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Traité Kiddushin

22a

Étude de Kiddushin 22a

Étude de la Guémara 22a

Guémara
[d'animaux] moribonds qu'on a abattus, et qu'ils ne mangent pas la chair d'animaux moribonds qui ne furent pas abattus et qui deviendront des carcasses [névelot]. Autrement dit, il vaut mieux que cet acte soit accompli d'une manière en partie permise plutôt que d'une manière entièrement interdite. L'expression : « Et tu auras du désir pour elle et tu la prendras pour femme » (Devarim 21, 11) enseigne que cette halakha s'applique même si elle n'est pas belle — car c'est un jugement subjectif, dépendant du désir de chacun. Le terme « pour elle » indique qu'il peut la prendre, mais pas elle et une autre femme : un soldat n'est autorisé à prendre qu'une seule captive de cette manière.
תְּמוּתוֹת שְׁחוּטוֹת, וְאַל יֹאכְלוּ בְּשַׂר תְּמוּתוֹת נְבֵילוֹת. ״וְחָשַׁקְתָּ״ – אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ נָאָה. ״בָּהּ״ – וְלֹא בָּהּ וּבַחֲבֶרְתָּהּ.
L'expression « et tu la prendras » enseigne : tu as la capacité de l'épouser, c'est-à-dire de la fiancer [léqahouhin yesh lekha bah]. « Pour toi comme femme » enseigne qu'il ne peut pas prendre deux femmes — une pour lui et une pour son père, ou une pour lui et une pour son fils. Le verset : « Puis tu la feras entrer dans ta maison » (Devarim 21, 12) enseigne qu'il ne doit pas la contraindre à des rapports sexuels pendant la guerre, mais qu'il doit d'abord l'amener chez lui.
״וְלָקַחְתָּ״ – לִיקּוּחִין יֵשׁ לְךָ בָּהּ. ״לְךָ לְאִשָּׁה״ – שֶׁלֹּא יִקַּח שְׁתֵּי נָשִׁים, אַחַת לוֹ וְאַחַת לְאָבִיו, אַחַת לוֹ וְאַחַת לִבְנוֹ. ״וַהֲבֵאתָהּ״ – מְלַמֵּד שֶׁלֹּא יִלְחָצֶנָּה בַּמִּלְחָמָה.
§ Les Sages enseignent : il est dit à propos de l'esclave percé [na'outsed] : « Mais si l'esclave dit [amor yomar] : J'aime mon maître, ma femme et mes enfants, je ne sortirai pas libre » (Shemot 21, 5). La répétition du verbe enseigne qu'il n'est pas percé à moins de prononcer cette déclaration et de la répéter. S'il l'a dite au début de ses six années de service mais ne l'a pas redite à la fin des six ans, il n'est pas percé — comme il est dit : « Je ne sortirai pas libre », c'est-à-dire qu'il n'est pas percé à moins de le dire au moment de sa sortie.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״אִם אָמֹר יֹאמַר״ – עַד שֶׁיֹּאמַר וְיִשְׁנֶה. אָמַר בִּתְחִילַּת שֵׁשׁ וְלֹא אָמַר בְּסוֹף שֵׁשׁ – אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא אֵצֵא חׇפְשִׁי״ – עַד שֶׁיֹּאמַר בִּשְׁעַת יְצִיאָה.
S'il a dit cette déclaration à la fin des six ans mais ne l'a pas dite au début de ses six ans, il n'est pas percé non plus — comme il est dit : « Si l'esclave dit [amor yomar] », ce qui indique qu'il n'est pas percé à moins de le déclarer tant qu'il est encore esclave. [Fin de la baraïta.]
אָמַר בְּסוֹף שֵׁשׁ וְלֹא אָמַר בִּתְחִילַּת שֵׁשׁ – אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם אָמֹר יֹאמַר הָעֶבֶד״ – עַד שֶׁיֹּאמַר כְּשֶׁהוּא עֶבֶד.
La Guemara analyse cette baraïta. Le Maître a dit ci-dessus : s'il l'a dite au début de ses six ans et ne l'a pas redite à la fin des six ans, il n'est pas percé, comme il est dit : « Je ne sortirai pas libre ». La Guemara demande : pourquoi le tanna de la baraïta tire-t-il spécifiquement cette halakha de l'expression « Je ne sortirai pas libre » ? Qu'il la déduise du fait que nous exigeons une autre condition : il doit pouvoir dire « J'aime mon maître, ma femme et mes enfants » (Shemot 21, 5) pour devenir un esclave percé — et il ne peut pas le dire, car au début des six ans il n'a pas encore d'enfants de la servante cananéenne [shifha kenaanit] que son maître lui a fournie.
אָמַר מָר: אָמַר בִּתְחִילַּת שֵׁשׁ וְלֹא אָמַר בְּסוֹף שֵׁשׁ – אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא אֵצֵא חׇפְשִׁי״. מַאי אִירְיָא, מִ״לֹּא אֵצֵא חׇפְשִׁי״? תִּיפּוֹק לֵיהּ דְּבָעֵינַן: ״אָהַבְתִּי אֶת אֲדֹנִי אֶת אִשְׁתִּי וְאֶת בָּנָי״ וְלֵיכָּא!
Et de plus, la baraïta dit que s'il a dit cette déclaration à la fin des six ans mais ne l'a pas dite au début de ses six ans, il n'est pas percé non plus, comme il est dit « l'esclave ». Est-ce à dire qu'il n'est pas esclave à la fin des six ans ? Rava dit : que signifie « au début de six » ? Ce ne renvoie pas au début effectif de ses six années de service, mais au début de la dernière peruta — c'est-à-dire lorsqu'il atteint le début de sa dernière étape de travail valant une peruta, alors qu'il est encore esclave. Et que signifie « à la fin de six » ? À la fin de la dernière peruta.
וְתוּ, אָמַר בְּסוֹף שֵׁשׁ וְלֹא אָמַר בִּתְחִילַּת שֵׁשׁ אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר ״הָעֶבֶד״. אַטּוּ סוֹף שֵׁשׁ לָאו עֶבֶד הוּא? אָמַר רָבָא: מַאי בִּתְחִילַּת שֵׁשׁ – בִּתְחִילַּת פְּרוּטָה אַחֲרוֹנָה. וּמַאי בְּסוֹף שֵׁשׁ – בְּסוֹף פְּרוּטָה אַחֲרוֹנָה.
Les Sages enseignent : si l'esclave a une femme et des enfants et que son maître n'a ni femme ni enfants, il n'est pas percé — comme il est dit : « Parce qu'il t'aime, toi et ta maison » (Devarim 15, 16). Le mot « maison » désigne femme et enfants ; si le maître n'a pas de femme et d'enfants, le verset ne peut être accompli et l'esclave n'est pas percé. De même, si son maître a une femme et des enfants et que lui n'a ni femme ni enfants, il n'est pas percé — comme il est dit : « J'aime mon maître, ma femme et mes enfants » (Shemot 21, 5).
תָּנוּ רַבָּנַן: לוֹ אִשָּׁה וּבָנִים, וּלְרַבּוֹ אֵין אִשָּׁה וּבָנִים – אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי אֲהֵבְךָ וְאֶת בֵּיתֶךָ״. לְרַבּוֹ אִשָּׁה וּבָנִים וְלוֹ אֵין אִשָּׁה וּבָנִים – אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָהַבְתִּי אֶת אֲדֹנִי אֶת אִשְׁתִּי וְאֶת בָּנָי״.
De plus, s'il aime son maître mais que son maître ne l'aime pas, il n'est pas percé — comme il est dit : « Parce qu'il se porte bien avec toi » (Devarim 15, 16), ce qui indique que cela doit être bon pour eux deux. Si son maître l'aime mais qu'il n'aime pas son maître, il n'est pas percé — comme il est dit : « Parce qu'il t'aime ». S'il est malade et que son maître ne l'est pas, il n'est pas percé — comme il est dit : « Parce qu'il se porte bien avec toi », ce qui exclut un malade. De même, si son maître est malade et qu'il ne l'est pas, il n'est pas percé — comme il est dit « avec toi », ce qui met sur le même plan le bien-être des deux.
הוּא אוֹהֵב אֶת רַבּוֹ וְרַבּוֹ אֵינוֹ אוֹהֲבוֹ – אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי טוֹב לוֹ עִמָּךְ״. רַבּוֹ אוֹהֲבוֹ וְהוּא אֵינוֹ אוֹהֵב אֶת רַבּוֹ – אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי אֲהֵבְךָ״. הוּא חוֹלֶה וְרַבּוֹ אֵינוֹ חוֹלֶה – אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי טוֹב לוֹ עִמָּךְ״. רַבּוֹ חוֹלֶה וְהוּא אֵינוֹ חוֹלֶה – אֵינוֹ נִרְצָע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עִמָּךְ״.
Rav Beivai bar Abaye souleva un dilemme : s'ils sont tous les deux malades, quelle est la halakha ? Exigeons-nous seulement qu'il soit « avec toi », c'est-à-dire dans la même condition que le maître — et c'est bien le cas ici, puisqu'ils sont tous deux malades, et l'esclave peut être percé ? Ou exigeons-nous plutôt « parce qu'il se porte bien avec toi », c'est-à-dire que cela doit être bon pour eux deux — et ce n'est pas le cas ici, puisqu'ils sont tous deux malades ? Aucune réponse ne fut trouvée : la Guemara dit que le dilemme reste sans trancher (teïkou).
בָּעֵי רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: שְׁנֵיהֶם חוֹלִין, מַאי? ״עִמָּךְ״ בָּעֵינַן – וְהָא אִיכָּא, אוֹ דִילְמָא ״כִּי טוֹב לוֹ עִמָּךְ״ בָּעֵינַן – וְהָא לֵיכָּא? תֵּיקוּ.
Les Sages enseignent : le verset dit, à propos de l'esclave hébreu : « Parce qu'il se porte bien avec toi » — ce qui enseigne que l'esclave doit être traité à égalité avec toi en nourriture, et à égalité avec toi en boisson. Il ne doit pas y avoir de situation où tu manges du pain raffiné et qu'il mange du pain grossier — pain de farine grossière mélangée de son. Il ne doit pas y avoir de situation où tu bois du vin vieux et qu'il boive du vin nouveau de mauvaise qualité. Il ne doit pas y avoir de situation où tu dors confortablement sur un lit de draps fins et qu'il dorme sur de la paille. De là les Sages ont dit : quiconque acquiert un esclave hébreu est considéré comme s'il s'acquérait un maître pour lui-même — car il doit veiller à ce que les conditions de vie de l'esclave soient égales aux siennes.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״כִּי טוֹב לוֹ עִמָּךְ״ – עִמְּךָ בַּמַּאֲכָל, עִמְּךָ בַּמִּשְׁתֶּה. שֶׁלֹּא תְּהֵא אַתָּה אוֹכֵל פַּת נְקִיָּה וְהוּא אוֹכֵל פַּת קִיבָּר, אַתָּה שׁוֹתֶה יַיִן יָשָׁן וְהוּא שׁוֹתֶה יַיִן חָדָשׁ, אַתָּה יָשֵׁן עַל גַּבֵּי מוֹכִין וְהוּא יָשֵׁן עַל גַּבֵּי תֶּבֶן. מִכָּאן אָמְרוּ: כׇּל הַקּוֹנֶה עֶבֶד עִבְרִי – כְּקוֹנֶה אָדוֹן לְעַצְמוֹ.
Les Sages enseignent à propos d'un verset traitant de la libération d'un esclave : « Alors il sortira de chez toi, lui et ses enfants avec lui » (Vayikra 25, 41). Rabbi Chimon dit : ce verset est déroutant — s'il est vendu, ses fils et ses filles sont-ils vendus ? Plutôt, on en déduit que son maître est obligé de pourvoir à la subsistance de ses enfants, et qu'à la libération de l'esclave, ses fils sont libérés avec lui. Tu dis une chose semblable à propos du verset : « S'il est marié, sa femme sortira avec lui » (Shemot 21, 3). Rabbi Chimon dit : s'il est vendu, sa femme est-elle vendue ? Plutôt, on en déduit que son maître est obligé de pourvoir à la subsistance de sa femme.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְיָצָא מֵעִמָּךְ הוּא וּבָנָיו עִמּוֹ״, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: אִם הוּא נִמְכָּר – בָּנָיו וּבְנוֹתָיו מִי נִמְכָּרִים? מִכָּאן שֶׁרַבּוֹ חַיָּיב בִּמְזוֹנוֹת בָּנָיו. כַּיּוֹצֵא בַּדָּבָר אַתָּה אוֹמֵר: ״אִם בַּעַל אִשָּׁה הוּא וְיָצְאָה אִשְׁתּוֹ עִמּוֹ״, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: אִם הוּא נִמְכָּר – אִשְׁתּוֹ מִי נִמְכְּרָה? מִכָּאן שֶׁרַבּוֹ חַיָּיב בִּמְזוֹנוֹת אִשְׁתּוֹ.
La Guemara commente : et il est nécessaire que la baraïta mentionne les deux cas. Si elle nous avait enseigné seulement que le maître doit pourvoir aux enfants de l'esclave, on pourrait dire que c'est parce qu'ils ne sont pas aptes à travailler et à se nourrir — incapables de subvenir à leurs besoins. Mais en ce qui concerne sa femme, qui peut travailler et manger, on pourrait dire qu'elle devrait travailler et se nourrir de son travail, et que le maître n'est pas tenu de la nourrir gratuitement.
וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמוֹעִינַן בָּנָיו, מִשּׁוּם דְּלָא בְּנֵי מֶיעְבַּד וּמֵיכַל נִינְהוּ. אֲבָל אִשְׁתּוֹ, דְּבַת מֵיכַל וּמֶיעְבַּד הִיא, אֵימָא תַּעֲבֵיד וְתֵיכוֹל.
Kiddushin 22a
100%
קידושין כ״ב אמַסֶּכֶת קִידּוּשִׁין