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Traité Megillah

22b

Étude de Megillah 22b

Étude de la Guémara 22b

Guémara
[Par déférence envers Rav,] on ne partait pas [tôt], et il n'était donc pas nécessaire qu'il récite une bénédiction après avoir terminé sa portion [pour protéger ceux qui auraient quitté prématurément]. En tout état de cause, l'incident concernant Rav ne fournit pas de preuve concluante quant au nombre de lecteurs lors d'un jeûne public.
מִיפָּק לָא נָפְקִי.
La Guemara tente d'apporter une autre preuve. Viens et entends la baraïta suivante : « Tel est le principe général : tout jour où le fait de prolonger le service de prière constituerait une perte de travail pour les gens — par exemple un jeûne public [ta'anit tsibbour] et le Neuvième d'Av [Ticha BeAv] — seulement trois personnes lisent la Torah, afin de ne pas allonger inutilement le service de prière. »
תָּא שְׁמַע, זֶה הַכְּלָל: כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם, כְּגוֹן תַּעֲנִית צִבּוּר וְתִשְׁעָה בְּאָב — קוֹרִין שְׁלֹשָׁה,
« Mais tout jour où le prolongement du service de prière ne constituerait pas une perte de travail pour les gens — par exemple les jours de Roch 'Hodech, où il est de coutume pour les femmes de s'abstenir de tout travail, et lors des 'Hol haMoed, où l'on ne peut pas effectuer de travail sauf si s'en abstenir entraînerait une perte d'argent — quatre personnes lisent la Torah. » La Guemara conclut : apprenez de là qu'en effet, lors d'un jeûne public, trois personnes lisent la Torah.
וְשֶׁאֵין בּוֹ בִּיטּוּל מְלָאכָה לָעָם, כְּגוֹן רָאשֵׁי חֳדָשִׁים וְחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד — קוֹרִין אַרְבָּעָה. שְׁמַע מִינַּהּ.
Rav Achi dit : ne l'avons-nous pas appris ainsi dans la michna : « Tel est le principe : tout jour pour lequel il y a une offrande supplémentaire [mussaf] sacrifiée au Temple et qui n'est pas une Fête, quatre personnes lisent la Torah » ? Que vient ajouter la formulation de ce principe ? Ne vient-elle pas ajouter un jeûne public et le Neuvième d'Av — où il y a un supplément au service de prière [la prière « Aneinou »] — et donc quatre personnes lisent la Torah ?
אָמַר רַב אָשֵׁי, וְהָא אֲנַן לָא תְּנַן הָכִי: זֶה הַכְּלָל, כׇּל יוֹם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוּסָף וְאֵינוֹ יוֹם טוֹב — קוֹרִין אַרְבָּעָה. לְאֵתוֹיֵי מַאי? לָאו לְאֵתוֹיֵי תַּעֲנִית צִיבּוּר וְתִשְׁעָה בְּאָב!
La Guemara demande : mais selon Rav Achi, quelle est la source d'autorité de la michna [qui tanna la défend] ? Elle ne correspond ni à l'avis du premier tanna ni à celui de Rabbi Yossi, car il est enseigné dans une baraïta : si le Neuvième d'Av tombe un lundi ou un jeudi [jours où il y a de toute façon une lecture de la Torah], trois personnes lisent la Torah. Et le dernier d'entre eux conclut par une lecture des Prophètes [haftara]. Si ce jour tombe un mardi ou un mercredi, une seule personne lit la Torah, et cette même personne conclut par une lecture des Prophètes. Rabbi Yossi dit : trois personnes lisent toujours la Torah lors du Neuvième d'Av, et le dernier conclut par une lecture des Prophètes. Tous s'accordent donc sur le fait que pas plus de trois personnes ne lisent la Torah lors du Neuvième d'Av et des autres jeûnes publics.
וּלְרַב אָשֵׁי מַתְנִיתִין מַנִּי? לָא תַּנָּא קַמָּא וְלָא רַבִּי יוֹסֵי, דְּתַנְיָא: חָל לִהְיוֹת בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי — קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וּמַפְטִיר אֶחָד. בִּשְׁלִישִׁי וּבִרְבִיעִי — קוֹרֵא אֶחָד וּמַפְטִיר אֶחָד. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לְעוֹלָם קוֹרִין שְׁלֹשָׁה וּמַפְטִיר אֶחָד!
La Guemara répond : cependant, si seulement trois personnes lisent la Torah lors de ces jours, la formule « Tel est le principe » pose une difficulté, car la michna a déjà mentionné explicitement chaque cas inclus dans ce principe. La Guemara explique : non, ce n'est pas difficile ; il [le principe] vient pour ajouter Roch 'Hodech et les 'Hol haMoed.
וְאֶלָּא, קַשְׁיָא ״זֶה הַכְּלָל״! לָא, לְאֵתוֹיֵי רֹאשׁ חוֹדֶשׁ וּמוֹעֵד.
La Guemara conteste cette explication : ces jours sont-ils not explicitement enseignés dans la michna : « Lors des Roch 'Hodech et des 'Hol haMoed, quatre personnes lisent la Torah » ?
הָא בְּהֶדְיָא קָתָנֵי לַהּ: בְּרָאשֵׁי חֳדָשִׁים וּמוֹעֵד קוֹרִין אַרְבָּעָה!
La Guemara répond : la michna ne vient pas ajouter [des cas supplémentaires]. Elle donne simplement un aide-mémoire [siman] pour retenir le nombre de lecteurs de chaque jour. Elle exprime ceci : ne dis pas qu'une Fête [yom tov] et les Jours intermédiaires de la Fête ['Hol haMoed] sont identiques quant à leur degré de sainteté, et donc que le même nombre de lecteurs est appelé à la Torah lors de ces deux types de jours. Retiens plutôt fermement en main cette règle : tout jour qui comporte un élément supplémentaire par rapport à son voisin [dans la hiérarchie des jours] se voit ajouter un lecteur supplémentaire.
סִימָנָא בְּעָלְמָא יָהֵיב, דְּלָא תֵּימָא יוֹם טוֹב וְחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ, אֶלָּא נְקוֹט הַאי כְּלָלָא בִּידָךְ: כֹּל דְּטָפֵי לֵיהּ מִילְּתָא מֵחַבְרֵיהּ, טָפֵי לֵיהּ גַּבְרָא יַתִּירָא.
Par conséquent : lors de Roch 'Hodech et des 'Hol haMoed, où il y a une offrande supplémentaire, quatre personnes lisent la Torah. Lors d'une Fête [yom tov], où il est interdit d'effectuer un travail, cinq personnes lisent la Torah. Lors de Yom Kippour, où la violation de l'interdiction de travail est passible de karet [retranchement divin], six personnes lisent la Torah. Et le Chabbat, où il y a une interdiction de travail passible de lapidation [skila], sept personnes lisent.
הִלְכָּךְ בְּרֹאשׁ חוֹדֶשׁ וּמוֹעֵד, דְּאִיכָּא קׇרְבַּן מוּסָף — קוֹרִין אַרְבָּעָה. בְּיוֹם טוֹב, דְּאָסוּר בַּעֲשִׂיַּית מְלָאכָה — חֲמִשָּׁה. בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים, דְּעָנוּשׁ כָּרֵת — שִׁשָּׁה. שַׁבָּת, דְּאִיכָּא אִיסּוּר סְקִילָה — שִׁבְעָה.
La Guemara était revenue sur l'incident concernant Rav, et elle l'examine maintenant dans son propre contexte. Rav se trouva un jour à Babylone lors d'un jeûne public. Il se leva et lut depuis un rouleau de Torah. Quand il commença à lire, il récita une bénédiction, mais quand il conclut, il n'en récita pas. Tout le monde se prosterna [en position de Takhanoun, nefilat apayim], mais Rav ne se prosterna pas. La Guemara demande : pour quelle raison Rav ne se prosterna-t-il pas ?
גּוּפַהּ: רַב אִיקְּלַע לְבָבֶל בְּתַעֲנִית צִבּוּר, קָם קְרָא בְּסִפְרָא. פְּתַח בָּרֵיךְ, חֲתַם וְלָא בָּרֵיךְ. נְפוּל כּוּלֵּי עָלְמָא אַאַנְפַּיְיהוּ וְרַב לָא נְפַל עַל אַנְפֵּיהּ. מַאי טַעְמָא רַב לָא נְפַל עַל אַפֵּיהּ?
La Guemara répond : le sol était pavé de pierres, et il a été enseigné dans une baraïta concernant le verset : « Vous ne poserez aucune pierre sculptée dans votre pays pour vous prosterner dessus » (Lévitique 26, 1) — « dessus » : vous ne vous prosternerez pas [de cette façon] dans votre pays [c'est-à-dire en dehors du Temple] ; mais vous pouvez vous prosterner sur les pierres du Temple. Cela est conforme à l'avis d'Ulla, car Ulla dit : la Torah n'a interdit [la prosternation complète] que sur un sol dallé de pierres.
רִצְפָּה שֶׁל אֲבָנִים הָיְתָה, וְתַנְיָא: ״וְאֶבֶן מַשְׂכִּית לֹא תִתְּנוּ בְּאַרְצְכֶם לְהִשְׁתַּחֲוֹת עָלֶיהָ״. ״עָלֶיהָ״ אִי אַתָּה מִשְׁתַּחֲוֶה בְּאַרְצְכֶם, אֲבָל אַתָּה מִשְׁתַּחֲוֶה עַל אֲבָנִים שֶׁל בֵּית הַמִּקְדָּשׁ. כִּדְעוּלָּא, דְּאָמַר עוּלָּא: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא רִצְפָּה שֶׁל אֲבָנִים בִּלְבָד.
La Guemara demande : si c'est la raison, pourquoi était-ce spécifiquement Rav qui ne se prosternait pas ? Tous les autres présents étaient eux aussi interdits de se prosterner sur le sol dallé de pierres. La Guemara répond : la partie dallée du sol se trouvait uniquement devant Rav, le reste du sol n'étant pas pavé.
אִי הָכִי מַאי אִירְיָא רַב, אֲפִילּוּ כּוּלְּהוּ נָמֵי! קַמֵּיהּ דְּרַב הֲוַאי.
Megillah 22b
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מגילה כ״ב במַסֶּכֶת מְגִילָּה