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Traité Megillah

17a

Étude de Megillah 17a

Étude de la Mishna & Guémara 17a

Pourquoi les années d'Ismaël sont-elles dénombrées dans la Torah ? [À quoi bon nous informer de la durée de vie de cet homme impie ?] C'est afin d'établir par elles [c'est-à-dire à l'aide de ce repère chronologique] les années de Yaakov. Comme il est écrit : « Et voici les années de la vie d'Ismaël : cent trente-sept années » (Genèse 25, 17). De combien d'années Ismaël était-il plus âgé qu'Yits'hak ? De quatorze ans. Comme il est écrit : « Avram était âgé de quatre-vingt-six ans lorsque Hagar donna naissance à Ismaël pour Avram » (Genèse 16, 16), et il est écrit : « Avraham était âgé de cent ans lorsque naquit pour lui Yits'hak son fils » (Genèse 21, 5), et il est écrit [au sujet de Yaakov et Essav] : « Yits'hak était âgé de soixante ans à leur naissance » (Genèse 25, 26). Selon ces versets, quel âge avait Ismaël lorsque Yaakov naquit ? Soixante-quatorze ans. Combien d'années lui restait-il à vivre après cela [jusqu'à sa mort à cent trente-sept ans] ? Soixante-trois ans.
לָמָּה נִמְנוּ שְׁנוֹתָיו שֶׁל יִשְׁמָעֵאל? כְּדֵי לְיַחֵס בָּהֶן שְׁנוֹתָיו שֶׁל יַעֲקֹב. דִּכְתִיב: ״וְאֵלֶּה שְׁנֵי חַיֵּי יִשְׁמָעֵאל מְאַת שָׁנָה וּשְׁלֹשִׁים שָׁנָה וְשֶׁבַע שָׁנִים״. כַּמָּה קַשִּׁישׁ יִשְׁמָעֵאל מִיִּצְחָק? אַרְבֵּיסַר שְׁנִין, דִּכְתִיב: ״וְאַבְרָם בֶּן שְׁמוֹנִים שָׁנָה וְשֵׁשׁ שָׁנִים בְּלֶדֶת הָגָר אֶת יִשְׁמָעֵאל לְאַבְרָם״, וּכְתִיב: ״וְאַבְרָהָם בֶּן מְאַת שָׁנָה בְּהִוָּלֶד לוֹ אֵת יִצְחָק בְּנוֹ״, וּכְתִיב: ״וְיִצְחָק בֶּן שִׁשִּׁים שָׁנָה בְּלֶדֶת אוֹתָם״, בַּר כַּמָּה הֲוָה יִשְׁמָעֵאל כִּדְאִתְיְלִיד יַעֲקֹב? בַּר שִׁבְעִים וְאַרְבְּעָה, כַּמָּה פָּיְישָׁן מִשְּׁנֵיהּ — שִׁתִּין וּתְלָת.
Et il est enseigné dans une baraïta [source tannaïtique non incluse dans la Michna] : Notre père Yaakov avait soixante-trois ans au moment où il fut béni par son père [Yits'hak], et c'est à cette même période qu'Ismaël mourut. Comment sait-on que ces deux événements eurent lieu simultanément ? Comme il est écrit : « Essav vit qu'Yits'hak avait béni [Yaakov] … Essav alla vers Ismaël et prit pour femme Mahalat, fille d'Ismaël fils d'Avraham, sœur de Nevayot » (Genèse 28, 6-9). Du seul fait qu'il est dit « fille d'Ismaël », ne sais-je pas déjà qu'elle était la sœur de Nevayot ? À quoi sert alors que le verset le précise explicitement ? Cela enseigne qu'Ismaël [était encore vivant lorsqu'il] fiança [sa fille à Essav], puis mourut [avant la cérémonie nuptiale], et c'est Nevayot son frère qui la maria [à Essav]. C'est pourquoi une mention particulière est faite de Nevayot. On en déduit donc que Yaakov avait soixante-trois ans lorsqu'il reçut sa bénédiction et quitta la maison de son père.
וְתַנְיָא: הָיָה יַעֲקֹב אָבִינוּ בְּשָׁעָה שֶׁנִּתְבָּרֵךְ מֵאָבִיו בֶּן שִׁשִּׁים וְשָׁלֹשׁ שָׁנָה, וּבוֹ בַּפֶּרֶק מֵת יִשְׁמָעֵאל. דִּכְתִיב: ״וַיַּרְא עֵשָׂו כִּי בֵרַךְ וְגוֹ׳ וַיֵּלֶךְ עֵשָׂו אֶל יִשְׁמָעֵאל וַיִּקַּח אֶת מָחֲלַת בַּת יִשְׁמָעֵאל אֲחוֹת נְבָיוֹת״, מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״בַּת יִשְׁמָעֵאל״, אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁהִיא אֲחוֹת נְבָיוֹת? מְלַמֵּד שֶׁקִּידְּשָׁהּ יִשְׁמָעֵאל וָמֵת, וְהִשִּׂיאָהּ נְבָיוֹת אָחִיהָ.
Si l'on additionne ces soixante-trois ans [de Yaakov à la bénédiction] et les quatorze [années restantes jusqu'à la naissance de Yossef], cela donne soixante-dix-sept [ans de Yaakov à la naissance de Yossef]. Et il est écrit : « Yossef était âgé de trente ans lorsqu'il se présenta devant Pharaon » (Genèse 41, 46). Cela indique que Yaakov devait alors avoir au moins cent sept ans [quand Yossef avait trente ans]. Ajoutons les sept années d'abondance et les deux années de famine, et il en résulte que Yaakov devait avoir cent seize ans lorsqu'il descendit en Égypte, à la seconde année de la famine.
שִׁתִּין וּתְלָת וְאַרְבֵּיסַר עַד דְּמִתְיְלִיד יוֹסֵף, הָא שִׁבְעִין וְשִׁבְעָה, וּכְתִיב: ״וְיוֹסֵף בֶּן שְׁלֹשִׁים שָׁנָה בְּעׇמְדוֹ לִפְנֵי פַּרְעֹה״, הָא מְאָה וּשְׁבַע, שַׁב דְּשִׂבְעָא וְתַרְתֵּי דְּכַפְנָא — הָא מְאָה וְשִׁיתְּסַר,
Mais il est écrit [après que Yaakov arriva en Égypte] : « Pharaon dit à Yaakov : Combien sont les jours des années de ta vie ? Et Yaakov dit à Pharaon : Les jours des années de mon séjour [sur terre] sont cent trente ans » (Genèse 47, 8-9). [Or cent seize n'est pas cent trente.] Yaakov indiqua qu'il avait cent trente ans à son arrivée en Égypte, ce qui diffère des cent seize calculés précédemment. Où sont donc les quatorze années manquantes de la vie de Yaakov ?
וּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר פַּרְעֹה אֶל יַעֲקֹב כַּמָּה יְמֵי שְׁנֵי חַיֶּיךָ. וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב אֶל פַּרְעֹה יְמֵי שְׁנֵי מְגוּרַי שְׁלֹשִׁים וּמְאַת שָׁנָה״, מְאָה וְשִׁיתְּסַר הָוְיָין,
Plutôt, il faut en déduire que les quatorze années que [Yaakov] passa dans la maison d'Ever [à étudier] ne sont pas comptabilisées [dans son calcul, car il les considérait comme non vécues pleinement, ou bien il en fut récompensé sans en subir le châtiment habituel]. Comme il est enseigné dans une baraïta : Yaakov était caché dans la maison d'Ever [l'ancêtre] pendant quatorze ans [fuyant son frère Essav]. Ever mourut deux ans après que notre père Yaakov descendit en Aram Naharayim [chez Lavan]. Yaakov quitta [la maison d'Ever] et s'en alla en Aram Naharayim. Il s'ensuit que lorsqu'il se tint devant le puits [à son arrivée chez Lavan], il avait soixante-dix-sept ans.
אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ אַרְבַּע עֶשְׂרֵה שְׁנִין דַּהֲוָה בְּבֵית עֵבֶר לָא חָשֵׁיב לְהוּ. דְּתַנְיָא: הָיָה יַעֲקֹב בְּבֵית עֵבֶר מוּטְמָן אַרְבַּע עֶשְׂרֵה שָׁנָה. עֵבֶר מֵת לְאַחַר שֶׁיָּרַד יַעֲקֹב אָבִינוּ לַאֲרַם נַהֲרַיִם שְׁתֵּי שָׁנִים, יָצָא מִשָּׁם וּבָא לוֹ לַאֲרַם נַהֲרַיִם, נִמְצָא כְּשֶׁעָמַד עַל הַבְּאֵר — בֶּן שִׁבְעִים וָשֶׁבַע שָׁנָה.
Et d'où déduisons-nous que [Yaakov] ne fut pas puni pour ces quatorze années passées dans la maison d'Ever [pendant lesquelles il ne remplit pas le commandement d'honorer ses parents] ? Comme il est enseigné dans une baraïta : Il se trouve que Yossef fut séparé de son père pendant vingt-deux ans, tout comme notre père Yaakov fut séparé de son propre père pendant cette même durée. Mais selon le calcul précédent, la baraïta pose une difficulté, car Yaakov fut absent pendant trente-six ans [quatorze chez Ever plus vingt-deux chez Lavan et sur la route du retour]. Plutôt, il faut conclure de là que les quatorze années passées dans la maison d'Ever ne sont pas comptabilisées, car il ne fut pas puni pour elles.
וּמְנָלַן דְּלָא אִיעֲנַשׁ — דְּתַנְיָא: נִמְצָא יוֹסֵף שֶׁפֵּירַשׁ מֵאָבִיו עֶשְׂרִים וּשְׁתַּיִם שָׁנָה, כְּשֵׁם שֶׁפֵּירַשׁ יַעֲקֹב אָבִינוּ מֵאָבִיו, דְּיַעֲקֹב תְּלָתִין וְשִׁיתָּא הָוְיָין! אֶלָּא: אַרְבֵּיסַר דַּהֲוָה בְּבֵית עֵבֶר לָא חָשֵׁיב לְהוּ.
La Guemara soulève une objection : Mais en définitive, Yaakov ne fut que vingt ans dans la maison de Lavan ! Pourquoi alors lui reproche-t-on d'avoir été absent de chez son père pendant vingt-deux ans ? La Guemara répond : C'est parce que, lors de son voyage de retour depuis Aram Naharayim [vers chez son père], il s'attarda encore deux ans avant de rentrer, comme il est enseigné dans une baraïta : Yaakov quitta Aram Naharayim et vint à Soukot, où il passa dix-huit mois, comme il est dit : « Yaakov voyagea vers Soukot ; il se bâtit une maison et fit des abris [soukot] pour son bétail » (Genèse 33, 17). [La Guemara comprend ce verset comme suit : Yaakov fit d'abord des abris légers pour l'été, puis construisit une maison permanente pour l'hiver, puis à nouveau des abris pour l'été suivant, ce qui représente dix-huit mois.] Il fut ensuite à Beit-El pendant six mois, où il offrit des sacrifices — soit deux ans en tout. Ainsi tous les calculs se recoupent.
סוֹף סוֹף דְּבֵית לָבָן עֶשְׂרִין שְׁנִין הָוְיָין! אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאִשְׁתַּהִי בְּאוֹרְחָא תַּרְתֵּין שְׁנִין, דְּתַנְיָא: יָצָא מֵאֲרַם נַהֲרַיִם וּבָא לוֹ לְסֻכּוֹת, וְעָשָׂה שָׁם שְׁמוֹנָה עָשָׂר חוֹדֶשׁ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיַעֲקֹב נָסַע סֻכּוֹתָה וַיִּבֶן לוֹ בָּיִת וּלְמִקְנֵהוּ עָשָׂה סֻכּוֹת״, וּבְבֵית אֵל עָשָׂה שִׁשָּׁה חֳדָשִׁים, וְהִקְרִיב זְבָחִים.
[Fin du chapitre précédent.] Puissions-nous revenir à toi, chapitre « La Meguila est lue » [— formule rituelle de clôture d'un chapitre du Talmud].
הֲדַרַן עֲלָךְ מְגִילָּה נִקְרֵאת
Mishna 1
MICHNA : Celui qui lit la Meguila à rebours [en commençant par des passages ultérieurs et revenant aux passages antérieurs] ne s'est pas acquitté de son obligation. S'il la lut de mémoire [sans lire depuis un rouleau], ou s'il la lut en traduction araméenne [targoum] ou dans n'importe quelle autre langue qu'il ne comprend pas, il ne s'est pas acquitté de son obligation. Cependant, pour ceux qui parlent une langue étrangère [loazot], on peut leur lire la Meguila dans cette langue étrangère. Et celui qui parle une langue étrangère et qui entendit la Meguila lue en Achourit [c'est-à-dire en hébreu, la langue et l'écriture sacrées] s'est acquitté de son obligation.
הַקּוֹרֵא אֶת הַמְּגִילָּה לְמַפְרֵעַ — לֹא יָצָא. קְרָאָהּ עַל פֶּה, קְרָאָהּ תַּרְגּוּם בְּכׇל לָשׁוֹן — לֹא יָצָא. אֲבָל קוֹרִין אוֹתָהּ לַלּוֹעֲזוֹת בְּלַעַז, וְהַלּוֹעֵז שֶׁשָּׁמַע אַשּׁוּרִית — יָצָא.(משנה)
S'il lut la Meguila par à-coups [seirugin — s'interrompant et reprenant par intervalles], ou alors qu'il somnolait [mitnamnem], il s'est acquitté de son obligation. S'il était en train de l'écrire, de l'expliquer [dorechah — en commentant] ou de la corriger [magihah], et qu'il lut toutes ses paroles ce faisant, la distinction suivante s'applique : s'il avait l'intention de s'acquitter de son obligation par cette lecture, il s'en est acquitté ; sinon, il ne s'en est pas acquitté.
קְרָאָהּ סֵירוּגִין וּמִתְנַמְנֵם — יָצָא. הָיָה כּוֹתְבָהּ, דּוֹרְשָׁהּ וּמַגִּיהָהּ, אִם כִּוֵּון לִבּוֹ — יָצָא, וְאִם לָאו — לֹא יָצָא.
Si [la Meguila] était écrite avec du sam [un pigment minéral] ou avec du sikra [une peinture rouge], ou avec du komos [résine d'arbre], ou avec du kankantom [vitriol — encre à base de sulfate], ou si elle était écrite sur du neyar [papyrus] ou sur du diftera [cuir brut non traité], il ne s'est pas acquitté de son obligation — à moins qu'elle ne soit écrite en Achourit [en hébreu, avec l'écriture carrée traditionnelle], sur [du parchemin appelé] sefer, et avec de l'encre [dio].
הָיְתָה כְּתוּבָה בְּסַם וּבְסִיקְרָא וּבְקוֹמוֹס וּבְקַנְקַנְתּוֹם, עַל הַנְּיָיר וְעַל הַדִּפְתְּרָא — לֹא יָצָא, עַד שֶׁתְּהֵא כְּתוּבָה אַשּׁוּרִית, עַל הַסֵּפֶר, וּבִדְיוֹ.
Guémara
GUEMARA : [La Michna a établi que celui qui lit la Meguila à rebours ne s'est pas acquitté de son obligation.] D'où ces règles sont-elles dérivées ? Rava dit : Le verset dit, au sujet de Pourim : « Pour qu'ils observent rigoureusement ces deux jours selon leur écrit et selon leurs temps, chaque année » (Esther 9, 27). Le mot « temps » [zimanam] fait référence aux deux jours de Pourim, le quatorzième et le quinzième de Adar. Et on apprend par analogie : Tout comme leurs temps fixés ne peuvent pas être à rebours [car il est impossible que le quinze Adar précède le quatorze], de même leur écrit ne doit pas être lu à rebours.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רָבָא, דְּאָמַר קְרָא: ״כִּכְתָבָם וְכִזְמַנָּם״ — מָה זְמַנָּם לְמַפְרֵעַ לָא, אַף כְּתָבָם לְמַפְרֵעַ לָא.
Megillah 17a
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מגילה י״ז אמַסֶּכֶת מְגִילָּה