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Traité Megillah

15b

Étude de Megillah 15b

Étude de la Guémara 15b

Guémara
[La phrase de Rav 'Hisda se conclut ici :] …en tant que descendant d'un homme pauvre [perozeboti] — car Mordekhaï avait été le maître esclavagiste d'Haman et connaissait la basse lignée de celui-ci. Rav Pappa a dit : Et on l'appelait [Haman] : l'esclave qui fut vendu pour une miche de pain.
בִּפְרוֹזְבּוּטֵי. אָמַר רַב פָּפָּא: וְקָרוּ לֵיהּ עַבְדָּא דְּמִזְדַּבַּן בְּטֻלְמֵי.
[La parole d'Haman :] « Et pourtant tout cela ne vaut rien pour moi » (Esther 5, 13) — cela enseigne que tous les trésors de ce scélérat étaient gravés en son cœur, et que lorsqu'il voyait Mordekhaï assis à la porte du roi, il disait : Tant que Mordekhaï est là, tout ce que je porte gravé sur mon cœur ne vaut rien pour moi.
״וְכׇל זֶה אֵינֶנּוּ שֹׁוֶה לִי״ — מְלַמֵּד שֶׁכׇּל גְּנָזָיו שֶׁל אוֹתוֹ רָשָׁע חֲקוּקִין עַל לִבּוֹ, וּבְשָׁעָה שֶׁרוֹאֶה אֶת מׇרְדֳּכַי יוֹשֵׁב בְּשַׁעַר הַמֶּלֶךְ, אָמַר: כׇּל זֶה אֵינֶנּוּ שֹׁוֶה לִי.
Et Rabbi El'azar dit encore au nom de Rabbi 'Hanina : Dans le temps à venir, le Saint, Béni soit-Il, sera une couronne sur la tête de chaque homme juste, comme il est dit : « En ce jour-là, le Seigneur des armées sera une couronne de gloire [tsevi] et un diadème de beauté [velitsefiratt] pour le reste de Son peuple » (Yecha'ya 28, 5). Que signifie « une couronne de gloire et un diadème de beauté » ? [Une couronne] pour ceux qui font Sa volonté [tsivyono] et un diadème pour ceux qui attendent [velamtsapin] Sa gloire. On aurait pu penser que cela s'étend à tous ces individus — c'est pourquoi le verset ajoute : « pour le reste de Son peuple » — pour celui qui se considère lui-même comme un résidu [chirayim], c'est-à-dire petit et sans importance. Mais celui qui se tient en haute estime ne méritera pas cela.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לִהְיוֹת עֲטָרָה בְּרֹאשׁ כׇּל צַדִּיק וְצַדִּיק, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בַּיּוֹם הַהוּא יִהְיֶה ה׳ צְבָאוֹת לַעֲטֶרֶת צְבִי [וְגוֹ׳]״. מַאי ״לַעֲטֶרֶת צְבִי וְלִצְפִירַת תִּפְאָרָה״ — לָעוֹשִׂין צִבְיוֹנוֹ וְלַמְצַפִּין תִּפְאַרְתּוֹ. יָכוֹל לַכֹּל — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לִשְׁאָר עַמּוֹ״, לְמִי שֶׁמֵּשִׂים עַצְמוֹ כְּשִׁירַיִם.
[Le verset continue :] « Et pour un esprit de justice » (Yecha'ya 28, 6) — cela désigne celui qui juge son mauvais penchant [yetser hara'] et se force à faire téchouva. « Celui qui est assis pour rendre la justice » — cela désigne celui qui juge un jugement absolument vrai. « Et pour la force » — cela désigne celui qui triomphe de son mauvais penchant. « Ceux qui repoussent la bataille » — cela désigne ceux qui donnent et prennent [nochéïn vé-notnim] dans leurs discussions sur la halakha, combattant dans la bataille de la compréhension de la Torah. « À la porte [cha'ara] » — cela désigne les érudits de la Torah [talmidé 'hakhamim] qui arrivent tôt le matin et restent tard le soir aux portes obscures [bich'aïm] des synagogues et des maisons d'étude.
״וּלְרוּחַ מִשְׁפָּט״ — זֶה הַדָּן אֶת יִצְרוֹ. ״וְלַיּוֹשֵׁב עַל הַמִּשְׁפָּט״ — זֶה הַדָּן דִּין אֱמֶת לַאֲמִתּוֹ. ״וְלִגְבוּרָה״ — זֶה הַמִּתְגַּבֵּר עַל יִצְרוֹ. ״מְשִׁיבֵי מִלְחָמָה״ — שֶׁנּוֹשְׂאִין וְנוֹתְנִין בְּמִלְחַמְתָּהּ שֶׁל תּוֹרָה. ״שָׁעְרָה״ — [אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים] שֶׁמַּשְׁכִּימִין וּמַעֲרִיבִין בְּבָתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבְבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת.
La Guemara présente un épisode associé à un verset de Yecha'ya : L'Attribut de Justice dit devant le Saint, Béni soit-Il : Maître du monde, en quoi ceux-ci [le peuple juif] sont-ils différents de ceux-là [les autres nations] pour que D.ieu n'accomplisse des miracles qu'en faveur du peuple juif ? Le Saint, Béni soit-Il, lui dit : Le peuple juif s'est occupé de la Torah, tandis que les autres nations du monde ne s'en sont pas occupées.
אָמְרָה מִדַּת הַדִּין לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מָה נִשְׁתַּנּוּ אֵלּוּ מֵאֵלּוּ? אָמַר לָהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: יִשְׂרָאֵל עָסְקוּ בַּתּוֹרָה, אוּמּוֹת הָעוֹלָם לֹא עָסְקוּ בַּתּוֹרָה.
L'Attribut de Justice lui dit [en réponse, en citant la suite du verset] : « Ceux-là aussi ont vacillé à cause du vin et titubé à cause des boissons fortes ; le prêtre et le prophète ont vacillé à cause des boissons fortes, ils sont confondus par le vin, ils titubent à cause des boissons fortes ; ils chancellent en vision, ils trébuchent [paku] en jugement [peliliyya] » (Yecha'ya 28, 7). Le mot « paku » ne désigne ici que la Géhenne, comme il est dit : « Que cela ne soit pas une cause de trébucher [pouka] pour toi » (I Samuel 25, 31) ; et le mot « peliliyya » ne désigne ici que les juges, comme il est dit : « Et il paiera selon ce que les juges [bifelilim] décideront » (Chémot 21, 22). La réponse de l'Attribut de Justice était en substance que le peuple juif a également péché et est par conséquent passible de punition.
אֲמַר לֵיהּ: ״גַּם אֵלֶּה בַּיַּיִן שָׁגוּ וּבַשֵּׁכָר תָּעוּ פָּקוּ פְּלִילִיָּה״, אֵין ״פָּקוּ״ אֶלָּא גֵּיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא תִהְיֶה זֹאת לְךָ לְפוּקָה״, וְאֵין ״פְּלִילִיָּה״ אֶלָּא דַּיָּינִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנָתַן בִּפְלִילִים״.
§ La Guemara revient à l'explication des versets de la Meguila. Le verset dit au sujet d'Esther : « Et elle se tint dans la cour intérieure de la maison du roi » (Esther 5, 1). Rabbi Lévi a dit : Dès qu'elle atteignit la chambre des idoles [beit hatselamim] qui se trouvait dans la cour intérieure, la Chékhina [présence divine] quitta [nistalkah] Esther. Elle dit aussitôt : « Mon D.ieu, mon D.ieu, pourquoi m'as-Tu abandonnée ? » (Psaumes 22, 2). Peut-être parce que Tu juges une faute non intentionnelle [chogèg] comme une faute intentionnelle [mazid], et une action accomplie sous la contrainte [ones] comme une action accomplie de plein gré [ratsone] ?
״וַתַּעֲמֹד בַּחֲצַר בֵּית הַמֶּלֶךְ הַפְּנִימִית״. אָמַר רַבִּי לֵוִי: כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעָה לְבֵית הַצְּלָמִים, נִסְתַּלְּקָה הֵימֶנָּה שְׁכִינָה. אָמְרָה: ״אֵלִי אֵלִי לָמָה עֲזַבְתָּנִי״?! שֶׁמָּא אַתָּה דָּן עַל שׁוֹגֵג כְּמֵזִיד וְעַל אוֹנֶס כְּרָצוֹן?
Ou peut-être [T'es-Tu éloigné] parce que dans mes prières je l'ai appelé [Haman] « chien », comme il est dit : « Délivre mon âme de l'épée, ma bien-aimée de la main du chien » (Psaumes 22, 21) ? Elle se reprit alors et l'appela dans ses prières « lion », comme il est dit dans le verset suivant : « Sauve-moi de la gueule du lion » (Psaumes 22, 22).
אוֹ שֶׁמָּא עַל שֶׁקְּרָאתִיו ״כֶּלֶב״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַצִּילָה מֵחֶרֶב נַפְשִׁי מִיַּד כֶּלֶב יְחִידָתִי״. חָזְרָה וּקְרָאַתּוּ ״אַרְיֵה״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹשִׁיעֵנִי מִפִּי אַרְיֵה״.
[Le verset dit :] « Et il advint que lorsque le roi vit Esther la reine » (Esther 5, 2). Rabbi Yo'hanan a dit : Trois anges ministrants [malachei hacharét] se présentèrent à elle en cet instant : l'un qui releva son cou, afin qu'elle puisse se tenir droite, libre de honte ; l'autre qui tendit autour d'elle un fil de grâce divine ['hout chel 'hèsèd], lui conférant charme et beauté ; et le troisième qui allongea le sceptre du roi.
״וַיְהִי כִרְאוֹת הַמֶּלֶךְ אֶת אֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה״. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁלֹשָׁה מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת נִזְדַּמְּנוּ לָהּ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה, אֶחָד שֶׁהִגְבִּיהַּ אֶת צַוָּארָהּ, וְאֶחָד שֶׁמָּשַׁךְ חוּט שֶׁל חֶסֶד עָלֶיהָ, וְאֶחָד שֶׁמָּתַח אֶת הַשַּׁרְבִיט.
Et de combien [le sceptre fut-il allongé] ? Rabbi Yirmeya a dit : Il mesurait deux coudées [ammot], et [l'ange] le porta à douze coudées. Et certains disent à seize coudées, et d'autres disent à vingt-quatre coudées. Il a été enseigné dans une baraïta : [L'ange le porta] à soixante coudées. Et de même tu trouveras [un allongement similaire] avec le bras de la fille de Pharaon, qu'elle étendit pour atteindre Moïse [dans le fleuve]. Et de même tu trouveras avec les dents des méchants, comme il est écrit : « Tu as brisé les dents des méchants » (Psaumes 3, 8), à propos duquel Rech Lakiche a dit : Ne lis pas « Tu les as brisées [chibbarta] » mais « Tu les as allongées [chéribbavta] ». Rabba bar Oféran dit au nom de Rabbi El'azar, qui l'avait entendu de son maître, et son maître de son maître : [Le sceptre fut allongé à] deux cents coudées.
וְכַמָּה? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: שְׁתֵּי אַמּוֹת הָיָה, וְהֶעֱמִידוֹ עַל שְׁתֵּים עֶשְׂרֵה, וְאָמְרִי לַהּ עַל שֵׁשׁ עֶשְׂרֵה, וְאָמְרִי לַהּ עַל עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: עַל שִׁשִּׁים, וְכֵן אַתָּה מוֹצֵא בְּאַמָּתָהּ שֶׁל בַּת פַּרְעֹה, וְכֵן אַתָּה מוֹצֵא בְּשִׁינֵּי רְשָׁעִים, דִּכְתִיב: ״שִׁינֵּי רְשָׁעִים שִׁבַּרְתָּ״, וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אַל תִּקְרֵי ״שִׁבַּרְתָּ״ אֶלָּא ״שִׁרְיבַּבְתָּ״. רַבָּה בַּר עוֹפְרָן אָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר שֶׁשָּׁמַע מֵרַבּוֹ וְרַבּוֹ מֵרַבּוֹ: מָאתַיִם.
[Le verset dit :] « Le roi dit à Esther la reine : Quelle est ta demande ? Jusqu'à la moitié du royaume, elle sera exécutée » (Esther 5, 6). La Guemara commente qu'A'hachvéroch avait une intention limitée dans son offre : seulement la moitié du royaume, mais pas le royaume tout entier — et pas non plus quelque chose qui ferait obstacle au royaume. Et qu'est-ce que cela désigne ? La construction du Temple [beit hamikdach] : si tel est ton souhait, sache qu'il ne sera pas réalisé.
״וַיֹּאמֶר לָהּ הַמֶּלֶךְ לְאֶסְתֵּר הַמַּלְכָּה מַה בַּקָּשָׁתֵךְ עַד חֲצִי הַמַּלְכוּת וְתֵעָשׂ״. חֲצִי הַמַּלְכוּת וְלֹא כׇּל הַמַּלְכוּת, וְלֹא דָּבָר שֶׁחוֹצֵץ לַמַּלְכוּת, וּמַאי נִיהוּ — בִּנְיַן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ.
[Le verset dit :] « Que le roi et Haman viennent au festin » (Esther 5, 4). Les Sages ont enseigné dans une baraïta : Qu'a vu Esther pour inviter Haman [au festin] ? Rabbi El'azar dit : Elle lui tendit un piège [pa'him tamna lo], comme il est dit : « Que leur table devienne un piège devant eux » (Psaumes 69, 23) — elle supposait qu'elle pourrait faire trébucher Haman lors du festin.
״יָבֹא הַמֶּלֶךְ וְהָמָן אֶל הַמִּשְׁתֶּה״. תָּנוּ רַבָּנַן: מָה רָאֲתָה אֶסְתֵּר שֶׁזִּימְּנָה אֶת הָמָן? רַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: פַּחִים טָמְנָה לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְהִי שֻׁלְחָנָם לִפְנֵיהֶם לְפָח״.
Megillah 15b
100%
מגילה ט״ו במַסֶּכֶת מְגִילָּה