Mishna 1
MICHNA : Il y avait deux témoins observant quelqu'un commettre une transgression passible de mort par cette fenêtre dans une maison, et deux l'observant par cette fenêtre dans une maison, et une personne avertissait [matreh] le transgresseur au milieu, entre les deux groupes de témoins — la halakha dépend des circonstances. Lorsque certains témoins observant des fenêtres différentes se voient mutuellement, le témoignage de tous ces témoins constitue un seul témoignage ; s'ils ne se voient pas, le témoignage de ces témoins constitue deux témoignages indépendants. Par conséquent, comme deux groupes indépendants : si l'un des groupes s'avère comploteur, tandis que le témoignage de l'autre groupe reste valide, lui — celui accusé de la transgression capitale — et eux — les comploteurs — sont exécutés, et le second groupe, dont le témoignage est resté valide, est exempt.
מַתְנִי׳ הָיוּ שְׁנַיִם רוֹאִין אוֹתוֹ, מֵחַלּוֹן זֶה, וּשְׁנַיִם רוֹאִין אוֹתוֹ מֵחַלּוֹן זֶה, וְאֶחָד מַתְרֶה בּוֹ בָּאֶמְצַע, בִּזְמַן שֶׁמִּקְצָתָן רוֹאִין אֵלּוּ אֶת אֵלּוּ – הֲרֵי אֵלּוּ עֵדוּת אַחַת, וְאִם לָאו – הֲרֵי אֵלּוּ שְׁתֵּי עֵדֻיוֹת. לְפִיכָךְ, אִם נִמְצֵאת אַחַת מֵהֶן זוֹמֶמֶת – הוּא וָהֵן נֶהֱרָגִין, וְהַשְּׁנִיָּה פְּטוּרָה.(משנה)
Rabbi Yossei dit : on n'exécute jamais les transgresseurs à moins que ses deux témoins soient ceux qui l'ont averti, ainsi qu'il est énoncé : « Sur la déposition de deux témoins… celui qui doit mourir mourra » (Devarim 17, 6) — d'où l'on déduit que c'est de la bouche des deux témoins que l'accusé doit être averti, et qu'un avertissement émis par quelqu'un d'autre est insuffisant. Alternativement, de la formule « sur la déposition de deux témoins » on déduit que les juges doivent entendre le témoignage directement des témoins, et que la Sanhédrin n'entendra pas de témoignage de la bouche d'un interprète [tourgeman].
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לְעוֹלָם אֵין נֶהֱרָגִין עַד שֶׁיְּהוּ שְׁנֵי עֵדָיו מַתְרִין בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר ״עַל פִּי שְׁנַיִם עֵדִים״. דָּבָר אַחֵר: ״עַל פִּי שְׁנַיִם עֵדִים״ – שֶׁלֹּא תְּהֵא סַנְהֶדְרִין שׁוֹמַעַת מִפִּי הַתּוּרְגְּמָן.
Guémara
GUEMARA : Rav Zutra bar Tuvya dit que Rav dit : d'où déduit-on qu'un témoignage disjoint [edut meyuchedet] — chaque témoin ayant vu l'incident indépendamment de l'autre — n'est pas valide ? Cela se déduit d'un verset, ainsi qu'il est énoncé : « Il ne mourra pas sur la déposition d'un seul témoin » (Devarim 17, 6). L'exposition est la suivante : que signifie « un seul témoin » ? Si l'on dit qu'il signifie un seul témoin au sens littéral, nous l'apprenons déjà de la première partie du verset : « Sur la déposition de deux témoins », indiquant que le témoignage de moins de deux témoins n'est pas valide. Plutôt, que signifie « un seul témoin » ? Il signifie que l'accusé n'est pas exécuté sur la base du témoignage de personnes ayant vu l'incident — un témoin ici et un témoin ailleurs.
גְּמָ׳ אָמַר רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּא אָמַר רַב: מִנַּיִן לְעֵדוּת מְיוּחֶדֶת שֶׁהִיא פְּסוּלָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יוּמַת עַל פִּי עֵד אֶחָד״. מַאי אֶחָד? אִילֵּימָא עֵד אֶחָד מַמָּשׁ – מֵרֵישָׁא שָׁמְעִינַן לָהּ, ״עַל פִּי שְׁנַיִם עֵדִים״! אֶלָּא מַאי ״אֶחָד״? אֶחָד אֶחָד.
Il est aussi enseigné dans une baraita : « Il ne mourra pas sur la déposition d'un seul témoin » — d'où l'on déduit la halakha que, dans le cas de deux témoins observant quelqu'un commettre une transgression capitale, l'un par cette fenêtre et l'autre par cette fenêtre, et ne se voyant pas, ils ne se joignent pas pour constituer un groupe de témoins. Et de plus, même s'ils ont assisté à la même transgression du même point de vue, en observant l'incident non simultanément mais l'un après l'autre dans une fenêtre, ils ne se joignent pas pour constituer un groupe de témoins.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״לֹא יוּמַת עַל פִּי עֵד אֶחָד״, לְהָבִיא שְׁנַיִם שֶׁרוֹאִים אוֹתוֹ אֶחָד מֵחַלּוֹן זֶה וְאֶחָד מֵחַלּוֹן זֶה, וְאֵין רוֹאִין זֶה אֶת זֶה, שֶׁאֵין מִצְטָרְפִין. וְלֹא עוֹד אֶלָּא אֲפִילּוּ בְּזֶה אַחַר זֶה בְּחַלּוֹן אֶחָד – אֵין מִצְטָרְפִין.
Rav Pappa dit à Abaye : pourquoi est-il nécessaire de mentionner les deux cas ? Or, dans le cas où un témoin voit l'incident par cette fenêtre et un autre par cette fenêtre — où ce témoin voit l'incident entier et cet autre voit l'incident entier —, tu dis qu'ils ne se joignent pas pour témoigner ensemble comme deux témoins ; s'ils voient l'incident l'un après l'autre, où ce témoin voit la moitié de l'incident et cet autre voit l'autre moitié, faut-il le dire ? Abaye lui répond : il est nécessaire d'énoncer cette halakha seulement pour un cas où ils ont vu quelqu'un commettre un acte de relations sexuelles avec un parent interdit [boel et haervah] — acte continu — et chacun des témoins a vu un comportement suffisant pour rendre le transgresseur redevable. Le tanna de la baraita enseigne que même dans ce cas, ils ne se joignent pas pour constituer un groupe de témoins.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: הַשְׁתָּא, וּמָה אֶחָד מֵחַלּוֹן זֶה וְאֶחָד מֵחַלּוֹן זֶה, דְּהַאי קָא חָזֵי כּוּלּוֹ מַעֲשֶׂה, וְהַאי קָא חָזֵי כּוּלּוֹ מַעֲשֶׂה – אָמְרַתְּ לָא מִצְטָרְפִי, בְּזֶה אַחַר זֶה, דְּהַאי חָזֵי פַּלְגָא דְמַעֲשֶׂה וְהַאי חָזֵי פַּלְגָא דְמַעֲשֶׂה, מִיבַּעְיָא? אֲמַר לֵיהּ: לֹא נִצְרְכָא אֶלָּא לְבוֹעֵל אֶת הָעֶרְוָה.
À propos de témoins se joignant pour constituer un groupe, Rava dit : même si le témoin dans chaque fenêtre ne peut pas voir le témoin dans l'autre fenêtre, si le témoin dans chaque fenêtre voit celui qui avertit l'accusé, ou si celui qui avertit l'accusé pouvait voir les deux témoins disjoints, ils se joignent pour constituer un groupe de témoins. Rava dit : celui qui avertit l'accusé dont parlent les Sages n'a pas besoin d'être un troisième témoin ; même si la victime avertit le meurtrier de sa propre bouche, et même si l'avertissement est sorti de la bouche d'un démon [sheid] — c'est-à-dire que la source de l'avertissement est inconnue —, l'avertissement est légitime.
אָמַר רָבָא: אִם הָיוּ רוֹאִין אֶת הַמַּתְרֶה, אוֹ הַמַּתְרֶה רוֹאֶה אוֹתָן – מִצְטָרְפִין. אָמַר רָבָא: מַתְרֶה שֶׁאָמְרוּ, אֲפִילּוּ מִפִּי עַצְמוֹ, וַאֲפִילּוּ מִפִּי הַשֵּׁד.
Rav Naḥman dit : le témoignage disjoint de deux témoins, chacun ayant observé un incident indépendamment de l'autre, est valide dans les affaires pécuniaires, car il est écrit : « Il ne mourra pas sur la déposition d'un seul témoin » (Devarim 17, 6). Cela indique que c'est seulement pour les affaires capitales que le témoignage disjoint n'est pas valide, mais pour les affaires pécuniaires ce témoignage est valide.
אָמַר רַב נַחְמָן: עֵדוּת מְיוּחֶדֶת כְּשֵׁירָה בְּדִינֵי מָמוֹנוֹת, דִּכְתִיב: ״לֹא יוּמַת עַל פִּי עֵד אֶחָד״ – בְּדִינֵי נְפָשׁוֹת הוּא דְּאֵין כְּשֵׁירָה, אֲבָל בְּדִינֵי מָמוֹנוֹת – כְּשֵׁירָה.
Rav Zutra conteste : mais si c'est ainsi, et que le témoignage disjoint est efficace dans certains cas, en matière capitelle le témoignage disjoint devrait épargner l'accusé de l'exécution. Puisqu'il faut exploiter toute voie possible pour empêcher les exécutions, dans un cas où certains témoins disjoints ont été rendus comploteurs, tout le témoignage devrait être annulé à cause d'eux. Pourquoi, alors, avons-nous appris dans la Michna que si un groupe a vu la transgression capitelle par une fenêtre et un autre par l'autre fenêtre, et qu'un groupe s'avère comploteur, lui — l'accusé — et eux — les comploteurs — sont exécutés ? La Guemara commente : en effet, c'est difficile selon Rav Naḥman.
מַתְקֵיף לַהּ רַב זוּטְרָא: אֶלָּא מֵעַתָּה בְּדִינֵי נְפָשׁוֹת תַּצִּיל! אַלְּמָה תְּנַן ״הוּא וָהֵן נֶהֱרָגִין״? קַשְׁיָא.
La Michna enseigne que Rabbi Yossei dit : on n'exécute jamais les transgresseurs à moins que ses deux témoins soient ceux qui l'ont averti. Rav Pappa dit à Abaye : Rabbi Yossei partage-t-il cette opinion — que l'avertissement par les témoins est indispensable ? Mais n'avons-nous pas appris dans une Michna (9b) : Rabbi Yossei dit : un ennemi [sone] qui commet un meurtre ne peut pas prétendre avoir tué la victime involontairement ; il est plutôt exécuté même s'il n'y a pas eu d'avertissement, car son statut halakhique est celui de quelqu'un qui est averti et prévenu [muad u-mutreh]. Apparemment, Rabbi Yossei n'exige pas toujours qu'il y ait un avertissement.
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר וְכוּ׳. אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: וּמִי אִית לֵיהּ לְרַבִּי יוֹסֵי הַאי סְבָרָא? וְהָתְנַן רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: הַשּׂוֹנֵא – נֶהֱרָג, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כְּמוּעָד וּמוּתְרֶה.
Abaye lui répond : cette déclaration de la Michna que tu cites, attribuée à Rabbi Yossei, est en réalité l'opinion de Rabbi Yossei bar Yehouda, comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yossei bar Yehouda dit : un ḥaver [érudit de la Torah] n'a pas besoin d'avertissement [hatarah], car l'avertissement n'a été institué que pour distinguer entre celui qui commet une transgression involontairement et celui qui le fait intentionnellement. Un ḥaver, érudit de la Torah, n'a pas besoin d'avertissement pour les distinguer. Rabbi Yossei ben Ḥalafta, dont l'opinion est citée ici dans la Michna, est d'avis que l'avertissement est un prérequis nécessaire pour exécuter quelqu'un jugé redevable, et que l'avertissement doit être émis par les témoins.
אֲמַר לֵיהּ: הָהוּא – רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה הִיא. דְּתַנְיָא: רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: חָבֵר אֵין צָרִיךְ הַתְרָאָה, לְפִי שֶׁלֹּא נִיתְּנָה הַתְרָאָה אֶלָּא לְהַבְחִין בֵּין שׁוֹגֵג לְמֵזִיד.
Alternativement : « sur la déposition de deux témoins » — on déduit que la Sanhédrin n'entendra pas de témoignage de la bouche d'un interprète. La Guemara relate : certains gens parlant une langue étrangère vinrent devant Rava pour jugement. Rava installa un interprète entre eux et entendit le témoignage par l'interprète. La Guemara demande : et comment a-t-il pu faire cela ? Mais n'avons-nous pas appris dans la Michna que la Sanhédrin n'entendra pas de témoignage de la bouche d'un interprète ? La Guemara répond : Rava savait ce qu'ils disaient, car il comprenait leur langue, mais il ne savait pas comment leur répondre dans leur langue. Il posait des questions par l'interprète mais comprenait les réponses lui-même, comme l'exige la Michna.
דָּבָר אַחֵר: ״עַל פִּי שְׁנַיִם עֵדִים״ – שֶׁלֹּא תְּהֵא סַנְהֶדְרִין שׁוֹמַעַת מִפִּי הַתּוּרְגְּמָן. הָנְהוּ לָעוֹזֵי דַּאֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אוֹקִי רָבָא תּוּרְגְּמָן בֵּינַיְיהוּ. וְהֵיכִי עֲבִיד הָכִי? וְהָתְנַן: שֶׁלֹּא תְּהֵא סַנְהֶדְרִין שׁוֹמַעַת מִפִּי הַתּוּרְגְּמָן! רָבָא מִידָּע הֲוָה יָדַע מָה דַּהֲווֹ אָמְרִי, וְאַהְדּוֹרֵי הוּא דְּלָא הֲוָה יָדַע.
Rachi
מתני' הרי אלו עדות אחת - ואם הוזם אחד מהם (או שנים) ולא הוזמו כולן אין נהרגין:
שלא תהא סנהדרין שומעת - עדות העדים מפי התורגמן צריכין הדיינין שיהיו מכירין בלשון העדים ולא שיעמדו מליץ בינותם:
גמ' עדות מיוחדת - אחד רואה אותו מחלון זה ואחד רואה מחלון זה ואינן רואין זה את זה:
לבועל את הערוה - שיש די בראיית כל אחד ואפ"ה לא מצטרפו:
מפי עצמו - ההרוג עצמו התרה בו:
אלא מעתה - דכשרים בעלמא ומצטרפי:,בדיני נפשות - כששנים רואין מחלון זה ושנים מחלון זה והוזמה כת האחת תצטרף עדות זו להיות כולם ככת אחת להציל את הזוממין ואת הנדון שתהא עדותן בטלה כיון דבעלמא מצטרפת יש טעם כאן להצילו ורחמנא אמר והצילו העדה:
ומי אית ליה לרבי יוסי - התראה כלל:,והתנן רבי יוסי אומר השונא - שאמר בשוגג הרגתי נהרג מפני שהוא כמועד ומותרה:
לעוזי - בעלי לשון אחרת שאין הדיינין מכירין בה:
Tossafot
היו שנים רואים אותו מחלון זה ושנים מחלון זה וכו'. ולא גרסי' במתני' אחד בחלון זה וכו':,ואחד מתרה באמצע. תימה ואמאי הוצרך לומר ואחד מתרה שאין מן העדים ויש מפרשים דנקטיה משום רישא דקתני רואין אלו את אלו ומסתמא היינו ע"י המתרה שאומר לעדים לאלו ואלו ראו את המעשה הרע שזה עשה ונראה למשי"ח דנקטיה לאפוקי מדרבי יוסי דאמר בסיפא אינו חייב עד שיהו פי שנים עדים מתרין בו:,שמקצתן רואין אלו את אלו. מצטרפין יחד אף אותם שאין רואים:,הרי אלו עדות אחת. שאם נמצא אחד מהן קרוב או פסול עדות כולם בטלה וכן שאם נמצא אחת מהן זוממת אין נהרגין עד שיזומו כולם ובטלין נמי עדות כולם בהזמה אחת מהן דהזמה הוי כנמצא אחד מהן קרוב או פסול:,הוא והן נהרגים. הן נהרגים אע"פ שלא הוזמו כת שניה כיון שהוזמו הן הוא נהרג משום כת שניה דלא בטלה עדות כת שניה בהזמת הראשונה כיון דהוי שתי עדיות יש מפרשים שצריך שתהא כל כת וכת רואה המתרה או המתרה רואה אותן אז מצטרף המתרה לזו ולזו דאם לא כן אין המתרה מצטרף עמהן ולא יהרג על פיהם דלעולם אינו נהרג אא"כ המתרה מעדות שבאין לחייבו והא דקתני נמי נמצא אחת מהן זוממת שהוזם גם המתרה עמהם דהא מעדותן הוא כדפרישית ומ"מ הוו השתי כתות שתי עדיות כיון שאין כת זו רואה את זו וקשה למשי"ח מאי קאמר דאדרבה לא מיתוקמא מתני' אלא כשאין רואין המתרה וכן אין המתרה רואה אותן דאי רואין המתרה או המתרה רואה אותם הוו השתי כתות עדות אחת אע"פ שאין רואין זה את זה דהמתרה מצרפן כדקתני רישא בזמן שמקצתן רואין אלו את אלו אלמא לא בעינן שיהא כל השנים שמכאן רואין את אלו מכאן אלא בחד סגי ועוד קשה לפי' דצריך שיהא המתרה מעדותן הא אמרינן בגמ' מתרה שאמרו אפי' מפי עצמו אפי' מפי שד ואז ודאי לא הוי המתרה מעדותן כלל לכן נראה דודאי מיירי כשאין רואין המתרה ולא המתרה רואה אותם אלא שמעו המתרה שמתרה כן ובכן סגי דהא קיימינן לרבנן דפליגי ארבי יוסי דבסמוך ולא בעו פי שנים עדים מתרין בו כמו רבי יוסי:
לעדות מיוחדת שהוא פסול. פי' אחד מחלון זה ואחד מחלון זה ומילתא באפי נפשה היא ולא קאי אמתני' ולא מיירי בהכי:
תניא נמי הכי וכו'. מייתי תניא נמי הכי דמלא יומת על פי עד אחד נפקא דאילו עיקרא דמילתא שמענו ממתניתין דנהי דמתניתין לא איירי באחד מחלון זה מ"מ מדאשמעינן בשתי כתות דחשבינן שתי עדיות כשאין רואין אלו את אלו מינה שמעינן דה"ה בכת אחת מכל מקום נראה יותר לפרש דעיקר מילתא מייתי דאי ממתניתין הוה אמינא דוקא בשתי כתות דכל חדא חשיב עדות באפי נפשה אבל בכת אחת מצטרפי שפיר וכן נראה דיותר דוחק לומר דלא מייתי תניא נמי הכי רק הפסוק כיון דליכא מאן דפליג עליה. כן נראה למשי"ח:
אמר רבא אם הן רואין את המתרה או המתרה וכו'. מכאן מייתי המפרש ראיה במתניתין גבי סיפא דקתני הרי אלו שתי עדיות דמכל מקום מיירי שהן רואין המתרה כדפרישי' ולאו מילתא היא דהכא אעדות מיוחדת דברייתא קאי דקתני אחד מחלון זה וכו' שאין מצטרפין ועלה קאמר דאם העד מכאן [והעד מכאן] רואין המתרה או המתרה רואה אותן מצטרפין להיות עדות אחת גבי העד שמכאן והעד שמכאן אע"פ שאין רואין אלו את אלו דהמתרה מצרפן כמו מקצתן רואין אלו את אלו דמתניתין ותדע דאעדות מיוחדת דברייתא קאי דאי אמתניתין קאי דקתני הרי אלו שתי עדיות כדפירשתי אם כן הוה ליה למימר ואם לאו אין מצטרפין שזהו עיקר החידוש:,או מתרה רואה אותן מצטרפין. פירוש על פיהם נהרג דלא חשיבא עדות מיוחדת ואם תאמר והיכי מהימני ליה למתרה לומר שראה אותן להרוג את זה דבשלמא כשרואין המתרה הרי הן שנים אבל מתרה רואה אותן קשיא ויש לומר דמיירי שיש עדים שמעידין שהמתרה רואה אותן אך לא ראו המעשה אותן העדים:
בדיני נפשות הוא דלא כשירה הא בדיני ממונות כשירה. הקשה רבינו אברהם מאורליינ"ש דהא קרובים נפקא לן (סנהדרין כז:) דפסולין מלא יומתו אבות על בנים ודיני ממונות גמרינן מיניה (שם כח.) דכתיב משפט אחד יהיה לכם א"כ ה"נ נילף ממונות מנפשות להך מילתא דעדות מיוחדת ונראה דעל כרחך האי קרא לאו בדיני ממונות קאי דעד אחד מועיל לממון דלשבועה מיהא איתיה:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.