[La baraïta répond à l'argument logique :] La chométèret yom kénégued yom [la femme qui observe un jour propre pour chaque jour d'écoulement, en dehors de sa période de nidah — ayant eu un ou deux jours de saignement non menstruel et étant tenue d'attendre un jour sans saignement avant son immersion] apporte la preuve que ce raisonnement est faux. En effet, elle rend impur le michkav [surface pour coucher] et le mochav [surface pour s'asseoir], et pourtant elle n'est pas tenue de compter sept jours propres [contrairement au zav].
שׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם תּוֹכִיחַ, שֶׁמְּטַמְּאָה מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב, וְאֵינָהּ טְעוּנָה סְפִירַת שִׁבְעָה.
[La baraïta conclut :] Et toi aussi, ne sois pas surpris que ce zav [à deux émissions], bien qu'il rende impur le michkav et le mochav, ne soit pas nécessairement tenu de compter sept jours propres — sans que le verset l'enseigne. C'est pourquoi le verset dit : «De son émission, alors il comptera» — signifiant que même un zav partiel [baal chté réiyot, à deux émissions] est tenu par la mitsva «alors il comptera». Cela enseigne que le zav à deux émissions doit lui aussi compter sept jours propres.
וְאַף אַתָּה אַל תִּתְמַהּ עַל זֶה, שֶׁאַף עַל פִּי שֶׁמְּטַמֵּא מִשְׁכָּב וּמוֹשָׁב לֹא יְהֵא טָעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מִזּוֹבוֹ וְסָפַר״, מִקְצָת זוֹבוֹ וְסָפַר — לִימֵּד עַל זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת שֶׁטָּעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה.
Rav Pappa dit à Abayé : Quelle est la différence entre ce verset [«de son émission» en Lévitique 15, 13] qui est interprété comme incluant le zav à deux émissions dans l'obligation de compter sept jours, et ce verset [«de son émission» en Lévitique 15, 15] qui est interprété comme excluant le zav à deux émissions de l'obligation d'apporter un sacrifice ? Pourquoi le même terme est-il interprété une fois de façon inclusive et une fois de façon exclusive ?
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: מַאי שְׁנָא הַאי ״מִזּוֹבוֹ״ דִּמְרַבֵּי בֵּיהּ זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת, וּמַאי שְׁנָא הַאי ״מִזּוֹבוֹ״ דִּמְמַעֵט בֵּיהּ זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת?
Abayé lui répondit : Si l'on entrait dans l'idée que ce [premier] passage [«de son émission» en Lévitique 15, 13] vient exclure le zav à deux émissions de l'obligation de compter sept jours — que le verset se taise et omette ce terme, car il n'y aurait eu aucune raison logique d'inclure le zav à deux émissions dans cette obligation. Et si tu disais qu'on pourrait le déduire par raisonnement logique [puisqu'il rend impur les surfaces], la chométèret yom kénégued yom prouve qu'il n'y a pas de corrélation automatique entre l'impureté des surfaces de coucher/siège et l'obligation de compter sept jours.
אֲמַר לֵיהּ: אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ הַאי לְמַעוֹטֵי הוּא דַּאֲתָא — לִישְׁתּוֹק קְרָא מִינֵּיהּ, וְכִי תֵּימָא: אָתְיָא מִדִּינָא, שׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם תּוֹכִיחַ.
Et si tu disais : ce terme «de son émission» [en Lévitique 15, 13] est nécessaire pour enseigner autre chose — qu'il compte sept jours «de son émission» et non de son émission ET de sa lèpre — [et donc le terme n'est pas disponible pour inclure le zav à deux émissions]. Cela n'est pas exact non plus, car si tel était le cas, que le verset écrive : «Lorsque le zav sera purifié» et se taise [en omettant le terme]. [On déduirait de soi-même que même un lépreux commence à compter dès que son émission cesse.] Pourquoi donc ai-je besoin du terme «de son émission» ? C'est nécessairement pour enseigner que le zav à deux émissions doit lui aussi compter sept jours propres.
וְכִי תֵּימָא: הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ ״מִזּוֹבוֹ״ וְלֹא מִנִּגְעוֹ, אִם כֵּן לִיכְתּוֹב קְרָא ״וְכִי יִטְהַר הַזָּב״ וְלִישְׁתּוֹק. ״מִזּוֹבוֹ״ לְמָה לִי? לִימֵּד עַל זָב בַּעַל שְׁתֵּי רְאִיּוֹת שֶׁטָּעוּן סְפִירַת שִׁבְעָה.
Mishna 1
MICHNA : La seule différence entre le lépreux mis en quarantaine [metzora mousghar — celui dont les symptômes sont non concluants et qui doit rester isolé jusqu'à deux semaines pour observer l'évolution] et le lépreux confirmé [metzora mou'hlat — celui dont les symptômes sont concluants et que le prêtre a déclaré lépreux], c'est la peria [laisser pousser ses cheveux en désordre] et la prima [déchirer ses vêtements]. Seul le lépreux confirmé est tenu de laisser pousser ses cheveux en désordre et de déchirer ses vêtements ; le lépreux mis en quarantaine n'y est pas tenu.
מַתְנִי׳ אֵין בֵּין מְצוֹרָע מוּסְגָּר לִמְצוֹרָע מוּחְלָט אֶלָּא פְּרִיעָה וּפְרִימָה.(משנה)
[La michna continue :] La seule différence entre le lépreux purifié de sa quarantaine [dont les symptômes ne sont jamais devenus concluants] et le lépreux purifié d'un état de lèpre confirmée, c'est la tonsure [tiglah'hat — rasage de tous les poils du corps] et les oiseaux [tzipporim — l'offrande de purification consistant en deux oiseaux], qui sont des obligations incombant uniquement au lépreux confirmé.
אֵין בֵּין טָהוֹר מִתּוֹךְ הֶסְגֵּר לְטָהוֹר מִתּוֹךְ הֶחְלֵט אֶלָּא תִּגְלַחַת וְצִפֳּרִים.
Guémara
GUEMARA : La Guemara en déduit que concernant l'expulsion [chilou'h — des trois camps lors de la traversée du désert, ou des villes entourées de remparts en Eretz Yisraël] et l'impureté rituelle du lépreux, le lépreux mis en quarantaine et le lépreux confirmé sont égaux.
גְּמָ׳ הָא לְעִנְיַן שִׁילּוּחַ [וְטוּמְאָה] — זֶה וָזֶה שָׁוִין.
La Guemara demande : D'où sont tirées ces règles ? La Guemara répond : C'est ce que Rav Chmouel bar Yitz'hak enseigna dans une baraïta devant Rav Houna. Il est écrit à propos du lépreux purifié de sa quarantaine : «Le prêtre le déclarera pur : c'est une simple dartrose ; et il lavera ses vêtements et sera pur [vetaher]» (Lévitique 13, 6). Le mot vetaher n'est pas au futur [indiquant une purification à venir] mais au présent [indiquant qu'il était déjà pur dans un certain sens] — c'est-à-dire que dès le départ [depuis sa mise en quarantaine], il était exempt de l'obligation initiale de peria et prima, car ces obligations sont exclusivement imposées au lépreux confirmé.
מְנָהָנֵי מִילֵּי? דְּתָנֵי רַב שְׁמוּאֵל בַּר יִצְחָק קַמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא: ״וְטִהֲרוֹ הַכֹּהֵן מִסְפַּחַת הִיא וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְטָהֵר״, טָהוֹר מִפְּרִיעָה וּפְרִימָה דְּמֵעִיקָּרָא.
Rava lui dit [réfutant cette preuve] : Mais si c'est ainsi [que vetaher signifie qu'il était déjà pur à certains égards], alors pour le zav [à propos duquel] il est écrit «et il lavera ses vêtements, et baignera sa chair dans de l'eau vive, et il sera pur [vetaher]» (Lévitique 15, 13) — quel sens de «pur dès le départ» y a-t-il là ? Car jusqu'à ce point le zav était rituellement impur à tous égards.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אֶלָּא מֵעַתָּה, גַּבֵּי זָב דִּכְתִיב ״וְכִבֶּס בְּגָדָיו וְטָהֵר״, הָתָם מַאי ״וְטָהֵר״ מֵעִיקָּרָא אִיכָּא?
[Rava explique :] Plutôt, vetaher signifie qu'il est désormais pur de rendre impur les ustensiles de terre par déplacement [hésset]. Il existe une halakha selon laquelle un zav rend un ustensile impur en le faisant bouger [même sans contact direct], même si l'ouverture de l'ustensile est inférieure à la largeur d'un pouce. Le verset enseigne que, une fois le zav purifié par le comptage et l'immersion, il ne rend plus les ustensiles impurs de cette manière. La nouveauté est que même s'il a ensuite une nouvelle émission, il ne rend pas les ustensiles impurs de manière rétroactive. Cette émission est sans rapport avec les émissions précédentes — puisqu'il a compté sept jours propres et s'est immergé, le statut de cette dernière émission est celui d'une émission nouvelle.
אֶלָּא: טָהוֹר הַשְׁתָּא מִלְּטַמֵּא כְּלִי חֶרֶס בְּהֶיסֵּט, אַף עַל גַּב דַּהֲדַר חָזֵי — לָא מְטַמֵּא לְמַפְרֵעַ.
[Rava continue :] De même ici, pour le lépreux [en quarantaine], vetaher signifie qu'il est désormais pur [de manière définitive], en ce sens qu'il ne rend pas rétroactivement impures les choses à l'intérieur d'une maison dans laquelle il est entré [tum'at biah]. Si quelqu'un présentant des symptômes inconcluants de lèpre a été mis en quarantaine puis déclaré pur, et que par la suite des symptômes concluants se développent, il n'est pas considéré comme ayant été lépreux depuis la quarantaine initiale — auquel cas tout ce qui était dans les maisons qu'il a pénétrées aurait été rendu impur rétroactivement. Plutôt, une fois déclaré pur, sa pureté était absolue. Ces symptômes concluants ultérieurs sont indépendants des symptômes inconcluants antérieurs. [La preuve de Rav Chmouel bar Yitz'hak est donc sans fondement.]
הָכָא נָמֵי טָהוֹר [הַשְׁתָּא מִלְּטַמֵּא בְּבִיאָה לְמַפְרֵעַ].