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Traité Megillah

11a

Étude de Megillah 11a

Étude de la Guémara 11a

Guémara
« Car nous sommes des esclaves, mais notre Dieu ne nous a pas abandonnés dans notre servitude, et Il a étendu Sa bienveillance envers nous aux yeux des rois de Perse » (Ezra 9, 9). Quand cela s'est-il produit ? Au temps de Haman.
״כִּי עֲבָדִים אֲנַחְנוּ וּבְעַבְדוּתֵנוּ לֹא עֲזָבָנוּ אֱלֹהֵינוּ וַיַּט עָלֵינוּ חֶסֶד לִפְנֵי מַלְכֵי פָרַס״, אֵימָתַי — בִּזְמַן הָמָן.
Rabbi H'anina bar Papa [a] introduit cette paracha [section de la Meguila] par une ouverture tirée d'ici : le verset dit : « Tu as fait monter des hommes sur nos têtes ; nous avons traversé le feu et l'eau ; mais Tu nous as fait sortir vers l'abondance » (Psaumes 66, 12). « Par le feu » — c'était aux jours du méchant Nabuchodonosor [qui avait jeté les justes dans la fournaise ardente]. « Et par l'eau » — c'était aux jours de Pharaon [qui avait décrété que tous les nouveau-nés mâles soient jetés dans le Nil]. « Mais Tu nous as fait sortir vers l'abondance » — c'était aux jours de Haman [où les festins jouèrent un rôle central dans leur péril et leur salut].
רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״הִרְכַּבְתָּ אֱנוֹשׁ לְרֹאשֵׁנוּ בָּאנוּ בָאֵשׁ וּבַמַּיִם״, ״בָּאֵשׁ״ — בִּימֵי נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע. ״וּבַמַּיִם״ — בִּימֵי פַרְעֹה, ״וַתּוֹצִיאֵנוּ לָרְוָיָה״ — בִּימֵי הָמָן.
Rabbi Yoh'anan [a] introduit cette paracha par une ouverture tirée d'ici : le verset dit : « Il s'est souvenu de Sa bienveillance et de Sa fidélité envers la maison d'Israël ; tous les confins de la terre ont vu le salut de notre Dieu » (Psaumes 98, 3). Quand tous les confins de la terre ont-ils vu le salut de notre Dieu ? Aux jours de Mordékhaï et Esther [car leur péril et leur délivrance furent proclamés par des lettres envoyées à travers tout l'empire].
רַבִּי יוֹחָנָן פָּתַח לֵהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״זָכַר חַסְדּוֹ וֶאֱמוּנָתוֹ לְבֵית יִשְׂרָאֵל רָאוּ כׇל אַפְסֵי אָרֶץ אֵת יְשׁוּעַת אֱלֹהֵינוּ״, אֵימָתַי ״רָאוּ כׇל אַפְסֵי אָרֶץ אֵת יְשׁוּעַת אֱלֹהֵינוּ״ — בִּימֵי מׇרְדֳּכַי וְאֶסְתֵּר.
Rech Lakich [a] introduit cette paracha par une ouverture tirée d'ici : « Tel un lion rugissant et un ours affamé, tel est un souverain méchant sur un peuple misérable » (Proverbes 28, 15). « Un lion rugissant » — c'est le méchant Nabuchodonosor, comme il est écrit à son sujet : « Le lion est monté de son fourré » (Jérémie 4, 7). « Un ours affamé » — c'est Achachvéroch, comme il est écrit à son sujet : « Et voici une autre bête, une deuxième, semblable à un ours » (Daniel 7, 5). Et Rav Yossef a enseigné : ceux qui sont comparés à un ours dans ce verset, ce sont les Perses — ils mangent et boivent en grande quantité comme un ours ; ils sont enveloppés de chair comme un ours ; ils laissent pousser leur chevelure comme un ours ; et ils ne se reposent jamais comme un ours [dont la nature est d'errer de lieu en lieu].
רֵישׁ לָקִישׁ פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״אֲרִי נוֹהֵם וְדוֹב שׁוֹקֵק מוֹשֵׁל רָשָׁע עַל עַם דָּל״, ״אֲרִי נוֹהֵם״ — זֶה נְבוּכַדְנֶצַּר הָרָשָׁע, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״עָלָה אַרְיֵה מִסּוּבְּכוֹ״. ״דּוֹב שׁוֹקֵק״ — זֶה אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״וַאֲרוּ חֵיוָה אׇחֳרִי תִנְיָינָה דָּמְיָה לְדוֹב״, וְתָנֵי רַב יוֹסֵף: אֵלּוּ פַּרְסִיִּים, שֶׁאוֹכְלִין וְשׁוֹתִין כְּדוֹב, וּמְסוּרְבָּלִין בָּשָׂר כְּדוֹב, וּמְגַדְּלִין שֵׂעָר כְּדוֹב, וְאֵין לָהֶם מְנוּחָה כְּדוֹב.
« Un souverain méchant » — c'est Haman. « Sur un peuple misérable » — ce sont les Israélites, qui sont ainsi qualifiés de misérables [dalim = pauvres] car ils sont pauvres dans l'accomplissement des mitsvot [commandements].
״מוֹשֵׁל רָשָׁע״ — זֶה הָמָן. ״עַל עַם דָּל״ — אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, שֶׁהֵם דַּלִּים מִן הַמִּצְוֹת.
Rabbi Elazar [a] introduit cette paracha par une ouverture tirée d'ici : « Par la paresse les solives [ha-mekaré] s'affaissent [yimakh], et par la faiblesse des mains la maison fuit » (Qohéleth 10, 18). Rabbi Elazar interprète le verset de façon homilétique : à cause de la paresse d'Israël qui ne s'occupait pas de l'étude de la Torah, l'ennemi du Saint, béni soit-Il [euphémisme désignant Dieu Lui-même], est devenu pauvre [makh], comme s'Il n'était pas capable de les aider. Car makh ne désigne rien d'autre que « pauvre », comme il est dit : « Mais s'il est trop pauvre [makh] pour ton estimation » (Lévitique 27, 8). Et le mot mekaré dans le verset ne désigne personne d'autre que le Saint, béni soit-Il, comme il est dit : « Qui place les poutres [ha-mekaré] de Ses demeures dans les eaux » (Psaumes 104, 3).
רַבִּי אֶלְעָזָר פָּתַח לֵהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״בַּעֲצַלְתַּיִם יִמַּךְ הַמְּקָרֶה וּבְשִׁפְלוּת יָדַיִם יִדְלוֹף הַבָּיִת״, בִּשְׁבִיל עַצְלוּת שֶׁהָיָה לָהֶם לְיִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא עָסְקוּ בַּתּוֹרָה, נַעֲשָׂה שׂוֹנְאוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מָךְ. וְאֵין ״מָךְ״ אֶלָּא עָנִי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאִם מָךְ הוּא מֵעֶרְכֶּךָ״, וְאֵין ״מְקָרֶה״ אֶלָּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַמְקָרֶה בַמַּיִם עֲלִיּוֹתָיו״.
Rav Nah'man bar Yitsh'ak [a] introduit cette paracha par une ouverture tirée d'ici : « Chant des montées de David. Si ce n'était l'Éternel qui était pour nous — qu'Israël le dise maintenant — si ce n'était l'Éternel qui était pour nous lorsqu'un homme [adam] s'est levé contre nous » (Psaumes 124, 1-2). [Le verset parle] d'un « homme » [adam] qui s'est levé contre nous, et non d'un roi [melekh]. [Cela renvoie aux jours de Haman, car c'est lui, et non le roi Achachvéroch, qui était le principal ennemi du peuple juif.]
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״שִׁיר הַמַּעֲלוֹת לוּלֵי ה׳ שֶׁהָיָה לָנוּ יֹאמַר נָא יִשְׂרָאֵל. לוּלֵי ה׳ שֶׁהָיָה לָנוּ בְּקוּם עָלֵינוּ אָדָם״. ״אָדָם״ — וְלֹא מֶלֶךְ.
Rava [a] introduit cette paracha par une ouverture tirée d'ici : « Quand les justes sont nombreux, le peuple se réjouit ; mais quand le méchant gouverne, le peuple gémit » (Proverbes 29, 2). « Quand les justes sont nombreux, le peuple se réjouit » — ce sont Mordékhaï et Esther, comme il est écrit : « Et la ville de Choucan exultait et se réjouissait » (Esther 8, 15). « Mais quand le méchant gouverne, le peuple gémit » — c'est Haman, comme il est écrit : « Et la ville de Choucan était consternée » (Esther 3, 15).
רָבָא פָּתַח לַהּ פִּתְחָא לְהָא פָּרַשְׁתָּא מֵהָכָא: ״בִּרְבוֹת צַדִּיקִים יִשְׂמַח הָעָם וּבִמְשׁוֹל רָשָׁע יֵאָנַח עָם״, ״בִּרְבוֹת צַדִּיקִים יִשְׂמַח הָעָם״ — זֶה מׇרְדֳּכַי וְאֶסְתֵּר, דִּכְתִיב: ״וְהָעִיר שׁוּשָׁן צָהֲלָה וְשָׂמֵחָה״. ״וּבִמְשׁוֹל רָשָׁע יֵאָנַח עָם״ — זֶה הָמָן, דִּכְתִיב: ״וְהָעִיר שׁוּשָׁן נָבוֹכָה״.
Rav Mattana a dit son introduction à partir d'ici : « Car quelle est la nation si grande qui ait des dieux si proches d'elle » (Deutéronome 4, 7) [— comme pour attester des grands miracles accomplis aux jours de Mordékhaï et Esther ?]. Rav Achi a dit son introduction à partir d'ici : le verset dit : « Ou bien Dieu a-t-Il jamais tenté de venir prendre pour Lui une nation du sein d'une autre nation ? » (Deutéronome 4, 34), car au temps d'Esther, Dieu a sauvé le peuple juif dispersé dans tout l'empire perse.
רַב מַתְנָה אָמַר מֵהָכָא: ״כִּי מִי גוֹי גָּדוֹל אֲשֶׁר לוֹ אֱלֹהִים קְרוֹבִים אֵלָיו״. רַב אָשֵׁי אָמַר מֵהָכָא: ״אוֹ הֲנִסָּה אֱלֹהִים וְגוֹ׳״.
§ [La Guémara reprend l'interprétation du livre d'Esther.] Le verset dit : « Et il arriva [va-y'hi] aux jours d'Achachvéroch » (Esther 1, 1). Rav dit : le mot va-y'hi peut se lire comme vai — malheur — et hi — lamentation. C'est comme il est écrit : « Et là vous vous vendrez à vos ennemis comme esclaves et servantes… mais personne ne vous achètera » (Deutéronome 28, 68). Le caractère répétitif du verset [indiquant que nul ne voudra les acheter comme esclaves mais qu'on les achètera pour les tuer] désigne une situation doublement horrible, symbolisée par le double sens de va-y'hi.
״וַיְהִי בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״, אָמַר רַב: וַיי וְהֵי, הָדָא דִּכְתִיב: ״וְהִתְמַכַּרְתֶּם שָׁם לְאוֹיְבֶיךָ לַעֲבָדִים וְלִשְׁפָחוֹת וְגוֹ׳״.
Et Chmouel a dit son introduction à partir d'ici : « Je ne les ai point rejetés et je ne les ai point abhorré pour les anéantir complètement, pour rompre Mon alliance avec eux ; car Je suis l'Éternel leur Dieu » (Lévitique 26, 44). Chmouel explique : « Je ne les ai point rejetés » — c'était aux jours des Grecs. « Je ne les ai point abhorré » — c'était aux jours de Vespasien. « Pour les anéantir complètement » — c'était aux jours de Haman. « Pour rompre Mon alliance avec eux » — c'était aux jours des Perses. « Car Je suis l'Éternel leur Dieu » — c'est aux jours de Gog et Magog [à venir].
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״לֹא מְאַסְתִּים וְלֹא גְעַלְתִּים לְכַלּוֹתָם״. ״לֹא מְאַסְתִּים״ — בִּימֵי יְווֹנִים. ״וְלֹא גְעַלְתִּים״ — בִּימֵי נְבוּכַדְנֶצַּר. ״לְכַלּוֹתָם״ — בִּימֵי הָמָן. ״לְהָפֵר בְּרִיתִי אִתָּם״ — בִּימֵי פָרְסִיִּים. ״כִּי אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיהֶם״ — בִּימֵי גוֹג וּמָגוֹג.
Une interprétation alternative a été enseignée dans une baraïta [enseignement tannaïtique] : « Je ne les ai point rejetés » — c'était aux jours des Chaldéens [Babylone], quand J'ai suscité pour eux Daniel, H'ananya, Michaël et Azarya pour prier en leur faveur. « Je ne les ai point abhorré » — c'était aux jours des Grecs, quand J'ai suscité pour eux Chimon haTsaddiq [Simon le Juste], et les H'achmonaïm [Hasmonéens] avec leurs fils, et Mattitya le Grand Prêtre. « Pour les anéantir complètement » — c'était aux jours de Haman, quand J'ai suscité pour eux les conducteurs justes Mordékhaï et Esther. « Pour rompre Mon alliance avec eux » — c'était aux jours des Romains, quand J'ai suscité pour eux les Sages de la maison de Rabbi Yéhouda haNassi et les Sages des autres générations. « Car Je suis l'Éternel leur Dieu » — ce sera dans le futur, quand aucune nation ni peuple de langue étrangère ne pourra plus les subjuguer.
בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: ״לֹא מְאַסְתִּים״ — בִּימֵי כַּשְׂדִּים, שֶׁהֶעֱמַדְתִּי לָהֶם דָּנִיֵּאל חֲנַנְיָה מִישָׁאֵל וַעֲזַרְיָה. ״וְלֹא גְעַלְתִּים״ — בִּימֵי יְווֹנִים, שֶׁהֶעֱמַדְתִּי לָהֶם שִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק, וְחַשְׁמוֹנַאי וּבָנָיו, וּמַתִּתְיָה כֹּהֵן גָּדוֹל. ״לְכַלּוֹתָם״ — בִּימֵי הָמָן, שֶׁהֶעֱמַדְתִּי לָהֶם מׇרְדֳּכַי וְאֶסְתֵּר. ״לְהָפֵר בְּרִיתִי אִתָּם״ — בִּימֵי רוֹמִיִּים, שֶׁהֶעֱמַדְתִּי לָהֶם שֶׁל בֵּית רַבִּי וְחַכְמֵי דוֹרוֹת. ״כִּי אֲנִי ה׳ אֱלֹהֵיהֶם״ — לֶעָתִיד לָבוֹא, שֶׁאֵין כׇּל אוּמָּה וְלָשׁוֹן יְכוֹלָה לִשְׁלוֹט בָּהֶם.
Megillah 11a
100%
מגילה י״א אמַסֶּכֶת מְגִילָּה