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Traité Megillah

13a

Étude de Megillah 13a

Étude de la Guémara 13a

Guémara
La responsabilité incombe à la tribu de Yéhouda, car David n'a pas mis à mort Chimei [ben Guéra] alors que celui-ci était passible de la peine capitale. Les graves conséquences de cette faute sont les suivantes : Mardokhée est né de lui [de la descendance de Chimei], et c'est lui que Haman jalousait au point de décréter l'extermination de l'ensemble du peuple juif. Et ce que « le Benjaminite m'a remboursé » [dans la lecture midrashique] fait allusion au fait que Saül, qui était de la tribu de Binyamine, n'a pas mis à mort le roi amalécite Agag immédiatement ; de ce dernier est né Haman, qui causa tant de souffrance au peuple juif.
דְּלָא קַטְלֵיהּ דָּוִד לְשִׁמְעִי, דְּאִתְיְלִיד מִינֵּיהּ מָרְדֳּכַי דְּמִיקַּנֵּי בֵּיהּ הָמָן. וּמָה שִׁילֵּם לִי יְמִינִי — דְּלָא קַטְלֵיהּ שָׁאוּל לַאֲגָג, דְּאִתְיְלִיד מִינֵּיהּ הָמָן דִּמְצַעַר לְיִשְׂרָאֵל.
Rabbi Yo'hanan propose une explication différente du verset : en réalité, Mardokhée était bien de la tribu de Binyamine. Pourquoi, alors, est-il appelé « Yehoudi » [littéralement : Judéen] ? Parce qu'il avait répudié l'idolâtrie ; car quiconque répudie l'idolâtrie est appelé « Yehoudi » [dans le sens de yihoudi : celui qui proclame l'Unicité divine]. Comme il est écrit : « Il est des hommes juifs [Yehouda'in] que tu as établis sur les affaires de la province de Babylonie — Chadrakh, Méchakh et Aved-Nego ; ces hommes, ô roi, n'ont pas tenu compte de toi, ils ne servent pas tes dieux et ne se prosternent pas devant la statue d'or que tu as érigée » (Daniel 3, 12). Ces trois individus étaient en réalité 'Hananya, Michaël et Azarya, qui n'étaient pas tous de la tribu de Yéhouda, mais sont appelés Yehouda'in parce qu'ils avaient répudié l'idolâtrie.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לְעוֹלָם מִבִּנְיָמִן קָאָתֵי, וְאַמַּאי קָרֵי לֵיהּ ״יְהוּדִי״? עַל שׁוּם שֶׁכָּפַר בָּעֲבוֹדָה זָרָה. שֶׁכׇּל הַכּוֹפֵר בַּעֲבוֹדָה זָרָה נִקְרָא ״יְהוּדִי״, כְּדִכְתִיב: ״אִיתַי גּוּבְרִין יְהוּדָאיִן וְגוֹ׳״.
§ En marge de l'interprétation du mot « Yehoudi » comme celui qui répudie l'idolâtrie, la Guemara rapporte que lorsque Rabbi Chimon ben Pazi introduisait son enseignement sur le livre des Chroniques, il s'adressait au livre lui-même en ces termes : « Toutes tes paroles sont une [cohérente], et nous savons les interpréter. » Cette introduction faisait allusion au fait que le livre des Chroniques ne peut pas toujours être pris au pied de la lettre et requiert une exégèse, car un même individu peut y être désigné par plusieurs noms différents, comme dans le verset suivant : « Et sa femme HaYehouddiyya [la Juive] enfanta Yéred, père de Guédor, et 'Héver, père de Sokho, et Yéqoutiel, père de Zanoa'h. Et voici les fils de Bitya, fille de Pharaon, qu'épousa Merèd » (I Chroniques 4, 18).
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי, כִּי הֲוָה פָּתַח בְּדִבְרֵי הַיָּמִים, אָמַר הָכִי: כׇּל דְּבָרֶיךָ אֶחָד הֵם, וְאָנוּ יוֹדְעִין לְדוֹרְשָׁן. ״וְאִשְׁתּוֹ הַיְהוּדִיָּה יָלְדָה אֶת יֶרֶד אֲבִי גְדוֹר וְאֶת חֶבֶר אֲבִי שׂוֹכוֹ וְאֶת יְקוּתִיאֵל אֲבִי זָנוֹחַ וְאֵלֶּה בְּנֵי בִּתְיָה בַת פַּרְעֹה אֲשֶׁר לָקַח מָרֶד״.
Pourquoi est-elle [la femme en question] appelée « Yehouddiyya » ? Parce qu'elle avait répudié l'idolâtrie, ainsi qu'il est écrit : « Et la fille de Pharaon descendit se baigner dans le fleuve » (Exode 2, 5), et Rabbi Yo'hanan a dit : elle descendit pour se purifier des idoles de la maison de son père [par une immersion de conversion spirituelle].
אַמַּאי קָרֵי לַהּ ״יְהוּדִיָּה״ — עַל שׁוּם שֶׁכָּפְרָה בַּעֲבוֹדָה זָרָה, דִּכְתִיב: ״וַתֵּרֶד בַּת פַּרְעֹה לִרְחוֹץ עַל הַיְאוֹר״, וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁיָּרְדָה לִרְחוֹץ מִגִּילּוּלֵי בֵּית אָבִיהָ.
La Guemara [comprenant que tous les noms du verset désignent Moïse] s'interroge : [la fille de Pharaon] « a enfanté » ? Mais c'est elle [seulement] qui l'a élevé, et non mis au monde ! Cela nous enseigne que quiconque élève [omen] un orphelin ou une orpheline dans sa maison, le verset lui attribue le mérite comme s'il lui avait donné naissance.
״יָלְדָה״? וְהָא רַבּוֹיֵי רַבִּיתֵיהּ! לוֹמַר לְךָ שֶׁכׇּל הַמְגַדֵּל יָתוֹם וִיתוֹמָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ — מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִילּוּ יְלָדוֹ.
« Yéred » — c'est Moïse [moshe] ; et pourquoi est-il appelé « Yéred » ? Parce que la manne [man] descendit [yarad] pour le peuple d'Israël en ses jours. « Guédor » — parce qu'il clôtura [gadar] les brèches du peuple d'Israël [en les protégeant]. « 'Héver » — parce qu'il unit ['hiber] le peuple d'Israël à leur Père céleste. « Sokho » — parce qu'il fut pour Israël comme une soukka [cabane de protection et d'abri]. « Yéqoutiel » — parce qu'Israël mit son espoir en Dieu [qivou la-El] en ses jours. « Zanoa'h » — parce qu'il fit oublier [hizniah'] les fautes du peuple d'Israël.
״יֶרֶד״ זֶה מֹשֶׁה, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ ״יֶרֶד״? שֶׁיָּרַד לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל מָן בְּיָמָיו. ״גְּדוֹר״ — שֶׁגָּדַר פִּרְצוֹתֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל. ״חֶבֶר״ — שֶׁחִיבֵּר אֶת יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶן שֶׁבַּשָּׁמַיִם. ״סוֹכוֹ״ — שֶׁנַּעֲשָׂה לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל כְּסוּכָּה. ״יְקוּתִיאֵל״ — שֶׁקִּוּוּ יִשְׂרָאֵל לָאֵל בְּיָמָיו. ״זָנוֹחַ״ — שֶׁהִזְנִיחַ עֲוֹנוֹתֵיהֶן שֶׁל יִשְׂרָאֵל.
Le mot « père de » [avi] apparaît trois fois dans ce même verset : « Et sa femme Hayehouddiyya enfanta Yéred, père de Guédor, et 'Héver, père de Sokho, et Yéqoutiel, père de Zanoa'h. » Cela enseigne que Moïse fut un père pour tout le peuple d'Israël selon trois dimensions : un père dans la Torah, un père dans la sagesse, et un père dans la prophétie.
״אֲבִי״ ״אֲבִי״ ״אֲבִי״ — אָב בַּתּוֹרָה, אָב בְּחׇכְמָה, אָב בִּנְבִיאוּת.
Le verset dit : « Et voici les fils de Bitya, fille de Pharaon, qu'épousa Merèd. » La Guemara s'interroge : le mari s'appelait-il Merèd ? Ne s'appelait-il pas Calev ? Mais le verset fait allusion à la raison pour laquelle Calev épousa Bitya. Le Saint Béni soit-Il dit : Que vienne Calev, qui se rebella [marad] contre le conseil des espions, et qu'il épouse la fille de Pharaon qui, elle aussi, s'était rebellée [mard'ah] contre les idoles de la maison de son père.
״וְאֵלֶּה בְּנֵי בִּתְיָה אֲשֶׁר לָקַח מָרֶד״, וְכִי מֶרֶד שְׁמוֹ? וַהֲלֹא כָּלֵב שְׁמוֹ! אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: יָבֹא כָּלֵב שֶׁמָּרַד בַּעֲצַת מְרַגְּלִים, וְיִשָּׂא אֶת בַּת פַּרְעֹה שֶׁמָּרְדָה בְּגִלּוּלֵי בֵּית אָבִיהָ.
§ La Guemara reprend son commentaire du livre d'Esther. Le verset dit au sujet de Mardokhée : « qui avait été exilé de Jérusalem » (Esther 2, 6). Rava dit : ce langage indique qu'il est parti en exil de lui-même [et non contraint par la force], car il savait qu'il serait nécessaire à ceux qui étaient en exil, et il quitta donc Jérusalem volontairement pour subvenir aux besoins de son peuple.
״אֲשֶׁר הׇגְלָה מִירוּשָׁלַיִם״, אָמַר רָבָא: שֶׁגָּלָה מֵעַצְמוֹ.
Le verset dit : « Et il élevait [omen] Hadassa — c'est-à-dire Esther » (Esther 2, 7). Elle est appelée « Hadassa » et elle est appelée « Esther ». Quel était son véritable nom ? Une baraïta enseigne que les Sages divergèrent d'opinion : Rabbi Méir dit : son nom véritable était Esther. Pourquoi alors était-elle appelée Hadassa ? À cause des justes qui sont appelés myrtiers [hadassim], comme il est dit : « Et il se tenait parmi les myrtiers [ha-hadassim] » (Zacharie 1, 8).
״וַיְהִי אוֹמֵן אֶת הֲדַסָּה״, קָרֵי לַהּ ״הֲדַסָּה״ וְקָרֵי לַהּ ״אֶסְתֵּר״? תַּנְיָא, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֶסְתֵּר שְׁמָהּ, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמָהּ הֲדַסָּה — עַל שֵׁם הַצַּדִּיקִים שֶׁנִּקְרְאוּ הֲדַסִּים. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְהוּא עוֹמֵד בֵּין הַהֲדַסִּים״.
Rabbi Yéhouda est en désaccord et dit : son vrai nom était Hadassa. Pourquoi alors était-elle appelée Esther ? Parce qu'elle dissimulait [masteret] [la vérité sur elle-même], comme il est dit : « Esther n'avait pas révélé ni son peuple ni sa famille » (Esther 2, 20).
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הֲדַסָּה שְׁמָהּ, וְלָמָּה נִקְרֵאת שְׁמָהּ אֶסְתֵּר? עַל שֵׁם שֶׁהָיְתָה מַסְתֶּרֶת דְּבָרֶיהָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵין אֶסְתֵּר מַגֶּדֶת אֶת עַמָּהּ וְגוֹ׳״.
Rabbi Né'hémya est du même avis et dit : son vrai nom était Hadassa. Pourquoi alors était-elle appelée Esther ? C'était son nom dans les langues des nations, car en raison de sa beauté, les peuples du monde la nommaient d'après Istahar [Vénus, l'étoile du soir]. Ben Azzaï dit : Esther n'était ni grande ni petite, mais de taille moyenne comme un myrtier — et c'est pourquoi elle était appelée Hadassa. Rabbi Yéhochoua ben Qor'ha dit : Esther était appelée Hadassa parce qu'elle avait le teint verdâtre [yéraqraqet], la pâleur d'un myrtier, mais un fil de grâce divine était tendu sur elle, lui conférant une belle apparence.
רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: הֲדַסָּה שְׁמָהּ, וְלָמָּה נִקְרֵאת אֶסְתֵּר? שֶׁהָיוּ אוּמּוֹת הָעוֹלָם קוֹרִין אוֹתָהּ עַל שׁוּם אִסְתַּהַר. בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: אֶסְתֵּר, לֹא אֲרוּכָּה וְלֹא קְצָרָה הָיְתָה, אֶלָּא בֵּינוֹנִית כַּהֲדַסָּה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אָמַר: אֶסְתֵּר — יְרַקְרוֹקֶת הָיְתָה, וְחוּט שֶׁל חֶסֶד מָשׁוּךְ עָלֶיהָ.
Megillah 13a
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מגילה י״ג אמַסֶּכֶת מְגִילָּה