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Traité Megillah

24b

Étude de Megillah 24b

Étude de la Mishna & Guémara 24b

Ici aussi, selon [la raison donnée par] Rabba bar Chimi [qui voit dans la règle une mesure préventive contre les querelles], c'est pour prévenir [une querelle de la part de] son père ou de son maître [qui pourraient revendiquer cet honneur au nom de leur enfant ou disciple].
הָכָא נָמֵי, אִיכָּא נִצּוּיֵי אָבִיו וְנִצּוּיֵי רַבּוֹ.
§ Nous avons appris dans la MISHNA : Une personne dont les membres sont exposés [po'héa'h] peut réciter les prières et la bénédiction préliminaires avant le Chéma et traduire la lecture de la Torah en araméen, mais elle ne peut pas lire dans la Torah [par égard pour la Torah]. Oulla bar Rav souleva un doute devant Abaye : Quelle est la halakha en ce qui concerne un mineur dont les membres sont exposés [qui peut-il lire dans la Torah] ? Peut-on soutenir que les membres nus d'un mineur ne relèvent pas de la catégorie de la nudité [érva], et qu'il lui est donc permis de lire dans la Torah malgré le fait que des parties de son corps soient exposées ?
פּוֹחֵחַ פּוֹרֵס עַל שְׁמַע וְכוּ׳. בְּעָא מִינֵּיהּ עוּלָּא בַּר רַב מֵאַבָּיֵי: קָטָן פּוֹחֵחַ מַהוּ שֶׁיִּקְרָא בַּתּוֹרָה?
Abaye lui dit : Et selon ce raisonnement, soulève donc le doute concernant un mineur entièrement nu [arouml] ! Quelle est la raison pour laquelle un mineur entièrement nu ne peut pas lire dans la Torah ? C'est par égard pour la dignité du public [kevod hatsibbour]. Ici aussi [dans le cas du po'héa'h], c'est la raison — il ne peut pas lire [dans la Torah] par égard pour la dignité du public.
אֲמַר לֵיהּ: וְתִיבְּעֵי לָךְ עָרוֹם! עָרוֹם מַאי טַעְמָא לָא — מִשּׁוּם כְּבוֹד צִבּוּר, הָכָא נָמֵי מִשּׁוּם כְּבוֹד צִבּוּר.
La Michna continue [avec la halakha sur l'aveugle] : Une personne aveugle peut réciter les prières et la bénédiction préliminaires avant le Chéma, et elle peut aussi traduire la lecture de la Torah en araméen. Rabbi Yéhouda dit : Quiconque n'a jamais vu les luminaires [le soleil, la lune et les étoiles] de sa vie ne peut pas réciter [cette bénédiction]. Il est enseigné dans une baraïta que [les Sages] dirent à Rabbi Yéhouda : Nombreux sont ceux qui ont su expliquer [et commenter] le char divin [Merkava — la vision d'Ézéchiel], bien qu'ils ne l'aient jamais vu [de leurs yeux]. De même, même celui qui n'a jamais vu les luminaires peut réciter la bénédiction [car il en comprend l'existence et le sens].
סוֹמֵא פּוֹרֵס עַל שְׁמַע וְכוּ׳. תַּנְיָא, אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי יְהוּדָה: הַרְבֵּה צָפוּ לִדְרוֹשׁ בַּמֶּרְכָּבָה, וְלֹא רָאוּ אוֹתָהּ מִימֵיהֶם.
Et comment Rabbi Yéhouda conteste-t-il cet argument ? Il peut dire : Là-bas, en ce qui concerne le Char divin [Merkava], la chose dépend de la compréhension du cœur [d'une saisie intellectuelle], et celui [qui étudie] peut concentrer son esprit et comprendre la Merkava même s'il ne l'a jamais réellement vue. Mais ici, en ce qui concerne les luminaires, la bénédiction est récitée en raison du bénéfice que l'on retire d'eux, et un aveugle [de naissance] ne retire aucun bénéfice d'eux [il ne les perçoit pas du tout]. Par conséquent, il ne peut pas réciter de bénédiction en leur honneur.
וְרַבִּי יְהוּדָה, הָתָם בְּאֹבַנְתָּא דְלִיבָּא תַּלְיָא מִילְּתָא, וְהָא קָא מִיכַּוֵּין וְיָדַע. הָכָא מִשּׁוּם הֲנָאָה הוּא, וְהָא לֵית לֵיהּ הֲנָאָה.
Et les Sages [qui contredisent Rabbi Yéhouda] soutiennent que même un aveugle tire un bénéfice des luminaires [indirectement], conformément à l'opinion de Rabbi Yossi. Car il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Yossi a dit : Toute ma vie j'ai été troublé par ce verset que je ne comprenais pas : « Et tu tâtonneras en plein midi comme l'aveugle tâtonne dans l'obscurité » (Deutéronome 28, 29). J'étais perplexe : qu'importe-t-il à un aveugle que ce soit obscur ou lumineux ? Il ne peut voir en aucun cas — alors pourquoi le verset parle-t-il d'un aveugle dans l'obscurité [si cela ne change rien pour lui] ?
וְרַבָּנַן — אִית לֵיהּ הֲנָאָה, כְּרַבִּי יוֹסֵי. דְּתַנְיָא, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: כׇּל יָמַי הָיִיתִי מִצְטַעֵר עַל מִקְרָא זֶה: ״וְהָיִיתָ מְמַשֵּׁשׁ בַּצׇּהֳרַיִם כַּאֲשֶׁר יְמַשֵּׁשׁ הָעִוֵּר בָּאֲפֵלָה״, וְכִי מָה אִכְפַּת לֵיהּ לְעִוֵּר בֵּין אֲפֵילָה לְאוֹרָה?
Je me suis interrogé sur cette question jusqu'à ce que l'incident suivant me soit arrivé. Un soir, je marchais dans l'obscurité totale de la nuit, et j'aperçus un aveugle qui marchait sur la route avec une torche dans ses mains. Je lui dis : Mon fils, pourquoi as-tu besoin de cette torche si tu es aveugle ? Il me dit : Aussi longtemps que j'ai une torche dans la main, les gens me voient et me sauvent des fosses, des épines et des ronces. [Même un aveugle tire un bénéfice indirect de la lumière, puisqu'elle lui permet d'être vu et protégé.] Par conséquent, il peut réciter la bénédiction sur les luminaires célestes.
עַד שֶׁבָּא מַעֲשֶׂה לְיָדִי: פַּעַם אַחַת הָיִיתִי מְהַלֵּךְ בְּאִישׁוֹן לַיְלָה וַאֲפֵלָה, וְרָאִיתִי סוֹמֵא שֶׁהָיָה מְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ וַאֲבוּקָה בְּיָדוֹ. אָמַרְתִּי לוֹ: בְּנִי, אֲבוּקָה זוֹ לָמָּה לָךְ? אָמַר לִי: כׇּל זְמַן שֶׁאֲבוּקָה בְּיָדִי, בְּנֵי אָדָם רוֹאִין אוֹתִי וּמַצִּילִין אוֹתִי מִן הַפְּחָתִין וּמִן הַקּוֹצִין וּמִן הַבַּרְקָנִין.
Mishna 1
MICHNA : Un kohen [prêtre] dont les mains présentent des défauts [moumim — difformités ou imperfections visibles] ne doit pas lever ses mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale [Birkat Kohanim]. Car en raison de son défaut, les gens regarderont ses mains, et il est interdit de regarder les mains des kohanim pendant la Bénédiction sacerdotale. Rabbi Yéhouda dit : Même celui dont les mains sont teintées de satis [une teinture bleue] ne doit pas lever ses mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale, car la congrégation le regardera.
מַתְנִי׳ כֹּהֵן שֶׁיֵּשׁ בְּיָדָיו מוּמִין לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף מִי שֶׁהָיוּ יָדָיו צְבוּעוֹת סְטֵיס לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו, מִפְּנֵי שֶׁהָעָם מִסְתַּכְּלִין בּוֹ.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Il est enseigné dans une baraïta : Les défauts dont les Sages ont parlé [qui disqualifient un kohen pour la Bénédiction sacerdotale] sont [ceux qui apparaissent sur] son visage, ses mains et ses pieds [c'est-à-dire les parties visibles du corps lors de la cérémonie], mais pas les défauts qui ne sont pas visibles par les autres. Rabbi Yéhochoua ben Lévi a dit : [Un kohen dont] les mains sont parsemées de taches blanches [bohakaniout] ne doit pas lever ses mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale. La Guemara note que cela est aussi enseigné dans une baraïta : Si les mains d'un kohen sont parsemées de taches blanches, il ne doit pas lever ses mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale. De même, si ses mains sont courbées vers l'intérieur [akoumont] ou tordues de côté [akouvot], il ne doit pas lever ses mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale.
גְּמָ׳ תָּנָא: מוּמִין שֶׁאָמְרוּ, בְּפָנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: יָדָיו בּוֹהֲקָנִיּוֹת — לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: יָדָיו בּוֹהֲקָנִיּוֹת — לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו. עֲקוּמּוֹת עֲקוּשׁוֹת — לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו.
À propos de la discussion précédente, Rav Assi a dit : Un kohen [originaire] de 'Haïfa [ville du nord d'Israël] ou de Beit Chéan [ville de la vallée du Jourdain] ne doit pas lever ses mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale, car il ne sait pas prononcer correctement les lettres gutturales. Cela est aussi enseigné dans une baraïta : On ne doit pas permettre aux gens de Beit Chéan, ni aux gens de Beit 'Haïfa, ni aux gens de Tivonin [région de Galilée] de passer devant l'arche pour conduire l'office, car ils prononcent l'alef comme ayin et l'ayin comme alef [confondant les deux lettres gutturales], et distordent ainsi le sens des prières.
אָמַר רַב אַסִּי: חֵיפָנִי וּבֵישָׁנִי — לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אֵין מוֹרִידִין לִפְנֵי הַתֵּיבָה לֹא אַנְשֵׁי בֵּית שְׁאָן וְלֹא אַנְשֵׁי (בֵּית) חֵיפָה וְלֹא אַנְשֵׁי טִבְעוֹנִין, מִפְּנֵי שֶׁקּוֹרִין לָאַלְפִין עַיְינִין וְלָעַיְינִין אַלְפִין.
La Guemara relate que Rabbi 'Hiya dit un jour à Rabbi Chimon, fils de Rabbi Yéhouda HaNassi : Si tu étais Lévite, tu serais disqualifié pour chanter sur l'estrade [doukhan] dans la Cour du Temple car ta voix est épaisse [et ne convient pas au chant lévitique]. Offensé par cette remarque, Rabbi Chimon alla en informer son père, Rabbi Yéhouda HaNassi. Rabbi Yéhouda HaNassi lui dit : Va lui dire ceci : Quand tu étudies et que tu arrives au verset « Et j'attendrai [ve-'hikkiti] l'Éternel » (Isaïe 8, 17), ne te retrouves-tu pas à blasphémer et à profaner le Nom divin ? [Rabbi 'Hiya, originaire de Babylonie, ne distinguait pas entre 'het et hé, et prononçait ve-'hikkiti comme ve-hikkiti, ce qui signifie : « Et je frapperai ».]
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי חִיָּיא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר רַבִּי: אִלְמָלֵי אַתָּה לֵוִי — פָּסוּל אַתָּה מִן הַדּוּכָן, מִשּׁוּם דַּעֲבֵי קָלָךְ. אֲתָא אֲמַר לֵיהּ לַאֲבוּהּ. אֲמַר לֵיהּ: זִיל אֵימָא לֵיהּ: כְּשֶׁאַתָּה מַגִּיעַ אֵצֶל ״וְחִכִּיתִי לַה׳״, לֹא נִמְצֵאת מְחָרֵף וּמְגַדֵּף?!
Rav Houna a dit : Un kohen [dont les yeux] larmoient constamment [zavlegan] ne doit pas lever ses mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale [car les gens le regarderont]. La Guemara demande : N'y avait-il pas un tel kohen [souffrant de ce problème] dans le voisinage de Rav Houna, et il levait pourtant ses mains et récitait la Bénédiction sacerdotale ? La Guemara répond : Ce kohen était un personnage familier dans sa ville [dach be'irou]. Comme les autres habitants étaient habitués à le voir, il n'attirerait pas l'attention pendant la Bénédiction sacerdotale. Cela est aussi enseigné dans une baraïta : Celui dont les yeux larmoient constamment ne doit pas lever ses mains pour réciter la Bénédiction sacerdotale, mais s'il est un personnage familier dans sa ville, il lui est permis de le faire.
אָמַר רַב הוּנָא: זַבְלְגָן לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו. וְהָא הַהוּא דַּהֲוָה בְּשִׁיבָבוּתֵיהּ דְּרַב הוּנָא, וַהֲוָה פָּרֵיס יְדֵיהּ! הָהוּא דָּשׁ בְּעִירוֹ הֲוָה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: זַבְלְגָן לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו, וְאִם הָיָה דָּשׁ בְּעִירוֹ — מוּתָּר.
Megillah 24b
100%
מגילה כ״ד במַסֶּכֶת מְגִילָּה