[La Guemara cite la fin du passage précédent :] ce qu'il y a avant [la Création] et ce qu'il y a après [la fin des temps] — c'est pourquoi la Tossefta nous enseigne que le récit de la Création est bien lu en public.
וּמָה לִפְנִים וּמָה לְאָחוֹר, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Tossefta poursuit : L'incident de Lot et de ses deux filles est lu et traduit. [La Guemara remarque :] Cela est évident ! [La Guemara répond :] On aurait pu penser qu'il faut se préoccuper de l'honneur d'Avraham [car Lot était son neveu et l'incident rejaillit sur lui] — c'est pourquoi la baraïta nous enseigne que cette préoccupation n'a pas lieu d'être.
מַעֲשֵׂה לוֹט וּשְׁתֵּי בְנוֹתָיו נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: נֵיחוּשׁ לִכְבוֹדוֹ דְאַבְרָהָם, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Tossefta poursuit : L'incident de Tamar et de Yehouda est lu et traduit. [La Guemara remarque :] Cela est évident ! [La Guemara répond :] On aurait pu penser qu'il faut se préoccuper de l'honneur de Yehouda — c'est pourquoi la Tossefta nous enseigne qu'il n'en est rien. Au contraire, [le récit] lui est à son crédit, car il a avoué sa faute.
מַעֲשֵׂה תָמָר וִיהוּדָה נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: לֵיחוּשׁ לִכְבוֹדוֹ דִיהוּדָה, קָא מַשְׁמַע לַן שְׁבָחֵיהּ הוּא דְּאוֹדִי.
La Tossefta poursuit : Le premier récit de l'incident du Veau d'or [eguel] est lu et traduit. [La Guemara remarque :] Cela est évident ! [La Guemara répond :] On aurait pu penser qu'il faut se préoccuper de l'honneur du peuple juif — c'est pourquoi la Tossefta nous enseigne qu'a fortiori cela leur convient, afin qu'ils obtiennent une expiation par leur honte [publique].
מַעֲשֵׂה עֵגֶל הָרִאשׁוֹן נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: לֵיחוּשׁ לִכְבוֹדָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל, קָא מַשְׁמַע לַן: כׇּל שֶׁכֵּן דְּנִיחָא לְהוּ, דְּהָוְיָא לְהוּ כַּפָּרָה.
La Tossefta déclare : Les malédictions [kelalot] et les bénédictions sont lues et traduites. [La Guemara remarque :] Cela est évident ! [La Guemara répond :] On aurait pu penser qu'il faut craindre que la congrégation ne se décourage [en entendant les nombreuses malédictions] — c'est pourquoi la Tossefta nous enseigne que cette préoccupation n'a pas lieu d'être.
קְלָלוֹת וּבְרָכוֹת נִקְרִין וּמִתַּרְגְּמִין. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: נֵיחוּשׁ דִּלְמָא פָּיְיגָא דַּעְתַּיְיהוּ דְצִבּוּרָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Tossefta poursuit : Les avertissements et les châtiments ['onachine] sont lus et traduits. [La Guemara remarque :] Cela est évident ! [La Guemara répond :] On aurait pu penser que si cette section est lue publiquement, les gens n'accompliront les mitsvot que par crainte du châtiment et non par amour de Dieu — c'est pourquoi la Tossefta nous enseigne que cette préoccupation n'a pas lieu d'être.
אַזְהָרוֹת וָעוֹנָשִׁין נִקְרִין וּמִתַּרְגְּמִין. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: נֵיחוּשׁ דִּלְמָא אָתוּ לְמֶעְבַּד מִיִּרְאָה, קָא מַשְׁמַע לַן.
[La Tossefta] enseigne en outre : L'incident d'Amnon et Tamar est lu et traduit. [De même,] l'incident d'Avchalom est lu et traduit. [La Guemara remarque :] Cela est évident ! [La Guemara l'explique :] On aurait pu penser qu'il faut se préoccuper de l'honneur de David — c'est pourquoi la Tossefta nous enseigne que ces sections sont lues et traduites.
מַעֲשֵׂה אַמְנוֹן וְתָמָר נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם [מַעֲשֵׂה אַבְשָׁלוֹם נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם]. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: לֵיחוּשׁ לִיקָרֵיהּ דְּדָוִד, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Tossefta poursuit : L'incident de la concubine [pilegech] à Guiv'a est lu et traduit. [La Guemara remarque :] Cela est évident ! [La Guemara l'explique :] On aurait pu penser qu'il faut se préoccuper de l'honneur de la tribu de Binyamine — c'est pourquoi la Tossefta nous enseigne que cette section est lue et traduite.
מַעֲשֵׂה פִּילֶגֶשׁ בַּגִּבְעָה נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: לֵיחוּשׁ לִכְבוֹדוֹ דְבִנְיָמִין, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Tossefta poursuit : La section « Fais connaître à Jérusalem ses abominations » [hoda] (Yeh'ezkel 16, 2) est lue et traduite. [La Guemara remarque :] Cela est évident ! [La Guemara répond :] Cela est nécessaire pour exclure l'opinion de Rabbi Eliézer. Car il est enseigné dans une baraïta : Il arriva qu'un certain homme lisait la haftara en présence de Rabbi Eliézer et récita la section « Fais connaître à Jérusalem ses abominations ». Rabbi Eliézer lui dit : Avant d'examiner les abominations de Jérusalem, va examiner les abominations de ta propre mère. On examina sa généalogie et on trouva en lui une tache d'illégitimité [sa mère avait eu des relations illicites].
״הוֹדַע אֶת יְרוּשָׁלִַם אֶת תּוֹעֲבוֹתֶיהָ״ נִקְרָא וּמִתַּרְגֵּם. פְּשִׁיטָא! לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר. דְּתַנְיָא: מַעֲשֶׂה בְּאָדָם אֶחָד שֶׁהָיָה קוֹרֵא לְמַעְלָה מֵרַבִּי אֱלִיעֶזֶר ״הוֹדַע אֶת יְרוּשָׁלִַם אֶת תּוֹעֲבוֹתֶיהָ״. אָמַר לוֹ: עַד שֶׁאַתָּה בּוֹדֵק בְּתוֹעֲבוֹת יְרוּשָׁלַיִם צֵא וּבְדוֹק בְּתוֹעֲבוֹת אִמֶּךָ. בָּדְקוּ אַחֲרָיו וּמָצְאוּ בּוֹ שֶׁמֶץ פְּסוּל.
La Tossefta déclare aussi : Et voici les sections qui sont lues mais non traduites [le moyen mnémotechnique formé des lettres reïch, aïne, bét, dalét, noun]. La Tossefta indique que l'incident de Réouven est lu mais non traduit. Il arriva aussi que Rabbi 'Hanina ben Gamliel se rendit au village de Kavoul, et le 'hazan de la synagogue lisait « Et il arriva, tandis qu'Israël était établi dans ce pays, que Réouven alla et se coucha avec Bilha, la concubine de son père ; et Israël l'apprit » (Berechit 35, 22). Rabbi 'Hanina dit au traducteur : Arrête — traduis seulement la fin du verset [concernant les douze fils de Ya'akov]. Et les Sages le louèrent pour cela.
וְאֵלּוּ נִקְרִין וְלֹא מִתַּרְגְּמִין, (רעבד״ן סִימָן) מַעֲשֵׂה רְאוּבֵן נִקְרָא וְלֹא מִתַּרְגֵּם. וּמַעֲשֶׂה בְּרַבִּי חֲנִינָא בֶּן גַּמְלִיאֵל שֶׁהָלַךְ לְכָבוּל, וְהָיָה קוֹרֵא חַזַּן הַכְּנֶסֶת ״וַיְהִי בִּשְׁכּוֹן יִשְׂרָאֵל״, וְאָמַר לוֹ לַמְּתוּרְגְּמָן: (הַפְסֵק) אַל תְּתַרְגֵּם אֶלָּא אַחֲרוֹן, וְשִׁיבְּחוּהוּ חֲכָמִים.
La Tossefta poursuit : Le second récit de l'incident du Veau d'or est lu mais non traduit. Quel est ce second récit de l'incident du Veau d'or ? [Il s'étend] depuis « Et Moché dit [à Aharon] » (Chémot 32, 21) jusqu'à « Et Moché vit » (Chémot 32, 25).
מַעֲשֵׂה עֵגֶל הַשֵּׁנִי נִקְרָא וְלֹא מִתַּרְגֵּם. אֵיזֶה מַעֲשֵׂה עֵגֶל הַשֵּׁנִי — מִן ״וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה״ עַד ״וַיַּרְא מֹשֶׁה״.
Il est enseigné [dans une baraïta] : Rabbi Chim'on ben Elazar dit : On doit toujours être prudent dans la façon dont on formule ses réponses, car c'est sur la base de la réponse qu'Aharon donna à Moché que les sceptiques ont renié leurs croyances. Il est dit dans la réponse d'Aharon : « Et je le jetai au feu, et ce veau en sortit » (Chémot 32, 24). Cette formulation laisse entendre que le veau émergea du feu de lui-même, suggérant qu'il avait une puissance divine.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: לְעוֹלָם יְהֵא אָדָם זָהִיר בִּתְשׁוּבוֹתָיו, שֶׁמִּתּוֹךְ תְּשׁוּבָה שֶׁהֱשִׁיבוֹ אַהֲרֹן לְמֹשֶׁה פָּקְרוּ הַמִּינִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וָאַשְׁלִיכֵהוּ בָאֵשׁ וַיֵּצֵא הָעֵגֶל הַזֶּה״.