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Traité Meilah

17a

Étude de Meilah 17a

Étude de la Mishna & Guémara 17a

Rava dit à Rav Adda bar Ahava : lorsque le Miséricordieux rapproche les animaux purs et impurs des créatures rampantes, c'est pour l'interdit de : « Vous ne rendrez pas vos âmes répugnantes » (Vayikra 20, 25), enseignant qu'ils sont tous inclus dans cette interdiction. Mais en ce qui concerne les mesures, la Torah ne rapproche pas ces animaux des créatures rampantes. Il n'y a donc pas de différence entre la mesure d'impureté des carcasses d'animaux purs et d'animaux impurs.
אֲמַר לֵיהּ: כִּי קָא מַקֵּישׁ רַחֲמָנָא – לְבַל תְּשַׁקְּצוּ, אֲבָל לְשִׁיעוּרִין – לָא.
Mishna 1
MICHNA : Le sang de l'une des huit créatures rampantes énumérées dans la Torah et leur chair se combinent pour constituer la mesure d'une lentille afin de transmettre l'impureté. Rabbi Yehoshoua a énoncé un principe : pour tout objet dont l'impureté — en degré et en durée — et la mesure de transmission d'impureté sont égales — par exemple deux demi-olives de deux cadavres, ou deux demi-olives de deux carcasses, ou deux demi-lentilles de deux créatures rampantes — ils se combinent pour constituer la mesure requise.
מַתְנִי׳ דַּם הַשֶּׁרֶץ וְהַבָּשָׂר – מִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה. כְּלָל אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: כֹּל שֶׁטּוּמְאָתוֹ וְשִׁיעוּרוֹ שָׁוִין – מִצְטָרְפִין.(משנה)
Rabbi Yehoshoua poursuit : en revanche, pour les objets dont l'impureté est égale mais la mesure ne l'est pas — par exemple une créature rampante et une carcasse, chacune rendant impur jusqu'au soir, mais la mesure d'une créature rampante est une lentille tandis que celle d'une carcasse est une olive ; ou les objets dont la mesure est égale mais l'impureté ne l'est pas — par exemple un cadavre et une carcasse, dont la mesure de chacun est une olive, mais la durée de l'impureté transmise par un cadavre est d'une semaine et celle transmise par une carcasse est jusqu'au soir ; ou les objets qui ne sont égaux ni en impureté ni en mesure — ils ne se combinent pas pour constituer la mesure requise.
טוּמְאָתוֹ וְלֹא שִׁיעוּרוֹ, שִׁיעוּרוֹ וְלֹא טוּמְאָתוֹ, לֹא טוּמְאָתוֹ [וְלֹא] שִׁיעוּרוֹ – אֵין מִצְטָרְפִין.
Guémara
GUEMARA : La michna enseigne que le sang de l'une des huit créatures rampantes énumérées dans la Torah et la chair de ces animaux se combinent pour constituer la mesure d'une lentille requise pour transmettre l'impureté. Rav Hanin dit au nom de Rav Zeira : le sang et la chair ne se combinent que si le sang provient du même animal que la chair, mais pas s'il provient d'un animal différent.
גְּמָ׳ אָמַר רַב חָנִין אָמַר רַב זְעֵירָא,
Et de même, Rabbi Yosse bar Rabbi Hanina dit, en rejet de la déclaration de Rav Zeira : il est enseigné dans une baraïta : le verset dit : « Voici les impurs [hateme'in] pour vous parmi tout ce qui rampe » (Vayikra 11, 31). Cette forme plurielle de « hateme'in » enseigne qu'ils se combinent pour transmettre l'impureté rituelle. Et cela s'applique même à la chair d'une créature rampante et la chair d'une autre créature rampante, ou la chair d'une créature rampante et le sang d'une autre créature rampante, qu'ils proviennent d'une seule catégorie — un seul type de créature rampante — ou de deux catégories de créatures rampantes.
וְכֵן אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי חֲנִינָא: ״הַטְּמֵאִין״ – מְלַמֵּד שֶׁהֵן מִצְטָרְפִין, וַאֲפִילּוּ שֶׁרֶץ וָשֶׁרֶץ, שֶׁרֶץ וָדָם, בֵּין מִשֵּׁם אֶחָד, בֵּין מִשְּׁנֵי שֵׁמוֹת!
Rav Yossef dit : ce n'est pas difficile. Ici, la baraïta parle d'un cas où la demi-mesure de chair et la demi-mesure de sang proviennent toutes deux d'un animal entier, et les deux demi-mesures se combinent donc en raison de l'importance d'un animal entier. Là, dans la déclaration de Rav Zeira, il parle d'un cas où la demi-mesure de chair et la demi-mesure de sang proviennent chacune d'une partie d'animal.
אָמַר רַב יוֹסֵף: לָא קַשְׁיָא, כָּאן – בְּכוּלּוֹ. כָּאן – בְּמִקְצָתוֹ.
Et d'où dis-tu qu'il y a une distinction entre un cas où la chair et le sang proviennent d'un animal entier et un cas où ils proviennent d'une partie d'animal ? De ce qui est enseigné dans une baraïta : dans un cas où un quart de log de sang d'un cadavre a été renversé sur le sol, et que l'endroit était en pente [ketafres] de sorte que le sang s'écoule, et que quelqu'un s'est penché pour couvrir une partie du sang, il reste rituellement pur. S'il a couvert tout le sang, il est rendu impur.
וּמְנָא תֵּימְרָא? מִדְּתַנְיָא: נִשְׁפַּךְ עַל הָרִצְפָּה וְהָיָה מְקוֹמָהּ קָטַפְרֵס, אִיהֵל עַל מִקְצָתוֹ – טָהוֹר, אִיהֵל עַל כּוּלּוֹ – טָמֵא.
La Guemara précise la halakha : que signifie « une partie » dans ce contexte ? Si l'on dit qu'il s'agit d'une partie du quart de log de sang — alors que s'il s'agit d'un quart de log complet, il est impur — c'est difficile : mais Rabbi Hanina n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi [Yehouda haNassi] : s'il y avait exactement un quart de log de sang dans un pot que l'on a remué sans toucher le sang, il reste pur, bien que son corps ait dû couvrir tout le sang au moment du remuage ? La raison est qu'une partie du sang a dû être absorbée par la cuillère avec laquelle il a remué, et il ne reste donc plus un quart de log entier connecté. Cela montre que le quart de log entier doit être réuni comme une seule unité pour transmettre l'impureté.
מַאי ״מִקְצָתוֹ״? אִילֵּימָא מִקְצָת דָּם, וְהָא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא אָמַר רַבִּי: רְבִיעִית דָּם שֶׁהֵגִיס בָּהּ – טְהוֹרָה!
Plutôt, n'est-il pas correct de conclure de cette baraïta qu'il y a une distinction entre un cas où le sang provient d'un cadavre entier et un cas où il provient d'une partie de cadavre ? Autrement dit, si le sang provient d'un seul corps, il n'a pas besoin d'être réuni comme une seule unité ; mais s'il provient de plus d'un corps, tout doit être joint ensemble, comme dans le cas mentionné par Rabbi Yehouda haNassi. De même, pour les déclarations de Rav Zeira et de la baraïta : ici la baraïta parle d'une situation où la demi-mesure de chair et la demi-mesure de sang proviennent d'un animal entier, et en raison de l'importance d'un animal entier les deux demi-mesures se combinent. Là, Rav Zeira parle d'un cas où la demi-mesure de chair et la demi-mesure de sang proviennent d'une partie de l'animal. La Guemara note qu'il faut bien conclure de cela que telle est la distinction correcte.
אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ: כָּאן – בְּכוּלּוֹ, כָּאן – בְּמִקְצָתוֹ? שְׁמַע מִינַּהּ.
Rabbi Matya ben Harash interrogea Rabbi Shimon ben Yo'hai dans la ville de Rome : d'où dérive-t-on que le sang des créatures rampantes est impur ? Rabbi Shimon ben Yo'hai lui répondit : cela se déduit du fait que le verset dit : « Et voici pour vous l'impur » (Vayikra 11, 29). Comme une expression similaire apparaît déjà dans Vayikra 11, 31, on en déduit d'ici que le sang des créatures rampantes est impur.
שָׁאַל רַבִּי מַתְיָא בֶּן חָרָשׁ אֶת רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי בָּעִיר רוֹמִי: מִנַּיִן לְדַם שְׁרָצִים שֶׁהוּא טָמֵא? אֲמַר לֵיהּ: דְּאָמַר קְרָא: ״וְזֶה לָכֶם הַטָּמֵא״.
Les disciples de Rabbi Matya ben Harash lui dirent avec étonnement : comme Rabbi Shimon ben Yo'hai est sage ! Rabbi Matya ben Harash leur dit : cette source n'est pas la sienne, car c'est une tradition établie dans la bouche de Rabbi Elazar bar Rabbi Yosse, et Rabbi Shimon ben Yo'hai l'a apprise de lui. Rabbi Matya ben Harash fournit le contexte : car, à une occasion, la monarchie païenne avait émis un décret interdisant au peuple juif d'observer le Shabbat, de circoncire leurs fils, et d'avoir des relations avec leurs femmes en période de nidda [menstruation].
אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: חֲכֵים לֵיהּ בֶּן יוֹחַאי. אָמַר לָהֶם: תַּלְמוּד עָרוּךְ בְּפִיו שֶׁל רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר רַבִּי יוֹסֵי. שֶׁפַּעַם אַחַת גָּזְרָה הַמַּלְכוּת גְּזֵרָה שֶׁלֹּא יִשְׁמְרוּ אֶת הַשַּׁבָּת, וְשֶׁלֹּא יָמוּלוּ אֶת בְּנֵיהֶם, וְשֶׁיִּבְעֲלוּ אֶת נִדּוֹת.
Rabbi Reuven ben Isterobeli alla se faire couper les cheveux en style komei — coiffure propre aux païens — et s'assit avec les païens lorsqu'ils discutaient de ces trois décrets. Il leur dit : celui qui a un ennemi, veut-il que son ennemi devienne pauvre ou riche ? Ils répondirent : il veut qu'il devienne pauvre. Rabbi Reuven ben Isterobeli leur dit : si tel est le cas, pour le peuple juif aussi, ne vaut-il pas mieux qu'ils n'accomplissent pas de travail le Shabbat afin qu'ils deviennent pauvres ? Les païens dirent : c'est un bon argument qu'il a dit ; annulons notre décret. Et ils l'annulèrent effectivement.
הָלַךְ רַבִּי רְאוּבֵן בֶּן אִיסְטְרוֹבָּלִי, וְסִיפֵּר קוֹמֵי, וְהָלַךְ וְיָשַׁב עִמָּהֶם. אָמַר לָהֶם: מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ אוֹיֵב, יַעֲנִי אוֹ יַעֲשִׁיר? אָמְרוּ לוֹ: יַעֲנִי. אָמַר לָהֶם: אִם כֵּן, לֹא יַעֲשׂוּ מְלָאכָה בַּשַּׁבָּת, כְּדֵי שֶׁיַּעֲנוּ! אָמְרוּ: טָבֵית אָמַר, לִיבְטַל, וּבִטְּלוּהָ.
Meilah 17a
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מעילה י״ז אמַסֶּכֶת מְעִילָה