torah qu'à propos d'un animal consacré pour l'autel devenu défectueux. Il est compréhensible que les oiseaux ne soient pas rachetés, car ils sont investis d'une sainteté inhérente [kedushat haguf] — la Torah n'a prévu le rachat que pour les animaux défectueux, non pour les oiseaux à sainteté inhérente.
מוֹתֵיב רַב הוּנָא בַּר מָנוֹחַ: הָעוֹפוֹת וְהָעֵצִים וְהַלְּבוֹנָה וּכְלֵי שָׁרֵת שֶׁנִּטְמְאוּ, אֵין לָהֶן פִּדְיוֹן, שֶׁלֹּא נֶאֱמַר פִּדְיוֹן אֶלָּא בִּבְהֵמָה. בִּשְׁלָמָא עוֹפוֹת – קְדוּשַּׁת הַגּוּף נִינְהוּ, וְלֹא נֶאֱמַר אֶלָּא בִּבְהֵמָה.
Mais pour le bois, l'encens — qui n'est consacré qu'au moment d'être placé dans un récipient de service — et les récipients de service eux-mêmes devenus impurs, puisqu'aucun de ceux-ci n'a de sainteté inhérente, qu'ils soient rachetés ! Plutôt, n'est-ce pas que ces objets ne sont pas rachetés parce que les objets sacrificiels purs en général ne le sont pas, même sans sainteté inhérente ?
אֶלָּא עֵצִים וּלְבוֹנָה וּכְלֵי שָׁרֵת – לִיפַּרְקוּ? אֶלָּא לָאו מִשּׁוּם דִּטְהוֹרִין בְּעָלְמָא אֵין נִפְדִּין.
Et ces objets aussi — le bois, l'encens et les récipients de service —, bien qu'ils soient devenus impurs, sont traités comme s'ils étaient purs. Leur impureté est incomplète, car le bois et l'encens ne sont pas susceptibles de devenir de la nourriture et ne devraient donc pas être sensibles à l'impureté. C'est l'égard porté à la sainteté des biens du Temple [ḥibat haqodesh] qui transforme leur statut en celui de nourriture, les rendant sensibles à l'impureté rituelle.
וְהָנֵי נָמֵי, אַף עַל גַּב דְּנִטְמְאוּ – כִּטְהוֹרִים דָּמוּ, דְּעֵצִים וּלְבוֹנָה לָאו בְּנֵי אַשְׁוֹיֵי אוּכְלָא נִינְהוּ, אֶלָּא חִיבַּת הַקּוֹדֶשׁ מַשְׁוֵה לְהוּ אוּכְלָא.
Pour le bois : tant qu'on ne l'a pas taillé en bûches, il ne devient pas sensible à l'impureté. Pour l'encens aussi : tant qu'il n'a pas été consacré dans un récipient de service, il ne devient pas sensible à l'impureté. Pour les récipients de service également : puisqu'ils ont la capacité d'atteindre la pureté dans un mikvé, leur impureté est révocable. Apparemment, la raison pour laquelle la michna enseigne que ces objets ne sont pas rachetés est qu'ils sont en quelque sorte encore considérés comme purs — et les objets consacrés considérés comme rituellement purs ne sont pas rachetés, contrairement à l'avis de Shmouel.
דְּעֵצִים, כַּמָּה דְּלָא מְשַׁפֵּי לְהוּ לִגְזִירִין – לָא מִיתַּכְשְׁרִי. לְבוֹנָה נָמֵי, כַּמָּה דְּלָא קָידְשָׁה בִּכְלִי שָׁרֵת – לָא מִיתַּכְשְׁרָה. כְּלֵי שָׁרֵת נָמֵי, הוֹאִיל וְאִית לְהוּ טׇהֳרָה בְּמִקְוֶה.
La Guemara répond : non — en réalité, je te dirai que les objets purs en général sont rachetés ; et ces objets ne le sont pas, bien qu'ils ne soient pas investis de sainteté inhérente, parce qu'ils ne sont pas facilement disponibles. S'ils pouvaient être rachetés lorsqu'ils sont purs, ils ne seraient peut-être plus disponibles pour le service du Temple.
לָא, לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: טְהוֹרִין בְּעָלְמָא נִפְדִּין, וְהָנֵי – מִשּׁוּם דְּלָא שְׁכִיחִי הוּא.
La Guemara conteste : il est compréhensible que l'encens et les récipients de service ne soient pas facilement disponibles — mais le bois l'est ! Pourquoi ne pourrait-il pas être racheté ? La Guemara répond : le bois utilisable pour le service du Temple n'est pas non plus facile à se procurer — le Maître a dit que tout bois dans lequel on trouve un ver est disqualifié pour l'autel. Le bois apte à l'autel n'est donc pas facilement disponible.
בִּשְׁלָמָא לְבוֹנָה וּכְלֵי שָׁרֵת – לָא שְׁכִיחִי, אֶלָּא עֵצִים – מִישְׁכָּח שְׁכִיחִי! עֵצִים נָמֵי, כֵּיוָן דְּאָמַר מָר: כׇּל עֵץ שֶׁנִּמְצָא בּוֹ תּוֹלַעַת פָּסוּל לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ, הִילְכָּךְ לָא שְׁכִיחִי.
La Guemara poursuit la discussion sur l'avis de Shmouel — que les libations et la farine des min'hot sont rachetées même lorsqu'elles sont pures, tant qu'elles n'ont pas été consacrées dans un récipient de service. Rav Pappa dit que si Shmouel avait entendu ce qui est enseigné dans la baraïta suivante, il aurait rétracté son avis. La baraïta enseigne : celui qui consacre des animaux sans défaut [temimim] pour l'entretien du Temple [bedek habayit] plutôt que pour l'autel ne les rachète que pour l'usage sur l'autel. Ils ne peuvent pas être rachetés pour un autre usage, conformément au principe : tout objet consacré apte à être sacrifié sur l'autel ne quitte jamais l'autel. Et bien que ces animaux n'aient que la sainteté qui incombe à leur valeur [kedushat damim], ils ne sont pas rachetés puisqu'ils sont rituellement purs et aptes à l'autel. Si Shmouel avait connu cette baraïta, il aurait rétracté son avis.
אָמַר רַב פָּפָּא: אִי שְׁמִיעָא לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל הָא דְּתַנְיָא, הַמַּתְפִּיס תְּמִימִים לְבֶדֶק הַבַּיִת – אֵין פּוֹדִין אוֹתָן אֶלָּא לַמִּזְבֵּחַ, שֶׁכׇּל הָרָאוּי לַמִּזְבֵּחַ אֵינוֹ יוֹצֵא מִידֵי מִזְבֵּחַ לְעוֹלָם, וְאַף עַל גַּב דִּקְדוּשַּׁת דָּמִים נִינְהוּ – אֵין נִפְדִּין הוֹאִיל וּטְהוֹרִים הֵם, הֲוָה הָדַר בֵּיהּ.
La Guemara répond : mais ce n'est pas le cas — Shmouel avait entendu cette baraïta et n'a pas rétracté son avis. Il l'a plutôt expliquée ainsi : n'as-tu pas dit plus haut, dans la discussion de la michna, que la raison pour laquelle on ne rachète pas le bois, l'encens et les récipients de service consacrés pour l'entretien du Temple est qu'ils ne sont pas facilement disponibles — les Sages ayant décrété qu'ils ne sont pas rachetés ?
וְלָא הִיא, שְׁמִיעָא לֵיהּ וְלָא הֲדַר בֵּיהּ. לָאו אָמְרַתְּ הָתָם: כֵּיוָן דְּלָא שְׁכִיחִי – לָא מִיפַּרְקִי.
Menachot 101a
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מנחות ק״א אמַסֶּכֶת מְנָחוֹת