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Traité Makkot

10a

Étude de Makkot 10a

Étude de la Guémara 10a

Guémara
Il fallait donc un plus grand nombre de villes de refuge par habitant là-bas, car il est écrit : « Galaad est une cité de ceux qui œuvrent à l'iniquité ; elle est couverte [akuba] de sang » (Hoshea 6, 8). Que signifie « couverte [akuba] de sang » ? Rabbi Elazar dit : cela signifie qu'ils tendaient des embuscades [okevin] pour tuer des personnes.
דִּכְתִיב: ״גִּלְעָד קִרְיַת פֹּעֲלֵי אָוֶן עֲקֻבָּה מִדָּם״, מַאי ״עֲקוּבָּה מִדָּם״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שֶׁהָיוּ עוֹקְבִין לַהֲרוֹג נְפָשׁוֹת.
La Guemara demande : et qu'y a-t-il de différent entre les villes de refuge les plus proches de la frontière de ce côté sud du pays et de la frontière de ce côté nord, qui sont éloignées d'un quart de la longueur d'Eretz Yisrael de la frontière, et la ville de refuge au milieu du pays, qui est relativement proche de tout meurtrier potentiel ? La distance maximale à parcourir pour atteindre la ville du milieu est la moitié de la distance des frontières nord et sud jusqu'à leurs villes de refuge respectives.
וּמַאי שְׁנָא מֵהַאי גִּיסָא וּמֵהַאי גִּיסָא דִּמְרַחֲקִי, וּמַאי שְׁנָא מְצִיעָאֵי דִּמְקָרְבִי?
Abaye dit : les meurtriers sont aussi fréquents à Shekhem, car il est écrit : « Et comme des troupes de brigands qui guettent un homme, ainsi la bande de prêtres ; ils assassinent sur le chemin de Shekhem, oui, ils commettent l'énormité » (Hoshea 6, 9). Que signifie « la bande de prêtres » ? Rabbi Elazar dit : cela signifie que les gens se regroupaient pour tuer des personnes, comme ces prêtres qui se regroupent pour répartir la térouma [part sacerdotale] entre eux dans les granges.
אָמַר אַבָּיֵי: בִּשְׁכֶם נָמֵי שְׁכִיחִי רוֹצְחִים, דִּכְתִיב: ״וּכְחַכֵּי אִישׁ גְּדוּדִים חֶבֶר כֹּהֲנִים, דֶּרֶךְ יְרַצְּחוּ שֶׁכְמָה וְגוֹ׳״, מַאי ״חֶבֶר כֹּהֲנִים״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שֶׁהָיוּ מִתְחַבְּרִין לַהֲרוֹג נְפָשׁוֹת, כְּכֹהֲנִים הַלָּלוּ שֶׁמִּתְחַבְּרִין לַחְלוֹק תְּרוּמוֹת בְּבֵית הַגֳּרָנוֹת.
La Guemara demande : et n'y a-t-il pas d'autres villes de refuge au-delà de ces six ? Mais n'est-il pas écrit : « Et les villes que vous donnerez aux Lévites : les six villes de refuge vous les donnerez pour que le meurtrier s'y enfuie, et au-delà d'elles vous donnerez quarante-deux villes » (Bamidbar 35, 6), indiquant que le statut de toutes les villes lévitiques est celui de villes de refuge ? Abaye dit : en ce qui concerne ces six villes désignées spécifiquement à cet effet, on y admet les meurtriers involontaires ayant besoin de refuge, qu'ils y soient entrés sciemment, sachant qu'il s'agit de villes de refuge, ou qu'ils y soient entrés involontairement. En revanche, en ce qui concerne ces quarante-deux villes lévitiques, on n'y admet les meurtriers involontaires que s'ils y sont entrés sciemment ; s'ils y sont entrés involontairement, ils n'y sont pas admis.
וְתוּ לֵיכָּא? וְהָא כְּתִיב: ״וַעֲלֵיהֶם תִּתְּנוּ אַרְבָּעִים וּשְׁתַּיִם עִיר״! אָמַר אַבָּיֵי: הַלָּלוּ, קוֹלְטוֹת בֵּין לְדַעַת בֵּין שֶׁלֹּא לְדַעַת. הַלָּלוּ – לְדַעַת קוֹלְטוֹת, שֶׁלֹּא לְדַעַת אֵינָן קוֹלְטוֹת.
La Guemara demande : et Hébron est-elle une ville de refuge ? Mais n'est-il pas écrit : « Et ils donnèrent Hébron à Caleb, comme Moïse l'avait dit » (Juges 1, 20) ? Cela indique qu'Hébron appartenait à Caleb, de la tribu de Juda, et n'était pas une ville lévitique. Abaye dit : ce sont ses faubourgs [parvadaha] qui furent donnés à Caleb ; la ville elle-même était une ville de prêtres, car il est écrit dans le contexte de la distribution des villes lévitiques : « Et ils leur donnèrent Kiryat Arba… qui est Hébron… et le champ de la ville et ses cours ils les donnèrent à Caleb, fils de Yefouné » (Yehoshoua 21, 11-12).
וְחֶבְרוֹן עִיר מִקְלָט הֲוַא[י]? וְהָכְתִיב: ״וַיִּתְּנוּ לְכָלֵב אֶת חֶבְרוֹן כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר מֹשֶׁה״! אָמַר אַבָּיֵי: פַּרְווֹדֶהָא, דִּכְתִיב: ״וְאֶת שְׂדֵה הָעִיר וְאֶת חֲצֵרֶיהָ נָתְנוּ לְכָלֵב בֶּן יְפֻנֶּה״.
La Guemara demande encore : et Kadesh est-elle une ville de refuge ? Mais n'est-il pas écrit : « Et les villes fortifiées étaient Tsiddim-Tser, et Ḥammath, Rakkath, et Kinnereth… et Kadesh et Edrei et En Ḥatsor » (Yehoshoua 19, 35-37), et il est enseigné dans une baraïta : en ce qui concerne ces villes de refuge, on ne les établit ni dans de petits hameaux [tirin] ni dans de grandes cités ; on les établit plutôt dans des bourgs de taille moyenne ? Apparemment, Kadesh était une grande ville fortifiée. Rav Yossef dit : il y avait deux villes nommées Kadesh, et celle mentionnée parmi les villes fortifiées dans le livre de Yehoshoua n'est pas celle qui était ville de refuge. Rav Ashi dit : la mention de Kadesh parmi les villes fortifiées ne pose pas de difficulté, car c'est comparable aux deux villes adjacentes mais distinctes de Selikum et à la fortification [ve'akra] de Selikum. De même, il y avait la ville fortifiée de Kadesh, mentionnée dans Yehoshoua, et la ville elle-même, bourg de taille moyenne qui servait de ville de refuge.
וְקֶדֶשׁ עִיר מִקְלָט הֲוַאי? וְהָכְתִיב: ״וְעָרֵי מִבְצָר הַצִּדִּים צֵר וְחַמַּת רַקַּת וְכִנָּרֶת וְגוֹ׳ וְקֶדֶשׁ וְאֶדְרֶעִי וְעֵין חָצוֹר״, וְתַנְיָא: עָרִים הַלָּלוּ אֵין עוֹשִׂין אוֹתָן לֹא טִירִין קְטַנִּים וְלֹא כְּרַכִּים גְּדוֹלִים אֶלָּא עֲיָירוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת! אָמַר רַב יוֹסֵף: תַּרְתֵּי קֶדֶשׁ הֲוַאי. (אָמַר) רַב אָשֵׁי [אָמַר]: כְּגוֹן סְלֵיקוּם וְאַקְרָא דִּסְלֵיקוּם.
§ La Guemara discute la question elle-même et cite la baraïta complète : en ce qui concerne ces villes de refuge, on ne les établit ni dans de petits hameaux ni dans de grandes cités ; on les établit plutôt dans des bourgs de taille moyenne. Et on ne les établit que dans un endroit où l'eau est disponible ; s'il n'y a pas d'eau accessible depuis la ville, on leur amène de l'eau en creusant un canal. Et on ne les établit que dans un endroit où il y a des marchés, et on ne les établit que dans un lieu peuplé, où de nombreuses personnes fréquentent régulièrement la ville. Si la population des environs diminue, on l'augmente. Si le nombre de résidents dans la ville de refuge elle-même diminue, on amène de nouveaux résidents dans la ville — parmi eux des Cohanim, des Lévites et des Israélites.
גּוּפָא: עָרִים הַלָּלוּ, אֵין עוֹשִׂין אוֹתָן לֹא טִירִין קְטַנִּים וְלֹא כְּרַכִּין גְּדוֹלִים, אֶלָּא עֲיָירוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת. וְאֵין מוֹשִׁיבִין אוֹתָן אֶלָּא בִּמְקוֹם מַיִם, וְאִם אֵין שָׁם מַיִם – מְבִיאִין לָהֶם מַיִם. וְאֵין מוֹשִׁיבִין אוֹתָן אֶלָּא בִּמְקוֹם שְׁווֹקִים, וְאֵין מוֹשִׁיבִין אוֹתָן אֶלָּא בִּמְקוֹם אוּכְלוּסִין. נִתְמַעֲטוּ אוּכְלוּסֵיהֶן – מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶן. נִתְמַעֲטוּ דִּיּוּרֵיהֶן – מְבִיאִין לָהֶם כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים.
La baraïta poursuit : on ne vend pas dans ces villes ni des armes ni des outils de chasse, afin d'empêcher le goel ha-dam d'obtenir des moyens qu'il pourrait utiliser pour tuer le meurtrier involontaire réfugié dans la ville — tel est l'avis de Rabbi Neḥemia. Et les Sages autorisent la vente d'armes et d'outils de chasse. Et Rabbi Neḥemia et les Sages s'accordent pour dire qu'on ne tend pas de filets dans les villes de refuge, et qu'on n'y tresse pas [mafshilin] de cordes, afin que le pied du goel ha-dam ne s'y trouve pas. Si le goel ha-dam entrait dans la ville de refuge pour acheter des filets ou des cordes, il pourrait y rencontrer le meurtrier et le tuer.
וְאֵין מוֹכְרִין בָּהֶן לֹא כְּלֵי זַיִין, וְלֹא כְּלֵי מְצוּדָה, דִּבְרֵי רַבִּי נְחֶמְיָה. וַחֲכָמִים מַתִּירִין. וְשָׁוִין שֶׁאֵין פּוֹרְסִין בְּתוֹכָן מְצוּדוֹת, וְאֵין מַפְשִׁילִין לְתוֹכָן חֲבָלִים, כְּדֵי שֶׁלֹּא תְּהֵא רֶגֶל גּוֹאֵל הַדָּם מְצוּיָה שָׁם.
Rabbi Yitsḥak dit : quel est le verset dont ces questions sont déduites ? Il est écrit : « Et il s'enfuira vers l'une de ces villes et vivra » (Devarim 4, 42), signifiant : accomplis pour le meurtrier involontaire certaines actions afin que la vie dans la ville de refuge lui soit propice. Toutes ces mesures visent à faciliter cet objectif.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: מַאי קְרָא? ״וְנָס אֶל אַחַת מִן הֶעָרִים הָאֵל וָחָי״ – עֲבֵיד לֵיהּ מִידֵּי דְּתֶהְוֵי לֵיהּ חִיּוּתָא.
Les Sages ont enseigné : dans le cas d'un élève qui a été exilé, son maître est exilé avec lui dans la ville de refuge, afin que l'élève puisse continuer à étudier la Torah avec lui, car il est dit : « Et il s'enfuira vers l'une de ces villes et vivra », d'où l'on déduit : accomplis pour le meurtrier involontaire certaines actions afin que la vie dans la ville lui soit propice. L'étude de la Torah étant une composante intégrale de sa vie, des arrangements doivent être faits pour assurer la continuité de cet aspect de son existence. Rabbi Zeira dit : de là, on apprend qu'un homme ne doit pas enseigner à un élève qui n'est pas digne, car cela pourrait entraîner le maître à suivre l'élève en exil.
תָּנָא: תַּלְמִיד שֶׁגָּלָה – מַגְּלִין רַבּוֹ עִמּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וָחַי״ – עֲבֵיד לֵיהּ מִידֵּי דְּתֶהְוֵי לֵיהּ חִיּוּתָא. אָמַר רַבִּי זְעֵירָא: מִכָּאן שֶׁלֹּא יִשְׁנֶה אָדָם לְתַלְמִיד שֶׁאֵינוֹ הָגוּן.
Rabbi Yoḥanan dit : dans le cas d'un maître de Torah qui a été exilé, sa yeshiva est exilée avec lui. La Guemara demande : est-ce bien ainsi qu'un maître de Torah est exilé ? Mais Rabbi Yoḥanan lui-même ne dit-il pas : d'où déduit-on que les matières de Torah offrent refuge — c'est-à-dire que le goel ha-dam ne peut pas nuire à celui qui est engagé dans l'étude de la Torah ? On le déduit d'un verset, car il est dit : « Betser, dans le désert, dans la plaine, pour les Rubénites ; et Ramot en Galaad, pour les Gadites ; et Golan en Bashan, pour les Manassites » (Devarim 4, 43), dans la liste des villes de refuge désignées par Moïse, et il est écrit ensuite : « Et voici la Torah » (Devarim 4, 44). De cette juxtaposition, on déduit que le statut de la Torah est celui d'une ville de refuge.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָרַב שֶׁגָּלָה – מַגְּלִין יְשִׁיבָתוֹ עִמּוֹ. אִינִי? וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִן לְדִבְרֵי תוֹרָה שֶׁהֵן קוֹלְטִין? שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶת בֶּצֶר בַּמִּדְבָּר וְגוֹ׳״, [וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ:] ״וְזֹאת הַתּוֹרָה״.
La Guemara répond : cela ne pose pas de difficulté, car cet énoncé de Rabbi Yoḥanan — que le statut de la Torah est celui d'une ville de refuge — concerne la Torah au moment où l'on est engagé dans son étude ; et cet énoncé de Rabbi Yoḥanan — que le maître de Torah doit emmener sa yeshiva dans la ville de refuge — concerne le maître de Torah au moment où il n'est pas engagé dans son étude. Sa simple présence dans une ville de refuge lui assure une protection continue.
לָא קַשְׁיָא, הָא – בְּעִידָּנָא דְּעָסֵיק בַּהּ, הָא – בְּעִידָּנָא דְּלָא עָסֵיק בַּהּ.
Makkot 10a
100%
מכות י׳ אמַסֶּכֶת מַכּוֹת
גְּמָרָא דִּכְתִיב: ״גִּלְעָד קִרְיַת פֹּעֲלֵי אָוֶן עֲקֻבָּה מִדָּם״, מַאי ״עֲקוּבָּה מִדָּם״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שֶׁהָיוּ עוֹקְבִין לַהֲרוֹג נְפָשׁוֹת. וּמַאי שְׁנָא מֵהַאי גִּיסָא וּמֵהַאי גִּיסָא דִּמְרַחֲקִי, וּמַאי שְׁנָא מְצִיעָאֵי דִּמְקָרְבִי? אָמַר אַבָּיֵי: בִּשְׁכֶם נָמֵי שְׁכִיחִי רוֹצְחִים, דִּכְתִיב: ״וּכְחַכֵּי אִישׁ גְּדוּדִים חֶבֶר כֹּהֲנִים, דֶּרֶךְ יְרַצְּחוּ שֶׁכְמָה וְגוֹ׳״, מַאי ״חֶבֶר כֹּהֲנִים״? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שֶׁהָיוּ מִתְחַבְּרִין לַהֲרוֹג נְפָשׁוֹת, כְּכֹהֲנִים הַלָּלוּ שֶׁמִּתְחַבְּרִין לַחְלוֹק תְּרוּמוֹת בְּבֵית הַגֳּרָנוֹת. וְתוּ לֵיכָּא? וְהָא כְּתִיב: ״וַעֲלֵיהֶם תִּתְּנוּ אַרְבָּעִים וּשְׁתַּיִם עִיר״! אָמַר אַבָּיֵי: הַלָּלוּ, קוֹלְטוֹת בֵּין לְדַעַת בֵּין שֶׁלֹּא לְדַעַת. הַלָּלוּ – לְדַעַת קוֹלְטוֹת, שֶׁלֹּא לְדַעַת אֵינָן קוֹלְטוֹת. וְחֶבְרוֹן עִיר מִקְלָט הֲוַא[י]? וְהָכְתִיב: ״וַיִּתְּנוּ לְכָלֵב אֶת חֶבְרוֹן כַּאֲשֶׁר דִּבֶּר מֹשֶׁה״! אָמַר אַבָּיֵי: פַּרְווֹדֶהָא, דִּכְתִיב: ״וְאֶת שְׂדֵה הָעִיר וְאֶת חֲצֵרֶיהָ נָתְנוּ לְכָלֵב בֶּן יְפֻנֶּה״. וְקֶדֶשׁ עִיר מִקְלָט הֲוַאי? וְהָכְתִיב: ״וְעָרֵי מִבְצָר הַצִּדִּים צֵר וְחַמַּת רַקַּת וְכִנָּרֶת וְגוֹ׳ וְקֶדֶשׁ וְאֶדְרֶעִי וְעֵין חָצוֹר״, וְתַנְיָא: עָרִים הַלָּלוּ אֵין עוֹשִׂין אוֹתָן לֹא טִירִין קְטַנִּים וְלֹא כְּרַכִּים גְּדוֹלִים אֶלָּא עֲיָירוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת! אָמַר רַב יוֹסֵף: תַּרְתֵּי קֶדֶשׁ הֲוַאי. (אָמַר) רַב אָשֵׁי [אָמַר]: כְּגוֹן סְלֵיקוּם וְאַקְרָא דִּסְלֵיקוּם. גּוּפָא: עָרִים הַלָּלוּ, אֵין עוֹשִׂין אוֹתָן לֹא טִירִין קְטַנִּים וְלֹא כְּרַכִּין גְּדוֹלִים, אֶלָּא עֲיָירוֹת בֵּינוֹנִיּוֹת. וְאֵין מוֹשִׁיבִין אוֹתָן אֶלָּא בִּמְקוֹם מַיִם, וְאִם אֵין שָׁם מַיִם – מְבִיאִין לָהֶם מַיִם. וְאֵין מוֹשִׁיבִין אוֹתָן אֶלָּא בִּמְקוֹם שְׁווֹקִים, וְאֵין מוֹשִׁיבִין אוֹתָן אֶלָּא בִּמְקוֹם אוּכְלוּסִין. נִתְמַעֲטוּ אוּכְלוּסֵיהֶן – מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶן. נִתְמַעֲטוּ דִּיּוּרֵיהֶן – מְבִיאִין לָהֶם כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים. וְאֵין מוֹכְרִין בָּהֶן לֹא כְּלֵי זַיִין, וְלֹא כְּלֵי מְצוּדָה, דִּבְרֵי רַבִּי נְחֶמְיָה. וַחֲכָמִים מַתִּירִין. וְשָׁוִין שֶׁאֵין פּוֹרְסִין בְּתוֹכָן מְצוּדוֹת, וְאֵין מַפְשִׁילִין לְתוֹכָן חֲבָלִים, כְּדֵי שֶׁלֹּא תְּהֵא רֶגֶל גּוֹאֵל הַדָּם מְצוּיָה שָׁם. אָמַר רַבִּי יִצְחָק: מַאי קְרָא? ״וְנָס אֶל אַחַת מִן הֶעָרִים הָאֵל וָחָי״ – עֲבֵיד לֵיהּ מִידֵּי דְּתֶהְוֵי לֵיהּ חִיּוּתָא. תָּנָא: תַּלְמִיד שֶׁגָּלָה – מַגְּלִין רַבּוֹ עִמּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וָחַי״ – עֲבֵיד לֵיהּ מִידֵּי דְּתֶהְוֵי לֵיהּ חִיּוּתָא. אָמַר רַבִּי זְעֵירָא: מִכָּאן שֶׁלֹּא יִשְׁנֶה אָדָם לְתַלְמִיד שֶׁאֵינוֹ הָגוּן. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָרַב שֶׁגָּלָה – מַגְּלִין יְשִׁיבָתוֹ עִמּוֹ. אִינִי? וְהָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִן לְדִבְרֵי תוֹרָה שֶׁהֵן קוֹלְטִין? שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶת בֶּצֶר בַּמִּדְבָּר וְגוֹ׳״, [וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ:] ״וְזֹאת הַתּוֹרָה״. לָא קַשְׁיָא, הָא – בְּעִידָּנָא דְּעָסֵיק בַּהּ, הָא – בְּעִידָּנָא דְּלָא עָסֵיק בַּהּ. וְאִי בָּעֵית אֵימָא, מַאי קוֹלְטִין – מִמַּלְאַךְ הַמָּוֶת. כִּי הָא דְּרַב חִסְדָּא הֲוָה יָתֵיב וְגָרֵיס בְּבֵי רַב, וְלָא הֲוָה קָא יָכֵיל שְׁלִיחָא [דְּמַלְאֲכָא דְּמוֹתָא] לְמִיקְרַב לְגַבֵּיהּ, דְּלָא הֲוָה שָׁתֵיק פּוּמֵּיהּ מִגִּירְסָא, סְלֵיק וִיתֵיב אַאַרְזָא דְּבֵי רַב, פְּקַע אַרְזָא וּשְׁתֵיק, וִיכֵיל לֵיהּ. אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בַּר חֲנִילַאי: מִפְּנֵי מָה זָכָה רְאוּבֵן לִימָּנוֹת בְּהַצָּלָה תְּחִלָּה? מִפְּנֵי שֶׁהוּא פָּתַח בְּהַצָּלָה תְּחִלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּשְׁמַע רְאוּבֵן וַיַּצִּלֵהוּ מִיָּדָם״. דָּרַשׁ רַבִּי שִׂמְלַאי: מַאי דִּכְתִיב: ״אָז יַבְדִּיל מֹשֶׁה שָׁלֹשׁ עָרִים בְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן מִזְרְחָה [שָׁמֶשׁ]״? אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: הַזְרַח שֶׁמֶשׁ לָרוֹצְחִים. אִיכָּא דְּאָמְרִי אָמַר לוֹ: הִזְרַחְתָּ שֶׁמֶשׁ לָרוֹצְחִים. דָּרַשׁ רַבִּי סִימַאי: מַאי דִּכְתִיב: ״אֹהֵב כֶּסֶף לֹא יִשְׂבַּע כֶּסֶף וּמִי אֹהֵב בֶּהָמוֹן לֹא תְבוּאָה״? ״אֹהֵב כֶּסֶף לֹא יִשְׂבַּע כֶּסֶף״ – זֶה מֹשֶׁה רַבֵּינוּ, שֶׁהָיָה יוֹדֵעַ שֶׁאֵין שָׁלֹשׁ עָרִים שֶׁבְּעֵבֶר הַיַּרְדֵּן קוֹלְטוֹת עַד שֶׁלֹּא נִבְחֲרוּ שָׁלֹשׁ בְּאֶרֶץ כְּנַעַן, וְאָמַר: מִצְוָה שֶׁבָּאָה לְיָדִי אֲקַיְּימֶנָּה. ״וּמִי אֹהֵב בֶּהָמוֹן לֹא תְבוּאָה״ – לְמִי נָאֶה לְלַמֵּד בְּהָמוֹן? מִי שֶׁכׇּל תְּבוּאָה שֶׁלּוֹ. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: ״מַאי דִּכְתִיב מִי יְמַלֵּל גְּבוּרוֹת ה׳ יַשְׁמִיעַ כׇּל תְּהִלָּתוֹ״? לְמִי נָאֶה (לְלַמֵּד) [לְמַלֵּל] גְּבוּרוֹת ה׳ – מִי שֶׁיָּכוֹל לְהַשְׁמִיעַ כׇּל תְּהִלָּתוֹ. וְרַבָּנַן, וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר מָרִי, אָמַר: ״מִי אֹהֵב בֶּהָמוֹן לוֹ תְּבוּאָה״ – כׇּל הָאוֹהֵב (לִמְלַמֵּד) בֶּהָמוֹן – לוֹ תְבוּאָה. יְהַבוּ בֵּיהּ רַבָּנַן עֵינַיְיהוּ בְּרָבָא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה. (סִימָן: אָשֵׁי לִלְמוֹד, רָבִינָא לְלַמֵּד). רַב אָשֵׁי אָמַר: כׇּל הָאוֹהֵב לִלְמוֹד בֶּהָמוֹן – לוֹ תְּבוּאָה. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי דִּכְתִיב: ״חֶרֶב אֶל הַבַּדִּים וְנֹאָלוּ״? חֶרֶב עַל צַוְּארֵי שׂוֹנְאֵיהֶם שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, שֶׁיּוֹשְׁבִין וְעוֹסְקִין בַּתּוֹרָה בַּד בְּבַד, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמִּטַּפְּשִׁין – כְּתִיב הָכָא: ״וְנֹאָלוּ״, וּכְתִיב הָתָם: ״אֲשֶׁר נוֹאַלְנוּ״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁחוֹטְאִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַאֲשֶׁר חָטָאנוּ״. וְאִיבָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״נוֹאֲלוּ שָׂרֵי צֹעַן״. רָבִינָא אָמַר: כׇּל הָאוֹהֵב לְלַמֵּד בֶּהָמוֹן – לוֹ תְּבוּאָה. וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי: הַרְבֵּה תּוֹרָה לָמַדְתִּי מֵרַבּוֹתַי, וּמֵחֲבֵירַי יוֹתֵר מֵהֶם, וּמִתַּלְמִידַי יוֹתֵר מִכּוּלָּן. אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַאי דִּכְתִיב: ״עֹמְדוֹת הָיוּ רַגְלֵינוּ בִּשְׁעָרַיִךְ יְרוּשָׁלִָם״? מִי גָּרַם לְרַגְלֵינוּ שֶׁיַּעַמְדוּ בַּמִּלְחָמָה – שַׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַםִ, שֶׁהָיוּ עוֹסְקִים בַּתּוֹרָה. וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מַאי דִּכְתִיב: ״שִׁיר הַמַּעֲלוֹת לְדָוִד שָׂמַחְתִּי בְּאֹמְרִים לִי בֵּית ה׳ נֵלֵךְ״? אָמַר דָּוִד לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, שָׁמַעְתִּי בְּנֵי אָדָם שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: ״מָתַי יָמוּת זָקֵן זֶה, וְיָבֹא שְׁלֹמֹה בְּנוֹ וְיִבְנֶה בֵּית הַבְּחִירָה וְנַעֲלֶה לָרֶגֶל?״, וְשָׂמַחְתִּי. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: ״כִּי טוֹב יוֹם בַּחֲצֵרֶיךָ מֵאָלֶף״ – טוֹב לִי יוֹם אֶחָד שֶׁאַתָּה עוֹסֵק בַּתּוֹרָה לְפָנַי, מֵאֶלֶף עוֹלוֹת שֶׁעָתִיד שְׁלֹמֹה בִּנְךָ לְהַקְרִיב לְפָנַי עַל גַּבֵּי הַמִּזְבֵּחַ. וּמְכֻוּוֹנוֹת לָהֶם דְּרָכִים וְכוּ׳. תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: