AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Makkot

11b

Étude de Makkot 11b

Étude de la Mishna & Guémara 11b

À propos des déclarations qui prennent effet même si elles furent énoncées conditionnellement et que la condition ne fut pas remplie, Rav Yehouda dit au nom de Rav : une excommunication [nidui] énoncée conditionnellement requiert une annulation [hafara], même si la condition ne fut pas remplie. D'où déduisons-nous cela ? De Yehouda, car il est écrit à propos de sa demande à son père de laisser les frères emmener Benjamin en Égypte : « Si je ne te l'amène pas… j'aurai péché envers toi pour tous les jours » (Bereshit 43, 9) — c'est-à-dire, je resterai excommunié comme pécheur. Et Rabbi Shmouel bar Naḥmani dit au nom de Rabbi Yonatan : que signifie ce qui est écrit : « Que Ruben vive et ne meure pas » (Devarim 33, 6), suivi immédiatement du verset : « Et ceci pour Yehouda » (Devarim 33, 7) ? Pourquoi la bénédiction de Yehouda est-elle liée à celle de Ruben ?
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: נִידּוּי עַל תְּנַאי – צָרִיךְ הֲפָרָה. מְנָלַן? מִיְּהוּדָה, דִּכְתִיב: ״אִם לֹא הֲבִיאֹתִיו אֵלֶיךָ וְגוֹ׳״, וְאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: מַאי דִּכְתִיב: ״יְחִי רְאוּבֵן וְאַל יָמֹת, וְגוֹ׳ וְזֹאת לִיהוּדָה״?
Pendant ces quarante années que les enfants d'Israël passèrent dans le désert, les os de Yehouda cliquetaient dans le cercueil, détachés les uns des autres, car l'excommunication qu'il s'était infligée restait en vigueur, jusqu'à ce que Moïse se lève et implore D.ieu d'avoir pitié de lui. Moïse dit devant Lui : Maître de l'univers, qui a causé à Ruben d'avouer son péché avec Bilha ? Yehouda. L'aveu de Yehouda pour son péché avec Tamar conduisit Ruben à avouer le sien. Moïse poursuit : « Et ceci pour Yehouda… écoute, D.ieu, la voix de Yehouda » (Devarim 33, 7).
כׇּל אוֹתָן אַרְבָּעִים שָׁנָה שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר, עַצְמוֹתָיו שֶׁל יְהוּדָה הָיוּ מְגוּלְגָּלִין בָּאָרוֹן, עַד שֶׁעָמַד מֹשֶׁה וּבִקֵּשׁ עָלָיו רַחֲמִים. אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מִי גָּרַם לִרְאוּבֵן שֶׁיּוֹדֶה – יְהוּדָה, ״וְזֹאת לִיהוּדָה... שְׁמַע ה׳ קוֹל יְהוּדָה״.
À ce moment, ses membres entrèrent à leur place désignée [leshafa] et ne cliquetèrent plus, mais la cour céleste ne lui permit toujours pas d'entrer dans l'académie céleste. Moïse poursuit : « Et amène-le à son peuple » (Devarim 33, 7), afin qu'il rejoigne les autres justes au Ciel. Cette demande fut aussi exaucée, mais Yehouda ne savait pas comment s'engager dans l'échange halakhique avec les Sages de l'académie céleste. Moïse poursuit : « Que ses mains combattent pour lui » (Devarim 33, 7). Cette demande fut aussi exaucée, mais Yehouda ne savait pas résoudre les difficultés soulevées pour rejeter son opinion, jusqu'à ce que Moïse prie : « Et Tu seras un secours contre ses adversaires » (Devarim 33, 7).
עָאל אִיבְרֵיהּ לְשָׁפָא, לָא הֲוָה קָא מְעַיְּילִי לֵיהּ לִמְתִיבְתָּא דְּרָקִיעַ, ״וְאֶל עַמּוֹ תְּבִיאֶנּוּ״. לָא הֲוָה קָא יָדַע לְמִישְׁקַל וּמִיטְרַח בִּשְׁמַעְתָּא בַּהֲדֵי רַבָּנַן, ״יָדָיו רַב לוֹ״. לָא הֲוָה יָדַע לְפָרוֹקֵי קוּשְׁיָא, ״וְעֵזֶר מִצָּרָיו תִּהְיֶה״.
La michna énumère les Grands Cohanim dont la mort permet au meurtrier involontaire de retourner chez lui depuis la ville de refuge où il s'était enfui. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : est-ce seulement avec la mort de tous les Grands Cohanim énumérés dans la michna que le meurtrier involontaire retourne, ou peut-être est-ce déjà avec la mort de l'un d'eux qu'il retourne ?
אִיבַּעְיָא לְהוּ: בְּמִיתַת כּוּלָּן הוּא חוֹזֵר, אוֹ דִלְמָא בְּמִיתַת אֶחָד מֵהֶן?
La Guemara suggère : viens entendre une résolution du dilemme à partir de la michna suivante : si le verdict d'un meurtrier fut prononcé à un moment où personne n'occupait la fonction de Grand Cohen, il ne quitte jamais la ville de refuge. Et s'il en est ainsi que la mort de l'un de ceux énumérés dans la michna permet son retour, qu'il retourne avec la mort de l'un de ces autres Grands Cohanim — celui consacré par le port des huit vêtements ou un Cohen relevé de ses fonctions ! La Guemara rejette la preuve : la michna vise un cas où il n'y avait aucun Grand Cohen lorsque le verdict fut prononcé.
תָּא שְׁמַע: נִגְמַר דִּינוֹ בְּלֹא כֹּהֵן גָּדוֹל – אֵינוֹ יוֹצֵא מִשָּׁם לְעוֹלָם. וְאִם אִיתָא, לִיהְדַּר בֵּיהּ בִּדְהָנָךְ! בִּדְלֵיכָּא.
Mishna 1
MICHNA : Si, après que le verdict du meurtrier involontaire fut prononcé et qu'il fut condamné à l'exil, le Grand Cohen mourut, il n'est pas exilé, car la mort du Grand Cohen le dispense de l'exil. S'il en était ainsi avant que son verdict ne soit prononcé que le Grand Cohen mourut et qu'on en nomma un autre à sa place, et qu'ensuite son verdict fut prononcé, il retourne avec la mort du second Grand Cohen. Si le verdict d'un meurtrier fut prononcé à un moment où il n'y avait pas de Grand Cohen — et de même dans les cas de celui qui a tué involontairement un Grand Cohen et de celui qui est Grand Cohen et a tué involontairement — le meurtrier involontaire ne quitte jamais la ville de refuge.
מַתְנִי׳ מִשֶּׁנִּגְמַר דִּינוֹ מֵת כֹּהֵן גָּדוֹל – הֲרֵי זֶה אֵינוֹ גּוֹלֶה. אִם עַד שֶׁלֹּא נִגְמַר דִּינוֹ מֵת כֹּהֵן גָּדוֹל וּמִינּוּ אַחֵר תַּחְתָּיו וּלְאַחַר מִכֵּן נִגְמַר דִּינוֹ – חוֹזֵר בְּמִיתָתוֹ שֶׁל שֵׁנִי. נִגְמַר דִּינוֹ בְּלֹא כֹּהֵן גָּדוֹל, וְהַהוֹרֵג כֹּהֵן גָּדוֹל, וְכֹהֵן גָּדוֹל שֶׁהָרַג – אֵינוֹ יוֹצֵא מִשָּׁם לְעוֹלָם.(משנה)
Et celui qui est exilé ne peut quitter la ville en aucune circonstance — ni pour un témoignage relatif à une mitsva, ni pour un témoignage relatif à des questions d'argent, ni pour un témoignage relatif à des questions capitales. Et même si le peuple juif a besoin de ses services — même s'il est le général de l'armée d'Israël, comme Yoav ben Tserouya — il ne quitte jamais la ville de refuge, car il est dit : « Et la congrégation le rétablira dans sa ville de refuge, où il s'était enfui » (Bamidbar 35, 25), d'où l'on déduit : là sera sa demeure, là sera sa mort, là sera sa sépulture.
וְאֵינוֹ יוֹצֵא לֹא לְעֵדוּת מִצְוָה, וְלֹא לְעֵדוּת מָמוֹן, וְלֹא לְעֵדוּת נְפָשׁוֹת. וַאֲפִילּוּ יִשְׂרָאֵל צְרִיכִים לוֹ, וַאֲפִילּוּ שַׂר צָבָא יִשְׂרָאֵל כְּיוֹאָב בֶּן צְרוּיָה אֵינוֹ יוֹצֵא מִשָּׁם לְעוֹלָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲשֶׁר נָס שָׁמָּה״ – שָׁם תְּהֵא דִּירָתוֹ, שָׁם תְּהֵא מִיתָתוֹ, שָׁם תְּהֵא קְבוּרָתוֹ.
La michna poursuit : tout comme un meurtrier involontaire est admis dans la ville de refuge, il est admis dans ses faubourgs, situés dans la limite du Shabbat [teḥoum]. Une fois entré dans les faubourgs de la ville, le goel ha-dam ne peut pas le tuer. Dans le cas où un meurtrier sort au-delà de la limite du Shabbat de la ville de refuge et que le goel ha-dam le trouve là — Rabbi Yossei HaGelili dit : c'est une mitsva pour le goel ha-dam de le tuer, et c'est une option pour toute autre personne. Rabbi Akiva dit : c'est une option pour le goel ha-dam, et toute autre personne est passible de mise à mort pour l'avoir tué.
כְּשֵׁם שֶׁהָעִיר קוֹלֶטֶת – כָּךְ תְּחוּמָהּ קוֹלֵט. רוֹצֵחַ שֶׁיֵּצֵא חוּץ לַתְּחוּם וּמְצָאוֹ גּוֹאֵל הַדָּם, רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: מִצְוָה בְּיַד גּוֹאֵל הַדָּם, וּרְשׁוּת בְּיַד כׇּל אָדָם. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: רְשׁוּת בְּיַד גּוֹאֵל הַדָּם, וְכׇל אָדָם חַיָּיבִין עָלָיו.
Guémara
GUEMARA : La michna enseigne : si, après que le verdict du meurtrier involontaire fut prononcé et qu'il fut condamné à l'exil, le Grand Cohen mourut, le meurtrier involontaire n'est pas exilé. La Guemara demande : quelle en est la raison ? Abaye dit : on le déduit par un kal va'homèr : si celui qui a déjà été exilé sort maintenant avec la mort de ce Grand Cohen, pour celui qui n'a pas encore été exilé, n'est-il pas logique qu'il ne soit pas exilé ? La Guemara rejette ce raisonnement : et peut-être, pour celui qui a déjà été exilé, son péché fut expié par son exil, et c'est pourquoi la mort du Grand Cohen facilite son retour ; mais pour celui qui n'a pas encore été exilé, non, son péché n'a pas été expié et la mort du Grand Cohen ne devrait pas empêcher son exil. La Guemara rétorque : est-ce son exil qui expie son péché ? C'est la mort du Grand Cohen qui expie son péché — et le Grand Cohen est mort.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא? אָמַר אַבָּיֵי: קַל וָחוֹמֶר, וּמָה מִי שֶׁגָּלָה כְּבָר – יָצָא עַכְשָׁיו, מִי שֶׁלֹּא גָּלָה – אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא יִגְלֶה? וְדִלְמָא: הַאי דִּגְלָה אִיכַּפַּר לֵיהּ, הַאי דְּלָא גְּלָה לָא! מִידֵּי גָּלוּת קָא מְכַפְּרָא? מִיתַת כֹּהֵן הוּא דִּמְכַפְּרָא!
La michna enseigne : s'il en était ainsi avant que son verdict ne soit prononcé que le Grand Cohen mourut et qu'on en nomma un autre à sa place, et qu'ensuite son verdict fut prononcé, il retourne avec la mort du second Grand Cohen. La Guemara demande : d'où ces matières sont-elles déduites ? Rav Kahana dit qu'on les déduit d'un verset, car il est dit : « Et il demeurera là jusqu'à la mort du Grand Cohen, que celui-ci a oint avec l'huile sacrée » (Bamidbar 35, 25). Or est-ce le meurtrier involontaire qui oint le Grand Cohen ? Plutôt, la référence est à ce Grand Cohen qui fut oint pendant ses jours — après qu'il commit le meurtre involontaire.
אִם עַד שֶׁלֹּא נִגְמַר דִּינוֹ וְכוּ׳. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב כָּהֲנָא: דְּאָמַר קְרָא: ״וְיָשַׁב בָּהּ עַד מוֹת הַכֹּהֵן הַגָּדֹל אֲשֶׁר מָשַׁח אֹתוֹ בְּשֶׁמֶן הַקֹּדֶשׁ״, וְכִי הוּא מוֹשְׁחוֹ? אֶלָּא: זֶה שֶׁנִּמְשַׁח בְּיָמָיו.
La Guemara demande : pourquoi son retour au foyer dépend-il de la mort du second Grand Cohen ? Plus haut (11a), la Guemara expliquait que le Grand Cohen partage la responsabilité des meurtres involontaires, car il aurait dû implorer miséricorde pour sa génération et ne l'a pas fait. En l'espèce, le Grand Cohen en question n'ayant été nommé qu'après le meurtre, que pouvait-il faire pour empêcher le meurtre involontaire ? La Guemara répond : il aurait dû implorer miséricorde pour que le verdict du meurtrier involontaire soit décidé favorablement par le tribunal, afin qu'il ne soit pas condamné à l'exil — et il ne l'a pas fait.
מַאי הֲוָה לֵיהּ לְמֶעְבַּד? הָיָה לוֹ לְבַקֵּשׁ רַחֲמִים שֶׁיִּגְמוֹר דִּינוֹ לִזְכוּת, וְלֹא בִּיקֵּשׁ.
§ Abaye dit : nous avons une tradition : dans le cas d'un meurtrier involontaire dont le verdict fut prononcé et qui fut condamné à l'exil, et qui mourut avant d'être exilé vers la ville de refuge, on transporte ses os vers la ville de refuge et on l'y enterre, car il est écrit : « Pour retourner et demeurer dans le pays jusqu'à la mort du Cohen » (Bamidbar 35, 32). Et quelle est la demeure qui est dans le pays ? Tu dois dire qu'il s'agit de sa sépulture. Un Sage enseigna : si un meurtrier involontaire mourut dans une ville de refuge avant que le Grand Cohen ne meure, on transporte ses os vers les tombes de ses ancêtres après la mort du Grand Cohen, car il est écrit : « Le meurtrier retournera dans sa terre ancestrale » (Bamidbar 35, 28). Quelle est la demeure qui a lieu dans sa terre ancestrale ? Tu dois dire qu'il s'agit de sa sépulture.
אָמַר אַבָּיֵי: נָקְטִינַן: נִגְמַר דִּינוֹ וָמֵת – מוֹלִיכִין אֶת עַצְמוֹתָיו לְשָׁם, דִּכְתִיב: ״לָשׁוּב לָשֶׁבֶת בָּאָרֶץ עַד מוֹת הַכֹּהֵן״, וְאֵיזֶהוּ יְשִׁיבָה שֶׁהִיא בָּאָרֶץ – הֱוֵי אוֹמֵר זוֹ קְבוּרָה. תָּנָא: מֵת קוֹדֶם שֶׁמֵּת כֹּהֵן גָּדוֹל, מוֹלִיכִין עַצְמוֹתָיו עַל קִבְרֵי אֲבוֹתָיו, דִּכְתִיב: ״יָשׁוּב הָרֹצֵחַ אֶל אֶרֶץ אֲחֻזָּתוֹ״, אֵיזֶהוּ יְשִׁיבָה שֶׁהִיא בְּאֶרֶץ אֲחוּזָּתוֹ הֱוֵי אוֹמֵר זוֹ קְבוּרָה.
Makkot 11b
100%
מכות י״א במַסֶּכֶת מַכּוֹת