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Traité Megillah

10b

Étude de Megillah 10b

Étude de la Guémara 10b

Guémara
[La Guemara résout la contradiction :] Or, n'ont-ils pas dit [dans la suite de cette même baraïta] qu'il n'est pas nécessaire de les consacrer [à nouveau] ? Au contraire, voici ce que la baraïta veut dire : [Les exilés] les trouvèrent [ces villes] et les dénombrèrent [comme villes murées depuis l'époque de Yéhochoua].
הַשְׁתָּא [הָא] אָמְרִי לָא צְרִיכָא לְקַדּוֹשֵׁי! אֶלָּא: מָצְאוּ אֶת אֵלּוּ וּמְנָאוּם.
La baraïta continue : Et non seulement celles-ci — mais toute ville pour laquelle tu reçois une tradition de la part de tes ancêtres qu'elle était entourée d'un mur depuis l'époque de Yéhochoua bin Noun, tous ces commandements [propres aux villes murées, comme la lecture de la Meguila le quinze du mois d'Adar] s'y appliquent — parce que la première consécration a sanctifié Eretz Yisraël pour son temps et a également sanctifié Eretz Yisraël pour toujours. Or, il y a une contradiction entre une déclaration de Rabbi Ichmaël et une autre déclaration de Rabbi Ichmaël [fils de Rabbi Yossé].
וְלֹא אֵלּוּ בִּלְבַד, אֶלָּא כׇּל שֶׁתַּעֲלֶה לְךָ מָסוֹרֶת בְּיָדְךָ מֵאֲבוֹתֶיךָ שֶׁמּוּקֶּפֶת חוֹמָה מִימוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן — כׇּל הַמִּצְוֹת הַלָּלוּ נוֹהֲגִין בָּהּ, מִפְּנֵי שֶׁקְּדוּשָּׁה רִאשׁוֹנָה קִידְּשָׁה לִשְׁעָתָהּ וְקִידְּשָׁה לֶעָתִיד לָבֹא. קַשְׁיָא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל אַדְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל.
La Guemara répond : C'est un désaccord entre deux tannaïm tardifs, chacun transmettant l'opinion de Rabbi Ichmaël fils de Rabbi Yossé d'une façon différente [et les deux textes reflètent deux traditions distinctes, non une contradiction interne chez un même Sage]. Et si tu veux, tu peux dire autrement : la [seconde version de la] déclaration est celle de Rabbi Éléazar fils de Rabbi Yossé — comme il est enseigné dans une baraïta : Rabbi Éléazar fils de Rabbi Yossé dit que le verset dit : « Qui n'a pas [lo écrit avec un alef] de mur » (Vayikra 25, 30). Le mot « lo » est écrit avec un alef [signifiant « non »], mais il est vocalisé comme son homophone avec un vav [signifiant « il en a un »]. Cela indique que même si la ville n'a présentement pas de mur [parce qu'il a été détruit], mais qu'elle en avait un auparavant, elle conserve son statut de ville murée. C'est Rabbi Éléazar fils de Rabbi Yossé qui est d'avis que la première consécration a sanctifié Jérusalem pour toujours.
תְּרֵי תַנָּאֵי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי. וְאִיבָּעֵית אֵימָא, הָא רַבִּי אֶלְעָזָר בַּר יוֹסֵי אַמְרַהּ, דְּתַנְיָא: רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יוֹסֵי אָמַר: ״אֲשֶׁר לוֹא חוֹמָה״, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין לוֹ עַכְשָׁיו וְהָיָה לוֹ קוֹדֶם לָכֵן.
La Guemara revient sur le sujet principal de ce chapitre, le livre d'Esther. Le verset d'ouverture de la Meguila dit : « Et il advint [vayhi] aux jours d'A'hachvéroch » (Esther 1, 1). Rabbi Lévi dit — et certains disent que c'est Rabbi Yonatan qui dit : Cette chose est une tradition que nous avons reçue des membres de la Grande Assemblée [Anché Knesset haGuédola]. Partout où le mot « vayhi » est dit, c'est un terme de mauvais augure — rien qu'une annonce de malheur imminent — comme si le mot était une contraction des mots « vaï » et « hi », signifiant gémissement et deuil.
״וַיְהִי בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״, אָמַר רַבִּי לֵוִי וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹנָתָן: דָּבָר זֶה מָסוֹרֶת בְּיָדֵינוּ מֵאַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה, כׇּל מָקוֹם שֶׁנֶּאֱמַר ״וַיְהִי״ אֵינוֹ אֶלָּא לְשׁוֹן צַעַר.
La Guemara cite plusieurs preuves corroborant cette interprétation : « Et il advint [vayhi] aux jours d'A'hachvéroch » — un malheur advint, car il y eut Haman. « Et il advint [vayhi] aux jours où les Juges gouvernaient » (Ruth 1, 1) — il y eut une famine. « Et il advint [vayhi] que les hommes commencèrent à se multiplier » (Beréchit 6, 1) — ce verset est suivi de : « Et l'Éternel vit que la méchanceté de l'homme était grande sur la terre » (Beréchit 6, 5).
״וַיְהִי בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״ — הֲוָה הָמָן. ״וַיְהִי בִּימֵי שְׁפוֹט הַשּׁוֹפְטִים״ — הֲוָה רָעָב. ״וַיְהִי כִּי הֵחֵל הָאָדָם לָרוֹב״ — ״וַיַּרְא ה׳ כִּי רַבָּה רָעַת הָאָדָם״.
« Et il advint [vayhi] qu'ils voyagèrent vers l'est » (Beréchit 11, 2) — [ce verset est] suivi de : « Venez, bâtissons-nous une ville » (Beréchit 11, 4), [ce qui conduisit au péché de la Tour de Babel]. La Guemara cite d'autres exemples : « Et il advint [vayhi] aux jours d'Amrafel » (Beréchit 14, 1) — il est dit à son sujet : « Ceux-là firent la guerre » (Beréchit 14, 2). « Et il advint [vayhi] que Yéhochoua était à Yéri'ho » (Yéhochoua 5, 13) — là il vit un ange « son épée tirée en sa main » comme un avertissement. « Et l'Éternel fut [vayhi] avec Yéhochoua » (Yéhochoua 6, 27) — et aussitôt après : « Mais les enfants d'Israël commirent une infidélité » (Yéhochoua 7, 1). « Et il advint [vayhi] qu'il y avait un homme à Ramatayim » (I Chmouel 1, 1) — quelques versets plus loin, il est mentionné l'incapacité de 'Hanna à concevoir : « Car il aimait 'Hanna, mais l'Éternel avait fermé sa matrice » (I Chmouel 1, 5).
״וַיְהִי בְּנׇסְעָם מִקֶּדֶם״ — ״הָבָה נִבְנֶה לָּנוּ עִיר״. ״וַיְהִי בִּימֵי אַמְרָפֶל״ — ״עָשׂוּ מִלְחָמָה״. ״וַיְהִי בִּהְיוֹת יְהוֹשֻׁעַ בִּירִיחוֹ״ — ״וְחַרְבּוֹ שְׁלוּפָה בְּיָדוֹ״. ״וַיְהִי ה׳ אֶת יְהוֹשֻׁעַ״ — ״וַיִּמְעֲלוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״. ״וַיְהִי אִישׁ אֶחָד מִן הָרָמָתַיִם״ — ״כִּי אֶת חַנָּה אָהֵב וַה׳ סָגַר רַחְמָהּ״.
« Et il advint [vayhi] que Chmouel vieillissait » (I Chmouel 8, 1) — puis il est écrit : « Et ses fils ne marchèrent pas dans ses voies » (I Chmouel 8, 3). « Et il advint [vayhi] que David était habile en toutes ses voies, et l'Éternel était avec lui » (I Chmouel 18, 14) — et seulement quelques versets auparavant il est écrit : « Et Chaoul regardait David avec méfiance » (I Chmouel 18, 9). « Et il advint [vayhi] que le roi s'était installé dans sa demeure » (II Chmouel 7, 1) — le roi David exprima son désir de bâtir un Temple pour Dieu, mais il lui fut dit : « Cependant, toi tu ne bâtiras pas la Maison » (II Divré haYamim 6, 9).
״וַיְהִי (כִּי) זָקֵן שְׁמוּאֵל״ — ״וְלֹא הָלְכוּ בָנָיו בִּדְרָכָיו״. ״וַיְהִי דָוִד לְכׇל דְּרָכָיו מַשְׂכִּיל [וַה׳ עִמּוֹ]״ — ״וַיְהִי שָׁאוּל עוֹיֵן אֶת דָּוִד״. ״וַיְהִי כִּי יָשַׁב הַמֶּלֶךְ בְּבֵיתוֹ״ — ״רַק אַתָּה לֹא תִבְנֶה הַבָּיִת״.
Mais n'est-il pas écrit : « Et il advint [vayhi] le huitième jour » (Vayikra 9, 1) [qui était le jour de l'inauguration du Tabernacle] ? Et il est enseigné dans une baraïta à propos de ce jour : Ce jour-là, il y eut une joie devant le Saint-Béni-Soit-Il semblable à la joie qui existait le jour où les cieux et la terre furent créés. La Guemara cite une analogie verbale à l'appui : il est écrit ici, à propos de l'inauguration du Tabernacle : « Et il advint [vayhi] le huitième jour », et il est écrit là-bas, dans le récit de la Création : « Et il fut [vayhi] soir et il fut [vayhi] matin, un jour » (Beréchit 1, 5). Cela indique qu'il y eut une joie le huitième jour, semblable à la joie qui existait lors de la création du monde. Apparemment, le terme « vayhi » n'est donc pas nécessairement de mauvais augure.
וְהָכְתִיב: ״וַיְהִי בַּיּוֹם הַשְּׁמִינִי״, וְתַנְיָא: אוֹתוֹ הַיּוֹם הָיְתָה שִׂמְחָה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא כְּיוֹם שֶׁנִּבְרְאוּ בּוֹ שָׁמַיִם וָאָרֶץ, כְּתִיב הָכָא: ״וַיְהִי בְּיוֹם הַשְּׁמִינִי״, וּכְתִיב הָתָם: ״וַיְהִי (בֹקֶר) יוֹם אֶחָד״!
La Guemara répond : Ce verset ne contredit pas le principe. En ce jour de l'inauguration du Tabernacle, un malheur frappa également le peuple — car Nadav et Avihou moururent.
הָא שְׁכֵיב נָדָב וַאֲבִיהוּא.
La Guemara cite des versets supplémentaires où « vayhi » n'annonce pas de malheur imminent : Mais n'est-il pas écrit : « Et il advint [vayhi] en la quatre-cent-quatre-vingtième année » (I Rois 6, 1), qui évoque l'occasion joyeuse de la construction du Temple ? Et n'est-il pas écrit : « Et il advint [vayhi] que Yaakov vit Ra'hel » (Beréchit 29, 10) — une occasion mémorable ? Et n'est-il pas écrit : « Et il fut [vayhi] soir et il fut [vayhi] matin, un jour » (Beréchit 1, 5) ? Et n'y a-t-il pas le deuxième jour de la Création, et le troisième jour, où le terme « vayhi » est utilisé ? Et n'y a-t-il pas de nombreux versets dans la Bible où le terme « vayhi » apparaît sans qu'aucun malheur s'ensuive ? Apparemment, le principe proposé est incorrect.
וְהָכְתִיב: ״וַיְהִי בִשְׁמוֹנִים שָׁנָה וְאַרְבַּע מֵאוֹת שָׁנָה״! וְהָכְתִיב: ״וַיְהִי כַּאֲשֶׁר רָאָה יַעֲקֹב אֶת רָחֵל״! וְהָכְתִיב ״וַיְהִי עֶרֶב וַיְהִי בֹקֶר יוֹם אֶחָד״! וְהָאִיכָּא שֵׁנִי! וְהָאִיכָּא שְׁלִישִׁי! וְהָאִיכָּא טוּבָא!
Au contraire, Rav Achi dit : Concernant tout [verset utilisant] « vayhi » [seul], il peut y avoir des cas comme ceci [de tristesse] et des cas comme cela [de joie]. Cependant, partout où l'on utilise la formule « vayhi bimei » — « et il advint aux jours de » — dans la Bible, c'est sans exception un terme annonçant un malheur imminent.
אָמַר רַב אָשֵׁי: כׇּל ״וַיְהִי״ — אִיכָּא הָכִי וְאִיכָּא הָכִי, ״וַיְהִי בִּימֵי״ — אֵינוֹ אֶלָּא לְשׁוֹן צַעַר.
Il y a cinq occurrences de « vayhi bimei » dans la Bible : « Et il advint aux jours d'A'hachvéroch » [avec Haman] ; « Et il advint aux jours où les Juges gouvernaient » [avec la famine] ; « Et il advint aux jours d'Amrafel » [avec la guerre des rois] ; « Et il advint aux jours d'A'haz » (Yéchayahou 7, 1) [avec l'invasion d'Israël] ; « Et il advint aux jours de Yéhoyaqim » (Yirmiyahou 1, 3) [avec l'exil]. Dans tous ces épisodes, un malheur s'ensuivit.
חַמְשָׁה ״וַיְהִי בִּימֵי״ הָווּ: ״וַיְהִי בִּימֵי אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ״, ״וַיְהִי בִּימֵי שְׁפוֹט הַשּׁוֹפְטִים״, ״וַיְהִי בִּימֵי אַמְרָפֶל״, ״וַיְהִי בִּימֵי אָחָז״, ״וַיְהִי בִּימֵי יְהוֹיָקִים״.
Megillah 10b
100%
מגילה י׳ במַסֶּכֶת מְגִילָּה