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Traité Menachot

100a

Étude de Menachot 100a

Étude de la Mishna & Guémara 100a

…en son sein. Et de peur que l'on dise : tout comme l'ouverture de la Géhenne est étroite, toute la Géhenne l'est aussi — le verset dit : « Car la Géhenne a été disposée dès longtemps, elle a été préparée même pour le roi, profonde et large, son bûcher est feu et beaucoup de bois, le souffle de l'Éternel l'allume comme un torrent de soufre » (Yeshayahou 30, 33).
בְּתוֹכָהּ. וְשֶׁמָּא תֹּאמַר כְּשֵׁם שֶׁפִּיהָ צַר כָּךְ כּוּלָּהּ צָרָה – תַּלְמוּד לוֹמַר ״הֶעֱמִיק הִרְחִב״.
Et de peur que l'on dise que la Géhenne n'est préparée que pour les gens ordinaires, mais pas pour des personnages importants tels qu'un roi — le verset dit : « Elle a été préparée même pour le roi ». Et de peur que l'on dise qu'il n'y a pas de bois dans la Géhenne — le verset dit : « Son bûcher est feu et beaucoup de bois ». Et de peur que l'on dise que s'échapper de la Géhenne est la seule récompense de l'étude de la Torah — le verset dit : « Et ce qui est sur ta table est plein de graisse » (Iyov 36, 16). Cela indique que celui qui obéit à D.ieu et se détourne des voies de la mort vers les voies de la vie n'est pas seulement sauvé de la Géhenne : il obtient aussi tranquillité et prospérité.
וְשֶׁמָּא תֹּאמַר לַמֶּלֶךְ לֹא הוּכְנָה – תַּלְמוּד לוֹמַר ״גַּם הִיא לַמֶּלֶךְ הוּכָן״, וְשֶׁמָּא תֹּאמַר אֵין בָּהּ עֵצִים – תַּלְמוּד לוֹמַר ״מְדֻרָתָהּ אֵשׁ וְעֵצִים הַרְבֵּה״, וְשֶׁמָּא תֹּאמַר זֶה הוּא שְׂכָרָהּ – תַּלְמוּד לוֹמַר ״וְנַחַת שֻׁלְחָנְךָ מָלֵא דָשֶׁן״.
§ La michna dit : si Yom Kippour tombe un Shabbat, les pains [lechem hapanim — pain de proposition] sont distribués le samedi soir. Si Yom Kippour tombe un vendredi, le bouc chattat de Yom Kippour est mangé le vendredi soir, pendant le Shabbat. Comme il n'était pas possible de cuire la viande, les cohanim babyloniens la mangeaient crue. La Guemara note : Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : ces cohanim ne sont pas réellement des Babyloniens — ce sont des Alexandrins, des cohanim venus d'Égypte. Mais comme les Juifs d'Eretz Yisrael détestent les Juifs babyloniens, ils appelaient ces Alexandrins gourmands du nom de Babyloniens.
חָל יוֹם הַכִּיפּוּרִים לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת [וְכוּ׳]. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא בָּבְלִיִּים הֵם, אֶלָּא אֲלֶכְּסַנְדְּרִיִּים הֵם, וּמִתּוֹךְ שֶׁשּׂוֹנְאִין אֶת הַבָּבְלִיִּים – קוֹרִין אוֹתָם עַל שֵׁם בָּבְלִיִּים.
Cette interprétation de la michna est aussi enseignée dans une baraïta : Rabbi Yossei dit : ces cohanim ne sont pas réellement des Babyloniens — ce sont des Alexandrins ; mais comme les Juifs d'Eretz Yisrael détestent les Babyloniens, ils appellent ces Alexandrins gourmands du nom de Babyloniens. Rabbi Yehouda, dont la famille était originaire de Babylone, dit à Rabbi Yossei après avoir entendu cette explication : que ton esprit soit en paix, car tu as mis mon esprit en paix.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לֹא בָּבְלִיִּים הֵם, אֶלָּא אֲלֶכְּסַנְדְּרִיִּים הֵם, וּמִתּוֹךְ שֶׁשּׂוֹנְאִין אֶת הַבָּבְלִיִּים – קוֹרְאִין אוֹתָן עַל שֵׁם בָּבְלִיִּים. אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוּדָה: תָּנוּחַ דַּעְתְּךָ שֶׁהִנַּחְתָּ דַּעְתִּי.
Mishna 1
MICHNA : Si l'on a disposé le pain sur la Table le Shabbat mais n'a disposé les coupes d'encens [bazikhin] qu'après le Shabbat, puis si l'on a brûlé l'encens placé dans les coupes le Shabbat suivant, les pains sont impropres à la consommation — l'encens n'ayant pas été sur la Table toute la semaine. Comme la combustion de l'encens n'a pas rendu les pains permis à la consommation, on n'est jamais passible de les manger en violation des interdits de piggul, de notar, ou de manger le pain de proposition en état d'impureté rituelle. On ne viole ces interdits que si l'encens est brûlé d'une manière qui permet la consommation du lechem hapanim.
מַתְנִי׳ סִידֵּר אֶת הַלֶּחֶם בַּשַּׁבָּת, וְאֶת הַבָּזִיכִין לְאַחַר הַשַּׁבָּת, וְהִקְטִיר אֶת הַבָּזִיכִין בַּשַּׁבָּת – פָּסוּל, אֵין חַיָּיבִין עֲלֵיהֶן מִשּׁוּם פִּיגּוּל, נוֹתָר, וְטָמֵא.(משנה)
Si l'on a disposé le pain et les coupes d'encens le Shabbat, puis brûlé l'encens des coupes après le Shabbat suivant, cette combustion de l'encens n'est pas valide et le lechem hapanim est impropre. Et comme l'encens n'a pas été brûlé d'une manière qui permet la consommation du pain, on n'est jamais passible de les manger en violation de piggul, de notar, ou de manger en impureté.
סִידֵּר אֶת הַלֶּחֶם וְאֶת הַבָּזִיכִין בַּשַּׁבָּת, וְהִקְטִיר אֶת הַבָּזִיכִין לְאַחַר הַשַּׁבָּת – פְּסוּלָה, וְאֵין חַיָּיבִין עֲלֵיהֶן מִשּׁוּם פִּיגּוּל, נוֹתָר, וְטָמֵא.
Si l'on a disposé le pain et les coupes d'encens après le Shabbat et brûlé l'encens des coupes le Shabbat suivant, la combustion de l'encens n'est pas valide et le lechem hapanim est impropre. Comment agir pour éviter que le pain soit rendu impropre ? On ne retire pas le lechem hapanim et l'encens le Shabbat suivant ; on les laisse sur la Table jusqu'au Shabbat d'après, afin qu'ils y demeurent une semaine complète de Shabbat à Shabbat. Il est permis de laisser le pain et l'encens sur la Table au-delà de sept jours — même s'ils y restent de nombreux jours, cela ne les rend pas impropres.
סִידֵּר אֶת הַלֶּחֶם וְאֶת הַבָּזִיכִין לְאַחַר הַשַּׁבָּת, וְהִקְטִיר אֶת הַבָּזִיכִין בַּשַּׁבָּת – פְּסוּלָה. כֵּיצַד יַעֲשֶׂה? יַנִּיחֶנָּה לְשַׁבָּת הַבָּאָה, שֶׁאֲפִילּוּ הִיא עַל הַשּׁוּלְחָן יָמִים רַבִּים – אֵין בְּכָךְ כְּלוּם.
Guémara
GUEMARA : Nous avons appris dans une michna là-bas (Yoma 28a), à propos du service de Yom Kippour au Temple : le cohen désigné dit aux autres cohanim : « Sortez et tenez-vous sur un point élevé du Temple pour voir si le jour est levé et si l'heure d'abattre l'offrande quotidienne [tamid] est arrivée » — on ne peut pas abattre d'offrandes la nuit. Si l'heure est arrivée, l'observateur dit : « Il y a de la lumière [barkai] ». Mattitya ben Shmuel estimait qu'il fallait attendre une lumière plus grande ; quand il était le cohen désigné, il disait : « Tout l'orient est-il illuminé, même jusqu'à Hébron ? » — et l'observateur répondait : « Oui ».
גְּמָ׳ תְּנַן הָתָם: אָמַר לָהֶם הַמְמוּנֶּה: ״צְאוּ וּרְאוּ אִם הִגִּיעַ זְמַן שְׁחִיטָה״. אִם הִגִּיעַ, הָרוֹאֶה אוֹמֵר: ״בַּרְקַאי״. מַתִּתְיָא בֶּן שְׁמוּאֵל אוֹמֵר: ״הֵאִיר פְּנֵי כׇּל הַמִּזְרָח עַד שֶׁבְּחֶבְרוֹן״, וְהוּא אוֹמֵר: ״הֵן״.
La michna demande : pourquoi ont-ils eu besoin d'instituer cela — d'envoyer quelqu'un observer la première lumière depuis un point élevé ? La michna explique que cela fut jugé nécessaire car une fois, la lumière de la lune s'est levée et les cohanim ont cru que l'orient était illuminé par le soleil. Ils ont alors abattu l'offrande quotidienne ; quand ils ont compris qu'elle avait été abattue trop tôt, ils ont dû l'emporter au lieu désigné pour la combustion et la brûler. Pour éviter de telles erreurs à l'avenir, les Sages ont institué qu'on évalue soigneusement la situation et qu'on s'assure que le jour a commencé avant d'abattre l'offrande quotidienne.
וְלָמָּה הוּצְרְכוּ לְכָךְ? שֶׁפַּעַם אַחַת עָלָה מְאוֹר הַלְּבָנָה, וְדִימּוּ שֶׁהֵאִיר מִזְרָח, שָׁחֲטוּ אֶת הַתָּמִיד, וְהוֹצִיאוּהוּ לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה.
La michna poursuit : une fois le jour observé à Yom Kippour, les cohanim conduisaient le Grand Cohen à la salle d'immersion. La michna commente : tel était le principe au Temple — quiconque couvre ses jambes [euphémisme pour déféquer] doit s'immerger ensuite ; et quiconque urine doit sanctifier ses mains et ses pieds avec l'eau du Bassin [kiyor] ensuite.
וְהוֹרִידוּ כֹּהֵן גָּדוֹל לְבֵית הַטְּבִילָה. זֶה הַכְּלָל הָיָה בַּמִּקְדָּשׁ: כָּל הַמֵּסֵיךְ אֶת רַגְלָיו טָעוּן טְבִילָה, וְכׇל הַמֵּטִיל מַיִם טָעוּן קִדּוּשׁ יָדַיִם וְרַגְלַיִם.
Le père de Rabbi Avin enseigne une baraïta : non seulement dans ce cas — l'abattage de l'offrande quotidienne — les Sages ont dit que si l'acte est accompli la nuit il est disqualifié, mais même pour une olat ha'of [holocauste d'oiseau] dont on a pincé la nuque la nuit, et pour une min'ha dont on a prélevé la poignée la nuit, l'offrande est disqualifiée et doit être emportée au lieu désigné pour la combustion.
תָּנֵי אֲבוּהּ דְּרַבִּי אָבִין: לֹא זוֹ בִּלְבַד, אֶלָּא אֲפִילּוּ עוֹלַת הָעוֹף שֶׁנִּמְלְקָה בַּלַּיְלָה, וּמִנְחָה שֶׁנִּקְמְצָה בַּלַּיְלָה – תֵּצֵא לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה.
La Guemara demande : il est compréhensible qu'une olat ha'of soit disqualifiée si on en a pincé la nuque la nuit, car on ne peut pas la remettre dans son état antérieur. Mais pour une min'ha dont la poignée a été prélevée la nuit, pourquoi la brûle-t-on ? On peut remédier à la situation : le cohen peut remettre la poignée à sa place et en prélever une nouvelle pendant le jour.
בִּשְׁלָמָא עוֹלַת הָעוֹף – מִשּׁוּם דְּלָא אֶפְשָׁר לְאַהְדּוֹרַהּ, אֶלָּא מִנְחָה – אֶפְשָׁר דְּמַהְדַּר קוֹמֶץ לְדוּכְתֵּיהּ וְקָמֵיץ בִּימָמָא.
Menachot 100a
100%
מנחות ק׳ אמַסֶּכֶת מְנָחוֹת