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Traité Megillah

28a

Étude de Megillah 28a

Étude de la Mishna & Guémara 28a

[La Guemara poursuit la liste des merites de Rabbi Perida :] Et je n'ai jamais recite la benediction apres les repas [birkat hamazon] en presence d'un pretre [kohen], mais je lui cedais plutot le privilege de diriger [la benediction]. Et je n'ai jamais mange d'un animal dont les dons sacerdotaux [mattenot] — c'est-a-dire le membre anterieur, la machoire et la panse — n'avaient pas encore ete mis de cote [pourles donner au kohen].
וְלֹא בֵּרַכְתִּי לִפְנֵי כֹהֵן, וְלֹא אָכַלְתִּי מִבְּהֵמָה שֶׁלֹּא הוּרְמוּ מַתְּנוֹתֶיהָ.
Un autre exemple du comportement meticuleux de Rabbi Perida est fonde sur ce que Rabbi Its'hak a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Il est interdit de manger de la viande d'un animal dont les dons sacerdotaux n'ont pas ete mis de cote. Et Rabbi Its'hak dit : Quiconque mange de la viande d'un animal dont les dons sacerdotaux n'ont pas ete mis de cote est considere comme s'il mangeait des produits non preleves [tevel]. La Guemara commente : Et la halakha n'est pas conforme a son opinion. Il est donc permis de manger de la viande d'un tel animal. Neanmoins, Rabbi Perida agissait de maniere plus stricte et n'en mangeait pas.
דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אָסוּר לֶאֱכוֹל מִבְּהֵמָה שֶׁלֹּא הוּרְמוּ מַתְּנוֹתֶיהָ. וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הָאוֹכֵל מִבְּהֵמָה שֶׁלֹּא הוּרְמוּ מַתְּנוֹתֶיהָ, כְּאִילּוּ אוֹכֵל טְבָלִים. וְלֵית הִלְכְתָא כְּווֹתֵיהּ.
La Guemara examine une autre action de Rabbi Perida : Il a dit : Et je n'ai jamais recite la birkat hamazon en presence d'un kohen, mais plutot je lui cedais le privilege de diriger.
וְלֹא בֵּרַכְתִּי לִפְנֵי כֹהֵן,
Est-ce a dire que cela est particulierement vertueux ? Mais Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas dit : Tout erudit [talmid 'hakham] qui permet a quelqu'un d'autre de reciter la birkat hamazon en sa presence — c'est-a-dire de diriger a sa place — meme si cette personne est un Grand Pretre [kohen gadol] qui est un am ha-arets [ignorant en Torah] — cet erudit merite de recevoir la peine de mort pour avoir bafoue son propre honneur ? Comme il est dit : « Tous ceux qui me haissent aiment la mort » (Proverbes 8, 36). Ne lis pas « ceux qui me haissent [mesan'ai] » mais lis plutot « ceux qui me font detester [masni'ai] ». L'honneur du par un erudit represente l'honneur de D.ieu dans le monde. En le negligeant, il pousse les autres a ne pas respecter D.ieu, ce qui peut finalement se developper en haine. Si c'est ainsi, pourquoi Rabbi Perida considerait-il son comportement si meritoire ?
לְמֵימְרָא דִּמְעַלְּיוּתָא הִיא? וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל תַּלְמִיד חָכָם שֶׁמְּבָרֵךְ לְפָנָיו, אֲפִילּוּ כֹּהֵן גָּדוֹל עַם הָאָרֶץ — אוֹתוֹ תַּלְמִיד חָכָם חַיָּיב מִיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל מְשַׂנְאַי אָהֲבוּ מָוֶת״. אַל תִּקְרֵי ״מְשַׂנְאַי״, אֶלָּא ״מַשְׂנִיאַי״.
La Guemara repond : Quand Rabbi Perida dit cela, il parlait de personnes de rang egal. Il ne cedait la presidence qu'au kohen qui etait aussi un erudit de la Torah.
כִּי קָאָמַר אִיהוּ, בְּשָׁוִין.
La Guemara aborde le quatrieme Sage : Un jour, les disciples de Rabbi Ne'hounya ben haKana lui demanderent : En vertu de quelle merite as-tu ete beni d'une longue vie ? Il leur dit : De toute ma vie, je ne me suis jamais eleve aux depens de la degradation de mon prochain. Jamais la malediction de mon prochain n'est montee avec moi dans mon lit [c'est-a-dire si j'avais offense quelqu'un, je veillais a me faire pardonner ce jour-la ; quand j'allais me coucher, je savais que personne n'avait de grief contre moi]. Et j'ai toujours ete genereux avec mon argent.
שָׁאֲלוּ תַּלְמִידָיו אֶת רַבִּי נְחוּנְיָא בֶּן הַקָּנָה: בַּמֶּה הֶאֱרַכְתָּ יָמִים? אָמַר לָהֶם: מִיָּמַי לֹא נִתְכַּבַּדְתִּי בִּקְלוֹן חֲבֵרִי, וְלֹא עָלְתָה עַל מִטָּתִי קִלְלַת חֲבֵרִי, וּוַתְּרָן בְּמָמוֹנִי הָיִיתִי.
Rabbi Ne'hounya a dit : Je ne me suis jamais eleve aux depens de la degradation de mon prochain — c'est un comportement comme celui de Rav Houna, qui portait une houe sur son epaule a son retour du travail. Rav 'Hana bar 'Hanilai vint et, par respect pour son maitre, la lui prit pour la porter a sa place. Rav Houna lui dit : Si tu as l'habitude de porter de tels objets dans ta propre ville, tu peux le porter ; mais sinon, que je sois veneré par ta degradation ne me convient pas.
לֹא נִתְכַּבַּדְתִּי בִּקְלוֹן חֲבֵרִי — כִּי הָא דְּרַב הוּנָא דָּרֵי מָרָא אַכַּתְפֵּיהּ. אֲתָא רַב חָנָא בַּר חֲנִילַאי וְקָא דָרֵי מִינֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: אִי רְגִילַתְּ דְּדָרֵית בְּמָאתָיךְ — דְּרִי, וְאִי לָא, אִתְיַיקּוֹרֵי אֲנָא בְּזִילוּתָא דִּידָךְ לָא נִיחָא לִי.
Rabbi Ne'hounya a dit aussi : Jamais la malediction de mon prochain n'est montee avec moi dans mon lit — c'est un comportement comme celui de Mar Zoutra. Quand il allait se coucher la nuit, il disait d'abord : Je pardonne a quiconque m'a contrarie.
וְלֹא עָלְתָה עַל מִטָּתִי קִלְלַת חֲבֵרִי — כִּי הָא דְּמַר זוּטְרָא כִּי הֲוָה סָלֵיק לְפוּרְיֵיהּ, אֲמַר: שְׁרֵי לֵיהּ לְכׇל מַאן דְּצַעֲרָן.
Et [Rabbi Ne'hounya a dit] : J'ai toujours ete genereux avec mon argent — c'est un comportement comme celui dont le Maitre [les Sages] a dit : Iyov [Job] etait genereux avec son argent, car il laissait toujours au moins une perouta [petite piece de monnaie] de son argent chez le commercant. Il ne reclamait jamais la monnaie de ses transactions.
וּוַתְּרָן בְּמָמוֹנִי הָיִיתִי — דְּאָמַר מָר: אִיּוֹב וַותְּרָן בְּמָמוֹנֵיהּ הֲוָה, שֶׁהָיָה מַנִּיחַ פְּרוּטָה לַחֶנְוָנִי מִמָּמוֹנֵיהּ.
Rabbi Akiva demanda a Rabbi Ne'hounya le Grand ; il lui dit : En vertu de quelle merite as-tu ete beni d'une longue vie ? Les serviteurs [gavzei] de Rabbi Ne'hounya vinrent et commencerent a battre Rabbi Akiva, car ils estimaient qu'il agissait de maniere irrespectueuse en soulignant la vieillesse de Rabbi Ne'hounya. Rabbi Akiva s'echappa et grimpa au sommet d'un palmier. De la-haut, il dit a Rabbi Ne'hounya : Mon maitre, j'ai une question sur le verset concernant l'offrande quotidienne [tamid] qui dit « un agneau » (Nombres 28, 4). Si le mot « agneau » est deja au singulier, pourquoi est-il dit aussi « un » — n'est-ce pas superflu ? En entendant la question savante de Rabbi Akiva, Rabbi Ne'hounya dit a ses serviteurs : C'est clairement un jeune erudit de la Torah, laissez-le.
שָׁאַל רַבִּי עֲקִיבָא אֶת רַבִּי נְחוּנְיָא הַגָּדוֹל (אָמַר לוֹ): בַּמֶּה הֶאֱרַכְתָּ יָמִים? אֲתוֹ גַּוּוֹזֵי וְקָא מָחוּ לֵיהּ. סְלֵיק, יְתֵיב אַרֵישָׁא דְּדִיקְלָא. אֲמַר לֵיהּ, רַבִּי: אִם נֶאֱמַר ״כֶּבֶשׂ״ לָמָּה נֶאֱמַר ״אֶחָד״? אָמַר לְהוּ: צוּרְבָּא מִדְּרַבָּנַן הוּא, שִׁבְקוּהוּ.
Rabbi Ne'hounya repondit alors a la question de Rabbi Akiva. En ce qui concerne la deuxieme question, il lui dit : Le mot « un » enseigne que l'agneau doit etre le plus beau de son troupeau [meyou'had], c'est-a-dire que seul l'agneau de la meilleure qualite doit etre utilise.
אֲמַר לֵיהּ: ״אֶחָד״ — מְיוּחָד שֶׁבְּעֶדְרוֹ.
En ce qui concerne la question initiale [sur la longevite], Rabbi Ne'hounya lui dit : De toute ma vie, je n'ai jamais accepte de cadeaux [mattanot]. Je n'ai jamais ete inflexible [c'est-a-dire je n'ai jamais exige une mesure de represailles contre ceux qui m'ont fait du tort]. Et j'ai toujours ete genereux avec mon argent.
אֲמַר לֵיהּ: מִיָּמַי לֹא קִבַּלְתִּי מַתָּנוֹת, וְלֹא עָמַדְתִּי עַל מִדּוֹתַי, וּוַתְּרָן בְּמָמוֹנִי הָיִיתִי.
Megillah 28a
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מגילה כ״ח אמַסֶּכֶת מְגִילָּה