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Traité Makkot

9a

Étude de Makkot 9a

Étude de la Guémara 9a

Guémara
…qui n'a pas la capacité d'entraîner un dommage d'une valeur d'une prouta [plus petite unité monétaire], car Rabbi Ami dit au nom de Rabbi Yoḥanan : bien que celui qui frappe autrui paie normalement des dommages-intérêts et ne soit pas flagellé, s'il l'a frappé d'un coup qui n'a pas la capacité d'entraîner un dommage d'une prouta — puisqu'il n'y a pas de paiement — il reçoit les coups pour avoir transgressé une interdiction de la Torah. La Guemara commente : et selon cet avis, contrairement à ceux qui estiment, sur la base de leur juxtaposition virtuelle (cf. Exode 21, 15 et 17) ou d'une analogie entre elles, que les halakhot de la frappe et de la malédiction sont identiques, nous n'assimilons pas la frappe à la malédiction. Ainsi, bien que l'on soit flagellé pour avoir maudit autrui seulement si celui-ci se comporte comme un Juif observant et craignant D.ieu, on est passible de la frappe même si l'autre était un pécheur — par exemple un Samaritain.
שֶׁאֵין בָּהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה. דְּאָמַר רַבִּי אַמֵּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הִכָּהוּ הַכָּאָה שֶׁאֵין בָּהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה – לוֹקֶה. וְלָא מַקְּשִׁינַן הַכָּאָה לִקְלָלָה.
§ La michna enseigne : chacun est exilé pour avoir tué involontairement un Juif, et un Juif est exilé pour avoir tué n'importe lequel d'entre eux, sauf lorsqu'il s'agit d'un gér toshav [résident étranger]. Et un gér toshav est exilé pour avoir tué involontairement un gér toshav. La Guemara commente : apparemment, on peut conclure qu'un gér toshav est un non-Juif, et qu'il n'est donc pas exilé lorsqu'il tue involontairement un Juif. Mais dis la dernière clause de la michna : un gér toshav est exilé pour avoir tué involontairement un gér toshav — ce qui indique que son statut halakhique n'est pas celui d'un non-Juif, puisque les non-Juifs ne sont pas passibles d'exil. Il y a une contradiction apparente entre les deux clauses de la michna. Rav Kahana dit : cela ne pose pas de difficulté. Ici, dans la dernière clause, il s'agit du cas où un gér toshav a tué un gér toshav — alors il est exilé ; là, dans la première clause, il s'agit du cas où un gér toshav a tué un Juif — alors il n'est pas exilé, car son statut halakhique n'est pas celui d'un Juif, pour qui le péché d'homicide involontaire d'un Juif peut être expié par l'exil.
חוּץ מֵעַל יְדֵי גֵּר תּוֹשָׁב וְכוּ׳. אַלְמָא גֵּר תּוֹשָׁב גּוֹי הוּא. אֵימָא סֵיפָא: גֵּר תּוֹשָׁב גּוֹלֶה עַל יְדֵי גֵּר תּוֹשָׁב! אָמַר רַב כָּהֲנָא: לָא קַשְׁיָא, כָּאן בְּגֵר תּוֹשָׁב שֶׁהָרַג גֵּר תּוֹשָׁב, כָּאן בְּגֵר תּוֹשָׁב שֶׁהָרַג יִשְׂרָאֵל.
Il y en a qui soulèvent une contradiction entre deux versets. Il est écrit : « Pour les enfants d'Israël, pour l'étranger et pour le résident [velatoshav] au milieu d'eux, ces six villes seront pour refuge » (Bamidbar 35, 15), indiquant qu'un gér toshav est exilé. Et il est écrit dans un verset antérieur : « Les villes vous serviront de refuge » (Bamidbar 35, 12), d'où l'on infère : un refuge pour vous, mais pas pour un gér toshav — indiquant qu'un gér toshav n'est pas exilé. Rav Kahana dit : cela ne pose pas de difficulté. Ici, le verset qui indique qu'ils ne sont pas exilés concerne un gér toshav qui a tué un Juif ; là, le verset qui indique qu'ils sont exilés concerne un gér toshav qui a tué un gér toshav.
אִיכָּא דְּרָמֵי קְרָאֵי אַהֲדָדֵי, כְּתִיב: ״לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל וְלַגֵּר וְלַתּוֹשָׁב בְּתוֹכָם תִּהְיֶינָה שֵׁשׁ הֶעָרִים״, וּכְתִיב: ״וְהָיוּ לָכֶם הֶעָרִים לְמִקְלָט״, ״לָכֶם״ – וְלֹא לְגֵרִים! אָמַר רַב כָּהֲנָא: לָא קַשְׁיָא, כָּאן – בְּגֵר תּוֹשָׁב שֶׁהָרַג יִשְׂרָאֵל, כָּאן – בְּגֵר תּוֹשָׁב שֶׁהָרַג גֵּר תּוֹשָׁב.
Et la Guemara soulève une contradiction à la halakha de la michna à partir d'une baraïta qui enseigne : par conséquent, un gér toshav et un non-Juif qui ont tué une personne sont mis à mort, même s'ils l'ont fait involontairement. La Guemara infère, sur la base de la juxtaposition d'un gér toshav et d'un non-Juif dans la baraïta : le tanna enseigne le cas d'un gér toshav de manière analogue au cas d'un non-Juif — tout comme pour un non-Juif, que ce soit lorsqu'il a tué l'un des siens, un non-Juif, ou lorsqu'il a tué quelqu'un qui n'est pas des siens, un Juif, dans les deux cas il est exécuté et non exilé, de même pour un gér toshav, que ce soit lorsqu'il a tué l'un des siens, un gér toshav, ou lorsqu'il a tué quelqu'un qui n'est pas des siens, un Juif, dans les deux cas il est exécuté et non exilé.
וּרְמִינְהִי: לְפִיכָךְ גֵּר וְגוֹי שֶׁהָרְגוּ – נֶהֱרָגִין. קָתָנֵי גֵּר דּוּמְיָא דְּגוֹי: מָה גּוֹי לָא שְׁנָא דִּקְטַל בַּר מִינֵּיהּ, וְלָא שְׁנָא דִּקְטַל דְּלָאו בַּר מִינֵיהּ – נֶהֱרָג, אַף גֵּר, לָא שְׁנָא דִּקְטַל בַּר מִינֵּיהּ וְלָא שְׁנָא קְטַל דְּלָאו בַּר מִינֵיהּ – נֶהֱרָג!
Rav Ḥisda dit : la contradiction entre la michna et la baraïta ne pose pas de difficulté. Ici, la michna vise un cas où il l'a tué par un mouvement descendant [derekh yerida] ; là, la baraïta vise un cas où il l'a tué par un mouvement ascendant [derekh aliya]. Rav Ḥisda précise : si un gér toshav en a tué un autre par un mouvement descendant — cas où, si l'auteur était un Juif, il serait exilé — le gér toshav aussi se contente de l'exil. Mais s'il a tué son semblable par un mouvement ascendant — cas où, si l'auteur était un Juif, il serait dispensé de l'exil — le gér toshav est exécuté.
אָמַר רַב חִסְדָּא: לָא קַשְׁיָא, כָּאן שֶׁהֲרָגוֹ דֶּרֶךְ יְרִידָה, כָּאן שֶׁהֲרָגוֹ דֶּרֶךְ עֲלִיָּיה. דֶּרֶךְ יְרִידָה, דְּיִשְׂרָאֵל גָּלֵי – אִיהוּ נָמֵי סַגִּי לֵיהּ בְּגָלוּת. דֶּרֶךְ עֲלִיָּיה, דְּיִשְׂרָאֵל פָּטוּר – הוּא נֶהֱרָג.
Rava lui dit : et n'en déduit-on pas un kal va'homèr [raisonnement a fortiori] à l'inverse ? Si l'on tue involontairement autrui par un mouvement descendant — cas où, si l'auteur était un Juif, il serait exilé — le gér toshav aussi se contente de l'exil et rien de plus ; mais s'il a tué par un mouvement ascendant — cas où, si l'auteur était un Juif, il serait dispensé de l'exil — serait-il mis à mort ?!
אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וְלָאו קַל וָחוֹמֶר הוּא? וּמָה דֶּרֶךְ יְרִידָה דְּיִשְׂרָאֵל גָּלֵי, אִיהוּ נָמֵי סַגִּי לֵיהּ בְּגָלוּת, דֶּרֶךְ עֲלִיָּיה, דְּיִשְׂרָאֵל פָּטוּר, אִיהוּ נֶהֱרָג?!
Plutôt, Rava dit : le cas de la baraïta où un gér toshav est tué plutôt qu'exilé est celui où le gér toshav qui a tué un autre gér toshav déclare qu'il est permis de tuer la victime. S'il l'a tué involontairement, il est exilé, conformément à la décision de la michna. Abaye lui dit : celui qui dit qu'il est permis de tuer la victime est un anouss [contraint par des circonstances] — il ignorait l'interdiction. Pourquoi, alors, serait-il exécuté ? Rava lui répond : ce n'est pas un problème, car je dis qu'en ce qui concerne celui qui dit que c'est permis — puisqu'il avait l'intention de tuer l'autre — son acte frôle le meurtre intentionnel [karov le-mezid].
אֶלָּא אָמַר רָבָא: בְּאוֹמֵר מוּתָּר. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אוֹמֵר מוּתָּר אָנוּס הוּא! אֲמַר לֵיהּ: שֶׁאֲנִי אוֹמֵר, אוֹמֵר מוּתָּר – קָרוֹב לְמֵזִיד הוּא.
La Guemara observe : Rava et Rav Ḥisda suivent leur ligne habituelle de raisonnement, comme l'indique le fait qu'il a été dit qu'ils divergent dans le cas d'un gér toshav qui a tué une personne. S'il pensait tuer un animal et on découvrit que c'était une personne, ou s'il pensait tuer un non-Juif et on découvrit que c'était un gér toshav — Rava dit qu'il est passible d'exécution, car en ce qui concerne celui qui dit que c'est permis, son acte frôle le meurtre intentionnel. Rav Ḥisda dit qu'il est dispensé, car celui qui dit qu'il est permis de tuer la victime est un anouss.
וְאָזְדוּ לְטַעְמַיְיהוּ, דְּאִיתְּמַר: כְּסָבוּר בְּהֵמָה וְנִמְצָא אָדָם, גּוֹי וְנִמְצָא גֵּר תּוֹשָׁב. רָבָא אוֹמֵר: חַיָּיב, אוֹמֵר מוּתָּר קָרוֹב לְמֵזִיד הוּא. רַב חִסְדָּא אוֹמֵר: פָּטוּר, אוֹמֵר מוּתָּר אָנוּס הוּא.
Rava soulève une objection à l'avis de Rav Ḥisda à partir de ce qui est écrit au sujet d'Abimélec, roi de Guérar, qui avait pris Sara, l'épouse d'Abraham : « D.ieu vint à Abimélec, dans un songe de la nuit, et lui dit : Tu mourras à cause de la femme que tu as prise, car elle est une femme mariée » (Bereshit 20, 3). Lorsqu'Abimélec prit Sara, il pensait qu'elle était célibataire, Abraham ayant dit qu'elle était sa sœur. Malgré le fait qu'Abimélec était un « omer muttar », il était passible d'exécution pour son acte. Quoi, n'était-il pas passible d'exécution par un tribunal composé d'hommes, indiquant qu'un « omer muttar » est passible ?
אֵיתִיבֵיהּ רָבָא לְרַב חִסְדָּא: ״הִנְּךָ מֵת עַל הָאִשָּׁה אֲשֶׁר לָקַחְתָּ״. מַאי לָאו בִּידֵי אָדָם?
La Guemara rejette cette conclusion : non, cela signifie qu'il était passible d'exécution par la main du Ciel, mais non par un tribunal. La Guemara ajoute : le langage des versets est aussi précis à cet égard, car il est écrit : « Et Moi aussi, Je t'ai empêché de pécher contre Moi » (Bereshit 20, 6), indiquant qu'il s'agissait d'un péché vis-à-vis de D.ieu et non du ressort d'un tribunal d'hommes.
לָא, בִּידֵי שָׁמַיִם. דַּיְקָא נָמֵי, דִּכְתִיב: ״מֵחֲטוֹא לִי״.
La Guemara demande : et selon ton raisonnement, d'après la formulation du verset on conclurait qu'il s'agissait d'un péché exclusivement vis-à-vis de D.ieu — là où Joseph dit à la femme de Potiphar : « Et comment ferais-je ce grand mal, et pécherais contre D.ieu » (Bereshit 39, 9), pourrait-on aussi inférer qu'il s'agissait d'un péché vis-à-vis de D.ieu et non vis-à-vis de l'homme ? Joseph parle de l'adultère, punissable par exécution selon les lois noachides également. Plutôt, dans ce cas, cela signifie que bien qu'il ait commis un péché vis-à-vis de D.ieu, son jugement est remis au tribunal des hommes ; ici aussi, dans le verset sur Abimélec, on peut expliquer que bien qu'il ait commis un péché vis-à-vis de D.ieu, son jugement est remis au tribunal des hommes. Ce verset ne prouve rien quant au statut de celui qui dit qu'il est permis de transgresser.
וּלְטַעְמָיךְ, ״וְחָטָאתִי לֵאלֹהִים״ – לֵאלֹהִים וְלֹא לְאָדָם? אֶלָּא, דִּינוֹ מָסוּר לְאָדָם, הָכָא נָמֵי דִּינוֹ מָסוּר לָאָדָם.
Abaye soulève une objection à l'avis de Rava à partir de la réponse d'Abimélec : « Feras-Tu mourir aussi une nation juste ? » (Bereshit 20, 4). D.ieu semble accepter la prétention d'Abimélec, car Il ne l'a pas traité de méchant, indiquant qu'un « omer muttar » est un anouss. La Guemara rejette cette interprétation. Là, la raison du rejet de la prétention d'Abimélec est celle qu'on lui répondit du Ciel : « Et maintenant, rends la femme de cet homme, car il est prophète » (Bereshit 20, 7).
אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי לְרָבָא: ״הֲגוֹי גַּם צַדִּיק תַּהֲרֹג״! הָתָם כִּדְקָא מְהַדְּרִי עִלָּוֵיהּ: ״וְעַתָּה הָשֵׁב אֵשֶׁת הָאִישׁ כִּי נָבִיא הוּא״ –

Rachi

שאין בה שוה פרוטה - שאם יש בה תשלומי פרוטה משלם ואינו לוקה דילפינן בכתובות באלו נערות (כתובות דף לב:) בפירוש ריבתה תורה חובל בחבירו לתשלומין וכי אין בה שוה פרוטה לוקה שעבר על לא תוסיף פן יוסיף (דברים כה): ,ולא מקשינן הכאה לקללה - לומר שכשם שאינו לוקה על קללתו דכתיב בעמך כך לא ילקה על הכאתו ופלוגתא היא בסנהדרין דאיכא דמקיש ואיכא דלא מקיש:

חוץ מגר תושב - ומשמע דמתרוייהו ממעט ליה דלא הוא גולה ע"י הריגתו אלא נהרג ולא ישראל גולה עליו:,ל"ק כו' גר תושב שהרג גר תושב - גולה כדקתני בהדיא ורישא כשהרג את ישראל אינו גולה דלא סגי ליה בגלות:

לפיכך - אשבע מצות שנצטוו בני נח קאי וקיי"ל אזהרתן זו היא מיתתן לפיכך גר תושב או עובד כוכבים שהרגו נהרגין ואפי' בשוגג שאין בני נח צריכין התראה כדאמרינן בסנהדרין (דף נז.):,מה עובד כוכבים ל"ש קטל בר מיניה - עובד כוכבים כמותו:,לאו בר מיניה - ישראל:,אף גר תושב לא שנא קטן בר מיניה - גר תושב כמותו:,דלאו בר מיניה - ישראל:

באומר מותר - נהרג דלאו בר גלות הוא:

ואזדו לטעמייהו - רב חסדא דלא בעי לשנויי באומר מותר דקסבר אנוס הוא ורבא דאמר נהרג:,כסבור בהמה - ה"ז כאומר מותר שהיה לו ללמוד ואף זה היה לו לעיין ובגר תושב עסקינן:,חייב - מיתה:

מאי לאו בידי אדם - בדיני בני נח וזה אומר מותר היה כסבור אחות אברהם היא:

לאלהים ולא לאדם - והלא יודע שהיא אשת איש:

הגוי גם צדיק תהרוג - קס"ד שהודה לו הקב"ה אלמא אנוס הוא:,כדקא מהדרי ליה עילויה - לא הודה לדבריו שהשיב לו תשובה שחייב מיתה שאינו צדיק בדבר שהיה לו ללמוד דרך ארץ כדמפרש ואזיל:

Tossafot

אלמא גר תושב עובד כוכבים הוא. (אינו) מדקדק מדאתי למעוטי גר תושב לפי שאינו ממעט אלא גר תושב שהרג ישראל שאינו גולה אלא נהרג וכן ישראל שהרג גר תושב דפטור דכן מוכיח לשון מתני' דקתני הכל גולין ע"י ישראל וישראל ע"י כולן חוץ מגר תושב דלא הוי בכלל דהאי הכל דאין גולין ע"י ישראל וכן ישראל אינו גולה על ידו (אלא) קא סלקא דעתיה דכיון דישראל אינו גולה ע"י גר תושב ולא גר תושב ע"י ישראל אלמא גר תושב דינו כעובד כוכבים א"כ הוא הדין גר תושב לגר תושב מידי דהוה אעובד כוכבים לעובד כוכבים ולכך קאמר אימא סיפא וכו' ומשני רישא דוקא קאמר גר תושב לישראל אבל גר תושב לגר תושב לא וכדמייתי בתר הכי מקראי ובתוספ' ראיתי שדחק לפרש דמעיקרא סלקא דעתיה דגר תושב וישראל גולין זה ע"י זה וחוץ דגר תושב דקתני במתני' אתא למעוטי שאין גר תושב גולה ע"י הכל ולא הכל על ידו ולא ידענא מאי קאמר חדא דכל היכא דקתני חוץ וכו' קאי אכל מה דלעיל מיניה ואף את"ל דהאי חוץ אתי למעוטי דלא הוי בכלל ישראל לגלות ע"י הכל והכל על ידו (מ"מ קשה דהא לא קתני כללא גבי ישראל וחוץ משמע דאתי לאפוקי מכללא ועוד דגר תושב לאו בכלל ישראל הוא ואמאי איצטריך לאפוקי וע"ק דא"כ דס"ד מעיקרא דישראל וגר תושב גולין זה ע"י זה מאי קאמר אלמא עובד כוכבים הוא אי עובד כוכבים לא יגלה ישראל על ידו ולא הוא ע"י ישראל:

דרך עלייה דישראל פטור הוא נהרג. וא"ת אכתי לא הויא דומיא דעובד כוכבים דאפי' דרך ירידה נהרג וי"ל דמ"מ הוא דומיא דעובד כוכבים מה עובד כוכבים לא שנא בר מיניה ל"ש לאו בר מיניה כו' ובכך הוי סגי דומיא דעובד כוכבים בחדא מילתא:

אמר ליה רבא לא כ"ש הוא ומה דרך ירידה וכו'. וא"ת אדרבה היא הנותנת דרך ירידה ניתן לישראל לכפרה דסגי ליה בגלות אבל דרך עלייה לא ניתן לישראל לכפרה חמור הוא ואינו גולה דלא סגי בגלות דה"נ אמרינן ברפ"ק (לעיל מכות דף ב:) וי"ל דלית ליה האי טעמא דדרך עלייה לאו משום דלא סגי ליה בגלות אלא משום דקיל הוא ביותר מירידה דהוי אנוס ביותר והלכך לא מצי אמרת דחמור ביותר מירידה:

ואזדו לטעמייהו. רב חסדא דמוקי לה דרך עלייה ואז נהרג ולא מוקי לה באומר מותר משום דס"ל דאומר מותר אנוס הוא ולא מיקטל ורבא אית ליה איפכא דדרך עלייה לא מיקטל. אבל אומר מותר מיקטל דהיה לו ללמוד ולא למד:,כסבור בהמה ונמצא אדם. רבא אמר חייב דהיה לו לעיין אם אדם אם בהמה. וא"נ אומר מותר היה לו ללמוד וצ"ל שנמצא אדם גר תושב מדקאמר ונמצא גר תושב וכן הא דקאמר חייב איירי בגר תושב דאי בישראל לא מיחייב אגר תושב ועוד דאי בישראל א"כ חייב דקאמר רבא חייב גלות קאמר וזה אינו דהא לעיל ממעטינן אומר מותר מגלות אלא על כרחך מיירי שההורג נמי גר תושב ורבא דאמר חייב חייב מיתה קאמר:,דאומר מותר קרוב למזיד הוא. פי' משום דהיה לו ללמוד והכא נמי היה לו לעיין:,ורב חסדא אומר פטור דאומר מותר אנוס הוא. וא״ת רב חסדא היכי מתרץ ברייתא דלעיל (מכות דף ז:) דקתני פרט למזיד ואוקימנא דר״ל לאומר מותר ולדידיה הא אומר מותר לא הוי מזיד וי״ל דרב חסדא סבר דמ״מ קרי ליה מזיד משום דבמזיד נהרג שיודע בטוב שהוא הורגו וא״ת דבריש פירקין (מכות דף ז:) אמרינן בבלי דעת פרט למתכוין לבהמה והרג לאדם ולמה לי קרא תיפוק ליה משום דחשיב אומר מותר כדמשמע הכא ואומר מותר הוינא ממעט מבשגגה וי״ל דלעיל מיירי כגון דאיכא בהמה ואדם לפניו ונתכוין לבהמה והרג אדם אבל הכא שלאותו דבר שנתכוין נמצא שהוא אדם ומשום הכי קאמר רבא שהוא קרוב למזיד:

אלא דינו מסור לאדם וכו'. לפי הגי' ה"פ אלא אע"ג דכתיב וחטאתי לאלהים מ"מ הוי דינו מסור לאדם פי' חייב בדיני אדם וקשה דלישנא לא משמע הכי לכן נראה כאידך גירסא אלא דינו מסור לשמים וכו' פי' אלא לכך נקט וחטאתי לאלהים דאע"ג דחייב אף בדיני אדם משום דדינו היה מסור לשמים לפי שלא היו שם עדים הלכך אין דינו מסור אלא לשמים ה"נ דכתיב מחטוא לי היינו דדינו מסור לשמים ולא לאדם לפי שלא. ידע מעולם שהיא אשת איש ולעולם חייב בדיני אדם. כך נראה למשי"ח:

התם כדאהדרו ליה. שלא היה צדיק כדמסיק ואזיל השב אשת האיש כי נביא הוא דה"ל ללמוד ורב חסדא לית ליה האי דרשא דכי נביא הוא אבל ליכא לפרושי דאהדרו ליה דכתיב ואם אינך משיב דע כי מות תמות שאחרי שהודיעו שהיא אשת איש א"ל הכי ומ"מ י"ל מדאיצטריך לומר לו כן ש"מ שהיה אומר לו שכך דינו גם למי שטעה לפי שהיה לו ללמוד ולא למד והא דקאמר אשת נביא הוא וכו' מילתא באפי נפשיה היא ולא משנויא הוא כמו לפירוש הקונט' והא דמסיק דהיה לו ללמוד כו' מיתוקמא שפיר גם כרב חסדא דמדרך ארץ יש לו ללמוד ומיהו נמי ניחא לשיטת קונטרס:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Makkot 9a
100%
מכות ט׳ אמַסֶּכֶת מַכּוֹת