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Traité Megillah

29a

Étude de Megillah 29a

Étude de la Mishna & Guémara 29a

On interrompt l'étude de la Torah pour accompagner un mort [à son enterrement] et pour escorter une mariée [à sa noce]. On a rapporté à propos de Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Ilaï, qu'il interrompait son étude de la Torah pour accompagner un mort à son enterrement et pour escorter une mariée à sa noce. [La Guemara précise :] En quel cas cette règle s'applique-t-elle ? Uniquement lorsqu'il n'y a pas là un nombre suffisant d'autres personnes disponibles pour s'acquitter de ces mitsvot et honorer convenablement le défunt ou la mariée. Mais lorsqu'il y a déjà un nombre suffisant [de personnes], les autres ne doivent pas interrompre leur étude de la Torah pour y participer.
מְבַטְּלִין תַּלְמוּד תּוֹרָה לְהוֹצָאַת הַמֵּת, וּלְהַכְנָסַת הַכַּלָּה. אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי אִילְעַאי שֶׁהָיָה מְבַטֵּל תַּלְמוּד תּוֹרָה לְהוֹצָאַת הַמֵּת וּלְהַכְנָסַת הַכַּלָּה. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּשֶׁאֵין שָׁם כׇּל צוֹרְכּוֹ, אֲבָל יֵשׁ שָׁם כׇּל צוֹרְכּוֹ — אֵין מְבַטְּלִין.
La Guemara demande : Et combien de personnes sont considérées comme un nombre suffisant ? Rav Chmouel bar Inya a dit au nom de Rav : Douze mille hommes et encore six mille hommes pour sonner du cor [en signe de deuil]. Et certains rapportent une autre version : Douze mille hommes, parmi lesquels six mille soufflent dans des cors. Ulla a dit : Par exemple, [il y a nombre suffisant] lorsqu'il y a assez de gens pour former une procession depuis la porte de la ville [abbula] jusqu'au lieu d'ensevelissement.
וְכַמָּה כׇּל צוֹרְכּוֹ? אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר אִינְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: תְּרֵיסַר אַלְפֵי גַּבְרֵי, וְשִׁיתָּא אַלְפֵי שִׁיפּוּרֵי. וְאָמְרִי לַהּ: תְּרֵיסַר אַלְפֵי גַּבְרֵי, וּמִינַּיְיהוּ שִׁיתָּא אַלְפֵי שִׁיפּוּרֵי. עוּלָּא אָמַר: כְּגוֹן דְּחָיְיצִי גַּבְרֵי מֵאֲבוּלָּא עַד סִיכְרָא.
Rav Chéchet a dit : Comme [la Torah] fut donnée [au Sinaï], ainsi doit-elle être prise [lorsqu'un érudit disparaît], c'est-à-dire que le même honneur rendu lors du don de la Torah au mont Sinaï doit être rendu lorsque la Torah est 'emportée' par la mort d'un érudit. De même que la Torah fut donnée en présence de six cent mille hommes, de même sa 'prise' [le deuil pour l'érudit] doit se faire en présence de six cent mille hommes. [Mais] la Guemara précise : cela s'applique à celui qui lisait les Écritures et étudiait les halakhot pour lui-même. En revanche, pour celui qui enseignait aux autres [transmettait la Torah à une multitude], il n'y a pas de limite [à l'honneur qui doit lui être accordé].
רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: כִּנְתִינָתָהּ כָּךְ נְטִילָתָהּ. מָה נְתִינָתָהּ בְּשִׁשִּׁים רִיבּוֹא, אַף נְטִילָתָהּ בְּשִׁשִּׁים רִיבּוֹא. הָנֵי מִילֵּי לְמַאן דְּקָרֵי וְתָנֵי, אֲבָל לְמַאן דְּמַתְנֵי — לֵית לֵיהּ שִׁיעוּרָא.
Il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon ben Yo'haï dit : Viens et vois combien Israël est aimé devant le Saint béni soit-Il, car en tout lieu où [Israël] fut exilé, la Chekhina [la Présence divine] était avec eux. Ils furent exilés en Égypte — la Chekhina était avec eux, comme il est dit : « Me suis-je vraiment révélé à la maison de ton père lorsqu'ils étaient en Égypte ?… » (I Samuel 2, 27). Ils furent exilés à Babylone — la Chekhina était avec eux, comme il est dit : « C'est pour vous que j'ai envoyé [un messager] à Babylone » (Isaïe 43, 14). Et de même, à l'avenir, lorsqu'ils seront rachetés — la Chekhina sera avec eux, comme il est dit : « Et l'Éternel ton Dieu retournera [véchouv] avec tes captifs » (Deutéronome 30, 3). Il n'est pas écrit : « Il fera revenir » [vehéchiv], mais « Il retournera » [véchav] — ce qui enseigne que le Saint béni soit-Il retournera Lui-même avec eux depuis les exils.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי אוֹמֵר: בּוֹא וּרְאֵה כַּמָּה חֲבִיבִין יִשְׂרָאֵל לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁבְּכָל מָקוֹם שֶׁגָּלוּ — שְׁכִינָה עִמָּהֶן. גָּלוּ לְמִצְרַיִם — שְׁכִינָה עִמָּהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַנִּגְלֹה נִגְלֵיתִי לְבֵית אָבִיךָ בִּהְיוֹתָם בְּמִצְרַיִם וְגוֹ׳״. גָּלוּ לְבָבֶל — שְׁכִינָה עִמָּהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לְמַעַנְכֶם שֻׁלַּחְתִּי בָבֶלָה״. וְאַף כְּשֶׁהֵן עֲתִידִין לִיגָּאֵל — שְׁכִינָה עִמָּהֶן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׁב ה׳ אֱלֹהֶיךָ אֶת שְׁבוּתְךָ״. ״וְהֵשִׁיב״ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא ״וְשָׁב״. מְלַמֵּד שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא שָׁב עִמָּהֶן מִבֵּין הַגָּלִיּוֹת.
La Guemara demande : Où, en Babylonie, la Présence divine réside-t-elle ? Abayé a dit : Dans l'antique synagogue de Houtzal et dans la synagogue qui fut détruite et reconstruite [« Chaf véYatev »] à Nehardeya. Et ne dis pas que la Présence divine résidait ici et là [dans les deux lieux simultanément]. Mais parfois elle résidait ici [à Houtzal] et parfois là [à Nehardeya]. Abayé a dit : J'ai un mérite [à faire valoir pour moi], car chaque fois que je me trouve à moins d'une parasange [environ quatre kilomètres] de l'une de ces synagogues, j'entre et j'y prie, en raison de l'honneur particulier et de la sainteté qui y sont attachés. On rapporta que le père de Chmouel et Lévi étaient assis un jour dans la synagogue « Chaf véYatev » à Nehardeya. La Présence divine vint, ils entendirent un grand bruit et ils se levèrent et sortirent.
בְּבָבֶל הֵיכָא? אָמַר אַבָּיֵי: בְּבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּהוּצָל, וּבְבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּ״שַׁף וִיתֵיב״ בִּנְהַרְדְּעָא. וְלָא תֵּימָא הָכָא וְהָכָא, אֶלָּא זִמְנִין הָכָא וְזִמְנִין הָכָא. אָמַר אַבָּיֵי: תֵּיתֵי לִי, דְּכִי מְרַחַיקְנָא פַּרְסָה, עָיֵילְנָא וּמְצַלֵּינָא הָתָם. אֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל [וְלֵוִי] הֲווֹ יָתְבִי בִּכְנִישְׁתָּא דְּשַׁף וִיתֵיב בִּנְהַרְדְּעָא. אֲתַאי שְׁכִינָה, שְׁמַעוּ קוֹל רִיגְשָׁא [קָמוּ וּנְפַקוּ.
On rapporta en outre que Rav Chéchet était assis un jour dans la synagogue « Chaf véYatev » à Nehardeya, et la Présence divine vint mais il ne sortit pas. Les anges ministrants vinrent et essayèrent de l'effrayer pour le forcer à partir. Rav Chéchet se tourna vers Dieu et dit devant Lui : Maître du monde ! Entre celui qui est dans la détresse [lui-même, car il était aveugle] et celui qui ne l'est pas, qui doit s'effacer devant qui ? Ne devrait-il pas être celui qui n'est pas dans la détresse qui cède la place à celui qui l'est ? Or je suis aveugle et dans la détresse ; pourquoi donc m'attendez-vous à ce que je m'incline devant les anges ? Dieu se tourna alors vers les anges et leur dit : Laissez-le.
רַב שֵׁשֶׁת הֲוָה יָתֵיב בְּבֵי כְּנִישְׁתָּא דְּשַׁף וִיתֵיב בִּנְהַרְדְּעָא, אֲתַאי שְׁכִינָה] וְלָא נְפַק. אֲתוֹ מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת וְקָא מְבַעֲתוּ לֵיהּ. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, עָלוּב וְשֶׁאֵינוֹ עָלוּב, מִי נִדְחֶה מִפְּנֵי מִי? אֲמַר לְהוּ: שִׁבְקוּהוּ.
Le verset dit : « Je leur ai été un petit sanctuaire dans les pays où ils sont venus » (Ézéchiel 11, 16). Rabbi Its'hak a dit : Cela désigne les synagogues et les maisons d'étude [batei knesset et batei midrach] qui sont en Babylonie. Et Rabbi Elazar a dit : Cela désigne la maison de notre maître [Rav], en Babylonie — dont la Torah se répand vers le monde entier.
״וָאֱהִי לָהֶם לְמִקְדָּשׁ מְעַט״, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אֵלּוּ בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת שֶׁבְּבָבֶל. וְרַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: זֶה בֵּית רַבֵּינוּ שֶׁבְּבָבֶל.
Rava a interprété homilétiquement un verset : Quelle est la signification de ce qui est écrit : « Seigneur, Tu as été notre demeure [maon] en toutes les générations » (Psaumes 90, 1) ? Cela désigne les synagogues et les maisons d'étude. Abayé a dit : Au départ, j'étudiais la Torah chez moi et je priais à la synagogue. Lorsque j'entendis et compris ce que le roi David dit : « Seigneur, j'ai aimé la demeure [méon] de Ta maison » (Psaumes 26, 8), j'étudiai désormais toujours la Torah à la synagogue, pour exprimer mon amour pour le lieu où réside la Présence divine.
דָּרֵשׁ רָבָא, מַאי דִּכְתִיב: ״ה׳ מָעוֹן אַתָּה הָיִיתָ לָּנוּ״, אֵלּוּ בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת. אָמַר אַבָּיֵי: מֵרֵישׁ הֲוַאי גָּרֵיסְנָא בְּבֵיתָא וּמְצַלֵּינָא בְּבֵי כְנִישְׁתָּא, כֵּיוָן דִּשְׁמַעִית לְהָא דְּקָאָמַר דָּוִד: ״ה׳ אָהַבְתִּי מְעוֹן בֵּיתֶךָ״, הֲוַאי גָּרֵיסְנָא בְּבֵי כְנִישְׁתָּא.
Il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Elazar HaKappar dit : À l'avenir, les synagogues et les maisons d'étude de Babylonie seront transportées et réinstallées en Terre d'Israël, comme il est dit : « Car comme le Thabor parmi les montagnes et comme le Carmel auprès de la mer, ainsi viendra-t-il » (Jérémie 46, 18). [Et il y a une tradition que ces montagnes vinrent au Sinaï lors du don de la Torah en réclamant que la Torah leur soit donnée.] Or ces choses ne se déduisent-elles pas a fortiori [qal va'homer] : Si le Thabor et le Carmel, qui ne vinrent [au Sinaï] que momentanément pour étudier la Torah, furent transportés et établis en Terre d'Israël en récompense de leurs actes — à combien plus forte raison les synagogues et maisons d'étude de Babylonie, dans lesquelles la Torah est lue et répandue, seront-elles transportées en Terre d'Israël !
תַּנְיָא, רַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר אוֹמֵר: עֲתִידִין בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת שֶׁבְּבָבֶל שֶׁיִּקָּבְעוּ בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי כְּתָבוֹר בֶּהָרִים וּכְכַרְמֶל בַּיָּם יָבֹא״, וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה תָּבוֹר וְכַרְמֶל שֶׁלֹּא בָּאוּ אֶלָּא לְפִי שָׁעָה לִלְמוֹד תּוֹרָה, נִקְבָּעִים בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת שֶׁקּוֹרִין וּמַרְבִּיצִין בָּהֶן תּוֹרָה — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Bar Kappara a interprété homilétiquement un verset : Quelle est la signification de ce qui est écrit : « Pourquoi regardez-vous [teratsedoun] de travers, ô montagnes aux hauts sommets [gavnounim], la montagne que Dieu a désirée pour Sa demeure ? » (Psaumes 68, 17) ? Une voix céleste [bat kol] s'est fait entendre et a dit à toutes les montagnes qui vinrent et exigèrent que la Torah soit donnée sur elles : Pourquoi cherchez-vous [tirtssou] à engager un procès [din] avec le mont Sinaï ? Vous êtes tous des êtres difformes [ba'alei moum] en comparaison du mont Sinaï, car il est écrit ici : « aux hauts sommets [gavnounim] » et il est écrit là, à propos des défauts qui disqualifient un kohen : « ou bossu [gibben] ou chétif » (Lévitique 21, 20). Rav Achi a dit : On peut déduire de cela que celui qui est arrogant est considéré comme un être diforme. Les autres montagnes exigèrent avec arrogance que la Torah leur soit donnée, et elles furent donc décrites comme difformes.
דָּרֵשׁ בַּר קַפָּרָא, מַאי דִּכְתִיב: ״לָמָּה תְּרַצְּדוּן הָרִים גַּבְנוּנִּים״, יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לָהֶם: לָמָּה תִּרְצוּ דִּין עִם סִינַי? כּוּלְּכֶם בַּעֲלֵי מוּמִים אַתֶּם אֵצֶל סִינַי. כְּתִיב הָכָא: ״גַּבְנוּנִים״, וּכְתִיב הָתָם: ״אוֹ גִבֵּן אוֹ דַק״. אָמַר רַב אָשֵׁי: שְׁמַע מִינַּהּ הַאי מַאן דִּיהִיר — בַּעַל מוּם הוּא.
§ [La michna enseigne qu'une synagogue, même en ruines, ne peut pas être utilisée comme kappendriya (raccourci).] La Guemara demande : Que signifie « kappendriya » ? Rava a dit : Un raccourci, comme son nom l'indique. La Guemara précise : Qu'entendez-vous par 'comme son nom l'indique' ? C'est comme quelqu'un qui dit : 'Plutôt que de faire le tour de toute la rangée de maisons [makkifna addari] pour atteindre l'autre côté — ce qui allonge mon chemin —, j'entrerai dans cette maison et la traverserai.' Le mot 'kappendriya' semble être une contraction de l'expression 'makkifna addari'. C'est ce que Rava voulait dire par 'comme son nom l'indique'.
אֵין עוֹשִׂין אוֹתוֹ קַפֶּנְדַּרְיָא מַאי ״קַפֶּנְדַּרְיָא״? אָמַר רָבָא: קַפֶּנְדַּרְיָא כִּשְׁמָהּ. מַאי כִּשְׁמָהּ? כְּמַאן דְּאָמַר: אַדְּמַקֵּיפְנָא אַדָּרֵי, אֵיעוּל בְּהָא.
Rabbi Abbahou a dit : Si un chemin public passait initialement à cet endroit [avant que la synagogue y soit construite], il est permis [de continuer à l'emprunter comme raccourci], car l'honneur dû à une synagogue ne peut effacer le droit d'accès du public à ce chemin.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אִם הָיָה שְׁבִיל מֵעִיקָּרָא — מוּתָּר.
Megillah 29a
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מגילה כ״ט אמַסֶּכֶת מְגִילָּה