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Traité Megillah

28b

Étude de Megillah 28b

Étude de la Guémara 28b

Guémara
[La baraita continue :] et on ne peut pas s'y parer [pour un but personnel] ; on ne peut pas s'y promener de long en large ; on ne peut pas y entrer au soleil pour se proteger du soleil, ni sous la pluie pour s'abriter de la pluie ; on ne peut pas y faire l'oraison funebre d'un individu [un prive]. En revanche, on peut y lire la Bible ; on peut y etudier des halakhot [lecons de loi juive] ; et on peut y faire l'oraison funebre d'un erudit de la Torah [talmid 'hakham], si le public assiste a cette oraison funebre.
וְאֵין נֵיאוֹתִין בָּהֶם, וְאֵין מְטַיְּילִין בָּהֶם, וְאֵין נִכְנָסִין בָּהֶן בַּחַמָּה מִפְּנֵי הַחַמָּה, וּבַגְּשָׁמִים מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים. וְאֵין מַסְפִּידִין בָּהֶן הֶסְפֵּד שֶׁל יָחִיד. אֲבָל קוֹרִין בָּהֶן, וְשׁוֹנִין בָּהֶן, וּמַסְפִּידִין בָּהֶן הֶסְפֵּד שֶׁל רַבִּים,
Rabbi Yehouda dit : Quand cette regle s'applique-t-elle ? Quand les synagogues sont occupees et utilisees par le peuple. Mais quand elles sont en etat de ruine, on doit les laisser telles quelles afin que de l'herbe y pousse. Et cette herbe ne doit pas etre cueillie et enlevee, en raison de la detresse [agmat nefech] que cela causera a ceux qui le voient. Cela leur rappellera le delabrement de la synagogue et la necessite de la reconstruire.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵימָתַי — בְּיִשּׁוּבָן, אֲבָל בְּחוּרְבָּנָן — מַנִּיחִין אוֹתָן וְעוֹלִין בָּהֶן עֲשָׂבִים, וְלֹא יִתְלוֹשׁ מִפְּנֵי עׇגְמַת נֶפֶשׁ.
La Guemara demande : Pourquoi Rabbi Yehouda a-t-il parle de la halakha sur les herbes ? Qui en avait parle [dans la baraita qui precede] ? La Guemara explique : Le texte de la baraita est incomplet et enseigne ce qui suit : Et parmi les autres choses qui peuvent etre faites dans les synagogues, on doit aussi veiller a les balayer et a en arroser le sol afin que de l'herbe n'y pousse pas. Rabbi Yehouda dit : Quand cela s'applique-t-il ? Quand les synagogues sont occupees et utilisees par le peuple ; mais quand elles sont en etat de ruine, on doit les laisser telles quelles afin que de l'herbe y pousse. Si de l'herbe poussa, elle ne doit pas etre enlevee, en raison de la detresse que cela causera a ceux qui le voient.
עֲשָׂבִים מַאן דְּכַר שְׁמַיְיהוּ? חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: וּמְכַבְּדִין אוֹתָן וּמַרְבִּיצִין אוֹתָן כְּדֵי שֶׁלֹּא יַעֲלוּ בָּהֶן עֲשָׂבִים. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵימָתַי — בְּיִשּׁוּבָן, אֲבָל בְּחוּרְבָּנָן — מַנִּיחִין אוֹתָן לַעֲלוֹת. עָלוּ בָּהֶן עֲשָׂבִים — לֹא יִתְלוֹשׁ, מִפְּנֵי עׇגְמַת נֶפֶשׁ.
Rav Assi dit : Les synagogues en Babylonie sont construites d'entree de jeu avec une stipulation qu'elles n'auront pas toute la saintete d'une synagogue, afin qu'il soit permis de les utiliser pour les besoins generaux de la communaute. Mais neanmoins, on ne doit pas s'y conduire avec legerete [kallout roch]. La Guemara explique : Qu'est-ce que cela signifie ? On ne doit pas faire de calculs commerciaux [calculations de comptes] dans une synagogue.
אָמַר רַב אַסִּי: בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת שֶׁבְּבָבֶל, עַל תְּנַאי הֵן עֲשׂוּיִין. וְאַף עַל פִּי כֵן, אֵין נוֹהֲגִין בָּהֶן קַלּוּת רֹאשׁ. וּמַאי נִיהוּ — חֶשְׁבּוֹנוֹת.
Rav Assi dit : Concernant une synagogue dans laquelle les gens font des calculs commerciaux — ils y laisseront finalement une depouille mortelle passer la nuit. La Guemara questionne la formulation de cet adage : Peut-on vraiment envisager qu'ils y laisseront effectivement une depouille passer la nuit ? Y aurait-il vraiment aucune autre alternative ? Plutot, Rav Assi entend dire que par punition pour s'y etre conduits avec legerete, des personnes de la communaute mourront, y compris ceux qui n'ont aucune famille, et par consequent ils devront finalement laisser dans la synagogue une depouille sans personne pour l'enterrer [met mitsva] passer la nuit.
אָמַר רַב אַסִּי: בֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁמְּחַשְּׁבִין בּוֹ חֶשְׁבּוֹנוֹת — מְלִינִין בּוֹ אֶת הַמֵּת. מְלִינִין סָלְקָא דַעְתָּךְ? לָא סַגִּי דְּלָאו הָכִי? אֶלָּא, לְסוֹף שֶׁיָּלִינוּ בּוֹ מֵת מִצְוָה.
§ La baraita a enseigne : Et on ne peut pas s'y parer. Rava dit : Cette interdiction ne s'applique qu'aux gens ordinaires, mais les erudit de la Torah et leurs disciples sont autorises a le faire, car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : Que signifie le terme « bei de rabbanan » [la maison des Sages], utilise pour decrire une salle d'etude ? C'est une forme abregee de « beita [la maison] des Sages ». Afin de faciliter la presence constante des erudit dans la salle d'etude, il leur est permis d'utiliser la salle comme s'il s'agissait de leur maison [et ils peuvent donc s'y parer].
וְאֵין נֵיאוֹתִין בָּהֶן. אָמַר רָבָא: חֲכָמִים וְתַלְמִידֵיהֶם מוּתָּרִין, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַאי בֵּי רַבָּנַן — בֵּיתָא דְרַבָּנַן.
La baraita a enseigne : Et on ne peut pas y entrer au soleil pour se proteger du soleil, ni sous la pluie pour s'abriter de la pluie. La Guemara explique : C'est comme dans le cas de Ravina et de Rav Adda bar Mattana. Ils se tenaient debout et posaient une question a Rava, quand une averse [zil'ha] de pluie se mit a tomber sur eux. Ils entrerent tous dans la synagogue en disant : Notre entree dans la synagogue n'est pas due a la pluie [pour nous garder au sec] ; c'est plutot parce que la halakha que nous discutons necessite une clarte d'esprit [tsil'lota] comme le jour ou souffle le vent du nord [isstena] et ou le ciel est parfaitement clair. Nous entrons donc dans la synagogue pour le bien de l'etude de la Torah, ce qui est certainement permis.
וְאֵין נִכְנָסִין בָּהֶן בַּחַמָּה מִפְּנֵי הַחַמָּה וּבַגְּשָׁמִים מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים. כִּי הָא דְּרָבִינָא וְרַב אַדָּא בַּר מַתְנָה הֲווֹ קָיְימִי וְשָׁאֲלִי שְׁאֵילְתָּא מֵרָבָא, אֲתָא זִילְחָא דְמִיטְרָא, עָיְילִי לְבֵי כְנִישְׁתָּא אָמְרִי: הַאי דְּעָיְילִינַן לְבֵי כְנִישְׁתָּא לָאו מִשּׁוּם מִיטְרָא, אֶלָּא מִשּׁוּם דִּשְׁמַעְתָּא בָּעֲיָא צִילּוּתָא כְּיוֹמָא דְאִסְתָּנָא.
Rav A'ha, fils de Rava, dit a Rav Achi : Si une personne a besoin d'appeler quelqu'un de l'interieur d'une synagogue, que doit-elle faire — puisqu'il n'est pas permis d'entrer dans une synagogue sans raison valable ? Rav Achi lui dit : Si c'est un jeune erudit de la Torah, qu'il recite une halakha en entrant dans la synagogue ; si c'est un tanna [quelqu'un qui memorise de grandes quantites de mishnayot], qu'il recite diverses mishnayot ; si c'est un expert dans la Bible, qu'il recite un verset ; et s'il n'est pas capable de faire meme cela, qu'il dise a un enfant : Recite pour moi un verset que tu as appris aujourd'hui. Ou alternativement, il devrait rester dans la synagogue un court moment et seulement ensuite se lever et partir.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: אִי אִצְטְרִיךְ לֵיהּ לְאִינִישׁ לְמִיקְרֵי גַּבְרָא מִבֵּי כְנִישְׁתָּא, מַאי? אֲמַר לֵיהּ: אִי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן הוּא — לֵימָא הִלְכְתָא, וְאִי תַּנָּא הוּא — לֵימָא מַתְנִיתִין, וְאִי קָרָא הוּא — לֵימָא פְּסוּקָא. וְאִי לָא, לֵימָא לֵיהּ לְיָנוֹקָא: אֵימָא לִי פְּסוּקָיךְ. אִי נָמֵי, נִישְׁהֵי פּוּרְתָּא וְנֵיקוּם.
La baraita a enseigne : Et on peut faire l'oraison funebre d'un erudit si le public assiste a l'oraison funebre. La Guemara demande : Quelles sont les circonstances d'une oraison funebre pour le public ? Rav 'Hisda decrivit un cas : Par exemple, une oraison funebre pour un erudit en la presence de Rav Chechet [qui est lui-meme un grand Sage]. Du fait de sa presence, beaucoup de gens viendront. Rav Chechet lui-meme decrivit un autre cas : Par exemple, une oraison funebre en la presence de Rav 'Hisda.
וּמַסְפִּידִין בָּהֶן הֶסְפֵּד שֶׁל רַבִּים. הֵיכִי דָּמֵי הֶסְפֵּידָא דְרַבִּים? מַחְוֵי רַב חִסְדָּא: כְּגוֹן הֶסְפֵּידָא דְּקָאֵי בֵּיהּ רַב שֵׁשֶׁת. מַחְוֵי רַב שֵׁשֶׁת: כְּגוֹן הֶסְפֵּידָא דְּקָאֵי בֵּיהּ רַב חִסְדָּא.
Rafram fit une fois l'oraison funebre de sa belle-fille dans une synagogue. Il dit : En raison de mon honneur et de l'honneur de la defunte, tout le monde viendra a l'oraison funebre. Ce sera par consequent un evenement public, et il est donc permis de la tenir dans une synagogue. De meme, Rabbi Zeïra fit une fois l'oraison funebre d'un certain Sage dans une synagogue. Il dit : Que ce soit pour mon honneur, ou que ce soit pour l'honneur du defunt, tout le monde viendra a l'oraison funebre.
רַפְרָם אַסְפְּדַהּ לְכַלְּתֵיהּ בְּבֵי כְנִישְׁתָּא, אָמַר: מִשּׁוּם יְקָרָא דִּידִי וּדְמִיתָא אָתוּ כּוּלֵּיהּ עָלְמָא. רַבִּי זֵירָא סַפְדֵיהּ לְהָהוּא מֵרַבָּנַן בְּבֵי כְנִישְׁתָּא, אֲמַר: אִי מִשּׁוּם יְקָרָא דִּידִי, אִי מִשּׁוּם יְקָרָא (דִּידֵיהּ) דְּמִיתָא, אָתוּ כּוּלֵּי עָלְמָא.
Rech Lakish fit une fois l'oraison funebre d'un certain jeune erudit de la Torah qui se trouvait frequemment en Terre d'Israel et qui avait l'habitude d'etudier les halakhot dans le vingt-quatrieme rang [de la salle d'etude]. Il siegeait si loin en arriere parce qu'il n'etait pas parmi les principaux erudits. Neanmoins, quand il mourut, Rech Lakish dit : Helas, la Terre d'Israel a perdu un grand homme.
רֵישׁ לָקִישׁ סַפְדֵיהּ לְהָהוּא צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן דִּשְׁכִיחַ בְּאַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל דַּהֲוָה תָּנֵי הִלְכָתָא בְּעֶשְׂרִים וְאַרְבַּע שׁוּרָתָא, אֲמַר: וַוי חָסְרָא אַרְעָא דְיִשְׂרָאֵל גַּבְרָא רַבָּה.
En revanche, il y eut un certain homme qui avait l'habitude d'etudier les halakhot, la Sifra [sur Vayikra], et la Sifrei [sur Bemidbar et Devarim], et la Tossefta, et il mourut. Des gens vinrent dire a Rav Na'hman : Que Maitre fasse son oraison funebre ! Il leur dit : Comment puis-je en faire l'eloge ? Devrais-je dire : Helas, une corbeille remplie de livres a ete perdue ? Ce ne serait pas vrai. Bien que l'homme ait etudie de nombreux domaines de la Torah, il n'y etait pas proficient [il n'en maitrisait pas la comprehension profonde].
הָהוּא דַּהֲוָה תָּנֵי הִלְכְתָא סִיפְרָא וְסִיפְרֵי וְתוֹסֶפְתָּא וּשְׁכֵיב, אֲתוֹ וַאֲמַרוּ לֵיהּ לְרַב נַחְמָן: לִיסְפְּדֵיהּ מָר! אֲמַר: הֵיכִי נִסְפְּדֵיהּ? הֵי צַנָּא דִּמְלֵי סִיפְרֵי דַּחֲסַר?!
Megillah 28b
100%
מגילה כ״ח במַסֶּכֶת מְגִילָּה