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Traité Makkot

4b

Étude de Makkot 4b

Étude de la Guémara 4b

Guémara
GUEMARA : Pour le débat initial entre Rabbi Meïr et les Sages sur la question de savoir si des témoins comploteurs paient et reçoivent des coups, la Guemara demande : selon les Sages, c'est clair — il est écrit : « selon la mesure de sa méchanceté » (Devarim 25, 2), à propos de celui qui était passible de coups. De « selon la mesure de sa méchanceté », on déduit qu'à propos d'un individu qui commet une seule transgression : pour une seule faute tu peux le rendre passible, mais tu ne peux pas le rendre passible pour deux fautes — on ne peut recevoir deux châtiments pour un même acte. Mais selon Rabbi Meïr, quelle est la raison pour laquelle il est châtié deux fois pour une seule transgression ?
גְּמָ׳ בִּשְׁלָמָא לְרַבָּנַן. ״כְּדֵי רִשְׁעָתוֹ״ כְּתִיב, מִשּׁוּם רִשְׁעָה אַחַת אַתָּה מְחַיְּיבוֹ וְאִי אַתָּה מְחַיְּיבוֹ מִשּׁוּם שְׁתֵּי רִשְׁעָיוֹת. אֶלָּא רַבִּי מֵאִיר מַאי טַעְמָא?
Oula dit : Rabbi Meïr a déduit cette halakha du cas du diffamateur [motzi chem ra, celui qui accuse sa femme de ne pas avoir été vierge au mariage]. Comme le diffamateur est flagellé et paie — il est écrit : « ils le châtieront et l'amenderont de cent sicles d'argent » (Devarim 22, 18-19) — de même, quiconque commet une transgression passible à la fois de coups et de paiement est flagellé et paie. La Guemara questionne cette déduction : en quoi le diffamateur est-il notable ? En ce que son paiement est un knas [amende fixée par la Torah]. Comment déduire la halakha des témoins comploteurs, dont le paiement est une restitution pécuniaire, de là ? La Guemara répond : Rabbi Meïr se range selon Rabbi Akiva, qui dit : le paiement des témoins comploteurs est un knas.
אָמַר עוּלָּא: גָּמַר מִמּוֹצִיא שֵׁם רַע. מָה מוֹצִיא שֵׁם רַע – לוֹקֶה וּמְשַׁלֵּם, אַף כֹּל – לוֹקֶה וּמְשַׁלֵּם. מָה לְמוֹצִיא שֵׁם רַע, שֶׁכֵּן קְנָס! סָבַר לַהּ כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּאָמַר: עֵדִים זוֹמְמִין – קְנָסָא הוּא.
La Guemara commente : certains enseignent cette déclaration d'Oula à propos de ce qui est enseigné dans une baraita : à propos de la Pâque, il est dit : « vous n'en laisserez rien jusqu'au matin ; ce qui en restera jusqu'au matin, vous le brûlerez au feu » (Chémot 12, 10). Le verset vient placer un commandement positif après une interdiction — « vous n'en laisserez rien » — pour dire que l'on ne reçoit pas de coups pour sa violation ; telle est l'opinion de Rabbi Yehouda. C'est une interdiction dont la transgression entraîne l'accomplissement d'un commandement positif [lav haba be'asé], où le commandement positif répare la violation de l'interdiction, et aucun coup n'est administré.
אִיכָּא דְּמַתְנֵי לְהָא דְּעוּלָּא אַהָא דְּתַנְיָא: ״לֹא תוֹתִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר וְהַנֹּתָר מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר, וְגוֹ׳״ – בָּא הַכָּתוּב לִיתֵּן עֲשֵׂה אַחַר לֹא תַעֲשֶׂה, לוֹמַר שֶׁאֵין לוֹקִין עָלָיו, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
Rabbi Akiva dit : ce n'est pas pour cette raison ; c'est parce que cette interdiction — « vous n'en laisserez rien » — est un lav she'ein bo ma'ase [interdiction sans acte], car on la viole par l'inaction, et pour toute interdiction sans acte, on ne reçoit pas de coups. On déduit que Rabbi Yehouda est d'avis qu'en principe, pour une interdiction sans acte, on reçoit des coups. D'où Rabbi Yehouda tire-t-il cela ?
רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: לֹא מִן הַשֵּׁם הוּא זֶה, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּהָוֵה לֵיהּ לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה, וְכׇל לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה אֵין לוֹקִין עָלָיו. מִכְּלָל דְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה לוֹקִין עָלָיו, מְנָא לֵיהּ?
Oula dit : Rabbi Yehouda a déduit cette halakha du diffamateur : comme le diffamateur viole une interdiction sans acte — il ne s'agit que de parole — et l'on reçoit des coups pour sa violation, de même pour toute interdiction sans acte, on reçoit des coups. La Guemara questionne : en quoi le diffamateur est-il notable ? En ce qu'il est flagellé et paie pour une seule interdiction. À cause de cette sévérité, on ne peut pas déduire d'autres interdictions moins sévères de son cas.
אָמַר עוּלָּא: גָּמַר מִמּוֹצִיא שֵׁם רַע. מָה מוֹצִיא שֵׁם רַע לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה – לוֹקִין עָלָיו, אַף כׇּל לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה – לוֹקִין עָלָיו. מָה לְמוֹצִיא שֵׁם רַע, שֶׁכֵּן לוֹקֶה וּמְשַׁלֵּם!
Plutôt, Reish Lakish dit : Rabbi Yehouda déduit ce principe du cas des témoins comploteurs. Comme les témoins comploteurs violent une interdiction sans acte et l'on reçoit des coups pour sa violation, de même pour toute interdiction sans acte, on reçoit des coups. La Guemara questionne : en quoi les témoins comploteurs sont-ils notables ? En ce qu'ils n'ont pas besoin d'avertissement préalable [hatra'ah] pour être châtiés — exception au principe selon lequel un châtiment corporel n'est administré qu'après avertissement.
אֶלָּא אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: גָּמַר מֵעֵדִים זוֹמְמִין. מָה עֵדִים זוֹמְמִין לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה – לוֹקִין עָלָיו, אַף כׇּל לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה – לוֹקִין עָלָיו. מָה לְעֵדִים זוֹמְמִין, שֶׁכֵּן אֵין צְרִיכִין הַתְרָאָה!
La Guemara répond : le cas du diffamateur prouvera que l'absence d'avertissement n'est pas un facteur décisif, car le diffamateur a besoin d'avertissement et néanmoins est flagellé pour une interdiction sans acte. Et l'inférence revient à son point de départ : la caractéristique de ce cas n'est pas comme celle de l'autre, et celle de l'autre n'est pas comme celle de ce cas. Leur point commun est qu'il s'agit dans les deux cas d'une interdiction sans acte et que l'on reçoit des coups pour sa violation. De même, pour toute interdiction sans acte, on reçoit des coups.
מוֹצִיא שֵׁם רַע יוֹכִיחַ. וְחָזַר הַדִּין: לֹא רְאִי זֶה כִּרְאִי זֶה, וְלֹא רְאִי זֶה כִּרְאִי זֶה. הַצַּד הַשָּׁוֶה שֶׁבָּהֶן – לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה וְלוֹקִין עָלָיו, אַף כׇּל לָאו שֶׁאֵין בּוֹ מַעֲשֶׂה לוֹקִין עָלָיו.
La Guemara questionne cette déduction : en quoi leur point commun est-il notable ? Ils le sont en ce que dans les deux cas le paiement est un knas — on ne peut donc pas en déduire d'autres interdictions moins sévères. La Guemara répond : ce n'est pas difficile ; Rabbi Yehouda ne se range pas selon Rabbi Akiva [qui tient le paiement des comploteurs pour un knas]. À son avis, ce n'est donc pas un point commun.
מָה לְהַצַּד הַשָּׁוֶה שֶׁבָּהֶן, שֶׁכֵּן קְנָס! הָא לָא קַשְׁיָא: רַבִּי יְהוּדָה לָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי עֲקִיבָא.
Plutôt, la Guemara propose une autre réfutation : en quoi leur point commun est-il notable ? Ils le sont en ce que les cas du diffamateur et des témoins comploteurs contiennent tous deux un aspect sévère — on ne peut donc pas en déduire d'autres interdictions moins sévères. La sévérité du diffamateur : il est à la fois flagellé et paie ; celle des comploteurs : ils n'ont pas besoin d'avertissement. La Guemara répond : Rabbi Yehouda ne réfute pas une déduction par point commun au motif que chaque cas contient une sévérité différente. Le simple fait qu'il y ait une sévérité dans chaque cas ne constitue pas un point commun.
אֶלָּא: מָה לְהַצַּד הַשָּׁוֶה שֶׁבָּהֶן, שֶׁכֵּן יֵשׁ בָּהֶן צַד חָמוּר! וְרַבִּי יְהוּדָה? צַד חָמוּר לָא פָּרֵיךְ.
Et les Sages, quant au débat entre Rabbi Meïr et les Sages dans le cas de témoins comploteurs qui témoignent qu'autrui est passible de coups — Rabbi Meïr tient qu'ils reçoivent quatre-vingts coups : quarante pour « tu ne porteras pas un faux témoignage contre ton prochain » (Chémot 20, 13), et quarante pour « tu leur feras comme ils ont comploté de faire » (Devarim 19, 19). Les Sages disent : ils ne reçoivent que quarante coups, en vertu du verset « tu leur feras comme ils ont comploté de faire ». La Guemara demande : et les Sages, quant à ce verset « tu ne porteras pas un faux témoignage contre ton prochain », qu'en déduisent-ils, si l'on n'est pas flagellé pour sa violation ?
וְרַבָּנַן, הַאי ״לֹא תַעֲנֶה בְרֵעֲךָ עֵד שָׁקֶר״ מַאי דָּרְשִׁי בֵּיהּ?
La Guemara répond : ils en ont besoin comme interdiction [azhara] à l'encontre des témoins comploteurs. Chaque châtiment énuméré dans la Torah, y compris celui des comploteurs, est accompagné d'un verset interdisant explicitement l'acte qui entraîne le châtiment. La Guemara demande : et Rabbi Meïr, qui tient que les comploteurs sont flagellés pour violation de cette interdiction, d'où tire-t-il l'interdiction pour les comploteurs ? Rabbi Yirmiya dit : il la déduit du verset écrit dans le contexte des comploteurs : « et ceux qui resteront entendront, craindront et n'ajouteront plus à commettre un tel mal au milieu de toi » (Devarim 19, 20). Le verset avertit que les comploteurs ne doivent pas poursuivre leur conduite coupable.
הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְאַזְהָרָה לְעֵדִים זוֹמְמִין. וְרַבִּי מֵאִיר, אַזְהָרָה לְעֵדִים זוֹמְמִין מְנָא לֵיהּ? אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: נָפְקָא לֵיהּ מִ״וְּהַנִּשְׁאָרִים יִשְׁמְעוּ וְיִרָאוּ וְלֹא יֹסִיפוּ עוֹד״.
La Guemara demande : et les Sages, qu'en déduisent-ils de ce verset ? La Guemara répond : selon les Sages, ce verset est nécessaire pour enseigner que les autres témoins entendront et craindront, afin que la punition des comploteurs serve d'exemple dissuasif — et non comme source d'interdiction, puisque l'azhara leur est déjà fournie par « tu ne porteras pas un faux témoignage ».
וְרַבָּנַן? הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ

Rachi

גמ' מוציא שם רע - לא מצאתי לבתך בתולים:,לוקה ומשלם - דכתיב (דברים כ״ב:י״ח-י״ט) ויסרו אותו וענשו אותו ואמרי' בכתובות (דף מו.) ויסרו זה מלקות וילפינן לה מקראי:,שכן קנס - וכל קנס חידוש הוא ומחידוש לא ילפינן לממונא:

איכא דמתני לה - להא דעולא:,לומר שאין לוקין עליו - שהעשה האמור אחריו תקנתו וכפרתו על עבירת הלאו:

לא מן השם הוא זה - אין טעם זה עיקר דלאו שניתק לעשה אין לוקין עליו אלא מפני מה המותיר אינו לוקה לפי שהוא לאו שאין בו מעשה:

גמר מעדים זוממין מה עדים זוממין לאו שאין בו מעשה ולוקין - עדים זוממין לוקין על דיבורם בעדי בן גרושה ובן חלוצה: עדים זוממין אין צריכין התראה בכתובות אמרינן טעמא באלו נערות (דף לג.) נתרי בהו אימת כו' אבל כל שאר עונשין בב"ד של מטה צריכין התראה:

צד חמור לא פריך - הואיל וחומרו של זה אינו חומרו של זה אין טעם המלקות תלוי בו:

לאזהרה לעדים זוממין - לענשן בדין הזמה ולא ניתן לעונש מלקות אלא שלא היה לו לענשן בדין הזמה אלא א"כ הזהיר:,והנשארים ישמעו ויראו ולא יוסיפו לעשות - הרי אזהרה בפרשת עדים זוממין כתיב:

Tossafot

בשלמא לרבנן כתיב כדי רשעתו כו'. והאי רשע רוצה לומר ממון כדמוכח בכתובות (דף לב: ושם) אלא ר' מאיר מאי טעמא פירוש הא כתיב כדי רשעתו דמשמע משום רשעה אחת אתה מחייבו וכו' וא"ת ומאי פריך והא בכתובות מוקי האי קרא ללוקין ולמיתה וי"ל דכל זה מן הפירכא אלא לר' מאיר הוה ליה למדרש ולומר רשעתו שאין אתה מחייבו משום שתי רשעיות ולא ללוקין ולמיתה:

גמר ממוציא שם רע. וא"ת לילפו נמי עדים זוממין ממוציא שם רע דאע"פ דהאי לאו שאין בו מעשה ולמה לי והיה אם בן הכות הרשע ויש לומר דמוציא שם רע גופיה לא ידענא דלקי אלא מוהיה אם בן הכות הרשע כדקאמר בפ' נערה שנתפתתה (כתובות דף מו.) למדנו יסרו מויסרו ויסרו מבן [ובן מבן והיה] אם בן הכות הרשע:,סבר לה כר"ע דאמר עדים זוממין קנסא הוא. פי' ולהכי יליף ליה ממוציא שם רע ורבנן סברי ממונא הוא ולהכי לא ילפינן ליה ממוציא שם רע משמע דלר"מ אינו לוקה ומשלם אלא גבי קנס אבל גבי ממון לא וקשה דבפ' השוכר את הפועלים (ב"מ דף צא. ושם) תניא החוסם פי פרה ודש בה לוקה ומשלם ד' קבין לפרה וג' קבין לחמור ומוקי לה כר' מאיר דאית ליה לוקה ומשלם והתם ממון הוא ועוד דאמרינן בפ' אלו נערות (כתובות דף לד: ושם) ר"מ לוקה ומשלם אית ליה מת ומשלם לית ליה משמע בכל ענין וכן קשה מדרבנן דע"כ לא פליגי רבנן עליה דרבי מאיר אלא משום דסבירא להו דעדים זוממין ממונא הוא ולכך לא מצי יליף ממוציא שם רע אבל בקנס מודו דילפינן לוקה ומשלם ממוציא שם רע ובפרק אלו נערות (כתובות דף לב.) גבי קנס פריך הא קי"ל דאינו לוקה ומשלם פירוש כרבנן דר"מ אלמא פליגי רבנן אפי' גבי קנס וי"ל דודאי בין לר"מ בין לרבנן ליכא חילוק בין ממון לקנס לענין דין דלוקה ומשלם דהא מכדי רשעתו ילפינן ליה וכדי רשעתו כתיב גבי עדים זוממין הלכך לר' מאיר דסבר עדים זוממין קנסא הוא ושפיר ילפינן להו ממוציא שם רע למימרא דלוקין ומשלמין א"כ כדי רשעתו דנכתב גבי דידהו דממעט שתי רשעיות ליכא לאוקומה במלקות וממון וצריכי לאוקומי במיתה ומלקות כדאיתא בפ' אלו נערות א"כ ודאי אמר ר"מ בכל דוכתי דלוקה ומשלם אף לגבי ממון דמהיכא תיתי למעוטי אבל רבנן דסבירא להו דעדים זוממין ממונא הוא לכך לא ילפינן ממוציא שם רע דלוקה ומשלם והלכך דרשינן מקרא מכדי רשעתו במספר למעוטי שתי רשעיות במלקות וממון דאינו לוקה ומשלם מעתה יאמרו רבנן בכל מקום אף גבי קנס דאינו לוקה ומשלם מכדי רשעתו דהא משמע שפיר דאתי למעוטי כל ב' רשעיות בין ממון בין קנס:

הא לא קשיא ר' יהודה לא סבר לה כר"ע. דאמר עדים זוממין קנסא הוא משמע הכא דלר"ע דאית ליה דעדים זוממין קנסא לית ליה לאו שאין בו מעשה לוקין עליו דלא מצי יליף מהאי דינא וקשה דהא ר"ע אמר (לקמן מכות דף כא:) המקיים כלאים בכרם לוקה ופירש בערוך דהיינו שמניח אותו בסוף שדהו כשמצאה זרועה דהוי לאו שאין בו מעשה לכך נראה דהמקיים כלאים בכרם היינו שעשה גדר סביב הכלאים:

אלא מה להצד השוה שבהן שיש בהן צד חמור. זה אין צריך התראה. וזה לוקה ומשלם ותימה דהא אין זה פירכא שוה ופירש ר"י דפריך שכן הם משונים ביותר משאר מלקיות שאין צריך התראה. מה שאין כן בשאר מלקיות ועוד יש לומר שכן יש בהם צד חמור שהן לוקין על דיבורם שלא עוו אלא במוצא פיהם דהכי נמי פריך בירושלמי לעיל גבי ההיא דגמרינן ממוציא שם רע ופריך מה למוציא שם רע שכן דיבור הוא ור' יהודה סבר צד חמור לא פריך לפי'. דירושלמי דעדים זוממין בדיבורן איתעביד מעשה:

ורבנן האי לא תענה מאי עבדי ליה. דהא דקאמר לעיל גבי לא תענה משום דהוי לאו שאין בו מעשה היינו אי לאו קרא דוהצדיקו אבל בתר דגלי לן קרא דוהצדיקו דשייך ביה מלקות יש לנו לומר דלקי מלא תענה ואם תאמר דלא לילקי משום. דהוי לאו שניתן לאזהרת מיתת ב"ד ואין לוקין עליו והכא האי לאו שניתן לאזהרת מיתת ב"ד עדות נפשות מיהו יש לומר דעדיפא משני דלגבי מלקות גופיה איצטריך לאזהרה כדפרי' אבל לעיל גבי מאתים זוז קשה למה לי כדי רשעתו לומר דלא לקי תיפוק ליה דלא תענה הוי לאו שניתן לאזהרת מיתת ב"ד ואין לוקין עליו וכי תימא לגבי אזהרת ממון דנפקא מינה לא חשיב לאו שניתן לאזהרת מיתת ב"ד זה אינו דהא אמרינן בפרק מי שהחשיך (שבת דף קנד. ושם) דמחמר בשבת דלא לקי משום דנפיק מלא תעשה מלאכה אתה ובהמתך וההוא הוי לאו שניתן לאזהרת מיתת ב"ד במלאכת גופו אע"ג דבמחמר גופיה ליכא שום צד דמיתת ב"ד מכל מקום חשיב ליה לאו שניתן לאזהרת מיתת בית דין כיון דלאו דידיה אתיא נמי למיתת ב"ד הכא נמי לא שנא וי"ל דשאני הכא דגלי קרא כדאמר רחמנא והיה אם בן הכות הרשע מכלל דלקי משום לא תענה דלא ענש אלא א"כ הזהיר אבל מ"מ קשה לעיל (מכות ד' ב:) דפריך ותיפוק ליה מלא תענה ולמה לי והיה אם בן הכות הרשע לישני אי לאו דגלי קרא הוה אמינא דלא לקי משום דלא תענה לאו שניתן לאזהרת מיתת ב"ד כדפרישית וי"ל דעדיפא מיניה משני ועוד יש לומר דפריך לר"מ דנפקא ליה אזהרה לעדים זוממין מולא יוסיפו לעשות:

לאזהרה לעדים זוממים. ואם תאמר לעיל גבי מעידים שחייב מאתים זוז לימא האי טעמא לרבנן למה ליה למימר מכדי רשעתו נפקא ויש לומר דהכי קאמר לאזהרת עדים זוממין שמעידין באיש פלוני שחייב מלקות דלא הוי לקי מכאשר זמם אי לאו הזהיר דלא ענש עונש הגוף אלא אם כן הזהיר אבל לעיל דמיירי מכאשר זמם דממון ודאי לא בעי אזהרה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Makkot 4b
100%
מכות ד׳ במַסֶּכֶת מַכּוֹת